Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

13 Octobre 2026 à 10:52:13
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le Vent

Auteur Sujet: Le Vent  (Lu 1328 fois)

Hors ligne lph

  • Tabellion
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Le Vent
« le: 14 Septembre 2016 à 17:53:47 »
Citer
Bonjour !
Voici une histoire faite d'une traite et relue pour les fautes d'orthographe et les formules lourdes, et des incohérences.
Mais il en reste... :) Bonne lecture !
J'ai remanié le texte en prenant en compte les remarques faites ci-dessous.
Merci de votre lecture !

Le Vent


Le Vent


Le temps est clair, le ciel est limpide, Vincent esquisse un regard qui en dit long sur sa joie. Il hume l’air à sa portée surchargé et doucereux, gras et immobile. Il imagine ce qu’il va perdre. Les cimes sont là : elles se laissent caresser, infatigables jour et nuit autant que l’homme qui s’amuse à les pourchasser. Chasseur de cimes. Voilà le titre que Vincent affectionnerait si l’on devait, un jour, rappeler sa mémoire, quand il sera tombé en combattant, au fond d’une crevasse, au pied d’une falaise, sous un sérac.
Pour un peu et vous croiriez que Vincent est un suicidaire, un rêveur de gloriole posthume et qu’il pense –avec quelle naïveté !– que si la gloire est éternelle, c’est parce que sa vie le sera devenue. Il n’est pas là, fanfaronnant, à prétexter montagne pour sentir ébahissement . Vincent se garde des paons et si l’on examinait ses rares amis, on serait en peine d’en trouver un seul hâbleur ou faiseur d’esbrouffe. 
Si l’on regarde au fond de ses yeux qu’une peau tannée cerne, on y verrait du brillant, quelque chose d’étoilé et d’empoussiéré . Cela est dit d’un ton si mièvre que la vérité transparaît. Gardons-le, ce ton : ils sont un bout de ciel, c’est-à-dire un morceau de montagne avec de la neige dans un coin.

Il part seul et ne craint rien, la course n’est pas difficile. Quelques passages, certes, pour lesquels les sens auront dû être aiguisés.   

Le vent grince entre les arbres, la terre feuilletée est lourde. Vincent suit un chemin où ses pas sont inaperçus. Le tapotement heurte ses tympans. Il sent une mèche emmêlée dans une goutte de sueur tombante, mais se garde de la remettre à sa place, car le bruit le hante.

Ses mains sont vite écorchées, rougies par l’effort, froides, sans vie. Elles sont le signe d’un pacte avec le rocher. Ce serment qu’il a voulu, c’est une tache de sang qui ne part pas : l’eau des glaciers est encore trop impure pour l’effacer et ce n’est pas le froid qui la transfigure.

Il s’en va, au plus haut, là où se termine la terre et commence l’horizon, le ciel puis les étoiles, une borne frontalière vue sur le reste du monde. Sans mesure, la goutte tombe, roule sans bruit le long de la joue jusqu’à la commissure de la lèvre. Le frottement, la sensation, le chatouillement casse ce qui semblait être en apesanteur. Le souvenir se fait alors plus pressant, et arrivant ainsi en force dans son esprit, ameutant ainsi toutes ses peines, la fêlure s’élargie.

Vincent ferme les yeux, un instant, pour se saisir de vertige et, dans le vent qui le prend, le voilà. Ça frappe de tous côtés, une spirale, le bruit se met à s’approcher. Insidieux comme un diable, pervers comme un ange. Il se met à se souvenir, avec ces images qui le heurtent, le repoussent loin de la paroi ; et voit au loin la vigie sonnant la cloche. Il vit, là-haut, il prend vie au milieu de la tempête. La bourrasque lui entre par la bouche et par le nez, enfle ses poumons, émerveille son cerveau en lui apportant de l’oxygène.

Il monte encore. Sur sa droite, une saillie ; sa main saignante se colle à la paroi. Vincent s’accroche à l’anfractuosité, une fêlure que la montagne lui offre,  une main tendue au corps chancelant. Il est peut-être monté pour cela aussi : une embrasure et la montagne de repriser.

Le dernier ressaut. Un rocher qui cache la vue, qui gêne sans le savoir, en toute innocence. Suspecté de félonie par Vincent qui ne comprend plus grand-chose, l’écume au bord des lèvres, les dents blanchies, ses poignets transpercés ; les yeux obscurcis par la lutte autant que son souffle est coupé ; l’esprit, enfin, mis au rebut, à la garderie comme un enfant qui chiale.

Perché, lui, le dernier homme à recevoir les derniers feux.

Le moment est délicat. Le jour n’est pas encore complètement noir, les rayons frétillent,  un oiseau suspendu. Mais il faut rentrer. La descente est sans encombre, que les pierres qui roulent sans étoiles.  Vincent termine sa course dans un petit saut de joie ; pieds joints.
Il passe un guet, s’assied pour se reposer et aperçoit une masse dans l’eau qui n’était pas là tout à l’heure. Vincent s’approche pour mieux voir, c’est un cadavre frais. Il se rassied en voyant qu’il n’y a rien à faire et attend.

***

L’homme qu’il regardait depuis une bonne heure n’avait pas bougé d’un cil. Il traînait dans l’eau moribonde, affalé et formant une petite butte d’eau à ses pieds. « Il git comme une bouteille brisée », pensa Vincent, « c’est dommage, tant d’espoir, tant d’avenir dans ce petit corps vidé de sa substance ». Il clignât de l’œil, réprimât un soupir et s’en allât porter la nouvelle au village.

Marchant, songeur, il était ennuyé. « Tout cela me laisse de marbre. Qu’aurais je fais si s’était agi d’un frère, d’un père, ou d’un ami ? Non, je n’aurais pas versé une seule larme. Quoi ? Suis-je un monstre, affreux échevelé, lorgnant les vices, repoussant les vertus, saccageant les goûts, les sens par les désirs qui m’obsèdent ? Suis-je si loin de la société des hommes pour ne pas être touché par les malheurs qui les assaillent ? Leur suis-je si éloigné que je ne souffre plus des mêmes douleurs ? »

Il était maintenant au creux d’un sentier bordé de pins, il s’enivra de toutes les odeurs. Vincent en prit conscience et rassuré, se dit qu’il n’était finalement pas si insensible. Il allongea son allure vers le village.

Au village, on le connaissait justement, et tous étaient unanimes. Vincent n’était pas tout à fait comme eux. Plus exactement, et avec ambages, car il s’agissait de ne pas embarrasser sa mère, on le lorgnait comme ces espèces de créatures qui ne sont pas des animaux et qui, de ce fait, ne peuvent être de simples hommes. Des enfants du bon Dieu, les seuls, qui font les jaloux, les envieux, exaspèrent parce qu’ils sont indicibles et que les peindre reviendrait à se mentir à soi-même.

***

Le lendemain, Vincent va à la rencontre du voisinage qui commence déjà à partir aux champs.
« Alors, comment va ? – Bien, bien, je suis parti en montagne hier. – Ah ? – J’ai pas vu grand-chose. Ç’a été un méchant hiver. – Eh ! On l’a bien vu ! Bon, la journée attend pas ; salut ! »
 Des conversations comme celle-ci, il y en a deux ou trois. Elles tournent essentiellement autour de la journée qui débute et qui se terminera. Vincent n’arrive jamais à dévier sur ce qui donne à cette journée une couleur singulière. Quand il leur parle du corps, ils répondent que cela peut attendre le soir. Les champs ne se laissent pas désirer, et s’il doit y avoir quelque chose de pourri dans douze heures, l’homme (Paix à son âme), étant arrivé à un stade avancé, n’a plus rien à craindre de la vie, lui.
Vincent tente vainement de donner à ce corps la dignité qui sied à sa condition, et se heurte à des gerbes de blé.

Il traîne dans la rue, une jeune femme traverse. Ils se connaissent, entretenant une relation amoureuse unipersonnelle, relation fâcheuse, sorte de transport de l’âme à contre-sens, sur fond rouge un trait blanc. Vincent en est à ce stade du soupir quelque peu masturbatoire. Son cœur bat vite. Il sent la douleur poindre d’entre ses entrailles.

C’était le souvenir des yeux marins de la fille, puits sans fond dans lesquels il se versait, vaste chair et grand reposoir, portant sur elle une sorte d’habit pourfendeur d’ombre, rapide comme le temps. A la chamade, Vincent s’approche pour lui toucher deux mots, chacun de ses pas le décidant lentement. Au quatrième, une pensée se présente, elle se précise. Il s’arrête avant l’antépénultième.
Comme la veille, en montagne, il se sent vivre. Il est joyeux, heureux et dans la foulée se reprend à rêver. Quand il refait surface, quand il revient au monde, elle  avait disparu. Vincent vient de toucher du doigt une réalité qui se dérobe toujours.

***

Vincent ne se plaisait plus dans son pays. Il se sentait comme un voyant à qui l’on met un bandeau sur les yeux, comme un prophète à qui l’on demande de se taire et de se mettre à l’arrière, avec les autres. Alors, il se taisait. Parfois, la colère le prenait et éclatait, mais il finissait toujours par se calmer, s’excuser, se ranger. Les gens ont peur des taiseux.
Il ouvrit un carreau de grosse toile sur sa paillasse, y mit les quelques objets qui lui seraient nécessaires pour un voyage, en tira les quatre coins dans sa main et les relia pas une corde qu’il tenait dans l’autre. Son œuvre achevée, il recula pour mieux la voir. Il vit la fenêtre brisée par où entrait le soleil et s’échappait la poussière –à moins que ce fut l’inverse, ou une illusion d’optique. Il se dit que tout cela était bon.

Il se mit à marcher. Le balluchon balançait joyeusement au bout du bâton qu’il tenait à l’épaule, le poignet ferme, les doigts serrés sur le manche. Le ciel était limpide.  L’air était surchargé et doucereux, gras et immobile.
« Modifié: 28 Septembre 2016 à 17:36:15 par lph »

Hors ligne Rémi

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Re : Le Vent
« Réponse #1 le: 14 Septembre 2016 à 20:44:56 »
Salut lph :)

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elles se laissent caressées,
caresser

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et  qu’il pense
deux espaces après "et"

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Si l’on regarde au fond de ses yeux qu’une peau tannée cerne, on y verrait du brillant, quelque chose d’étoilé et d’empoussiéré. Cela est dit d’un ton si mièvre que la vérité transparaît. Gardons-le, ce ton : ils sont un bout de ciel, c’est-à-dire un morceau de montagne avec de la neige dans un coin.
mièvre, je ne sais pas, mais ce début contient quelques clichés effectivement

Citer
La chaîne rouillée grince dans le vent entre les arbres, la terre feuilletée est lourde. Il suit un chemin où ses pas sont inaperçus.
je le visualise à vélo (la chaîne)  ><

Citer
sa main saignante se colle à la paroi.
saignante fait un peu steack...

Citer
une embrasure et la montagne de repriser.
je ne comprends pas "de repriser"

Citer
des mêmes douleurs ? ».
pas de point après le guillemet

Citer
(L’auteur n’étant pas certain de ce que ressent son personnage, il ne peut garantir que les mots employés par ce dernier l’on réellement été. Au mieux est-ce le fond d’une pensée profonde recouvert par les images personnelles, formant ce que l’étymologie appel un masque.)
l'ont réellement
(et cette parenthèse est étrange... comme la première intervention de l'auteur - sur mièvre. Je poursuis et te donne un avis à la fin)

Citer
Il était maintenant au creux d’un sentier bordé de pins, il s’enivra de toutes les odeurs. Vincent en prit conscience
j'aurais mis "Vincent" au début et "il" ensuite

Citer
Vincent était des premiers dehors
un des premiers ?

Citer
« Alors, comment va ? – Bien, bien, je suis parti en montagne hier. – Ah ? – J’ai pas vu grand-chose. Ç’a été un méchant hiver. – Eh ! On l’a bien vu ! Bon, la journée attend pas ; salut ! »
avec des retours à la ligne ça me semblerait mieux

Citer
Vincent tentait vainement de donner à ce corps la dignité qui sied
pourquoi "sied" au présent ?

Citer
Il traîne dans la rue, une jeune femme traverse. Ils se connaissent, entretenant une relation amoureuse unipersonnelle, relation fâcheuse, sorte de transport de l’âme à contre-sens, sur fond rouge un trait blanc. Vincent en est à ce stade du soupir quelque peu masturbatoire. Son cœur bât vite. Il sent la douleur poindre d’entre ses entrailles.
pareil ici, le présent surprend
(et bat pas bât)

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Son œuvre achevé
achevée

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la poignet ferme
le poignet


Bon, je suis pas hyper emballé. Certains contrastes forts de style sont intéressants (avec ces remarques de l'auteur) mais je n'y ai pas trouvé de sens. L'idée du cadavre qui ne fait réagir personne aussi est intéressante, mais la portée de la réflexion ne trouve pas d'accroche dans le reste du texte, si ce n'est l'abandon et la fuite à la fin.
Donc, c'est un avis perso évidemment, il y a matière à tenailler ton lecteur mais en l'état certaines lourdeurs qui semblent volontaires ne s'expliquent pas (ou j'ai pas capté) et le fond me semble devoir aussi se dessiner un peu plus (sans tomber dans le côté explication qui nuirait au texte). Peut-être accentuer la structure et la faire évoluer progression du personnage depuis son côté fleur bleue jusqu'à cette insensibilité (sur l'humain) qui le caractérise.

Merci pour la lecture,
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Manu

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Re : Le Vent
« Réponse #2 le: 15 Septembre 2016 à 16:02:15 »
.
« Modifié: 09 Juillet 2022 à 14:07:44 par Manu »

Hors ligne Eunuque

  • Calligraphe
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Re : Le Vent
« Réponse #3 le: 17 Septembre 2016 à 14:33:37 »
Bah moi, je n'ai rien compris ! Vous me direz quelle est l'utilité d'un telle remarque (un peu comme ces gens qui répondent à des sondages en disant : "j'ai pas d'avis").
J'ai lu deux fois votre texte pour finir pétri d'angoisses (Ça va mieux maintenant, merci) en me disant : "Mais qu'est-ce qui m'arrive ?".
Par exemple : "La descente est sans encombre, que les pierres qui roulent sans étoiles". On dirait du Bergman avec en plus une porte qui grinche et le chuchotement des voisins.
"C’était le souvenir des yeux marins de la fille, puits sans fond dans lesquels il se versait, vaste chair et grand reposoir, portant sur elle une sorte d’habit pourfendeur d’ombre, rapide comme le temps". Ça y est, les angoisses me reprennent. Je crois que je vais arrêter là.
Bonne journée et quant à moi, je vais siester.
Berth

Hors ligne Pan

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  • Messages: 74
Re : Le Vent
« Réponse #4 le: 20 Septembre 2016 à 18:52:09 »
WOOOW. Quel sentiment étrange. Je suis très mitigé à propos de ce texte. D'un côté tu as beaucoup de vocabulaire, ce qui est agréable, et ta poche à métaphores est bien remplie, ce qui devrait conférer d'autant plus de sensibilité à ta prose dont les trouvailles sont originales. Mais d'un autre, ton style me rebute vraiment. Il est trop aléatoire, trop confus, trop inégal, trop. Brut ? Par exemple, l'usage des temps m'a laissé perplexe. J'ai eu un sentiment de malaise à ce propos, tout du long, mais impossible de dire pourquoi exactement. J'ai juste l'impression qu'ils sont mal employées, avec trop de maladresse. Pourtant, ta prose m'a charmé par moments, car elle fait montre de sa richesse, voire de sa sensualité quand tu décris la nature environnant Vincent.
Pour ce qui est du fond, je n'ai rien à en redire, il ne m'a pas spécialement intéressé. Il n'est pas assez structuré, aucune piste claire ne semble être suivie, c'est dommage.
J'ai cité quelques passages au cours de ma lecture, qui préciseront sans doute ce que je dis quelques lignes au-dessus.  ;D

"Il hume l’air à sa portée surchargé et doucereux, gras et immobile et imagine déjà ce qu’il va perdre." > Alors déjà C'EST BEAU. Mais après "immobile", une virgule serait je pense la bienvenue.
"Il n’est pas là, fanfaronnant, à prétexter montagne pour sentir ébahissement." > Hum. PAS COMPRIS. Prétexter montagne pour sentir ébahissement. Non seulement je ne comprends pas l'idée, mais même grammaticalement, je nage dans le flou là.
"Insidieux comme un diable, pervers comme un ange." > L'idée est sympa, mais je trouve que ça ne fonctionne pas du tout, lancé tel que ça l'est.
"Il est peut-être monté pour cela aussi : une embrasure et la montagne de repriser. " > Pareil qu'au-dessus, je n'ai pas compris cette phrase qui semble mal construite.
" l’écume au bord des lèvres, les dents blanchies," > Dire que les dents sont blanchie est étranges. Blanchies par l'écume ? Ça passe, mais tant qu'à les qualifier avec un adjectif, un autre aurait été plus marquant/moins étrange que ce "blanchie" qui n'a aucune force particulière.
" Le jour n’est pas encore complètement noir, les rayons sont frétilles, un oiseau suspendu. Mais il faut rentrer. La descente est sans encombre, que les pierres qui roulent sans étoiles." > "sont frétilles", je crois que c'est une faute inattention ;D. Et juste après "que les pierres qui roulent sans étoiles", c'est la troisième formulation qui me semble appartenir au domaine de l'impossibilité grammaticale. /out
" Il traînait dans l’eau moribonde, affalé et formant une petite butte d’eau à ses pieds." > L'eau moribonde, C'EST COOL. Mais juste après "butte d'eau", ça fait une répétition. Moins cool. Une "butte liquide" ça le ferait aussi.
"(L’auteur n’étant pas certain de ce que ressent son personnage, il ne peut garantir que les mots employés par ce dernier l’on réellement été. Au mieux est-ce le fond d’une pensée profonde recouvert par les images personnelles, formant ce que l’étymologie appel un masque.)" > BWAAAH. J'aime quand on casse un peu le schéma d'un texte pour y insérer des choses surprenantes, comme une intervention du narrateur par exemple. Mais là, je trouve ça lourd, ça m'a fait grimacer.
"Vincent tentait vainement de donner à ce corps la dignité qui sied à sa condition, et se heurtait à des gerbes de blé." > "qui sied" devrait être conjugué à un autre temps ! Ou bien : "qui seyait" ou bien "seyant". Et sinon, "se heurter à des gerbes de blé", non seulement ça fait sens étant donné les lignes du dessus, mais en plus, j'adore l'image.
"Nous n'avons pas peur que la nuit vienne... nous n'avons pas peur..."

Hors ligne lph

  • Tabellion
  • Messages: 33
Re : Le Vent
« Réponse #5 le: 27 Septembre 2016 à 11:49:29 »
Bonjour à tous !

Merci à tous d'avoir pris le temps de lire et commenter ce vent !
J'admet, en vous lisant, que le texte mériterait d'être mieux construit pour que le fond puisse transparaître plus aisément.
En gros, vous l'avez compris, ce fond (à l'exception notable de Berth!) : l'histoire d'un gars qui croyait ne rien ressentir, être absent, et qui prend conscience que ce sont les villageois qui n'ont pas de sentiments en dehors des moissons. C'est peut être tarte à la crème, mais on a le droit de travailler sur le thème!

Lorsque je n'ai pas commenté vos commentaires (qui pointent sensiblement les mêmes choses), c'est que je suis d'accord avec vous ! ;)

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prétexter montagne pour sentir ébahissement
: Il parlerait de montagne pour s’attirer à lui des yeux ébahis, genre : « ouah trop bien ». Pourquoi « pretexter » ? parce qu’il trouverait n’importe quel pretexte pour parler de le montagne.

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Si l’on regarde au fond de ses yeux qu’une peau tannée cerne, on y verrait du brillant, quelque chose d’étoilé et d’empoussiéré (...)
: effectivement, c'est très cliché, la suite du paragraphe aussi. Mais c'est voulu : ils sont justifiés par le côté fleur bleue de Vincent. L’auteur est déjà de son côté.

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rayons sont frétilles 
ce n'était pas une erreur, mais c'est bizarre, je change

Citer
que les pierres qui roulent sans étoiles. 
Comme pour les autres fois, la grammaire est mise au rebut, c’est vrai. J’ai choisi cette forme pour donner un air d’oralité en supprimant « il n’y a » que les pierres. Quand je dis que j’ai choisi, c’est surtout que c’est venu comme ça ! ;)
@Berth : les pierres chutent, sans faire d'étincelles. C'est un contraste avec les étoiles qui se sont levées avec la nuit et ne tomberont pas malgré Vincent qui les dérange. La descente de Vincent, fracasse, trébuchante, mouvementée, ne perturbe pas la nuit immense et profonde au dessus de sa tête.

Je reprends le texte très vite !
Bonne journée
Lph
« Modifié: 28 Septembre 2016 à 15:45:57 par lph »

Hors ligne lph

  • Tabellion
  • Messages: 33
Re : Le Vent
« Réponse #6 le: 28 Septembre 2016 à 16:08:35 »
Hello !
Parmi les modifs : suppression des "réflexions d'auteur", mise à plat des temps.
J'ai également rajouté du sens. Peut-être en faut-il encore davantage pour tenailler le lecteur, comme il a été dit dans un commentaire !
Merci !

Hors ligne PaulCahin

  • Calligraphe
  • Messages: 149
  • Ami des bêtes, mais pas des cons
Re : Le Vent
« Réponse #7 le: 28 Septembre 2016 à 17:16:09 »
De tres belles phrases, de tres belles tournures et formules.
Et un vrai vocabulaire. Un sens du parlé, du rythme, qui transparait ça et là.
On se prend de compassion pour Vincent, on voudrait le voir affronter d'autres milieux, aventures.
Ca m'a bien plus.
Bravo Lph.

juste qq remarques, quand meme :

"Si l’on regarde au fond de ses yeux qu’une peau tannée cerne" : pas très joli à la lecture.
que penses tu de "Si l’on regarde au fond de ses yeux que cerne une peau" ?

"La bourrasque lui entre par la bouche et par le nez, enfle ses poumons, émerveille son cerveau en lui apportant de l’oxygène."  : je trouve que "apportant " dénote par rapport à la force suggérée dans le debut de la phrase.
j'aurais plutôt vue un truc comme "le gavant d'oxygène", ou "déversant son oxygène"

"à la garderie comme un enfant qui chiale": là aussi, je trouve le terme peu en adéquation avec le reste du vocabulaire.
"qui pleure" aurait mieux été, à mon sens; mais c'est très subjectif, bien sûr.

"Qu’aurais je fais si s’était agi d’un frère" : ==>> Qu’aurais je fais s'il s’était agi d’un frère  ???

"Quand il refait surface, quand il revient au monde, elle  avait disparu" : bizarre ce changement de temps.
==> Elle a disparu ?
_______________
Paul Cahin de Troyes

 


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