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15 Août 2026 à 20:47:20
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » On a volé l'hiver

Auteur Sujet: On a volé l'hiver  (Lu 1387 fois)

Hors ligne Elisedu18

  • Troubadour
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  • Psycho-tarée de la plume
On a volé l'hiver
« le: 03 Juillet 2016 à 13:34:22 »
I
-   Il neige ! Viens voir, il neige ! hurla Maggie de sa petite voix fluette et insupportable.
-   Tais-toi, rétorqua Camille, on s’en fiche.
La jeune fille souffla, agacée, et tenta à nouveau de se concentrer sur ses stupides formules d’alchimie à apprendre pour le lendemain, mais Maggie ne comptait pas en rester là. La petite repoussa sa chaise et partit ouvrir la porte, avant de sortir.
-   Non, Maggie ! s’écria alors sa grande sœur en se précipitant à sa suite.
Quelle peste ! La chipie avait déjà disparu dans le vaste jardin, et la nuit tombait presque. Il fallait la retrouver avant que la grosse cloche du village ne sonne sept heures. Camille héla sa petite sœur, mais aucune réponse ne lui parvint. Elle frissonna et frotta ses bras nus en maudissant le moucheron. Ce serait elle qu’on engueulerait si la mioche finissait congelé. Ou pire, emprisonnée par la garde, cette perspective biens moins réjouissante que la première. Le moustique ne tiendrait pas un mois dans les mines de Tadernomm. Camille secoua la tête et, résolue, commença à fouiller le jardin en réprimant les nombreuses injures qui lui venaient en tête. Elle remarqua soudain, en contournant un parterre de fleurs pour aller fouiller les écuries, que le portail en fer blanc était entrouvert. Or, elle était certaine de l’avoir fermé en rentrant de l’Académie.
-   Putain, murmura-t-elle dans un souffle.
Comme pour lui faire écho, la cloche se mit à retentir :
-   Dong, dong, dong…
A présent paniquée, Camille se rua en dehors du jardin, dans la rue de pavés gris. Dans l’ombre grandissante, elle aperçut alors Maggie. La petite, debout sur le trottoir d’en face, jouait avec les flocons qui tombaient du ciel morne, les bras levés et la bouche entrouverte.
-   Viens là, Maggie ! lui ordonna sa sœur.
Mais l’enfant, peu docile, tira la langue à Camille et s’enfuit dans la direction opposée. Alors que l’adolescente s’apprêtait à la suivre, des bruits de pas se firent entendre, et elle vit l’éclat de torches embraser le virage de droite. Son cœur rata un battement et elle avisa rapidement les poubelles que son voisin, prévoyant, avait décidé de sortir plus tôt. Elle se cacha silencieusement derrière, priant pour que la garde ne la remarque pas. Un cortège de voix et de cliquetis d’épées se rapprochèrent. Tout à leur discussion, les hommes ne balayèrent les lieux que d’une œillade distraite. Ils ne daignèrent même pas s’attarder sur des détails pourtant significatifs, comme par exemple le portail resté ouvert et les traces de pas visibles dans la fine couche de neige qui recouvrait le sol. Ce soir, la chance souriait à Camille. Une fois qu’ils eurent disparu au loin, elle patienta quelques secondes, fébrile, avant de repartir à la recherche du bébé, en songeant que la prochaine fois qu’elle aurait à le garder, elle l’attacherait à sa chaise toute la soirée. Elle suivit les traces que la peste avait laissées et elles la menèrent plusieurs rues plus loin, à l’imposante place du village. Maggie s’amusait dans la grande fontaine ronde, n’ayant cure de se mouiller et de faire du bruit. Camille put approcher sans qu’elle la remarque. Elle saisit le moustique par la taille et la sortit, malgré ses braillements furieux. Elle libéra une de ses mains qu’elle plaqua immédiatement contre les lèvres de la mioche.
-   Tais-toi, tu vas nous attirer des ennuis !
Mais le mal était fait. Attiré par le bruit, toute la patrouille arrivait, les cris et le crissement des épées dégainées déjà perceptibles. La jeune fille souleva sa sœur et la jeta sur son épaule avant de se mettre à courir aussi vite que possible à l’opposé, dans une ruelle sombre et déserte. Elle n’alla pas bien loin. Devant elle, les lueurs des flambeaux d’un second détachement de surveillance dansaient sur le mur sale. Quand elle voulut rebrousser chemin, elle vit les autres approcher. Ils ne la voyaient pas encore, mais elle ne pouvait pas fuir. Elle poussa sa sœur dans un coin caché par une pile de bois mort, trop petit pour la dissimuler également.
-   Alors, écoute-moi, moucheron, chuchota-t-elle, la voix teintée d’une panique mal dissimulée. Pour une fois, tu vas m’obéir, c’est clair ? Quand il n’y aura plus personne, que tu seras seule, tu rentreras en courant à la maison, et en évitant les endroits lumineux, d’accord ? En attendant, tu ne fais aucun bruit.
Pétrifiée, l’enfant hocha simplement la tête. Rassurée, Camille s’éloigna de la cachette et attendit d’être repérée :
-   Halte-là ! hurla un homme. Ne bougez pas, et mettez-vous contre le mur, mains en l’air !
L’adolescente obtempéra sur le champ et on lui passa les menottes spécifiques de la garde souveraine, des liens d’une indestructible matière noire, alors qu’une des sentinelles lui citait le Code Royal :
-   Selon l’article 11.7 du Code Royal, établi le vingt-sept brunaire de l’année trois mille deux cents cinquante-six, le couvre-feu en période d’hiver est avancé à sept heures tapantes. Toute personne ne le respectant pas sera immédiatement et irrémédiablement condamnée à six mois de travaux d’intérêt général aux mines du comté de Tadernomm. Il est actuellement sept heures vingt-cinq, et vous êtes donc en état d’arrestation.
Camille baissa la tête et se laissa entraîner sans résistance. Quand ils passèrent devant la cachette de Maggie, elle eut le courage de lui sourire dans une vaine tentative pour la rassurer. Heureusement, sa sœur ne tenta rien et resta parfaitement immobile et silencieuse.

II
[/b]
Les heures s’égrenèrent lentement et péniblement. Enfermée dans une des cellules du poste des Veilleurs du village, Camille ruminait sa peur et sa tristesse en espérant que Maggie avait réussi à rentrer saine et sauve. Réfrénant son impatience, elle essuya ses mains moites sur le tissu en laine de sa robe et fixa son geôlier, qui se tenait depuis des heures droit comme un piquet impassible, ne daignant même pas lui expliquer combien de temps elle devrait patienter avant de rejoindre son poste aux mines. Elle n’en pouvait plus de rester dans cette austère et lugubre cellule à se tourmenter inutilement et à ne rien faire. Elle préférait encore aller trimer à Tadernomm. Elle tenta de relativiser en se disant qu’elle allait se muscler et accroître son endurance et sa résistance, ce qui lui serait très utile à l’avenir. Six mois, ce n’était pas si long que cela.
Mais personne ne vint la chercher. Elle resta seule durant une période indéterminé qui lui parut une éternité, on ne lui apporta ni à boire, ni à manger. Elle dormait beaucoup, car « qui dort dîne », tentait-elle de se persuader. Une fois, à son réveil, le garde avait disparu. Il ne revint pas, mais, à la suite, on lui amena régulièrement un peu d’eau sale et un quignon de pain rassis, à peine de quoi la rassasier. Elle dut pourtant bien s’en contenter.

Enfin, une sentinelle imposante la sortit de sa cage. Accoutumée à l’ombre des cachots, la lumière beaucoup trop violente lui fit plisser les yeux un long moment. Quand elle les rouvrit, elle s’étonna qu’il ne neigeât pas. L’hiver était pourtant rude, battant chaque année des records de froideur. Or, une agréable chaleur se répandait dans l’air doux, et le soleil brillait de mille feux, haut dans le ciel. A moins que…non ! Elle n’était pas restée enfermée si longtemps !
On la positionna en ligne, avec une vingtaine d’autres captifs tout aussi étonnés qu’elle. Camille se demanda la raison de cette perte de temps. D’habitude, les prisonniers n’étaient pas rassemblés et étaient personnellement envoyés au lieu de leur condamnation. De plus, seuls des personnes de moins de vingt ans se trouvaient là. On les avait triés.

Un concert de trompettes la fit soudain sursauter, alors qu’un cortège de nobles s’avançait au loin. Leurs habits rutilants, leurs parures d’or luisaient au soleil et la coiffure et la couleur de leurs cheveux étonnants rendaient la cour plus gaie qu’elle ne l’était. Ils stoppèrent devant les prisonniers, et le groupe se scinda en deux, laissant un petit chemin. Les nobles s’inclinaient un par un, sur le passage d’un autre noble apparemment plus haut gradé qu’eux. Le respect se lisait sur chaque visage tandis que le curieux personnage approchait lentement et dignement. Camille remarqua une certaine agitation parmi ses compagnons d’infortune. Certains s’impatientaient et d’autres se demandaient ce qui se passait, mais tous s’accordaient sur le fait que ce n’était pas normal. Il devait se passer quelque chose de grave.
-   Taisez-vous, hurla le héraut escortant le défilé, reconnaissable à ses habits verts et rouge, et inclinez-vous devant sa Majesté le Roi !
Le Roi ?! Mais qu’est-ce que le Roi fichait là ? Les prisonniers commencèrent à s’abaisser comme le blé fauché, et Camille les imita après quelques secondes de retard. Ils restèrent prostrés un long moment avant qu’on ne leur ordonne de se relever. Le Roi les dominait sur une petite estrade montée à la va-vite, et la jeune fille le détailla curieusement. Elle ne l’avait jamais vu auparavant, seulement sur les portraits accrochés à la façade de l’Académie.
« Modifié: 15 Juillet 2016 à 20:53:43 par Elisedu18 »
"Je sais bien que tu es morte, mais je crois qu'il y a dans tout être humain quelque chose qui ne peut pas disparaitre."
"Parfois, on demande à notre corps de parler à notre place de nos douleurs, des histoires qu'on cache en soi."
Ava Dellaira, Love letters to the Dead

Hors ligne Luv

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Re : On a volé l'hiver
« Réponse #1 le: 03 Juillet 2016 à 23:08:16 »

Bonsoir Elise,

Il y a une franchise, une énergie  et une certaine souplesse dans ton écriture qui me plait  !   :)
Je te pointe ce qui m'a gêné en lisant .
Le début accroche bien . Deux phrases assez proches me paraissent compliquées et un peu lourdes. Voici la première :

"Son cœur rata un battement et, avisant les poubelles que son voisin, prévoyant, avait décidé de sortir plus tôt, elle se cacha silencieusement derrière, priant pour que la garde ne la remarque pas"
Je ne comprends pas " son coeur rata un battement" .

et   la seconde :    " Tout à leur discussion, ils ne balayèrent les lieux que d’une œillade distraite, ne daignant même pas s’attarder sur des détails pourtant significatifs, comme par exemple le portail resté ouvert et les traces de pas visibles dans la très fine couche de neige qui recouvrait le sol."
 "oeillade distraite " ne me parait pas approprié ( mais je ne suis pas une professionnelle hein  :) )
Le reste de la phrase ne coule  pas suffisamment à mon goût.

"Elle n’était pas assez proche de l’un ou l’autre côté pour qu’on la voie, mais elle ne pouvait pas fuir."
Cela me semble un peu laborieux.
Dans la phrase suivante "toutes les deux " est inutile.
 "et fus bientôt repérée".   
"fut"   !          et pourquoi pas plutôt "mais fut bientôt repérée" ?


" comme un piquet et impassible"    :     le "et" ne convient pas me semble-t-il. L'enlever ( ? )  ou bien  ne retenir qu' un des deux éléments.
"Leurs habits rutilants et leurs parures d’or luisaient au soleil et leurs cheveux étonnants de par leur coiffure et leur couleur rendaient la cour triste plus gaie qu’elle ne l’était"  :   l'expression " de par" m'apparait maladroite ici  et la phrase peu simple.

"Le Roi ?! Mais qu’est-ce que le roi fichait là ? "   j'aime bien la familiarité de langage, elle crée un contrats avec le reste .

Tes dialogues me plaisent ! Le texte mérite d'être amélioré  car un  univers existe assez bien  et ton imagination est au rendez-vous . Bravo  :)
A bientôt,  ::)
Luv





Hors ligne Elisedu18

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Re : On a volé l'hiver
« Réponse #2 le: 14 Juillet 2016 à 00:57:44 »
Oula, même pas fais gaffe que quelqu'un avait répondu, ce n'est qu'en voulant poster la suite que je l'ai vu, désolé! :-[

Alors merci de ta lecture et de tes commentaires, je vais illico presto (enfin, après avoir publié la suite) corriger tout ça. ;)

Merci merci et encore désolé de mon manque totale d'attention, ça doit être à cause des vacances, j'ai le cerveau en compote dans ces moment-là. ;D

Bonsoir, ou bonne nuit, ou bonjour,bref! :relou:
Elise
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Hors ligne Elisedu18

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Re : On a volé l'hiver
« Réponse #3 le: 14 Juillet 2016 à 00:59:08 »
Un masque d’austérité habitait ses traits, renforcé par ses longs cheveux blanc bouclés et son air plus que sérieux, limite grave. Camille doutait que ce soit son visage de tous les jours, il devait y avoir un problème.
Le Roi attendit que le silence se soit fait avant d’ouvrir la bouche et de prendre la parole d’une voix appuyée :
-   Moi, Ayric II, Haut-Roi de l’Agdar, m’abaisse en ce jour et pour la première fois depuis des milliers d’années à demander l’aide et le bon vouloir de prisonniers tels que vous pour une mission périlleuse, nécessaire au bien-être de notre contrée.
Les prisonniers s’agitèrent. On voulait déjà leur faire risquer leur vie dans les mines, et à présent, le Roi lui-même voulait les sacrifier sur « l’autel du devoir » ? Ne trouvait-il pas assez de chair à canon parmi ses propres soldats ? Hors de question !  Camille secoua la tête. Leur Roi se prenait pour un dieu et il les forçait depuis trop longtemps à donner leur vie pour lui. Maintenant, il voulait les mettre à la place de soldats surentraînés, au nom d’ils ne savaient quelle mission ? Mais bien sûr !
-   Silence ! hurlèrent les gardes, menaçants les captifs de leurs armes.
Mais cette fois-ci, ils n’obéirent pas et allèrent jusqu’à huer leur souverain, qui éleva la voix pour se faire entendre :
-   Calmez-vous et croyez-moi, je sais que c’est injuste, mais à cette heure, je n’ai plus le choix. Notre pays est en danger. Alors pensez à votre famille et à vos amis, et écoutez-moi.
Il fit une pause alors que le silence revenait progressivement dans la cour. Il reprit, d’une voix plus sincère, presque avec humilité :
-   Il y a très longtemps, j’ai fais une erreur que je ne vous étendrai pas ici. Mais la victime de cette méprise m’a lancé une terrible prédiction : lorsque l’hiver sera volé, la fin de notre pays tel que nous le connaissons approchera. Elle m’a également avoué que seul un jeune de moins de vingt ans prisonnier dans la Tour du premier village affecté parviendrait à nous sauver en ramenant l’hiver. Je ne vous forcerai pas à accepter la quête que je vous propose, mais je tiens à vous dire ceci : celui qui accomplira la Prophétie se verra relâché sans aucun délai, et l’intégralité de son casier de justice sera effacé. Il disparaîtra tout simplement de nos services, comme s’il n’avait jamais existé.
Tout le monde retint son souffle, peinant à y croire. D’abord, cette incroyable malédiction qui apportait une explication tout de même logique à la météo d’aujourd’hui, et ensuite l’annulation de leur peine. La disparition de leur casier. C’était inédit. Le Roi ne revenait jamais sur ses décrets, et encore moins sur ses condamnations. Et sans connaître l’exécuteur de cette prétendue Prophétie, il renonçait à son casier, qui pouvait être fourni, et donc il acceptait de perdre pas mal d’argent. Plus le casier d’un sujet était épais et plus celui-ci payait d’impôts et taxes diverses chaque année. En l’occurrence, pour les mineurs, les parents payaient. Tous devraient sauter sur cette occasion en or d’améliorer la vie de leur famille. Le Roi était un très bon orateur et manipulateur, comme tous ses prédécesseurs.
Personne ne contesta plus rien. L’accord était fait.
-   Toutes les informations nécessaires vous seront délivrées en temps voulu. Bonne chance. Qu’on les ramène à leur cellule ! termina le Roi.
Les soldats s’exécutèrent sans un mot. Ils n’étaient sûrement pas si ravis qu’on ne leur accorde aucune chance de faire leurs preuves sur cette mission, au profit de prisonniers, de criminels. Tout en descendant les escaliers, Camille réfléchissait. Son casier était sûrement moins fourni que les plus grands hors la loi, mais elle avait commis quelques délits mineurs, et avait pris le blâme pour tous ceux que Maggie, la petite peste indisciplinée, avait accompli involontairement. Sa mère payait plus de mille cinq cent niaouglars par mois à cause d’eux. Ça réduisait grandement leur qualité de vie. La fleur timide de l’espoir ouvrit avec appréhension ses pétales roses, lui murmurant au creux de l’oreille que si elle parvenait à ramener l’hiver – diantre si elle savait comment réussir un tel miracle – la vie de misère de sa famille serait finie. Elle n’avait pas la prétention de s’approprier le titre d’Elue de la Prophétie, mais elle ferait son possible. Si elle échouait, elle aurait au moins tout tenté. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire déterminé, alors que la porte de sa geôle claquait dans son dos.

III

Contrairement à son premier séjour aux oubliettes, elle ne resta pas seule très longtemps. Le lendemain matin, deux émissaires de la cour du roi la rejoignirent et s’installèrent avec elle à la petite table en bois qui habitait un des coins de la cellule. Sans perdre de temps, ils ouvrirent la grosse sacoche qui les accompagnait et débutèrent leurs instructions :
-   Depuis ce matin, nous faisons le tour de la prison pour transmettre individuellement aux prisonniers toutes les informations nécessaires. Vous allez signer un papier pour attester que vous nous avez bien reçus.
Camille hocha la tête et pris en main la feuille et le crayon en charbon qu’on lui tendait. Elle lut attentivement avant de signer, mais ne décela aucun piège ni arnaque. Cela stimulait simplement que des agents gouvernementaux étaient venus. Elle leur rendit la feuille, mais, sur un geste de leur part, elle garda le crayon.
-   Bien, commençons.  Il y a quelques jours, la neige a arrêté de tomber progressivement.
Ils sortirent un grand planisphère montrant l’Agdar, constitué des douze contrées de la coalition établie des siècles auparavant, au terme d’une guerre sanglante et criminelle. La contrée de Sarcassonnes avait vaincu les autres et les avait soumises à sa domination, même si elle essuyait continuellement des rébellions sans grande incidence sur l’équilibre politique et économique du pays. Chaque contrée était dirigée par un Roi, et le Haut-Roi, toujours un descendant sarcassonnien, en gouvernait l’ensemble. Un des émissaires sortit en plus un petit pot rond et transparent, dans lequel se trouvait de l’encre d’oorekiu, une jolie plante rouge très odorante. Il l’ouvrit et la remua avec un calame avant de s’en servir pour entourer leur position, la grande ville de Tader.
-   Ça a commencé ici même, ce qui a poussé sa Majesté à penser que l’Elu était un des prisonniers de Tader. Puis, une à une, les villes ont perdu l’hiver, les chemins se sont dégagés. Le dernier endroit à se voir dépourvu de notre saison est celui-ci : Sangrav.
Il entoura le petit village, niché au cœur des collines de l’Ingrad, la contrée la plus éloignée de Sarcassonnes, au Nord. Derrière les collines se trouvait la chaîne des impressionnantes montagnes de Gwaedia, séparant l’Agdar d’un de ses pays voisins, le Myrastado.
-   Laissez-moi deviner, continua Camille, c’est à Sangrav qu’on doit aller.
-   Exactement. A partir de demain, vous aurez très exactement trente-cinq jours et seize heures pour ramener l’hiver. Autrement, nous nous effondrerons.
-   Je pars quand ?
-   Dés qu’on vous aura remis votre sac de voyage, vous pourrez y aller. Vous devriez l’avoir dans quelques heures. Profitez de ce laps de temps pour vous reposer, vous aurez besoin de toutes vos forces.
Sans qu’elle puisse ajouter autre chose, ils lui firent signer un second papier attestant qu’on lui avait bien délivré les informations, et les émissaires partirent. Camille bailla et obéit à leur conseil. Elle ne pouvait rien faire de plus, alors autant prendre un peu de repos. Elle aurait un long voyage à faire.

Quand elle se réveilla, son regard se posa directement sur un grand sac à dos posé sur la table, à côté de vêtements de voyage et d’un duvet roulé en boule et sanglé. Elle se leva précipitamment, maudissant silencieusement celui qui les avait apportés de ne pas l’avoir réveillé. Elle avait sûrement perdu beaucoup de temps. Elle ôta sa robe de paysanne et enfila le pantalon noir en cuir de strendhal, une sorte d’araignée de plus de deux mètres de hauteur qui vivait dans les monts d’Eraldieu. Ce cuir résistait au chaud et au froid, et il protégeait efficacement des coups, en plus d’être excessivement onéreux. En même temps, les strendhals n’étaient pas des animaux très dociles, et il fallait dix hommes pour en tuer une. Le haut, de la même matière, était attaché à une cotte de maille en mithril, une matière similaire à l’argent mais qui ne ternissait pas et était mille fois plus solide. Les bottes en peau de dramain à mi-genoux achevèrent sa tenue. A l’aide d’un élastique en soie de strendhal, elle releva sa longue chevelure en une queue de cheval au sommet du crâne.
Elle décida ensuite d’effectuer judicieusement un inventaire avant de partir. Elle ouvrit le cabas et posa son contenu, qui avait été balancé n’importe comment dans le sac, sur la table. Elle repéra tout d’abord une bourse bien fournie en or et un coutelas. Elle les rangea dans une petite poche du côté droit. Dans la poche de gauche, elle fourra les dix bâtons de feu, des bouts de bois spéciaux utilisables deux fois dont on se servait pour les feux de camps, avec les deux bouteilles d’huile et un pot d’amadou. Il ne restait plus que la grosse poche principale et celle du dessus à remplir. Au fond, elle glissa la trousse de secours, à côté d’une longue corde roulée. Elle y ajouta la boussole, la couverture, les gants (apparence cuir mais mêlé de mithril, capables de détruire à peu près n’importe quelle matière), les vêtements de rechange,  une hachette, la bobine de soie de strendhal et les deux gourdes remplies d’eau ainsi que les vivres, pour quatre jours, regroupés dans un grand chiffon blanc – du pain, du fromage et du jambon.  Dans la poche du dessus, elle glissa le planisphère de l’Agdar et les trois crayons de charbon, avec le lance-pierres et sa réserve. Fin prête, elle se para du ballot et saisit son duvet sous le bras.

Alors qu’elle s’apprêtait à héler un garde, elle remarqua que la porte était déjà ouverte. Sans perde un instant, elle la franchit et se rendit à la cour supérieure, qui grouillait d’agitation. Elle darda son attention sur le soleil, qui venait tout juste de se lever. Comme ce n’était plus l’hiver, il se levait plus tôt, donc il était aux environs de…sept heures, peut-être. Elle n’avait pas perdu trop de temps. Elle se concentra sur la cour et s’avança. Une rangée de chevaux s’y trouvait, tenus par des garçons d’écurie qui tentaient de les calmer. Ils piaffaient d’impatience. Déjà harnachés, ils s’agitaient, perturbés par les cris de la foule qui était tant bien que mal maintenue à l’extérieur. Pour ne pas créer de mouvement de panique, le Roi avait ordonné que la mission et la prophétie restent secrètes, mais le peuple savait qu’il se passait quelque chose de très important. On ne relâchait pas les prisonniers sans aucune raison, et que ce devait être dangereux. C’étaient des personnes qu’on pouvait sacrifier sans scrupule.

Un des comparses de Camille la dépassa et se dirigea au hasard vers un des chevaux. Elle ne commit pas la même erreur. Vivant depuis toujours au milieu des équidés que son père dressait, elle savait reconnaître tous les bons traits et les mauvais. Le plus proche d’elle avait les oreilles rabattus et l’œil vilain. Trop fougueux, il avait du mal à obéir et faisait peiner son laquais. Il n’était à monter que pour les combats et ne devait pas connaître la fidélité. Une fille s’en approcha, son sac à la main, et Camille se retint de partager avec elle ses observations. A présent, c’était chacun pour soi, même si son habituel altruisme en prenait un coup. Elle serra les dents et observa les bêtes suivantes. Celui que le précédent prisonnier avait enfourché était calme. Trop calme. Il rechignerait à aller au galop et se fatiguerait vite. La jeune fille sourit. Un des chevaux avait une colique naissante, un autre boitait presque imperceptiblement, le suivant avait le poil gras et les yeux hagards. Quelques autres se portaient bien, mais elle leur trouvait toujours un petit défaut sans réelle importance de force ou de rapidité. Si elle ne trouvait pas mieux, elle pourrait bien entendu s’en contenter sans problème, mais pas avant d’avoir écarter toutes les options.
Son regard stoppa sur le cheval d’après. Sans hésiter, elle s’en approcha avant qu’un autre le fasse. La jument lui jeta un regard bienveillant et hennit comme pour la saluer. Camille caressa son poil lustré et brillant, toucha un à un ses membres robustes, testa son dos musclé. Elle était en bonne santé et habituée à la course. Son port de tête altier et sa façon de se positionner dénotaient une noblesse dans ses origines. C’était une battante, une gagnante. Exactement le genre de monture qu’il lui fallait. Elle attacha solidement son duvet et son sac de voyage derrière la selle en peau confortable. Elle s’adressa au laquais, un jeune garçon de son âge aux cheveux roux :
-   Comment s’appelle-t-elle ?
Il rougit et bégaya, s’attendant à ce qu’on l’ignore, comme tous les autres se comportaient avec les laquais :
-   Elle… elle s’appelle Gwanwyn, ma…ma demoiselle.
-   Gwanwyn… murmura Camille.
La jument réagit à son nom en secouant la tête de haut en bas, agitant la corde que serrait le garçon.
-   Elle… elle vous aime bien, ma demoiselle.
-   Camille.
-   Ma demoi… Camille, vous devez aller signer le registre.
Il lui désigna une petite cabane à l’opposé de la cour. Elle s’y rendit rapidement et signa à son nom. Le secrétaire en charge lui remit alors un glaive aussi long que son avant-bras et orné des armoiries du Haut-Roi, ainsi que quatre dagues aiguisées et deux porte-couteaux à accrocher sur le bras. Elle en coinça une dans chaque botte, habilla ses poignets des porte-couteaux et y glissa les deux dernières dagues. L’épée trouva la place à sa ceinture, placée dans un fourreau portant également la distinction de l’armée du roi.
Elle revint près de son destrier, qu’elle enfourcha sans perdre une seconde. Elle fit signe au valet de détacher la jument, ce qu’il fit. Elle prit d’une main les rênes et se positionna de façon à ne pas avoir les fesses en compote dans plusieurs heures. Elle se retourna et, de sa main libre, elle sortit la carte.
-   Dis-moi, comment te nommes-tu ? demanda-t-elle au jeune garçon. Je ne vais tout de même pas t’appeler « valet » ou « laquais ».
-   Euh… Arwin, ma demoiselle.
-   Camille. Ça fait longtemps que tu es là, Arwin ?
-   Oui, bien avant que le soleil ne se lève.
-   Combien de prisonniers sont partis ?
-   Neuf. Ils sont tous partis vers le Nord.
Il hésita.
-   Que se passe-t-il, ma… Camille ?
-   Je ne peux pas te le dire, tu m’en vois désolée. Tu dis qu’ils sont tous partis vers le Nord ?
-   Oui, je peux l’affirmer.
Camille fixa sa carte. La route du Nord, l’Ewydion, semblait effectivement le trajet le plus rapide et simple. Elle était la moins fréquentée récemment, car elle franchissait rapidement la frontière de Sarcassonnes, et que la plupart des habitants ne souhaitaient pas en sortir depuis deux ans, comme les résidants de la contrée voisine, Aroun, ne souhaitaient pas y rentrer, à cause d’une tension récente. Elle avait donc été très peu empruntée dernièrement. Or, Camille la parcourait deux fois par an avec son père, quand il menait leurs meilleurs chevaux à la course de l’Armingad, qui se déroulait à Mirinster, la capitale d’Aroun. Ils étaient les seuls participants de Tader, les autres vivaient aux villes et villages alentours. Même pendant ces deux années de tension, ils s’y étaient rendus, car une prime généreuse était offerte à tous les participants et qu’ils en avaient besoin pour vivre. Ils étaient donc probablement les seuls de la ville à savoir que la route était bloquée depuis plus de six mois, à la suite d’un tremblement de terre qui avait causé un précipice profond et large de plusieurs dizaines de kilomètres, retardant tout voyage par cette route d’au moins une journée et demi. Quelle aubaine pour Camille ! De plus, son père avait trouvé un autre passage sillonnant à travers la plaine, et qui ne les retardait que de trois heures seulement. Il fallait aller au Nord-Ouest.
Elle rangea sa carte et saisit de ses deux mains les rênes.
-   Merci Arwin, tu m’as bien aidé. Si on te demande, je suis partie comme les autres, sur la route de l’Ewydion. A bientôt, j’espère !
-   Au revoir, Camille.
Elle scruta le ciel. Il était sept heures. La jeune fille talonna légèrement sa monture, qui prit aussitôt un pas tonique, ravie et un tantinet excitée, juste ce qu’il fallait. On lui ménagea un passage, repoussant de chaque côté la foule qui jacassait, en quête de potins croustillants. Camille aperçut son père, sa mère et Maggie, en retrait. Eux aussi la remarquèrent. Sa mère pleurait en serrant le moucheron contre elle, et son père retenait ses larmes. Elle leur adressa un salut sec et martial de la tête. Elle grava l’image de sa famille dans son esprit, se promettant de revenir au plus vite. Puis elle lança sa jument au trot, sur la route de l’Ewydion. Quelques rue plus loin et à l’abri des regards, elle bifurqua vers le Nord-Ouest et mit au galop sa compagne.
-   Allez, Gwanwyn, en avant !

IV

Rejoindre Mirinster prenait normalement au minimum cinq jours, si on galopait quatorze heures par journée. Les prisonniers partis avant Camille – sûrement ceux d’après aussi, la jeune fille ayant vérifié au préalable qu’aucun d’eux ne la suivait – mettraient au moins six jours et demi. Elle ferait le voyage en six jours, moins si elle ne prenait pas trop de pause, mais elle ne voulait pas essouffler Gwanwyn. Elle estima devoir galoper douze heures par jour pour y parvenir, tout en ayant le luxe de faire des pauses et de dormir neuf heures chaque nuit. La première étape du voyage serait du gâteau.
En effet, les deux premiers jours se déroulèrent sans encombre. Partie à sept heures, elle galopa deux heures avant de prendre une pause de dix minutes. Elle voyagea jusqu’à onze heures dix puis se posa pour déjeuner et faire paître sa monture. Elle repartit à midi et ne fit qu’une halte de vingt minutes à seize heures. Elle galopa ensuite quatre autre heures avant de dresser le campement pour la nuit. Au milieu du troisième jour, elle se présenta à la frontière entre Sarcassonnes et Aroun, à quelques kilomètres de la frontière de Plaeny, une autre contrée voisine. Tout était grillagé de mithril, les seuls interstices qui se profilaient étaient les postes de gardes réguliers qu’on trouvait un peu partout, mais qui étaient férocement gardés. On ne passait pas si facilement d’une contrée à l’autre, mais ceux qui portaient les armes du Haut-Roi possédaient un ticket de passage irréfutable. Elle présenta en bonne et due forme le fourreau et le glaive. Ils furent strictement contrôlés afin de vérifier qu’ils n’étaient pas faux, et elle put en profiter pour les questionner :
-   Est-ce que d’autres jeunes vêtus comme moi sont passés par ce poste de garde ?
-   Non, aucun, lui répondit un des vigils de sa voix lourde, mais des collègues d’un poste éloigné, qui s’étend de part la route d’Ewydion, en ont vu défiler une vingtaine il y a une heure.
Une autre sentinelle lui rendit ses biens et lui fit signe de passer. Elle remercia le garde qui lui avait répondu en glissant deux pièces d’or dans sa main. Il lui adressa un signe de tête reconnaissant alors qu’elle s’élançait à nouveau au galop. Les autres prisonniers la devançaient pour le moment, mais ça ne durerait pas. Dans deux heures, ils seraient bloqués, forcés de contourner l’immense ravin. A cet instant, elle les dépasserait et longerait la frontière de Plaeny jusqu’à Mirinster, évitant la ville de Tharyk et ses embouteillages supplémentaires.
Elle n’aurait pas dû se réjouir aussi rapidement, car, à peine une heure de chevauchée plus tard, un glissement de terrain l’obligea à se détourner de sa route, et elle perdit quatre heures. C’était toujours moins que ce que les autres avaient perdus, mais ce n’était pas rien. Elle renonça à deux pauses pour ses douze heures de galop.
Le lendemain, elle dut s’arrêter plus longtemps pour déjeuner car une meute de loups l’avait forcée à sacrifier le peu de vivres qu’il lui restait pour parvenir à fuir. Elle se fabriqua donc une lance improvisée dont elle se servit pour pêcher, et elle dut également faire du feu pour les cuire. Elle n’en mangea qu’un et ensevelit les trois autres dans un gros paquet de sel, trouvé en abondance sous un rocher rencontrant une nappe phréatique. Elle les empaqueta solidement dans le chiffon et galopa encore plus longtemps pour combler le retard. Les derniers jours se déroulèrent sans autre incident majeur, même si elle fut obligée de prendre plus de pause afin que Gwanwyn puisse se remettre des dernières chevauchées éreintantes. Elle courait très vite, mais manquait d’endurance. Camille espérait que la jument prendrait rapidement le rythme. Elle ne pourrait pas toujours se permettre ces haltes reposantes, et elle ne voulait pas avoir à échanger la jument contre un étalon plus endurant.

Elle atteignit la capitale de l’Aroun comme prévu, à l’aube du sixième jour de son périple. Les dires de la populace la rassurèrent : aucun autre cavalier comme elle n’était arrivé. Elle s’autorisa à souffler et fit jouer ses relations. En effet, elle connaissait pas mal de monde et elle avait une réputation. Elle avait gagné le prix de Mirinster huit fois consécutives avec le cheval le plus rapide. Un des amis de son père, un maréchal-ferrant, palefrenier et soigneur, fut ravi de pouvoir l’héberger. En lui précisant qu’elle ne restait qu’une nuit et repartirait dans le courant de l’après-midi suivant, le temps de se ressourcer, elle lui demanda s’il pouvait vérifier l’état des fers de Gwanwyn. Il fit bien plus. Il les changea gratuitement et insista pour lui offrir un tube de pommade contre les irritations que provoquait la selle sur le long terme. Il modifia celle-ci pour atténuer ces démangeaisons, et la rendre plus confortable. Il fit coucher l’animal dans un grand box et lui prépara un mélange de granulés et d’avoine nourrissant et augmentant l’endurance. Se plaignant de la maigreur et de la saleté de Camille, il lui mitonna un bon petit plat et lui prépara un bain chaud. Pour la suite de son voyage, il lui offrit deux épais savons de Saray, capitale de Plaeny et grande ville du savon. Elle passa la nuit sur un matelas confortable et d’une douceur incomparable.

Au petit matin, elle se rendit au marché, sa bourse accrochée à sa ceinture, près de son glaive. Elle avait emporté toutes ses armes, au cas où. Aymé, l’ami de son père, n’avait pas voulu qu’elle se paye de nouveaux vivres et lui avait préparé un gros baluchon bien garni, mais elle tenait tout de même à faire un tour par le marché. Elle déambula lentement dans les étals en se détendant et en se laissant pleinement envahir par toutes les couleurs, les sons et les odeurs. Elle adorait cette ville vivante et joyeuse dont ses grands-parents étaient originaires. Les façades des maisons et des échoppes étaient toutes différentes en forme et couleurs, la cité recélait de mille mystères et surprises…dont la première fut de se faire tirer en arrière dans une ruelle sombre, une main plaquée contre sa bouche pour l’empêcher de hurler.
« Modifié: 15 Juillet 2016 à 20:59:12 par Elisedu18 »
"Je sais bien que tu es morte, mais je crois qu'il y a dans tout être humain quelque chose qui ne peut pas disparaitre."
"Parfois, on demande à notre corps de parler à notre place de nos douleurs, des histoires qu'on cache en soi."
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Re : On a volé l'hiver
« Réponse #4 le: 14 Juillet 2016 à 20:39:14 »
Salut Élise,

Pour les dialogues, les demi cadratins c'est pus joli.
— blabla
Tu l'obtiens avec "alt 0151"

Citer
Il fallait la retrouver avant que la grosse cloche du village ne sonne sept heures.
pourquoi, que se passe-t-il à 19h ?
edit : ah oui, couvre-feu, on le capte après, mais bon, ça surprend quand même

Citer
cette perspective biens moins réjouissante
bien

ta Maggie a deux surnoms masculins de suite, ça peut déstabiliser

Citer
des bruis de pas se firent entendre,
bruits

Citer
l’éclat de torches s’encadrer dans le virage de droite.
un éclat qui s'encadre c'est chelou

Citer
L’éclat des torches se rapprocha,
la répétition n'est pas top

Citer
avant de repartir à la recherche du bébé,
un peu plus grande qu'un bébé, elle marche...

Citer
et ils la menèrent plusieurs rues plus loin,
elles (les traces)

Citer
Maggie s’amusait dans la grande fontaine ronde, n’ayant cure de se mouiller et de faire du bruit.
pas ultra crédible, elle ne craint pas le froid ?

Citer
les cris et le crissement des épées dégainées déjà perceptible.
perceptibles

Citer
les lueurs des flambeaux d’un autre détachement de surveillance dansaient sur le mur sale. Quand elle voulut rebrousser chemin, elle vit les autres approcher. Elle n’était pas assez proche de l’un ou l’autre côté
3x autre

Citer
Les heures s’égrenèrent lentement et péniblement.
présent ?

Citer
Elle fut tirée à la surface par une sentinelle imposante.
tu le dis avant qu'elle est sous terre ?

Citer
Pourquoi ? Tout ceci devenait de plus en plus étrange !
mieux vaut laisser le lecteur s'interroger, le titiller plutôt que de lui dire que c'est étrange

Citer
Leurs habits rutilants et leurs parures d’or luisaient au soleil et leurs cheveux étonnants de par leur coiffure et leur couleur rendaient la cour triste plus gaie qu’elle ne l’était.
un peu lourd (tu as trois "et")
(le "triste plus gaie" enchaîne mal)

Trois fois noble dans le paragraphe, dont deux fois dans la même phrase.

Citer
Camille les imita après un train de retard.
pas top cette expression contemporaine
(idem pour "vitesse grand V" plus haut)

Je m'arrête sur le premier post pour aujourd'hui.
Sur la forme, en dehors des bricoles que j'ai relevées, c'est bien construit et dynamique. Le contexte n'est pas forcément super bien posé au départ (la fille fait ses devoirs, je m'attendais à un truc contemporain) mais après ça enchaîne bien. Bonne chance pour la suite ;)

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : On a volé l'hiver
« Réponse #5 le: 15 Juillet 2016 à 20:11:30 »
Magnifique. J'ai beaucoup aimé rien que l'idée qu'on puisse voler l'hiver.
Je suis pas très fan du genre fantastique mais t'as l'air faite pour en faire. T'as beaucoup d'imagination et t'inventes des lieux comme s'ils existaient déjà. Tu devrais écrire un livre ou une saga, tu pourrais créer un super univers.
Il y a quand même quelques petits trucs qui m'ont dérangés. Au début, Camille fait ses devoirs, je trouves ça un peu bizarre dans un telle univers qu'on l'imagine la tête dans des cahiers de maths. Lorsqu'elle se fait arrêter, on lui dit haut les mains! Je sais pas s'ils disaient déjà ça dans une époque médiévale étant donné que les armes à feu n'existaient pas et que dans ton récit non plus, ils ont pas l'air d'exister. J'ai trouvé le paragraphe où tu décris l'équipement de Camille un peu longuet, une rupture dans le récit mais c'est sûrement seulement personnel.

Mais à part ça, rien à dire. Ta plume est belle et elle nous emporte. Ton esprit est plein d'imagination et on se perd(dans le bon sens du terme) dans tes créations. Enfin, tes mots et métaphores sont beaux(ex:" La fleur timide de l’espoir ouvrit avec appréhension ses pétales roses, lui murmurant au creux de l’oreille" j'ai adoré) et on prend plaisir à les lires. J'ai hâte de lire la suite.

En espérant que ça puisses t'être utile!

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Re : On a volé l'hiver
« Réponse #6 le: 15 Juillet 2016 à 20:32:31 »
Coucou, et merci pour vos retours! ;)

Alors, on y va au cas par cas (comme dans les conseils de classe :'()

Donc, Rémi: merci pour avoir pris le temps de relever ce qui te semblait bizarre, ça me touche beaucoup (non, non, je ne vais pas me mettre à pleurer, faut pas s'en faire! :-¬?)

Citer
Pour les dialogues, les demi cadratins c'est pus joli.
— blabla
Tu l'obtiens avec "alt 0151"
Merci pour l'info, c'est vrai que c'est plus joli (mais bon, faire "alt 0151" à chaque dialogue, euh... :D)

Citer
pourquoi, que se passe-t-il à 19h ?
edit : ah oui, couvre-feu, on le capte après, mais bon, ça surprend quand même
Ah ah ah, mais c'est justement l'effet recherché!

Citer
ta Maggie a deux surnoms masculins de suite, ça peut déstabiliser
Mouais...devrais trouver un surnom féminin...

Citer
un peu plus grande qu'un bébé, elle marche..
C'est pas non plus un moucheron ou un moustique...c'est juste une expression qui témoigne un peu de ce que Camille pense de sa soeur (l'amour fraternel, c'est beau ::))

Citer
pas ultra crédible, elle ne craint pas le froid ?
Ouais, mais c'est con les gosses >:D

En tout cas, je suis contente que l'ensemble t'ai plu ;) J'attends tes commentaires pour la suite!

RedSmile: Merci également d'avoir lu et commenté, bien sûr!

Citer
Tu devrais écrire un livre ou une saga, tu pourrais créer un super univers.
En ce moment, je bosse un livre fantastique mais dans notre univers (une trilogie ou plus si affinités :D)
Mais pour la suite, j'aimerais bien adapter le monde de cette nouvelle en roman, mais bon, rien n'est fait! ;)

Citer
Au début, Camille fait ses devoirs, je trouves ça un peu bizarre dans un telle univers qu'on l'imagine la tête dans des cahiers de maths.
Je préciserai une matière peu conventionnelle alors (genre "devoirs de potions" ou "révise ses formules alchimiques", je verrai

Citer
Lorsqu'elle se fait arrêter, on lui dit haut les mains!
On est dans un autre monde, mais pas forcément à une époque dite "médiévale". La preuve, le Code Royal a été établi en 3256 je crois. ça relève plus du "steampunk", mais on peut menacer quelqu'un avec une lance, et par conséquent, ordonner "haut les mains"

Je suis contente que mes expressions et ma plume te plaise, en tout cas. Je devrais poster la suite demain ou après-demain ;)

Bye tout le monde (je suis sympa, je salue TOUT LE MONDE)
Elise


--------------------------------------------
Et pis non, en fait, je poste ce que j'ai fais hier soir là, maintenant, tout de suite.

Elle se débattit et donna au hasard des coups de pied. Un « Aïe ! » fit naître en elle une aura de satisfaction. Son agresseur libéra sa bouche. Il poussa violemment la jeune fille contre un mur et lui maintint les mains dans le dos. Elle ne pouvait plus bouger.
-   Qu’est-ce que vous voulez ? toussa-t-elle.
-   Comprendre, lui répondit laconiquement une voix masculine.
La pression se relâcha et les deux mains la retournèrent avant de la pousser de nouveau contre le mur. Camille eut la surprise de se retrouver face à un des siens. C’était un garçon aux cheveux d’ébène mi-longs et aux yeux d’obsidienne. Elle le reconnaissait pour avoir été présente lors de son arrestation, comme la moitié de la ville. Il avait tué froidement cinq sentinelles pour les empêcher d’emmener son père, accusé injustement. C’était un meurtrier. Elle déglutit et croisa les bras.
-   Comprendre quoi ?
-   Comment tu as fait pour arriver aussi vite. Je suis un des premiers à être parti de la Tour, à six heures et demie, avec quatre autres. Au poste de garde, on m’a dit qu’on était les premiers. Mais quand je suis arrivé ici, on m’a prévenu que j’étais le deuxième, que j’avais été devancé par une fille.
D’accord. Meurtrier ET macho.    
-   C’est sûr, ton ego doit en prendre en coup, ironisa-t-elle, plus sûre d’elle.
Elle pouvait gérer un macho. Et puis, il n’oserait pas la tuer, ils étaient trop proches de la rue principale. Il soupira en secouant la tête.
-   Je veux juste savoir comment t’as fait. Après, je te laisse t’en aller.
Camille hésita brièvement mais accepta. Après tout, ça n’avait plus vraiment d’importance.
-   Je savais que la route de l’Ewydion serait bloqué alors j’ai fait un détour par une route que je connaissais et qui ne me retardait pas trop.
Il hocha la tête, en réfléchissant. Son visage et ses manières arrogantes agaçaient déjà la jeune fille. Elle tenta de partir mais il la retint en plaçant ses bras de chaque côté de sa tête.
-   Tu es intelligente, et tu réfléchis…
-   Quelle déduction ! On avait un accord, laisse-moi passer, l’interrompit-elle.
-   …pour une fille, termina-t-il.
-   Crétin ! s’énerva-t-elle en le repoussant.
Elle le bouscula et se rua dans la rue principale, là où il ne pourrait plus l’emmerder.
-   Eh, attends ! s’écria-t-il derrière elle. Je pourrais au moins connaître ton nom ?
Elle se retourna à moitié et le regarda en faisant mine de réfléchir. Puis elle releva la tête, un sourire malicieux et hautain sur le visage.
-   Non.
Puis elle disparut dans la foule.

V
En fredonnant, Camille finit de remplir son sac, rajoutant, en plus des vivres offerts par Aymé, ce qu’elle avait acheté au marché : des friandises pour Gwanwyn,  une pierre aiguisant les armes et de la poudre, avec la pommade pour sa jument. Elle dit au revoir à Aymé avant de reprendre sa route. Tout en marchant à travers le marché, évitant les étalages et les amoncellements de marchands et clients, elle se remémora l’itinéraire qui devait la mener à Sangrav. Dans deux jours, elle ferait escale à Mounok, une ville dans le Nord d’Aroun, où elle pourrait se reposer chez sa tante. Ensuite, elle voyagerait deux autres jours avant de s’arrêter dans la capitale de L’Ysbrad, Ysbrado, et il faudrait trois jours pour arriver à Monkastagn, un autre jusqu’à Poktawer. Et enfin, la prochaine halte serait Sangrav, où la deuxième phase de sa quête commencerait. 
Elle arriva aux limites de la capitale et à l’orée de la forêt Syloik. Elle enfourcha sa monture, la lançant au trot dans les bois, avant de prendre un galop soutenu en débouchant sur une longue plaine. Elle sourit. Ça ne devrait pas être très difficile d’aller jusqu’à Sangrav.
Là encore, elle avait tort, car un nouvel obstacle vint se dresser sur sa route. Qui avait d’irrésistibles yeux d’encre et un air ténébreux. Le vent dans les oreilles, elle ne l’entendit pas s’approcher et manqua de tomber, en faisant piler sa jument, quand il stoppa son étalon devant elle. Elle se retint aux rênes et serra les jambes autour de Gwanwyn. Celle-ci se cabra légèrement, les oreilles en arrière, et hennit.
-   Qu’est-ce que tu fais là ? attaqua Camille en dégainant son glaive.
-   Tout doux, tigresse, tenta-t-il de l’apaiser, en lui parlant comme s’il s’adressait à une jument rebelle, je ne suis pas là pour te causer des ennuis.
-   Tu m’en causes en t’interposant. Bouge-toi !
Il obéit, ce qui l’étonna. Elle ne perdit pas de temps à en deviner la raison. Elle rengaina son arme et talonna Gwanwyn. Il la rattrapa rapidement, mais ne la bloqua pas. Il se contenta de chevaucher à ses côtés et c’est elle qui arrêta son destrier.
-   Bon, qu’est-ce que tu veux, et pourquoi tu me suis ?
-   En voilà une question étrange ! Nous devons tous nous rendre à Sangrav, il n’y a pas trente-six chemins. Je pensais que nous pouvions en faire un bout ensemble, histoire de tuer l’ennui.
Elle soupira.
-   Arrête de penser, ça vaut mieux. Je voyage en solo.
-   On était vingt-deux au tout début.
Elle ne s’attendait pas à cette réponse.
-   Pardon ?
-   On était vingt-deux quand on a été libéré. On n’est plus que quinze.
-   Qu’est-ce qui s’est passé ?
-   La route de l’Ewydion a été mouvementée. C’est une sacrée récompense à la clé, moins il y a de concurrence, mieux c’est. Certains se sont entretués.
Camille raffermit sa prise sur son arme.
-   Et je parie que tu y as participé.
-   C’est là où tu te trompes. Ce que je veux te faire comprendre, c’est qu’il y en a qui tuent pour le plaisir, ce ne sont pas des enfants de chœur. J’ai tué ces gardes pour protéger ma famille.
La jeune fille fit lentement reculer sa jument, qui, sentant la tension de sa maîtresse, piaffait nerveusement.
-   On ne justifie pas un homicide, peu importe les raisons qui nous ont poussé à cette violence. Et de toute façon, je ne vois pas ce que ça change.
Il baissa la tête.
-   Tu as raison. Ce que je veux dire, c’est que tu n’as plus l’avance que tu avais sur ton premier trajet. Ils sont tous au courant que la première, c’était toi. Tu es une menace pour tous. Ils vont essayer de te stopper. Je sais me battre. Je peux te protéger.
-   Je n’en ai pas besoin. Ils ne me trouveront pas de sitôt ; puisque je ne vais pas suivre la route de…
Elle se mordit la langue, se maudissant pour s’être ainsi fait avoir. Surpris, le jeune homme lui demanda :
-   Tu ne vas pas suivre la route de Tintazel ? Mais c’est la plus simple et la plus rapide !
-   Fiche-moi la paix ! J’ai mon itinéraire personnel, qui me met à l’abri des débordements.
Il siffla, impressionné.
-   Tu y avais pensé depuis longtemps.
-   A quoi ? Que les prisonniers seraient corrompus par cette récompense ? Bien sûr que oui, je ne suis pas idiote !
-   Ça c’est sûr, murmura-t-il, tu es impressionnante.
-   Ça t’en bouche un coin, hein, qu’une fille soit intelligente. Maintenant, puisque tu sais te défendre, rejoins donc la route de Tintazel et laisse-moi.
Il secoua la tête.
-   Hors de question. Tu viens de me dévoiler une route plus sûre, je ne vais certainement pas voyager sur l’ancienne. T’as pas le choix. Soit tu restes plantés là x temps en attendant que je parte – ce qui n’arrivera pas – soit tu t’inclines et tu me laisses t’accompagner.
Camille ne réfléchit pas longtemps. Elle n’en avait pas à perdre. Elle soupira et se résigna.
-   Je vais te pourrir la vie ! lui promit-elle en lançant Gwanwyn au galop.
-   Je m’en réjouis déjà ! Tu me dévoiles l’itinéraire ?
-   Pour que tu me trahisses et me laisses en plan ? Hors de question ! s’indigna-t-elle.
-   La confiance règne, rit-il. Je m’appelle Connor. Ça veut dire « guerrier et intelligent ».
-   Ravie pour toi.
-   Et tu es…
-   C’est pas tes oignons. Contente-toi de me suivre et de fermer l’enfer qui te sert d’orifice buccal.
-   En avant les boutades et les termes scientifiques, que tu es sûrement certaine que je ne connais pas. Mais détrompe-toi, c’est…
-   Oh ta gueule !
Camille augmenta la cadence. L’étalon de son compagnon non désiré n’étant pas aussi rapide, il dut se concentrer pour suivre l’allure, et fermer sa bouche. Bon point pour la jeune fille.

Ils s’arrêtèrent quatre heures plus tard, dans une clairière abritée par un toit de feuilles touffu. Camille dressa le camp tandis que Connor allait couper du bois avec sa hachette. Elle prépara leur lit, à bonne distance l’un de l’autre, chacun d’un côté du foyer. Quand son acolyte revint avec une grande quantité de bois, elle alluma le feu avec un bâton de feu et quelques gouttes d’huile.




« Modifié: 15 Juillet 2016 à 20:35:47 par Elisedu18 »
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Re : On a volé l'hiver
« Réponse #7 le: 15 Juillet 2016 à 23:40:13 »
La dernière partie est ma préférée. Je t'envis, tes dialogues sont géniaux, très fluides et correspondant vraiment aux personnages, perso, j'ai du mal à écrire de bons dialogues   :D

Je commence à vraiment rentrer dans l'histoire, si bien que je voulais pas voir la fin de ton message. Le dernier personnage que tu as ajouté apporte vraiment quelque chose dans sa relation avec Camille. Ça permet au lecteur de mieux les connaître tous les deux, d'une pierre deux coups.

Par contre, fais gaffe, je me suis rendu compte qu'au début du texte, tu parles de niaouglars comme d'une monnaie et plus loin, Camille donne à un garde deux pièces d'or qui est une autre monnaie.

-   C’est pas tes oignons. Contente-toi de me suivre et de fermer l’enfer qui te sert d’orifice buccal.
-   En avant les boutades et les termes scientifiques, que tu es sûrement certaine que je ne connais pas. Mais détrompe-toi, c’est…
-   Oh ta gueule !
Ça m'a fait beaucoup rire  ;D

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  • Psycho-tarée de la plume
Re : On a volé l'hiver
« Réponse #8 le: 16 Juillet 2016 à 13:09:52 »
Salut RedSmile, et merci beaucoup!
Perso je ne force pas l'écriture des dialogues, ça vient tout seul, mais si ça peut t'aider, je me met  à fond dans chaque personnage et j'imagine ce qu'il pourrait répondre en fonction de sa personnalité et de son caractère au moment où il parle, comme ça ça fait plus naturel. ;)

Effectivement Connor permet de mettre un peu plus à jour le caractère de Camille et ses relations avec les autres, même si au moment où je l'ai intégré, je ne pensais pas du tout à ça :D

Citer
  C’est pas tes oignons. Contente-toi de me suivre et de fermer l’enfer qui te sert d’orifice buccal.
-   En avant les boutades et les termes scientifiques, que tu es sûrement certaine que je ne connais pas. Mais détrompe-toi, c’est…
-   Oh ta gueule !
Ça m'a fait beaucoup rire  ;D
Ouiiiii!!! Un des passages que j'aime beaucoup, et il y en aura d'autre, des réflexions comiques comme ça (enfin, normalement, on verra selon la tournure que prendra le récit! :))

Merci beaucoup pour ta lecture, j'essaierai de poster la suite pas trop tard ;)
Elise
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  • Troubadour
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  • Psycho-tarée de la plume
Re : On a volé l'hiver
« Réponse #9 le: 21 Juillet 2016 à 03:31:03 »

. Le repas se prépara et se mangea en silence. Connor tenta de faire un brin de conversation, mais devant l’obstination à l’ignorer de Camille, il renonça bien rapidement. D’ailleurs, la jeune fille ne pipa mot et se coucha  aussitôt après avoir dîné.
-   Bonne nuit ! la taquina le jeune homme.
Pour seule réponse, elle lui montra un de ses doigts…d’une manière peu élégante. Son compagnon étouffa un rire et se coucha lui aussi.

VI
Ils arrivèrent à Mounok en fin d’après-midi, le jour suivant. Ils laissèrent leurs chevaux à une écurie. Connor proposa de dormir dans une auberge, mais Camille refusa, et, sans lui expliquer quoi que ce soit, l’entraîna à travers toute la cité. Elle lui fit traverser plusieurs rues, jusqu’à une petite maison paisible. Elle toqua sans hésiter à la porte en bois peint, qui s’ouvrit après quelques secondes seulement. Une femme blonde aux yeux bleus s’encadra dans leur champ de vision, le visage rayonnant de joie. Elle serra Camille dans ses bras.
-   Comme je suis contente de te voir ! Allez, entrez tous les deux !
Elle s’écarta pour les laisser passer. Camille s’éclaircit la voix.
-   Tata, je te présente Connor. Nous voyageons ensemble pour le moment. Merci de bien vouloir nous accueillir. Nous ne t’embêterons pas longtemps.
Connor sourit. Pour le moment. Elle était bien optimiste. Il salua leur hôte.
-   Oh, mais vous ne me gênez pas du tout ! J’étais ravie quand j’ai reçu la lettre d’Aymé, et j’ai deux chambres pour vous. Connor, vous aurez la chambre d’amis. Camille, tu dormiras dans celle d’Enzo.
Il sourit une nouvelle fois. Camille.
-   Enzo n’est pas là ? s’enquit celle-ci.
-   Non, il est en stage d’une semaine à Poktawer.
Elle hocha la tête.
-   Peut-être qu’on le verra, alors. On doit faire escale là-bas.
« Ah bon ? » s’étonna Connor, avant de jubiler intérieurement. Elle venait involontairement de dévoiler un nouveau détail sur leur itinéraire. Il lui rappellerait, plus tard.
-   Camille, pourquoi tu ne monterais pas vos affaires, pendant que je fais visiter la maison à ton ami ?
-   Ce n’est pas mon ami, ce n’est qu’un imbécile arrogant et prétentieux, qui pète plus haut que son cul, avec lequel je suis forcée de voyager pour le moment, mais que j’ai la ferme intention de paumer dans un jour ou deux dans les bois en le laissant à la merci des loups, parce que ça m’est bien égal qu’il se fasse bouffer.
C’est ce qu’elle aurait aimé répondre. A la place, elle se cantonna à un banal :
-   D’accord. Passe ton sac.
Elle tendit la main vers son compagnon, qui se délesta de son paquetage et le lui remit. Il suivit sa tante alors qu’elle montait les escaliers. Elle s’arrêta dans la première chambre et y déposa ses affaires, avant de laisser celles de Connor dans la chambre suivante, après les avoir discrètement fouillées. Rien d’intéressant.
"Je sais bien que tu es morte, mais je crois qu'il y a dans tout être humain quelque chose qui ne peut pas disparaitre."
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Re : On a volé l'hiver
« Réponse #10 le: 22 Juillet 2016 à 00:59:08 »
Fidèle au rendez vous, je suis encore là pour te dire ce que je penses de la suite de la suite  :D

"Le repas se prépara et se mangea en silence. Connor tenta de faire un brin de conversation, mais devant l’obstination à l’ignorer de Camille, il renonça bien rapidement."
Malheureusement, ça commence mal. J'ai pas aimé la formulation de ces deux phrases.
C'est la seule chose qui m'ait dérangé, le reste se laisse facilement lire. Après, cette partie est assez petite comparé aux autres et j'ai pas grand chose à dire dessus à part que j'ai bien aimé et que j'attends encore la suite.

"-   Ce n’est pas mon ami, ce n’est qu’un imbécile arrogant et prétentieux, qui pète plus haut que son cul, avec lequel je suis forcée de voyager pour le moment, mais que j’ai la ferme intention de paumer dans un jour ou deux dans les bois en le laissant à la merci des loups, parce que ça m’est bien égal qu’il se fasse bouffer.
C’est ce qu’elle aurait aimé répondre. A la place, elle se cantonna à un banal :
-   D’accord. Passe ton sac."
J'ai beaucoup aimé ce petit passage. Au départ, j'ai vraiment cru que c'est ce qu'elle lui répondait puis t'as tout cassé en une phrase et j'ai trouvé ça pas mal.

 


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