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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Doigts et devoirs

Auteur Sujet: Doigts et devoirs  (Lu 1424 fois)

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
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Doigts et devoirs
« le: 02 Mai 2016 à 13:40:18 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

   Ça n'est qu'une distraction, légère.
   Elle garde le stylo entre ses doigts, prend des notes sur son calepin quadrillé. Si elle résiste à l'envie d'y gribouiller des grimaces, si elle garde ses yeux sur le professeur – bienveillant, mais ralentissant chacune de ses phrases pour qu'elle soit dûment notée, comme si c'était une dictée plutôt qu'un cours – et sur la diapo, elle peut ignorer cette gêne-là.
   Cinq fourmis nerveuses ont fait surface, sollicitent son attention. Un petit picotement, au bout des doigts, sur sa main dominante. Gratte-moi, juste un peu.
   Gratte-moi, et je disparaîtrai.
   Tu pourrais même le faire avec l'ongle du pouce. Oui, comme ça. Regarde, tu n'as même pas à lâcher le stylo, il faut seulement arrêter d'écrire. Tu peux nous caresser, râper cette peau capricieuse de ton ongle un peu trop long, que tu manques toujours de ronger, avant de te retenir.
   Oui, gratte, gratte encore un peu, et nous disparaîtrons.
   Ils ont menti. Ils sont toujours là et elle a, distraite, manqué une des phrases du cours. Elle jette un coup d’œil rapide sur l'ordinateur de sa voisine, en vain : l'ennui et l'impatience sont gravés comme deux tombeaux dans les cernes de la nuit passée, dans l'attente de la soirée à venir, dans ses yeux absents à l'amphi – elle flânote sur Facebook.
   Seul son voisin de gauche la sauve, ou presque : elle recopie la phrase qu'il a notée sans y croire, l'accompagne d'un point d'interrogation pour ne pas risquer de marquer comme vrai ce qu'elle sait faux. Elle a, après tout, déjà lu tout ce cours dans un manuel, formulé et organisé différemment, mais avec le même contenu.
   Elle pourrait presque, dans l'absolu, ne pas retranscrire aveuglément un cours dont elle connaît déjà la substance. Mais, et si jamais la différence entre échouer et réussir l'examen tenait à un détail caché entre deux virgules orales ? Le professeur énonce chacune de ses phrases si lentement qu'il les déconstruit dans leur longueur, le premier mot n'étant plus qu'un phare lointain quand survient enfin le premier verbe ; les sentences de la Pythie alanguie ne peuvent être comprises comme telles, il faut les transcrire pour leur donner jour. Elle ne peut pas manquer une syllabe, sous peine d'y perdre la phrase.
   Et puis, écrire l'aide à apprendre, grave plus profondément ce qui était déjà inscrit dans sa mémoire. C'est une bonne chose, au fond. Appliquer chaque phrase, patiemment, sur le calepin, de son écriture ronde, qu'elle a travaillé à rendre propre et lisible.
   (Gratte, gratte, tu y étais presque, et nous disparaîtrons.)
   Au collège, on lui avait reproché ses r trop semblables à ses n, ses s raccourcis, presque invisibles à l'extrémité de ses pluriels.
   Il ne faut que nous gratter un peu plus, promis ; notre appel est devenu plus insistant, mais c'est que tu as commencé le travail sans le finir. Gratte jusqu'au bout, un peu plus violemment, et nous disparaîtrons.
   L’irritation, le picotement, les petits riens au bout de ses doigts l'ont distraite et elle a perdu au moins deux mots de plus, deux briques de l'édifice du cours. Elle consulte en vain le carnet de son voisin : il a abandonné, comme il le fait toujours, une fois les dix premières minutes du cours passées, et trompe l'ennui par correspondance, le téléphone caché sous la table. Il tape en habitué du soupir express, composant cinq phrases pour chaque mot du professeur.
   Le professeur.
   Les diapos – elle peut se concentrer sur les diapos, ils sont toujours le condensé de ce qu'il dilue. Il les envoie par mail à tout l'amphi après le cours, mais peu importe. Il faut juste qu'elle se remette dans le rythme, prenne pied, garde pied.
   Mais gratte-nous, gratte-nous, tu le veux et nous le voulons ; titille-nous, un peu, et tu sais la satisfaction sublime qui t'attend : nous nous tairons. Pour la seconde où tu gratteras, nous nous ferons silencieux, petits anges jouissants, sacrilèges sur la cathédrale enfin muette de ta peau.
   Oh oui, comme ça.
   Oh, frotte-nous contre ton jean, continue. Passe-y ta rage, ta frustration : c'est si pénible, quand ça gratte, il faut le punir et ooh.
   Chut.
   Écoute, tu as repris notre stylo et nous nous sommes tus.
   Nous avons gardé le silence, pendant une seconde pleine, au moins.
   Recommence !
   Les diapos, les voisins, le calepin, quelque chose. Il lui faut faire taire ce corps qui hurle, ces cinq extrémités qui l'appellent. Elle regarde – elle ne devrait pas regarder.
   (Allez, encore, gratte. Juste un peu. Et puis un peu plus.)
   Mais elle n'y voit rien. Sa main tient le stylo comme si de rien n'était, sans signe de sécheresse, de gerçure, de cloque, d’eczéma, de mycose sur les phalanges, sans l'ombre d'une horreur qui pourrait expliquer la puissance, la solitude de l'appel, cri si intense qu'il demande le présent tout entier.
   Penser à autre chose. Ce cours est perdu, abandonné.
   (Inutile, de toute façon. Gratte-nous.)
   Son voisin, qui dissimule son téléphone sous la table, mais quel besoin ? Le professeur erre dans la brume de son cours, tortue focalisée sur son marathon. Personne ne l'écoute. Elle parcourt l'amphi des yeux, à la recherche d'un compagnon, d'une compagne d'attention, mais n'y trouve que des visages désintéressés, distraits.
   Maintenant qu'elle a abandonné, plus personne ne suit le cours. Ce n'est plus qu'une farce maintenue, misérable. Elle se tenait, modeste héroïne au stylo, comme le dernier barrage, l'ultime bastion avant que cet agglomérat, ces vingt alignements d'étudiants et ce professeur seul, vain, mauvais, ne deviennent plus qu'une réunion sans but. La dictée n'est plus qu'un bruit blanc, que le sable s'écoulant pour prouver que l'heure prendra fin.
   Ses doigts ne picotent plus. Ils se sont tus et ont rejoint le silence caché derrière les conversations chuchotés, les mots tapotés, les distractions visitées, et le cours, l'ennui du cours.
   Elle gratte ses dernières extrémités, dans l'espoir qu'ils se réveillent, que leur perversion désinhibée ressurgisse.
   Pas un mot. Elle n'est plus poussée vers, poussée à.
   Le présent demeure vide, inoccupable.
« Modifié: 18 Juin 2016 à 21:28:40 par barnacle »

Elfride

  • Invité
Re : Doigts et devoirs
« Réponse #1 le: 02 Mai 2016 à 20:14:54 »
Salutation, je viens commenter :3

Ce ne sera pas très long comme commentaire, puisque je n'ai rien trouvé à redire sur ton texte, que cela soit sur la forme ou sur le fond. Le style est fluide et léger, orné de tournures que j'ai trouvé très belles ; on s'y prend, on entre tout de suite dans le texte et on n'en ressort plus !
Ce récit, qui retranscrit parfaitement les pensées qu'on a dans cette situation, me ramène sans problème au collège, aux cours en général, à cet instant fatidique où l'on décroche pour se noyer dans des rêveries qui sont de toute façon plus intéressantes que le professeur, tout en désespérant quand même de trouver une occupation pour combler le temps avant la fin du cours  :mrgreen:

En bref, un sans faute selon moi, donc je te tire mon chapeau imaginaire ^^


Edit :

finalement j'ai repéré un truc sur la forme : cette petite faute, là, le tout petit -e qu'il manque...
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Ils se sont tus et ont rejoint le silence caché derrière les conversations chuchotés
« Modifié: 02 Mai 2016 à 23:21:06 par Elfride »

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : Doigts et devoirs
« Réponse #2 le: 02 Mai 2016 à 21:14:22 »
Woah. Que c'est bien écrit.

Mais il me sera un peu difficile de commenter, parce que ça parle de quelque chose qui me connait assez ; ce distraction involontaire, presque désespérante, causée par un détail infime (qui en entraîne inévitablement d'autres dans mon cas). Ce n'est pas forcément l'objet de ton texte, mais comme c'est un truc assez ancré en moi j'y ai accordé, peut-être, plus d'importance qu'il ne faudrait. Et je ne me sens pas capable d'être très constructif. Mais je peux te dire qu'il y a de sacré pépites de style. J'aime vraiment, vraiment beaucoup (mais je ne dirai pas exactement pourquoi).

Il y a seulement deux trucs dont je ne saisis pas l'intention :
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Sa main tient le stylo comme si de rien n'était, sans signe de sécheresse, de gerçure, de cloque, d’eczéma, de mycose sur les phalanges, sans l'ombre d'une horreur qui pourrait expliquer la puissance, la solitude de l'appel, cri si intense qu'il demande le présent tout entier.
Ici, je ne vois pas trop le but de cette accumulation/exagération ; c'est assez embrumé dans ma tête, je sens qu'il y a un truc que je suis censé ressentir mais au final je n'arrive pas à cerner l'impression que tu as voulu laisser. Tu m'expliques ?
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  Ses doigts ne picotent plus. Ils se sont tus et ont rejoint le silence caché derrière les conversations chuchotés, les mots tapotés, les distractions visitées, et le cours, cette blague de cours.
J'adore le début, mais je ne saisis pas le pourquoi de l'insistance avec ce cours, cette blague de cours. Ça doit être un truc évidement à côté duquel je passe, mais j'ai du mal. Encore une fois, une explication ne serait pas de refus, même si je peux comprendre que ma requête semble bizarre.

Et sinon, c'était un gros plaisir. Et il appelle ça une simple petite distraction, je suis jaloux  ^^

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Doigts et devoirs
« Réponse #3 le: 03 Mai 2016 à 10:29:20 »
Bienvenue Elfride, merci pour le chapeau et la petite faute trouvée ^^

exta, merci aussi. Pour te répondre :
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Sa main tient le stylo comme si de rien n'était, sans signe de sécheresse, de gerçure, de cloque, d’eczéma, de mycose sur les phalanges, sans l'ombre d'une horreur qui pourrait expliquer la puissance, la solitude de l'appel, cri si intense qu'il demande le présent tout entier.
Ici, je ne vois pas trop le but de cette accumulation/exagération ; c'est assez embrumé dans ma tête, je sens qu'il y a un truc que je suis censé ressentir mais au final je n'arrive pas à cerner l'impression que tu as voulu laisser. Tu m'expliques ?
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  Ses doigts ne picotent plus. Ils se sont tus et ont rejoint le silence caché derrière les conversations chuchotés, les mots tapotés, les distractions visitées, et le cours, cette blague de cours.
J'adore le début, mais je ne saisis pas le pourquoi de l'insistance avec ce cours, cette blague de cours. Ça doit être un truc évidement à côté duquel je passe, mais j'ai du mal. Encore une fois, une explication ne serait pas de refus, même si je peux comprendre que ma requête semble bizarre.
Pour le premier cas, mis à part le sens de base de "ça gratte vraiment", l'idée est surtout de créer une formulation absolue du petit ressenti. Ce qui devrait être un petit ressenti devient le ressenti complet. Mais même si c'est une idée que je voulais introduire pour installer l'envers de la fin (le tout occupée/concentrée/distraite vs "vide, inoccupable"), le paragraphe en lui-même n'est peut-être pas génial.
Pour le deuxième, l'idée de fond est que le besoin de suivre le cours est sur le même plan que le besoin de se gratter. Ce sont presque deux perversions inverses, à la connerie de l'appel toujours urgent de la gratouille répond la blague de ce cours qui en plus d'être mauvais, lui est inutile - lui apparaît enfin inutile, mis sur le même plan que le reste de l'énumération.
C'est un petit peu cette réalisation-là, le "cette blague de cours", la formulation enfin directe de son absence de valeur.
Bien pour ça que je réduis d'emblée l'ambition du texte - ça a été écrit parce que j'avais envie d'écrire, pour me faire plaisir, m'amuser un peu. Le fond potentiel n'est ni très profond ni exploité efficacement ou pleinement.
« Modifié: 03 Mai 2016 à 10:34:02 par barnacle »

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
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Re : Doigts et devoirs
« Réponse #4 le: 17 Juin 2016 à 20:30:32 »
Salut barnacle,
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Ils ont menti. Ils sont toujours là et elle a, distraite, manqué une des phrases du cours.
Elles ? (les fourmis ?)

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Le professeur énonce chacune de ses phrases si lentement qu'il les déconstruit dans leur longueur, le premier mot n'étant plus qu'un phare lointain quand survient enfin le premier verbe ; les sentences de la Pythie alanguie ne peuvent être comprises comme telles, il faut les transcrire pour leur donner jour. Elle ne peut pas manquer une syllabe, sous peine d'y perdre la phrase.
très joli ça

Le fond n'est pas extraordinaire, mais tu nous régales avec quelques jolies finesses et une immersion très réussie. La personnification des fourmis, des gratouillis est très bien vue et l'absence de changement de typo donne vraiment l'impression que le sensoriel se mélange à la pensée chez cette pauvre étudiante consciencieuse, miroir sans grand éclat du cours qui se déroule.
Peut-être un peu dommage de mettre des mots sur la "blague de cours". J'aurais bien aimé que le doute plane jusqu'au bout, sans verbaliser que le cours est sans intérêt.

Sur le fond, le fait que la perturbation gratouillesque n'existe que parce que la fille joue le dernier rempart, se fait la comédie d'être "la fille qui suit le cours", c'est assez intéressant, finalement. Pas si anodin.

Au plaisir,
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Re : Doigts et devoirs
« Réponse #5 le: 17 Juin 2016 à 22:35:51 »
Citer
Ils ont menti. Ils sont toujours là et elle a, distraite, manqué une des phrases du cours.
Elles ? (les fourmis ?)
Ouep, sur le long terme ce sont les doigts, mais c'est vrai que sur le court terme c'est féminin...

Peut-être un peu dommage de mettre des mots sur la "blague de cours". J'aurais bien aimé que le doute plane jusqu'au bout, sans verbaliser que le cours est sans intérêt.
J'ai changé en "l'ennui du cours", plus lié au reste du ressenti, moins tranchant, parce que "blague" était trop fort. Après, la scène est toujours décrite comme "une farce maintenue, misérable".

Au plaisir,
Rémi

Bah toujours un plaisir de te voir passer :)
Après oui, dans le meilleur des cas, le fond est plaisant. C'était histoire d'écrire quelque chose ("une distraction"). Je suppose que mes doigts me démangeaient ^^

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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  • Championne de fautes de frappe
Re : Doigts et devoirs
« Réponse #6 le: 18 Juin 2016 à 10:40:55 »
Hey barnacle ! Avec "L'entrevue", tu as gagné une lectrice qui te suit  :P Hop, je te lis !

Citer
Ils ont menti. Ils sont toujours
elles, non ? (l'antécédent c'est les fourmis)

Citer
l'ennui et l'impatience sont gravés comme deux tombeaux dans les cernes de la nuit passée
Joli !

Citer
de marquer vrai ce qu'elle sait faux
"marquer vrai" me fait bizarre. Marquer comme vrai, tenir pour vrai, marquer pour vrai...?

Citer
Elle a, après tout, déjà lu tout ce cours dans un manuel, formulé et organisé différemment, mais avec le même contenu.
Un coup à quitter l'amphi pour aller prendre un chocolat chaud :D

Citer
le premier mot n'étant plus qu'un phare lointain quand survient enfin le premier verbe
ça me rappelle quand on lit du Kant...  :mrgreen:
(L'image est chouette, blague à part)

Citer
qu'elle a travaillé à faire lisible.
Faire quelque chose lisible ne me semble pas très correct. Rendre lisible ?

Citer
cri si intense qu'il demande le présent tout entier.
Joli !

Citer
de toutes façons.
De toute façon.


J'ai bien aimé ton petit texte ! J'aime beaucoup ton style, simple mais agrémenté de petites tournures super bien vues et joliment tournées, avec une description d'impression où tout le monde peut se reconnaître. Finalement, ton texte ne raconte rien, mais il le fait si bien qu'il lui donne une ambiance, un sens, des impressions, qui font que non seulement on lit avec plaisir mais que ça lui donne du sens.

Au fond, mon avis rejoint celui de Remi :

Citation de: RDL
Le fond n'est pas extraordinaire, mais tu nous régales avec quelques jolies finesses et une immersion très réussie. La personnification des fourmis, des gratouillis est très bien vue et l'absence de changement de typo donne vraiment l'impression que le sensoriel se mélange à la pensée chez cette pauvre étudiante consciencieuse, miroir sans grand éclat du cours qui se déroule.

[...]

Sur le fond, le fait que la perturbation gratouillesque n'existe que parce que la fille joue le dernier rempart, se fait la comédie d'être "la fille qui suit le cours", c'est assez intéressant, finalement. Pas si anodin.
Je suis tout à fait d'accord !

Par contre :
Citation de: Rémi
Peut-être un peu dommage de mettre des mots sur la "blague de cours". J'aurais bien aimé que le doute plane jusqu'au bout, sans verbaliser que le cours est sans intérêt.
Moi j'ai bien aimé ce passage. D'où côté il fait vrai (ça rappelle des choses qu'on a tous ressenties à un moment ou à un autre), et d'un autre côté justement, il fait que le texte est plus profond qu'il n'y paraît, avec cette prise de conscience de la comédie que représentent ces situations (un cours, comme bien d'autres situations de la vie courante, ce n'est jamais que des gens qui se parlent, tout le reste, la salle, les codes, la dictée, etc., c'est des mises en scène).


Merci pour cette lecture ! ^^
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
Re : Doigts et devoirs
« Réponse #7 le: 18 Juin 2016 à 21:31:44 »
Merci pour ta lecture en retour :)
J'ai corrigé ce que tu as pointé, sauf pour les ils/fourmis que Rémi avait aussi indiqué, où je n'ai pas vraiment choisi la solution qui me plaisait encore.

 


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