Bonjour à toutes et tous,
Jeune écrivain à mes heures perdues, j'aurais voulu avoir un retour sur ma dernière création, "l'aveugle".
Merci d'avance !
L’aveugle
La faiblesse d’un lâche,
Ou un appel à l’aide ?
Une maladie qui se cache,
Et un semblant de remède.
S’isolant dans l’obscurité,
Il entame sa triste ascension,
Tentant en vain de s’évader,
Embrassant sa dose de poison.
Le voici maintenant partit,
Dans son petit coin tranquille.
Une portion de son esprit,
Où enfin il n’est plus fébrile.
Remplacé, pas à pas,
Son regard devient livide,
Le voilà transformé en roi,
D’un royaume pourtant bien vide.
Une œillade autour de lui,
Et son petit monde s’éclaire.
Où est l’utilité d’un ami,
Quand il peut parcourir ses terres ?
Effacés, tous les fardeaux,
Disparue son amertume.
Ne compte plus que son château,
Et la douce chaleur de cette brume.
Écartant le pont-levis,
Traversant son enceinte,
Il ne ressent que l’appétit,
Seule compte cette unique complainte.
Quand apparaît, sans le sous,
Celle qui se dit être sa reine,
Elle qui lui hurle qu’il est fou,
Qu’il ne lui fait que de la peine.
Cette femme, être hostile,
L’avait-il jamais aimé ?
Car d’un geste qui lui semble agile,
Il l’envoie tendrement valser.
S’asseyant sur son trône,
Reste la beauté du silence.
Sa belle est complètement aphone,
Lui ne veut que remplir sa panse.
Il sourit.
Il le sait.
Quand la dame a trouvé son lit,
C’est qu’elle ne peut plus l’ennuyer.
Ainsi seul avec son met,
Dans son grand hall royal.
Il l’aperçoit devant le buffet,
Cet écuyer, son vassal.
Toujours en train de brailler,
Lui rendant la vie impossible.
Demain il le fera empailler,
C’est sûr, ce sera sa prochaine cible.
Mais le bruit ne cesse-pas,
Ça devient insoutenable.
« Faites le taire », il hurla,
Avant de renverser la table.
Prit alors d’un soubresaut,
Il se lève, sans hésiter.
Se dirige vers le berceau,
D’où le son ne fait qu’émerger.
Car, perdu dans son abysse,
Aveugle devant la réalité.
Le roi ne voit plus ses vices,
Et sort déjà son épée.
C’est lui le maître, lui la loi.
Lui le chef de tous les clans.
C’est donc avec sang-froid,
que transperce son jugement.
La clameur cesse.
Lentement il tend à s’apaiser.
Ne remarque même pas sa faiblesse,
Finit seulement par s’écrouler.
La sueur coule sur son front,
Comme à chacun de ses réveils.
Même si, peu à peu, le temps fond,
Les souvenirs hantent son sommeil.
Le rêve est terminé,
Sa femme ne reviendra pas.
Comme toujours reste la pitié,
Et le souvenir des premiers pas.
D’un signe, il dit adieu au roi,
Et, vers lui, porte son arme.
Cette bouteille, ce faux pas,
N’aura laissé que des larmes.