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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Elle est revenue (Reprise du texte)

Auteur Sujet: Elle est revenue (Reprise du texte)  (Lu 911 fois)

Hors ligne Seb167

  • Tabellion
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Elle est revenue (Reprise du texte)
« le: 24 Avril 2016 à 13:23:12 »
Elle était revenue. C’était un de ces fameux soirs où les nuages sont au rendez-vous, et la lune éclairait les rues. 21h32 précisément, elle sonna à la porte. Je fus interrompue dans mon film préféré. Je regardais une romance lorsque tout a basculé. Je ne l’attendais plus, mais elle était revenue. Elle qui m’avait quitté depuis si longtemps et que je pensais ne plus jamais revoir, était bien là.  Elle était sur mon palier, à m’attendre. Ses pieds étaient trempés, et son gilet troué. Ses godasses étaient tachées, et son vieux jeans lacéré. Derrière elle, le vent soufflait, la neige tombait de plus en plus violemment, et elle n’avait rien pour se protéger. Au début, je ne voyais que son ombre transparaitre derrière la fenêtre du salon. Puis, je vis ses lèvres bouger mais aucun son n’était distinct. C’est uniquement en me rapprochant de la porte d’entrée que j’aperçus tous ces détails. J’hésitai un instant, puis prise de remords je tournai la clé, une fois, deux fois, puis un troisième tour. Cette nuit je m’étais enfermée pour avoir la certitude de ne pas être dérangée. J’avais besoin d’être seule avec moi-même, mais je lui ouvris quand même. Je ne voulais pas la laisser sans compagnie. Qui sait ce qu’elle aurait pu faire. Je tournai le verrou aussitôt, et enfin, descendit la clenche, tout en tremblant.

Elle était triste ce soir-là. Cela se voyait. Ses yeux étaient remplis de colère et de larmes, ses cheveux noirs contrastaient avec la neige au dehors. Ses yeux étaient anormalement rouges, effrayants, accompagnés de cernes, comme si cela faisait plusieurs jours qu’elle ne trouvait pas le sommeil. Elle baissa le regard, mais ne parlait toujours pas. Peu à peu, elle remontait ses manches. Ses membres tremblaient. Ses nerfs avaient lâché faisant chanceler ses avant-bras. Honteusement, elle me montrait ses cicatrices, puis, devant moi, elle pleurait toutes les larmes de son corps. Une à une, les échantillons d’océan s’échappèrent de ses yeux. Je pris peur. C’était la première fois que je la voyais dans cet état. Je me rapprochai pour la prendre dans mes bras. Elle posa la tête sur mon épaule, elle murmura un mot latin, et soudain, elle me poussa violement à l’intérieur, tout en récitant un proverbe danois « La méchanceté d’un homme fait de lui un démon, la méchanceté d’une femme fait d’elle un enfer ». Sa peau devenait blanche, son visage inexpressif comme une personne ayant perdu son âme, et son regard se vidait comme un être déshumanisé.

D’un coup elle entra en dévastant tout sur son passage. Comme une tempête dans un pays pauvre, aussi intense que le cyclone de Bhola, elle arrachait les meubles dans mon chez-moi, jetait tout à terre, faisait trembler les murs de mon appartement. Les décombres retombaient au hasard dans tous les coins qui n’étaient pas encore attaqués. Je l’entendais crier dans les couloirs, renversant tout ce qu’elle pouvait. Elle jurait, elle menaçait et criait dans tous les sens. Soi-disant je lui avais fait du mal en l’abandonnant. Elle frappait ensuite dans les murs, marquant son passage avec de légère bosses, elle trouait le canapé, elle déchira mes vêtements, renversa les armoires, et réduisit mon bureau en miette.  Elle faisait plus de dégâts que le tsunami de Sumatra. Je croyais vivre mon apocalypse, et mes derniers instants dans la terreur.

Effrayée, je me cachai dans un coin de la maison pour me mettre en sécurité mais elle forçait le passage. J’étais dans un tout petit local, tremblante encore sous la crainte. Lorsqu’elle m’entendit dans le cagibi, elle fracassa la porte pour venir me voir. Je n’avais plus aucune issue. Elle était en face de moi à nouveau. Son mascara coulait. Elle me vit le souffle coupé avant de crier, puis, on se regarda dans les yeux. On se fixait avec insistance. Le temps s’était arrêté. Nos corps ne bougeaient plus. Les perles à l’intérieur du sablier cessaient de tomber.  Seconde après seconde, son visage se détériorait : elle avait compris qu’elle était encore une fois victime de ses excès de folie. Nos lèvres étaient cousues, le silence était roi, puis une larme dégringola le long de sa joue. Une perle d’eau salée s’était échappée, laissant transparaitre toute sa fragilité.

Elle aperçut notre photo, ou pour ainsi dire son portrait favori sur ma table de nuit. En face de moi, elle s’était calmée et recommença à sangloter. Elle avait bien compris que je ne l’avais pas oublié et que je lui accordais une grande importance. Son innocence reprit surface, elle se dirigea lentement vers moi, s’assis sans faire de bruit et chantonna un air qui nous était familier. Son sourire regagna peu à peu ses lèvres, et ses yeux pétillaient a nouveau comme dans le temps. Le temps où elle m’avait charmé par la couleur de ses pupilles, par son sourire rayonnant plus que le soleil et réchauffant les cœurs aux alentour. Ses cheveux aussi regagnaient leur couleur éclatante. Elle posa sa main sur la mienne, sa douce main qui était comparable à la légèreté d’un nuage blanc, et se lança dans un discours. Ses mots effleuraient ma peau, sa voix me rassurait. Elle parlait sincèrement, vidant son sac. Elle tenait vraiment à s’excuser. Je la réconfortais, mais subitement, de ses cicatrices sortaient du sang, abondement. Je l’entendis encore une fois murmurer « Le diable représente en quelque sorte les défauts de Dieu. Sans le diable, Dieu serait inhumain. » Je me suis donc éloignée, puis ses yeux devinrent blancs. Ce n’était pas bon signe.

Un cri strident sortit de ses poumons, puis ses démons vinrent se loger dans son corps, habité dans son âme une énième fois. Elle luttait, elle résistait, puis tout à coup, incontrôlable, elle se dirigea vers la cuisine. De sa sève rouge, elle dessinait un pentagramme sur le sol. Allumait des bougies, et de l’ansent, puis éteint les lumières. Le couteau sur la table, elle s’en rapprochait, en saccageant tout ce qu’elle pouvait. Moi qui avais déjà entendu parler de ce type de rituel, j’avais vite compris. Elle comptait se donner en offrande à Satan. Elle espérait se réincarner auprès du Diable. Elle voulait se sacrifier comme il se doit.

Je devais réagir, donc prise de panique, je lui ai sauté dessus pour l’écarter de cet endroit maudit. Je la descendis à la cave, loin de tout, puis l’entourai de corde. Elle était attachée pour éviter le pire.
 A nouveau, elle était en plein pétage de plomb. Retenue par le lien que j’avais confectionné, elle reprit son souffle avant de tout envoyer valser. Elle causait autant de dégâts qu’un tremblement de terre de magnitude 9, mêlé à un orage foudroyant la moindre parcelle de terre. Elle remonta dans la cuisine, puis, de son corps sortait la rage. Comme un volcan sous pression explosant en pleine nuit, elle avait su détruire la sérénité de cette soirée. Occasionnant plus de ravages qu’une bombe, elle réduisit en miettes tout ce qu’il me restait.  J’eus le droit à tous les reproches possibles, jusqu’au moment où une douce musique traversa les rues et s’invita chez moi passant par la fenêtre de mon salon. C’était cette mélodie que mon amie chantonnait une heure plus tôt. Ce refrain qui savait nous calmer lorsqu’on était petites, cette partition que ma mère nous chantait avant de s’endormir dans les bras de Morphée. 
Au refrain, les monstres obscurs repartaient. Son sourire renaissait, sa beauté rayonnait, et son rire résonnait dans la pièce. La blondeur de ses cheveux éclairait la pièce, comme le soleil illumine une ville.

Nous étions deux, rescapées dans les débris de cette violente nuit. Après ce moment, elle accepta enfin de se faire soigner, pour se retrouver et regagner notre amitié. Cela faisait trop longtemps que cela durait. Cela faisait trop de nuit qu’elle ne dormait plus. Cela remontait à trois mois. Cette date ou elle avait décidé de jouer avec les esprits, cette nuit ou elle avait sorti la tablette Ouija avec ses amis, et était entrée en contact avec un mauvais esprit…


« Modifié: 24 Avril 2016 à 19:10:47 par Seb167 »

Hors ligne Mahad

  • ex wag
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Re : Elle est revenue (Reprise du texte)
« Réponse #1 le: 24 Avril 2016 à 16:25:05 »
Salut Seb167 :)

Il y a dans le texte de belle description. C'est minutieux. J'ai aimé la lecture même si l’atmosphère possession/satanisme ne m'emballe pas du tout. Petite suggestion, pense à aérer entre les paragraphes.
 
Les quelques fautes que j'ai pu voir.

Puis, je vis ses lèvres bouger
bougées

et ses yeux pétillaient a nouveau comme dans le temps.
à

J’eus le droit à
J'eus droit à

Ici :
Elle qui m’avait quitté depuis si longtemps et que je pensais ne plus jamais revoir, était bien là.
Je remplacerai bien elle par celle.
Nada.

Hors ligne Seb167

  • Tabellion
  • Messages: 47
Re : Elle est revenue (Reprise du texte)
« Réponse #2 le: 24 Avril 2016 à 18:42:12 »
Salut Wag ! merci bien ^^ oui j'ai remarqué que c'était peut etre un peut trop etouffé quand je l'ai posté

je corrigerais ca a l'occasion ;)

 


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