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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La Fille de l'hiver

Auteur Sujet: La Fille de l'hiver  (Lu 2651 fois)

Hors ligne Rain

  • Palimpseste Astral
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La Fille de l'hiver
« le: 26 janvier 2016 à 13:57:30 »
Salut !
Bon, ça faisait longtemps que j'étais pas venu poster ici, moi, je sais plus introduire un texte. :mrgreen:

Donc, pour la petite histoire, celui-ci a été écrit l'an dernier pour mon projet Bradbury. Il est noté "texte de la 11e semaine" dans mes tags, mais ça veut juste dire que c'est le 11e texte que j'ai fini. En vrai, je l'ai commencé en même temps que l'Eléphant du cimetière, à savoir pendant/après mon voyage en Ecosse en février dernier (coucou Griiimm, coucou Verasoiiiie !). En fait, en me baladant dans un cimetière, celui d'Inverness je crois (oui, les cimetières écossais sont trop bien, c'est des parcs tout mignons, donc je les visite quand je peux), je suis tombé sur la (très vieille) tombe (ahah) d'une fille/femme (les dates étaient pas lisibles) qui s'appelait Euphemia Winter. Et j'ai trouvé que son nom était trop cool, et qu'elle méritait que je fasse une histoire en partant de là.

A part le nom de l'héroïne, le texte n'a rien à voir avec cette histoire. :D

Voilà pour l'anecdote ! Et comme 2016 est largement entamée, il est plus que temps que je me mette à corriger les histoires de 2015. Et donc je voudrais commencer par la Fille de l'hiver, et donc j'aimerais bien avoir votre avis dessus pour le corriger.
Pour l'instant, je le destine pas à un quelconque AT mais ça changera peut-être un jour. Je veux quand même en faire le meilleur texte possible, parce qu'à terme, tous mes textes non publiés, j'aimerais en proposer des versions .epub sur mon blog pour que les gens puissent les embarquer dans leurs liseuses si jamais ils ont envie (parce que je trouve ça sympa quand il y a l'option sur les blogs des gens). Et donc, j'aimerais quand même que les histoires sur mes étagères soient le mieux possible.

A vous les studios !




La Fille de l'hiver


Euphemia se posa comme une couche de givre sur le toit de l’immeuble : délicatement et sans un bruit. Elle ferma les yeux, relâcha la tension qu’elle maintenait dans son dos et ses épaules et souffla un bon coup. Aussitôt, ses ailes de glace et de neige s’évaporèrent et se condensèrent en un tout petit nuage, qui vint s’enrouler autour de son poignet comme un bracelet d’argent. Elle frissonna, resserra son écharpe et s’enroula dans son manteau. Bizarrement, l’air lui paraissait toujours plus froid quand elle cessait d’utiliser ses pouvoirs. Il y avait probablement un rapport avec le fait que son corps s’empressait de regagner toute la chaleur qu’il avait perdu. Elle se frotta les mains pensivement en regardant le ciel noir de la nuit.

Noir. Entièrement noir. Pas d’étoiles ce soir non plus, pas de lune pour éclairer son chemin. Ce n’était pas parce que le ciel était couvert – Euphemia revenait de là-haut, elle pouvait certifier qu’il n’y avait pas le moindre petit nuage au-dessus de sa tête. Ce n’était pas non plus à cause de l’éclat artificiel de la ville – aussi nombreuses soient-elles, les lumières jaunâtres ne suffiraient pas à effacer complètement toute trace de clarté céleste. Non, la raison se trouvait ailleurs.

« Eh, tu rêvasses ou quoi ? » déclara abruptement la voix d’Alex dans son oreille, la tirant de ses pensées. « Bon, je disais : dès que tu es prête, tourne-toi vers le nord – sur ta gauche. Il y a une autre tour par-là, plus haute que celle où tu te trouves maintenant.

– Oui, je l’ai aperçue en arrivant.

– Bien. C’est ton dernier saut tranquille, le manoir de Lucien est juste derrière. Tu te rappelles ce que tu dois faire ?

– Me glisser dans le parc discrètement, récita sagement Euphemia, faire en sorte que les chiens se tiennent tranquilles, rester loin des murs et des caméras, trouver une porte d’entrée dérobée, m’infiltrer dans la salle des machines et donner un bon coup de froid à tous les systèmes.

– Exactement. J’ai enfin réussi à mettre la main sur les plans de construction du manoir : rien d’assez précis pour t’aider une fois à l’intérieur, mais j’ai trouvé un détail intéressant. Y’a une pièce au sous-sol qui sert entièrement de système d’évacuation des déchets. Elle est juste au-dessus des égouts, ça vaudra peut-être le coup de jeter un œil si la sortie se retrouve bloquée.

– Cela n’arrivera pas. Je serai invisible. Ils ne me remarqueront pas plus que la brise qui leur caresse le visage.

– Évite quand même de foncer tête baissée. Tu pourras pas vraiment compter sur le noir une fois là-bas.

– Je sais.

– Je pourrai pas non plus t’aider quand tu seras dans l’enceinte. Y’a trop de brouilleurs pour que les ondes radio passent, donc tu seras toute seule pour trouver ton chemin.

– Je sais aussi.

– Je sais que tu sais, mais… Sois prudente, Effie, ok ?

– Bien sûr, » répondit Euphemia.

Elle s’efforça de mettre un peu de joie dans le ton de sa voix pour rassurer son amie. Son visage, lui, était grave et déterminé à présent – aussi loin que possible du moindre sourire. Si la nuit était noire et si les étoiles et la lune lui manquaient tant, c’était à cause de lui, cet homme, Lucien, qui avait décidé de voler les astres pour éclairer son manoir. La clarté de la lune réduite à un simple lampion de jardin. Intolérable.

Lorsque Euphemia eut récupéré un peu de sa chaleur corporelle, elle prit une grande inspiration et se concentra pour recréer ses ailes. Le petit nuage autour de son poignet pâlit, s’agita, se mit à danser dans les airs comme un flocon ballotté par les vents et se déposa sur ses omoplates. Elle sentit son dos s’engourdir à mesure que sa magie prenait forme, malgré les couches épaisses de vêtements qu’elle portait. La glace s’étendit en de très longs filaments bleutés, qui se firent bientôt plumes de cristal, légères et souples. Cela ne prit qu’un court moment, mais prélevait d’ores et déjà une bonne partie de ses forces. C’était un tour de magie utile et puissant, mais difficile à maîtriser. La jeune fille ne perdit pas un instant, invoqua un courant aérien froid comme l’hiver et s’éleva doucement. La sensation était grisante : elle n’avait qu’à se laisser aller, s’abandonner aux mains du vent pour s’envoler. Elle sentait l’air tout autour qui l’enveloppait comme un cocon et la poussait gentiment en avant. Elle admirait les rares lueurs en dessous d’elle comme un oiseau de proie, sereine maîtresse des cieux. Un jour, elle abandonnerait tout le reste et se laisserait simplement porter jusqu’au bout du monde.

Mais il y avait plus important à faire pour l’instant. Euphemia atterrit sur le toit suivant et jeta un coup d’œil devant elle. Elle dut plisser les paupières. Le manoir se tenait là, juste sous son nez, dans toute son arrogance. Elle vit la lune plantée au bout d’un bâton de fer, juste à côté de la porte d’entrée, qui surplombait la bâtisse. Elle brillait fort, d’une lueur aveuglante, chassant toutes les ombres du jardin dans lequel elle se trouvait ; mais les murs, ou plutôt la muraille qui entourait la propriété l’empêchait de rayonner sur le quartier alentour. C’était écœurant. Euphemia n’attendit pas de retrouver ses forces : elle se propulsa dans le vide et se dirigea vers le manoir aussi vite qu’elle le put. Il neigea sur son passage.

Elle se laissa tomber dans le parc en frissonnant, puis elle se dirigea vers la porte d’entrée d’un pas vif. Elle avait tout oublié des instructions d’Alex ; ne restaient plus que la colère et l’indignation pour la pousser en avant. Un chien de garde leva la tête à son approche et commença à grogner après elle. D’un geste de la main, Euphemia changea son nuage en gourdin de glace, se jeta sur le molosse et l’assomma d’un coup puissant avant qu’il ait le temps de sonner l’alarme. Elle se pencha sur lui et le caressa doucement, comme pour s’excuser. Sous ses doigts, une fine couche de givre naquit et s’étendit sur le pelage du chien, le recouvrant complètement. Il frémit dans son inconscience, mais son souffle s’apaisa bientôt : son corps venait de le plonger dans une espèce d’hibernation artificielle pour le protéger du froid. Il ne se réveillerait pas de sitôt. Euphemia se releva, jeta un œil à la lune enchaînée qui la surplombait et serra les poings. Puis elle entra dans le manoir.

Il paraissait beaucoup plus grand que de l’extérieur. Elle se trouvait dans un large couloir qui se perdait dans le noir ; à sa droite, une porte fermée, à sa gauche, un escalier. Elle ne savait pas vraiment par où commencer, c’était le seul défaut de son plan. Alex et elle avait beau avoir retourné tout l’Internet pour trouver des informations sur l’intérieur du manoir, elles n’avaient rien appris d’utile. Lucien s’était fait beaucoup d’ennemis en dérobant la lune – résultat, il se montrait un peu paranoïaque quant aux détails qu’il laissait transparaître sur sa vie privée, et ceux-ci ne concernaient jamais sa demeure. Il avait grassement payé et violemment menacé tous ses architectes, qui s’étaient chacun retirés à un autre bout de la planète en tremblant comme des feuilles. Mais après tout, Lucien en avait largement les moyens.

Il y eut des bruits de pas dans l’escalier, coupant court à toute réflexion. Malgré sa colère bouillonnante, Euphemia ne voulait pas se risquer face aux hommes de main de Lucien. Elle ne savait ni combien ils étaient, ni comment ils étaient armés. Elle choisit donc la porte.

Elle se retrouva dans une pièce immense et très haute – elle s’étendait probablement sur l’étage supérieur. Lorsque les pas des gardes se furent éloignés, elle alluma la lumière et contempla les murs avec de grands yeux. Ils étaient littéralement couverts de livres. Les étagères montaient jusqu’au plafond, et chacune d’elle était pleine à craquer d’ouvrages en tout genre. Vieux volumes poussiéreux, grosses encyclopédies enluminées, petits romans de gare, sagas-fleuves aux tomes épais comme des arbres… De toutes les tailles, toutes les langues, tous les âges. Euphemia s’approcha des ouvrages, effleura les couvertures, suivit quelques titres du doigt. Elle n’avait jamais rien vu de pareil. Jamais… Depuis…

Elle retira sa main. Une vive douleur venait de lui traverser le crâne, celle que provoquait ses souvenirs enfouis lorsqu’ils remuaient un peu trop fort. Elle les réprima, tâchant de se concentrer sur sa mission. Elle n’avait pas besoin de ce genre de distraction maintenant. Le passé appartenait au passé.

Elle s’éloigna des livres et entreprit de fouiller méthodiquement les armoires et les bureaux à la recherche de tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi. Un plan du bâtiment, une porte dérobée, qui sait, peut-être même un passage secret. Mais elle ne trouva rien. Tant pis. Elle s’assura que personne ne patrouillait dans le couloir, sortit à pas feutrés et choisit une autre pièce à explorer. Il n’y avait pas de secret : tant qu’elle ne savait pas où chercher, elle devrait passer le moindre recoin du manoir au peigne fin.

Une étrange sorte de danse s’installa pour Euphemia, où chaque faux pas pouvait signifier la mort. Elle jouait des silences dans le dos des gardes, partenaires inconscients qui ne se doutaient de rien. Parfois, une caméra s’invitait dans ce ballet des ombres ; d’autres fois, c’étaient des rondes plus courtes qui la surprenaient. Toujours elle devait rester en mouvement, enregistrer chaque détail d’un regard, frôler chaque mur de la main et repartir dans l’autre sens, comme un flocon chassé par un courant d’air. Plus d’une fois elle fut tentée de mettre fin à ce petit jeu en assommant un garde isolé pour lui voler ses armes et avancer plus vite, mais bien sûr, ça n’aurait servi qu’à la faire repérer plus vite. Elle pourrait sans doute s’en sortir si quelqu’un sonnait l’alarme, mais tant qu’elle n’avait pas trouvé la salle des machines, cela impliquerait de partir sans terminer la mission. Lucien serait alors prévenu de son intrusion, bouclerait son domaine et condamnerait toute chance de libérer un jour la lune. Euphemia ne pouvait pas se permettre d’échouer. Elle serrait donc les dents et se contentait de danser en silence.

Elle parcourut ainsi tout le rez-de-chaussé, puis le premier étage et même le deuxième. Pas de trace d’ingénierie, pas de machine à saboter, aucun appareil électronique suspect nulle part. Pas de faux mur, de faux plafond, de faux plancher derrière lesquels cacher tout ça. Même le grenier ne recelait rien de particulier, si ce n’était un peu de poussière et quelques jouets cassés. Une vieille poupée aux cheveux noirs attira un instant son attention, mais le mal de tête s’agita comme une bête à l’affût et Euphemia reprit ses recherches.

Elle redescendit comme une âme en peine, le moral complètement sapé. Elle se réfugia dans une chambre noire et déserte le temps de réfléchir. Il ne lui restait plus grand chose à voir, si ce n’était la salle du sous-sol dont Alex avait parlé. Mais il n’y avait pas d’accès : elle avait cherché partout sans trouver la moindre petite entrée. Elle se demandait si la salle d’évacuation existait vraiment. Il devait y en avoir une pourtant ! C’était forcément là-bas que toutes les machines étaient cachées ! Ne serait-ce que pour contrôler les caméras, il fallait bien qu’elles se trouvent quelque part, n’est-ce pas ?

Réfléchis, Euphemia. Tu as tout exploré ? Oui. La moindre pièce, la moindre chambre. J’ai dansé avec les gardes, j’ai regardé les enfants de Lucien dormir, j’ai fait voler la poussière du grenier. Même la bibliothèque ne contenait aucune information.

Vraiment ? Tu as fouillé partout ? Les bureaux, les armoires, les étagères ?

Les livres ?

Non évidemment. Les livres font… mal.

Mais ils cachent toujours un secret. Rappelle-toi. Les livres sont des portes. Rappelle-toi…

L’hiver.

Une tempête de neige, une brume glacée, un château solitaire dressé comme un roc face au vent. Dans ce château, des lumières. Quelques flammèches au bout d’un chandelier et des torches qui pendent aux murs. Une petite fille qui court en riant dans les couloirs déserts, froids et pourtant si chaleureux par rapport à la tourmente dehors. La voilà qui rentre dans une pièce plus grande que les autres, une bibliothèque impressionnante qui s’étend sur plusieurs étages. La petite fille aime bien les livres. Sa nourrice les appelle les petites portes, celles qui permettent à l’esprit de s’enfuir. Mais pour qui sait bien chercher, les bons livres ouvrent des portes plus grandes. Et la fillette connaît les étagères par cœur. Elle tire sur une couverture, le livre fait mine de tomber et s’arrête au milieu de sa chute, dans une position impossible. Juste à côté, une étagère pivote, révélant un passage sombre et étroit dans lequel la fille s’engouffre…

« Assez, ASSEZ ! »

Euphemia se tenait la tête entre les genoux, recroquevillée dans la chambre noire. Ça tambourinait sous son crâne comme jamais. Elle n’avait pas envie de se souvenir, pas maintenant, pas comme ça, jamais. Ça ne servait qu’à lui rappeler qu’elle avait tout perdu, qu’elle…

Un bruit lui fit relever la tête. Il y avait de l’agitation dehors. Elle s’aperçut soudain qu’elle avait crié : elle était repérée. Elle n’avait plus le temps de réfléchir ou de minauder. Elle devait agir. Son petit nuage de poignet commença à s’agiter.

Euphemia jaillit d’un coup de la pièce, comme une bourrasque, bousculant les deux gardes qui s’apprêtaient à défoncer la porte. Elle ne s’attarda pas pour les assommer ; elle se contenta de filer droit vers l’escalier, renversant au passage un nouvel homme avant qu’il ait pu tirer. Elle savait où elle allait maintenant, et les cris derrière elles ne suffiraient pas à la ralentir. Elle s’abrita juste à temps pour éviter une salve de tirs dans l’escalier suivant, découvrant ainsi à quel point ses ennemis étaient bien armés. Puis, quand le feu d’en face cessa, elle balança une vague de froid dans les marches, suffisante pour geler le métal et enrayer les mitraillettes, et s’engouffra à sa suite en profitant de la confusion générale pour entrer dans la bibliothèque. Elle façonna son nuage en passe-partout, le glissa dans la serrure et tourna, ajusta la forme, tourna encore jusqu’à ce qu’enfin elle entende un petit « clic » satisfaisant. Puis elle changea la clef en un bloc de glace qui s’étala peu à peu le long de la porte comme une protection supplémentaire, avant de se laisser glisser à terre. Un frisson violent la traversa et un petit nuage de buée s’échappa de ses lèvres. Elle tremblait, mais elle se releva tout de même en titubant lorsque le premier coup de bélier retentit contre la porte. Elle avait gagné du temps ; à présent, il s’agissait de ne pas le gaspiller.

Elle chercha le bon livre, mais ça pouvait être n’importe lequel d’entre eux. Elle en tira plusieurs dizaines au hasard et le sol se retrouva bientôt jonché de pages tordues, mais aucune porte ne s’ouvrit. Derrière, les coups continuaient, aussi réguliers que les tic tac d’une horloge. La glace commençait déjà à fondre et ne tiendrait plus très longtemps avant de céder. Il fallait procéder autrement. Boum. Trouver la faille dans le système. Boum. Elle passa sa main le long des étagères – boum – à la recherche de l’endroit où la porte allait tourner et finit par le trouver. Eurêka. Boum. Elle farfouilla un peu, tira sur une couverture qui resta suspendu au dessus du sol de manière absurde. Boum. Crac ! La porte de la bibliothèque s’ouvrit en grand et l’air se remplit de balles, mais Euphemia avait déjà disparu dans le passage secret dont le seuil venait de se refermer.

Elle finit par atteindre la salle d’évacuation au bout d’un long couloir sordide et ne put s’empêcher de crier. Cela ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait pu imaginer. Il ne s’agissait pas d’une salle des machines comme elle l’avait espéré, ni même de la sortie de secours qu’Alex avait imaginé. Non, c’était plutôt comme une… boucherie.

Elle en avait la nausée. La salle était ronde et ses murs étaient blancs, immaculés, mais on ne pouvait pas en dire autant du sol taché de rouge. Des tas de fauteuils pataugeaient dans cette boue infâme, la plupart occupé par des cadavres. Du moins, Euphemia espérait que ces personnes étaient mortes : des tuyaux leur rentraient dans le ventre, salement, pour les relier à une machine centrale qui pulsait comme un cœur. Elle répugnait à s’en approcher, mais elle détestait encore plus l’idée de laisser une telle horreur en place. Elle rassembla sa magie et la projeta en une lame de glace droit dans le cœur de métal. Elle recommença, encore, et encore, et…

« Arrête ! »

Elle obéit, surprise, et se retourna. Derrière elle, un homme en pyjama se tenait contre le mur et contemplait le spectacle d’un air affolé.

« Qu’est-ce que tu as fait, qu’est-ce que tu as fait… Ma belle machine… »

Il murmura quelques mots piteusement puis se redressa. Un masque de colère se dessinait sur son visage. Soudain, Euphemia le reconnut. Lucien.

« Est-ce que tu sais, petite gourde, ce que tu viens de faire ? »

La jeune femme ne répondit rien. Elle se contenta de jeter une nouvelle lame de glace – à la face de son ennemi, cette fois.

Mais la glace ne l’atteignit jamais. Elle explosa en plein vol, projetant des échardes gelées un peu partout dans la pièce.

« Mon billet de retour, tout brisé et tout vidé de son carburant ! Est-ce que tu te rends compte du temps qu’il m’a fallu pour réunir ces gens ? J’avais même réussi à capturer la lune ! Il ne me manquait plus que quelques affaires à régler et je pouvais rentrer ! »

Elle attaqua encore ; même résultat.

« Tous précieux ! Tous spéciaux ! Il n’y en a pas un nombre infini, tu sais ? Et maintenant il va falloir que j’en trouve de nouveaux pour les remplacer ! Tu vas me payer ça ! »

L’air se chargea soudain en électricité et Euphemia eut tout juste le temps de s’écarter avant qu’un éclair frappe sa position.

« Arrête de bouger ! ordonna Lucien d’une voix chevrotante. Laisse-moi te réduire en cendre ! »

C’est lui, comprit-elle. Il est comme moi. Il manipule les éléments. Il n’y a jamais eu de salle des machines ou de centre de contrôle électronique comme le pensait Alex. Il n’y avait que lui.

Elle forma un mur de glace autour d’elle qui la protégea d’une nouvelle attaque. Lucien sembla se calmer un peu.

« Oh. Tu es spéciale toi aussi. Et tu es plutôt douée. Tu pourrais peut-être suffire à remplacer tous les autres. Après tout, je n’ai pas à recommencer depuis le début. Tu devrais comprendre, non ? C’est mon billet de retour. Mon chemin vers chez moi. Toi aussi tu as perdu ta vie, hein ? Toi aussi tu es prisonnière de ce temps qui n’est pas le tien, n’est-ce pas ? Hé bien, fais ça pour moi. Aide-moi à rentrer, au moins l’un de nous deux. »

Rentrer…

Les souvenirs revinrent en masse. Rentrer. Il n’y avait plus nulle part où rentrer. Le château, envolé, réduit en miettes. Alex l’avait aidée à vérifier. Sa vie d’avant, effacée. Elle appartenait au passé, à la poussière. Elle était comme cette poupée au milieu des jouets cassés : oubliée, perdue à jamais. Ses amis, ses frères, ses sœurs, son père et sa mère, morts depuis longtemps. Tous enterrés, rongés, envolés. Il n’y avait pas de place pour eux dans cette époque pleine de machines. Rien qu’elle, toute seule.

Rentrer, ce serait bon. Les revoir, oublier cette histoire de pouvoir et de magie, cette gelée lente comme une agonie et cet atroce réveil au cœur du brouillard. Rentrer, elle pouvait comprendre. Il ne cherchait qu’à rentrer.

Mais il y avait Alex, la lune et tous ces gens. Euphemia ne pouvait pas les oublier, eux. Rentrer, oui, mais pas à ce prix, ce prix horrible et inhumain. Elle se releva, abaissa son mur. Et elle attendit.

Autour d’elle, l’air crépita de nouveau. Elle attendit. Quelques étincelles bleues jaillirent, comme de l’électricité statique. Elle attendit. Dans sa nuque, ses cheveux se dressèrent. Elle se mit en mouvement. Alors que l’éclair se formait pour la frapper, elle gela l’air autour de lui et l’emprisonna dans un bloc de glace. Puis elle le projeta sur Lucien.

La glace éclata avant de le toucher, comme toute les autres fois ; mais l’éclair, lui, poursuivit son chemin et s’écrasa contre sa poitrine. Toute l’énergie que Lucien avait accumulé réagit au choc de la seule manière possible.

Elle explosa.

Euphemia fut projetée contre le sol tandis que la foudre fusaient de partout, avant de retomber aussi vite qu’elle était venue. Dans le couloir, des bruits de pas commençaient à résonner et tout autour, le bâtiment grondait. Il va s’écrouler, se dit la jeune femme, et moi je vais mourir sous les gravats. C’est injuste. Mais la vie est ainsi. Au moins, je vais pouvoir retrouver les miens. L’un dans l’autre, ce n’est pas plus mal.

« …fie ? »

La voix était familière.

« Effie, réponds ! Y’a un sacré coup de tonnerre qui vient juste de démolir la position où tu te trouve ! Est-ce que tu vas bien ? Effie !

– Alexia… »

Une quinte de toux la secoua violemment, suivit par un frémissement douloureux.

« … J’ai froid. Vraiment très très froid.

– Bon sang, Effie, qu’est-ce que t’as fichu encore ? Règle numéro un : reste pas immobile si tu veux pas me claquer entre les doigts. Allez, remue-toi ! Pas d’hypothermie permise ! »

Euphemia gigota faiblement, mais c’était dur, si dur de bouger ! Et les bruits de bottes qui se rapprochaient, et les pans de plafond qui commençaient à tomber…

« Règle numéro deux : personne doit savoir. Bouge de là avant que quelqu’un débarque !

– Peux pas… Nulle part où aller…

– Faux ! Rappelle-toi : tu es juste au dessus des égouts. Y’a forcément une raison à ça, alors trouve-la ! Règle numéro trois : si tu cogites, c’est que tu es toujours en vie ! »

Alex avait raison bien sûr, mais après tout, elle n’avait presque jamais tort. Euphemia tourna la tête et observa le reste de la pièce : tout ce sang qui couvrait le sol, il devait bien aller quelque part… Là ! Une plaque d’écoulement ! Elle tenta de rouler jusque-là, mais elle avançait lentement. Les bottes étaient pratiquement là, elles allaient la trouver, la piétiner, lui tirer dessus avec toutes ces armes à feu de barbare qu’ils avaient ici. Elle devait réfléchir, réfléchir et trouver la solution.

Juste un peu de pouvoir lui suffirait. C’était toujours plus facile avec les liquides. Elle gela le sang devant elle et se laissa glisser jusqu’à la plaque. Elle la retira et se jeta dans le trou. Derrière elle, les bottes commençaient à patauger dans le sang et à découvrir l’horrible secret de leur patron…

Puis il y eut un plouf, et le noir la couvrit un petit moment.

Lorsqu’elle se réveilla, Euphemia dérivait au fil de l’eau. Elle était secouée de tremblements, mais elle avait moins froid qu’auparavant. Dans ses oreilles, Alex murmurait son nom d’une voix cassée. Elle répondit faiblement.

« Effie ! s’écria Alex. Tu es revenue ! Cette fois, je te croyais partie pour de bon… »

La fin de la phrase se perdit dans les larmes, et cela fit sourire Euphemia. Elle regarda un moment la lune qui avait repris sa place au milieu du ciel. Elle n’est pas si différente d’avant, se dit-elle. Un peu plus petite, peut-être. Je pourrais m’y faire. En fait, je crois que je m’y suis déjà faite.

« Je suis toujours là, Alexia. Et je n’ai pas très envie de partir tout de suite. »
« Modifié: 26 janvier 2016 à 13:59:47 par Rain »
Perdu

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : La Fille de l'hiver
« Réponse #1 le: 28 janvier 2016 à 23:37:37 »
Bibi a répondu à ton appel  :huhu:


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Bizarrement, l’air lui paraissait toujours plus froid quand elle cessait d’utiliser ses pouvoirs. Il y avait probablement un rapport avec le fait que son corps s’empressait de regagner toute la chaleur qu’il avait perdu.
Je kiffe pas trop ton "bizarrement" et ton "il y avait probablement un rapport avec"

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Lorsque Euphemia eut récupéré un peu de sa chaleur corporelle,
Lorsqu'Euphemia, plutôt non ?

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La jeune fille ne perdit pas un instant, invoqua un courant aérien froid comme l’hiver et s’éleva doucement.
Techniquement l'air froid ça descend  :-¬?. Le terme "courant aérien" ramène au technique/réaliste alors que t'es plutôt dans le poétique en fait

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Elle se laissa tomber dans le parc en frissonnant, puis elle se dirigea vers la porte d’entrée d’un pas vif.
Un peu trop de "elle fit ceci" avec cette phrase, dans ce passage

Citer
Alex et elle avait beau avoir retourné tout l’Internet pour trouver des informations sur l’intérieur du manoir, elles n’avaient rien appris d’utile.
Je suis pas fan de cette irruption d'Internet...

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Il frémit dans son inconscience, mais son souffle s’apaisa bientôt : son corps venait de le plonger dans une espèce d’hibernation artificielle pour le protéger du froid.
Bof le "espèce d'hibernation articielle". Tu expliques trop :p

Citer
Plus d’une fois elle fut tentée de mettre fin à ce petit jeu en assommant un garde isolé pour lui voler ses armes et avancer plus vite, mais bien sûr, ça n’aurait servi qu’à la faire repérer plus vite.
plus vite plus vite

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Des tas de fauteuils pataugeaient dans cette boue infâme, la plupart occupé par des cadavres.
mouais pataugaient ?

Citer
Euphemia fut projetée contre le sol tandis que la foudre fusaient de partout, avant de retomber aussi vite qu’elle était venue.
fusait


Pour les remarques globales :

Déjà, ça se lit bien, mais ça tu le sais déjà.

Plusieurs choses m'ont chiffonnée :
- déjà, j'ai trouvé que ce texte était un mélange de réaliste et de surnaturel/poétique, et que parfois ça passait mal. Genre elle se déplace sur des immeubles, le type habite un manoir et il y a des gardes armés : ok. Elle a des pouvoirs : ok. Il a volé la lune : hein ? Comment ? Pourquoi tout le monde a l'air de trouver ça normal ? Ca fait très poétique et pourtant tu ancres bien ça dans le réel en disant qu'elle est plantée sur un pique dans le jardin... quel jardin serait assez grand pour contenir la lune ?
Pour moi, ton texte est un tout petit peu pas assez dans l'onirique pour que ça passe. Faudrait rajouter un petit quelque chose (genre enlever la mention à internet déjà XD peut être changer les noms trop ancrés dans le réel...)
Après c'est que mon ressenti, blablabla, tu sais tout ça hein ;)

- aussi, tu passes parfois du temps à expliquer des petits détails (ce qui n'est pas forcément un mal hein) mais par contre tu n'expliques pas du tout certaines autres choses.
Je pourrais reprendre mon exemple de la lune. Il y a aussi, finalement, l'histoire des persos que tu ne fais qu'évoquer via des souvenirs, d'où elle vient etc.

- un détail : bordel comment elle lui parle sa copine ? Elle a des oreillettes ou c'est quoi ? J'ai pas capté le moment où tu en parles en fait, moi au début sur l'immeuble je pensais qu'elle était avec elle... En fait en relisant tu l'évoques, mais bon c'était pas assez clair pour moi XD

- un autre détail : le manoir il est vide à part les gardes en gros ?

- j'ai trouvé la fin un peu wtf, pourquoi les corps dans les fauteuils, c'est pas si expliqué que ça, ça fait un peu "gratuit". Après c'est un choix et j'étais peut être juste pas dans l'humeur ou quoi

- J'ai trouvé chelou que ton méchant ait un simple prénom et que tout le monde le connaisse sous celui-ci. Mais c'est un choix.


Sinon c'est cool, tu instaures bien ton ambiance (encore le froid, zig !), le froid, la danse, le petit nuage de poignet, les souvenirs, les livres, la légèreté de ton perso, c'est bien.


Ah, dernière chose : le titre fait tellement rainien que je me suis demandée si je l'avais pas déjà lu ce texte  :mrgreen:


PS : je t'écris de Saule, le petit frère de feu Orme
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Le Randonneur

  • Tabellion
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Re : La Fille de l'hiver
« Réponse #2 le: 29 janvier 2016 à 02:27:49 »
Des petits délires comme ça, j'en prend 10 par jours ! C'est pas si grave de ne pas pouvoir empaler la lune sur une barre de fer. C'est une possibilité le devoir de l'imagination !

Par contre, s'il y a bien un truc génial que tu pourrais emprunter à la culture populaire, c'est le méchant charismatique mémorable. Tu as déjà d'excellentes bases : des motivations légitimes, un pouvoir surpuissant. Lucien gagnerait à être plus qu'un homme en pyjama avec qui le courant ne passe pas toujours. Invente lui un tic, une manie. Fais lui dire des répliques mémorables !


Si un jour tu reprends cet univers, préviens-moi, je veux lire !

Hors ligne Kailiana

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Re : La Fille de l'hiver
« Réponse #3 le: 29 janvier 2016 à 14:45:12 »
Citer
Elle se frotta les mains pensivement en regardant le ciel noir de la nuit.
"pensivement" pas très joli
Citer
aussi nombreuses soient-elles, les lumières jaunâtres ne suffiraient pas à effacer complètement toute trace de clarté céleste.
suffisaient ? ; "complètement" + "toute trace" ça fait un peu double emploi, l'un des deux aurait suffit
Citer
c’était à cause de lui, cet homme, Lucien, qui avait décidé de voler les astres pour éclairer son manoir. La clarté de la lune réduite à un simple lampion de jardin.
c'est trop cool comme idée ^^
Citer
mais les murs, ou plutôt la muraille qui entourait la propriété l’empêchait de rayonner sur le quartier alentour.
virgule après propriété
Citer
Euphemia changea son nuage en gourdin de glace, se jeta sur le molosse
je trouve que ça va pas trop avec ce qui précède, surtout le terme "se jeta"
Citer
son corps venait de le plonger dans une espèce d’hibernation artificielle
pourquoi pas juste "son corps venait de plonger..." ?
Citer
Une vive douleur venait de lui traverser le crâne, celle que provoquait ses souvenirs enfouis lorsqu’ils remuaient un peu trop fort.
jusqu'à présent je trouvais le texte vraiment original et très sympa, mais ce détail, j'avoue que j'aime moyen, ça fait un peu bateau. A voir dans la suite.
Citer
Plus d’une fois elle fut tentée de mettre fin à ce petit jeu en assommant un garde isolé pour lui voler ses armes et avancer plus vite, mais bien sûr, ça n’aurait servi qu’à la faire repérer plus vite.
c'est encore en contradiction avec le chien assomé ; j'pense qu'il faudrait vraiment revoir le passage avec le chien
Citer
ne. Toute l’énergie que Lucien avait accumulé réagit au choc de la seule manière possible.
accumulée




Hum, d'une manière générale, je sais pas trop. J'aime bien l'univers, et l'ambiance m'a un peu fait penser à "la musique du silence" avec Auri. (c'est un compliment). Par contre, dans un texte aussi court, je trouve que le coup de "l'amnésie" est un peu facile/maladroit. Sans doute pas assez bien amené.
Pour l'ambiance, je rejoins Ambriel sur le fait que le mélange onirique/fantastique et réaliste/technologique m'a dérangée ; par contre c'est pas vraiment que le mélange n'est pas à faire, c'est qu'à mon avis ce n'est pas assez bien fait. Disons qu'à la fin ok, on comprend pourquoi il y a ce mélange, sauf que ça a l'air de sortir un peu de nul part alors que tu pourrais je pense mieux l'amener.

Par exemple, tout ce que font Euphemia/Lucien peut être dans le registre onirique, ok, ça tu y es presque. Mais à côté j'ai pas trop vu la technologie en fait, je pense que tu pourrais davantage construire ton monde, et montrer comment Euphie voit cette technologie... Hum, je sais pas si je suis claire, j'ai l'impression que ce n'est pas le cas ><
En fait l'impression que j'ai c'est que le monde n'est pas assez bien construit, assez "réel" dans ta tête : tu as l'aspect onirique/magique, tu sais que tu veux le mettre en contraste avec un truc plus technologique, mais durant la lecture, je n'ai pas réussi à sentir cette technologie et les effets sur Euphemia, par exemple. Y'a quelques phrases par-ci par-là, mais c'est de "l'explication", pas du ressenti tout le long du texte.

Et c'est dommage parce que ce contraste pourrait être vraiment super cool. Déjà là, ça me donne envie d'en savoir davantage sur ces personnages et ce monde, mais j'ai l'impression que l'ensemble est encore un peu brouillon, pas bien défini (pas le texte qui est brouillon, ce n'est pas le cas ; mais vraiment le monde, comme s'il n'était pas tout a fait bien arrêté dans ton esprit au moment où tu as commencé à écrire) En tout cas c'est mon ressenti en tant que lectrice : j'aurais vraiment aimé un monde plus réel, tangible, pour tout l'aspect "technologique" (parce que par contre toute l'histoire de "neige" avec Euhpemia c'est trop cool et ça m'a paru très vrai)


Hum euh mon commentaire est un peu bizarre je crois  :-[  j'ai essayé de te donner mon ressenti après comme d'hab c'est mon ressenti blablabla et tu en fais ce que tu veux ^^

Ah oui, mon impression aussi, c'est que pour cette histoire+univers, ce format fait un peu "étroit", j'aurais plus vu une novella, j'ai l'impression que t'as plein de trucs à dire (et comme ça on resterait plus longtemps dans cet univers et ce ne serait pas un mal  :mrgreen:)
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Re : La Fille de l'hiver
« Réponse #4 le: 30 janvier 2016 à 13:31:16 »
Ahaha, j'ai l'impression qu'Ambriel et toi êtes d'accord pour trouver l'univers brouillon (et vous avez raison, c'est le cas), mais par contre vous êtes en contradiction sur la manière dont je devrais le développer  :D
Sur ce point je suis plutôt d'accord avec toi, Kail, d'ailleurs : je n'ai pas envie de gommer la présence d'internet ou de la technologie, je vais juste tenter de la dessiner un peu mieux. Le but à la base était un peu de me faire mon propre texte de super-héros (enfin, héroïne) XD Donc créer une espèce de fantasy urbaine.

Je vais tenter de creuser ça. De creuser, surtout, l'écart entre le monde et Effie. Et puis creuser un peu le méchant, et le contexte de ses victimes.

Pour son amnésie, je vais voir si je peux pas juste mieux l'amener aussi. Je l'aime bien quand même. Ce n'est pas original pour un sou, mais je m'en fiche un peu : c'est surtout une manière pour mon personnage de fuir en avant et c'est un aspect de sa personnalité que j'ai envie de creuser. Peut-être que je vais faire ça à coup de phrases moins convenues, par contre.

Je passe sur les détails que je valide pour la plupart (je vais vite parce que je sais pas combien de temps je vais avoir internet :D) et sur la fin que j'avais écrit rapidement pour poser un point final et qu'il faut que je revois à fond (j'avais pas encore eu l'occasion de retoucher ce texte depuis que je l'ai écris).

En tout  merci à vous trois, je vais pouvoir me mettre au travail !
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Hors ligne Loïc

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Re : La Fille de l'hiver
« Réponse #5 le: 01 février 2016 à 17:47:27 »
Plop et rebonanniv

Citer
Euphemia se posa comme une couche de givre sur le toit de l’immeuble : délicatement et sans un bruit.

Chouette début ! (Et j'adore ce prénom depuis Code Geass)

Citer
Aussitôt, ses ailes de glace et de neige s’évaporèrent et se condensèrent en un tout petit nuage, qui vint s’enrouler autour de son poignet comme un bracelet d’argent.

J'pense tu peux te passer d'aussitôt.

Citer
Elle s’efforça de mettre un peu de joie dans le ton de sa voix pour rassurer son amie. Son visage, lui, était grave et déterminé à présent – aussi loin que possible du moindre sourire. Si la nuit était noire et si les étoiles et la lune lui manquaient tant, c’était à cause de lui, cet homme, Lucien, qui avait décidé de voler les astres pour éclairer son manoir. La clarté de la lune réduite à un simple lampion de jardin. Intolérable.

C'pas ta meilleure phrase. Le "Intolérable" rend bien mais le rese me convainc moins.

Citer
Elle sentit son dos s’engourdir à mesure que sa magie prenait forme, malgré les couches épaisses de vêtements qu’elle portait.

L'articulation entre les deux propositions est pas top.
Celle-là + les 3 ou 4 phrases qui suivent, ça fait beaucoup trop de phrases sur le même modèle. C'est un peu lassant comme description.

Citer
Mais après tout, Lucien en avait largement les moyens.

Je ne comprends pas le but de cette phrase. A mon avis, tu peux t'en passer.

Citer
celle que provoquait ses souvenirs enfouis

Provoquaient

Oh il est tout doux ce texte.
C'est bien différent de ce que j'ai pu lire d'autre de toi. On est dans de la fantasy bien efficace, l'écriture suit. La fin est au poil. Merci pour la lecture.
"We think you're dumb and we hate you too"
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Re : La Fille de l'hiver
« Réponse #6 le: 03 février 2016 à 22:52:33 »
Bonjour Rain,

J'ai lu ton texte ! 8) J'ai trouvé la construction assez simple d'accès, et on peut s'identifier au personnage. Pour ma part, la cohérence du récit m'a paru justifiée, l'étrangeté ne me dérange pas personnellement. En revanche, j'ai trouvé l'action un peu trop "calme." Honnêtement, la scène de combat est la plus vivante ! Au cours de ma lecture, quelques passages manquaient parfois de dynamisme. C'est ce qui peut éventuellement être retravaillé selon moi. C'est comme si l'action décrite était sensée être plus intrigante qu'un polar, alors que la forme me faisait penser à un bouquin de Proust.  :bouquine: Ainsi, relativement aux codes des films d'action, je pense que tu peux glisser un peu d'inattendu dans la forme.

Sinon, prévois-tu une suite ?

Et pour ce débat sur la récente conquête de la Lune par l'un de tes personnages, je n'ai pas d'avis précis. :huhu: Après tout on fait bien des robots-compagnons ! On fait bien des vaisseaux spatiaux ! Rien n'est impossible !! Et puis je trouve ça original, de vouloir voler la Lune !! Chacun ses petits plaisirs...

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Re : La Fille de l'hiver
« Réponse #7 le: 04 février 2016 à 18:09:16 »
Hello Rain,

bon, voici ma correction. Pas de commentaire sur le style ou l'histoire, j'avoue avoir lu dans un état un peu second et ne pas avoir noté mon ressenti (erreur!)
des trucs ont sûrement déjà été relevés, comme d'hab je ne relève pas la typo, mais fais attention si tu présentes ton texte à un AT à bien la respecter (un 'ptit passage par Word ou OpenOffice suffit en général)

 
Citer
en un tout petit nuage qui vint s’enrouler
Je ne mettrais pas la virgule, je trouve qu’elle casse le rythme
 
Citer
le ciel noir de la nuit
Bof, je n’aime pas trop. « Le ciel d’un noir d’encre » ?
 
Citer
lune
S’il s’agit de notre Lune, il faut une majuscule (car c’est son nom)
S’il s’agit d’une lune (parmi d’autres, comme celle d’Uranus), pas de majuscule, puisque son nom est, par exemple, Titania
 
Citer
revenait
Pourquoi « revenait » ?et pas « venait » ? ça veut dire qu’elle était en bas, qu’elle est montée, puis descendue à nouveau (re = à nouveau)
 
 
Citer
rien d’assez précis
Plus élégant : « suffisamment » plutôt que « assez »
 
Citer
ok
OK
 
 
Citer
les couches épaisses de vêtements
Bof bof pour « les couches épaisses ». IL faut voir si en inversant le nom et l’adjectif, ça fonctionne mieux.
 
 
Citer
prélevait d’ores et déjà une bonne partie de ses forces
Hum… en général on prélève de l’énergie et on consomme/utilise les forces…
 
Citer
C’était un tour de magie utile et puissant, mais difficile à maîtriser
Attention, répétition du « mais » et même tournure de phrase que la phrase précédente, ça manque beaucoup d’élégance.
 
Citer
qui surplombait la bâtisse
Je ne trouve pas ce passage clair, je me suis demandé ce qui surplombait, car dans mon esprit ça a été d’abord la porte d’entrée, puis le bâton, et j’ai dû réfléchir un peu plus pour trouver que c’était la lune.
 
 
 
Citer
qui s’étaient chacun retirés
Bizarre le « chacun », ça me fait penser à un anglicisme. « tous » serait mieux, mais je vois bien la répétition malheureuse de ce mot aussi… Faut que j’y réfléchisse un chouya
à un autre bout de la planète en tremblant comme des feuilles. Mais après tout, Lucien en avait largement les moyens.
 
Citer
Il y eut des bruits de pas dans l’escalier, coupant court à toute réflexion.
Bof, je trouve que c’est trop mou et impersonnel
 
Citer
celle que provoquait ses souvenirs enfouis
Provoquaient : le sujet est « souvenirs enfouis »
 
Citer
rez-de-chaussé
Rez-de-chaussée
 
 
Citer
Pas de faux mur, de faux plafond, de faux plancher derrière lesquels cacher tout ça.
Derrière  lequel, sinon il faut que tu mettes mur, plafond et plancher au pluriel (ce qui se justifie aussi)
 
 
Citer
grand chose
grand-chose
 
 
Citer
rentre
Si « rentre », c’est qu’elle y est déjà entrée une fois et qu’elle y retourne
 
Citer
les tic tac
Tic-tac en orthographe traditionnelle, tictac en réformée
 
 
Citer
une couverture qui resta suspendu au dessus du sol de manière absurde.
Suspendue / au-dessus
 
 
Citer
la plupart occupé
Occupés
 
Citer
Laisse-moi te réduire en cendre
Cendres (y’en a plusieurs, pas qu’une)
 
Citer
gelée
Bof. Gelée, je vois plutôt un truc gluant
 
Citer
Autour d’elle, l’air crépita de nouveau. Elle attendit. Quelques étincelles bleues jaillirent, comme de l’électricité statique. Elle attendit.
Je jouerais plus sur la mise en page ici, en « isolant » « elle attendit »
 
Citer
Dans sa nuque
Sur sa nuque
 
Citer
toute les autres fois
toutes
 
Citer
Toute l’énergie que Lucien avait accumulé
accumulée
 
Citer
la foudre fusaient
Fusait
 
Citer
où tu te trouve
trouves
 
Citer
au dessus
Au-dessus
 
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

Hors ligne Rain

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Re : Re : La Fille de l'hiver
« Réponse #8 le: 10 février 2016 à 16:32:58 »
Bon, on va entamer les corrections (sinon elles viendront jamais XD). Je vais faire les corrections de forme (parce que je suis au boulot) et noter vos remarques de fond pour plus tard.
C'est parti !

@Bibi

Citer
Bizarrement, l’air lui paraissait toujours plus froid quand elle cessait d’utiliser ses pouvoirs. Il y avait probablement un rapport avec le fait que son corps s’empressait de regagner toute la chaleur qu’il avait perdu.
Je kiffe pas trop ton "bizarrement" et ton "il y avait probablement un rapport avec"
Yep, moi non plus en fait. J'ai essayé de modifier ce passage :
"Elle frissonna, resserra son écharpe et s’enroula dans son manteau. L’air lui paraissait toujours plus froid quand elle cessait d’utiliser ses pouvoirs – en se retirant, la magie laissait un vide dans son corps qui s'emplissait de frimas. Cela lui faisait toujours l'effet d'une petite tempête, comme un appel d'air glacé que son cœur peinait à réchauffer. Elle se frotta les mains pensivement en regardant le ciel noir de la nuit."
Je trouve que ça fonctionne bien aussi si je retire l'explication, mais l'explication en question est quand même relativement importante puisque sinon, on comprends pas trop pourquoi elle fait une crise d'hypothermie plus tard. Enfin, j'en sais rien en fait. Je peux essayer de l'enlever si jamais c'est lourd ou si ça fonctionne pas.

Citer
Lorsque Euphemia eut récupéré un peu de sa chaleur corporelle,
Lorsqu'Euphemia, plutôt non ?
Ah, tiens, peut-être. En fait, je crois que c'est pas obligatoire en dehors des pronoms personnels, donc je pense que je vais laisser comme ça. En plus ça me fait bizarre parce que dans ma tête, je prononce son prénom "Iouphémia" (comme Europe en anglais, "Iourope", en fait XD).

Citer
La jeune fille ne perdit pas un instant, invoqua un courant aérien froid comme l’hiver et s’éleva doucement.
Techniquement l'air froid ça descend  :-¬?. Le terme "courant aérien" ramène au technique/réaliste alors que t'es plutôt dans le poétique en fait
Bah, je me sens pas tant que ça dans le poétique et j'ai plutôt pour volonté d'inscrire l'histoire dans un contexte relativement réaliste (malgré la magie). "Réaliste" ne voulant pas dire "à tout prix semblable à notre univers" mais plutôt, heu, crédible dans la logique du truc. Mais ne pas me contenter de juste survoler les détails sous prétexte que TGCM  :D (même si fatalement, c'est magique quand même).
 
"La jeune fille ne perdit pas un instant, invoqua un courant d'air froid comme l’hiver et se laissa doucement porter. La sensation était grisante : elle n’avait qu’à s’abandonner aux mains du vent pour s’envoler."
C'est mieux ?

Citer
Elle se laissa tomber dans le parc en frissonnant, puis elle se dirigea vers la porte d’entrée d’un pas vif.
Un peu trop de "elle fit ceci" avec cette phrase, dans ce passage
Là je comprends pas trop ce qui t'embête, tu peux développer ?

Citer
Alex et elle avait beau avoir retourné tout l’Internet pour trouver des informations sur l’intérieur du manoir, elles n’avaient rien appris d’utile.
Je suis pas fan de cette irruption d'Internet...
Tu n'es pas fan de la manière dont c'est amené ou de sa présence tout court ?
Internet va rester, parce que la technologie de ce monde est grosso modo la même que la nôtre. Par contre, je suis d'accord pour dire que c'est mal amené parce que la technologie est pas très bien ancrée pour l'instant. Pour l'instant, j'ai vaguement modifié la phrase pour qu'elle soit mieux tournée :
"Elle ne savait pas vraiment par où commencer, c’était le seul défaut de son plan. Alex et elle avaient beau avoir fouillé toutes les bibliothèques et retourné tout Internet, elles n’avaient rien appris d’utile sur l'intérieur du manoir."

Citer
Il frémit dans son inconscience, mais son souffle s’apaisa bientôt : son corps venait de le plonger dans une espèce d’hibernation artificielle pour le protéger du froid.
Bof le "espèce d'hibernation articielle". Tu expliques trop :p
Là du coup je suis embêté parce que j'ai d'autres lecteurs qui aiment bien ce genre de détail. Je supprime la mention en attendant, parce qu'elle est mal amenée, mais je la remettrai peut-être plus tard, ailleurs, sous une autre forme.

Pour les remarques globales :

Déjà, ça se lit bien, mais ça tu le sais déjà.
Plusieurs choses m'ont chiffonnée :
- déjà, j'ai trouvé que ce texte était un mélange de réaliste et de surnaturel/poétique, et que parfois ça passait mal. Genre elle se déplace sur des immeubles, le type habite un manoir et il y a des gardes armés : ok. Elle a des pouvoirs : ok. Il a volé la lune : hein ? Comment ? Pourquoi tout le monde a l'air de trouver ça normal ? Ca fait très poétique et pourtant tu ancres bien ça dans le réel en disant qu'elle est plantée sur un pique dans le jardin... quel jardin serait assez grand pour contenir la lune ?
Pour moi, ton texte est un tout petit peu pas assez dans l'onirique pour que ça passe. Faudrait rajouter un petit quelque chose (genre enlever la mention à internet déjà XD peut être changer les noms trop ancrés dans le réel...)
Après c'est que mon ressenti, blablabla, tu sais tout ça hein ;)
Ahah, ouais, c'est aussi mon sentiment, mais je pense que je vais faire l'inverse et tenter de l'ancrer un peu plus dans le réel, plutôt.

- aussi, tu passes parfois du temps à expliquer des petits détails (ce qui n'est pas forcément un mal hein) mais par contre tu n'expliques pas du tout certaines autres choses.
Je pourrais reprendre mon exemple de la lune. Il y a aussi, finalement, l'histoire des persos que tu ne fais qu'évoquer via des souvenirs, d'où elle vient etc.
Ca rejoint au dessus et ça éclaircira probablement ce mélange qui passe mal quand je ferais les corrections.
En fait, à la base c'est juste une histoire parmi d'autres - sauf que j'ai pas encore écrit les autres, donc finalement, je vais peut être juste compléter celle-là. XD

- un détail : bordel comment elle lui parle sa copine ? Elle a des oreillettes ou c'est quoi ? J'ai pas capté le moment où tu en parles en fait, moi au début sur l'immeuble je pensais qu'elle était avec elle... En fait en relisant tu l'évoques, mais bon c'était pas assez clair pour moi XD
Oui c'est des oreillettes, je pensais que c'était clair  >< J'vais éclaircir ça.

- un autre détail : le manoir il est vide à part les gardes en gros ?
Non, y'a ses gamins qui pioncent dans leur chambre. Ca va faire partie des choses que je vais revoir : Lucien. Son nom, déjà, en fait. Il est pourri (sans vouloir vexer les éventuels Lucien qui passent par là, ce que j'entends c'est que dans ce contexte il fonctionne pas). Faut que je trouve mieux. Mais : est-ce qu'il est marié, divorcé, enfants adoptés, est-ce qu'ils sont "spéciaux" ou pas, d'ailleurs c'est qui ces gens spéciaux (mais ça je peux peut-être effectivement le garder pour une autre histoire), comment il est perçu dans le monde, bref, y'a encore deux ou trois trucs pas clairs dans ma tête. Je pense qu'il y aura une bonne refonte soit du début, soit de l'explication du plan, soit de l'exploration du manoir pour intégrer des détails relatifs au contexte général.

- j'ai trouvé la fin un peu wtf, pourquoi les corps dans les fauteuils, c'est pas si expliqué que ça, ça fait un peu "gratuit". Après c'est un choix et j'étais peut être juste pas dans l'humeur ou quoi
cf au dessus, je vais travailler le contexte.

- J'ai trouvé chelou que ton méchant ait un simple prénom et que tout le monde le connaisse sous celui-ci. Mais c'est un choix.
On est d'accords  :D

Merci du passage !


EDIT @Loic (oui parce qu'en plus je les fais pas dans l'ordre)

Citer
Elle s’efforça de mettre un peu de joie dans le ton de sa voix pour rassurer son amie. Son visage, lui, était grave et déterminé à présent – aussi loin que possible du moindre sourire. Si la nuit était noire et si les étoiles et la lune lui manquaient tant, c’était à cause de lui, cet homme, Lucien, qui avait décidé de voler les astres pour éclairer son manoir. La clarté de la lune réduite à un simple lampion de jardin. Intolérable.

C'pas ta meilleure phrase. Le "Intolérable" rend bien mais le rese me convainc moins.

Hop, est-ce que c'est mieux ?

"Elle s’efforça de mettre un peu de chaleur dans sa voix pour rassurer son amie mais son visage, lui, restait grave et déterminé, bien loin du moindre sourire. La colère bouillonnait de plus en plus à présent qu'elle s'approchait de sa destination. Le manoir Barwick. C'était là qu'elle trouverait la lune depuis que son odieux propriétaire l'avait capturée puis entravée pour son propre compte, égoïste et arrogant. La clarté sélène réduite à un simple lampion de jardin. Intolérable."

Citer
Elle sentit son dos s’engourdir à mesure que sa magie prenait forme, malgré les couches épaisses de vêtements qu’elle portait.

L'articulation entre les deux propositions est pas top.
Celle-là + les 3 ou 4 phrases qui suivent, ça fait beaucoup trop de phrases sur le même modèle. C'est un peu lassant comme description.
En effet. J'ai essayé d'alléger un peu mais je suis pas sûr d'avoir réussi :

"Lorsque Euphemia eut récupéré un peu de sa chaleur corporelle, elle prit une grande inspiration et se concentra pour recréer ses ailes. Le petit nuage autour de son poignet pâlit, s’agita, se mit à danser dans les airs comme un flocon gelé ballotté par les vents et se déposa sur ses omoplates. Rapidement, la glace s’étendit en de très longues plumes de cristal, légères et souples.  Elle sentit son dos s’engourdir malgré les couches épaisses de vêtements qu’elle portait – ses forces s'évaporaient déjà. Ce tour de magie était utile et puissant mais difficile à maîtriser. La jeune fille ne perdit pas un instant, invoqua un courant d'air froid comme l’hiver et se laissa doucement porter."

Mieux ?

Citer
Mais après tout, Lucien en avait largement les moyens.

Je ne comprends pas le but de cette phrase. A mon avis, tu peux t'en passer.
En effet  :huhu:

Oh il est tout doux ce texte.
C'est bien différent de ce que j'ai pu lire d'autre de toi. On est dans de la fantasy bien efficace, l'écriture suit. La fin est au poil. Merci pour la lecture.
Merciii ! Je pense quand même que la fin peut être retouchée (pas forcément la toute fin, mais la confrontation au moins), mais c'est cool si je suis déjà sur la bonne voie !


EDIT @Kail


Citer
Euphemia changea son nuage en gourdin de glace, se jeta sur le molosse
je trouve que ça va pas trop avec ce qui précède, surtout le terme "se jeta"
Est-ce que le passage fonctionne mieux comme ça ou est-ce que tu penses qu'il faudrait que je le revois vraiment à fond ? (pour l'instant, j'ai juste changé quelques détails qui sont légèrement moins "je fonce dans le tas" et un peu plus "c'est une question de discrétion" tout en gardant le côté "j'ai besoin de me défouler un bon coup", mais ça ne marche peut-être toujours pas)

"Un chien de garde leva la tête à son approche, mais Euphemia était déjà sur lui. D’un geste de la main, elle changea son nuage en gourdin de glace et l’assomma d’un coup puissant avant qu’il ait le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Elle se pencha sur lui et le caressa doucement, comme pour s’excuser. Sous ses doigts, une fine couche de givre naquit et s’étendit sur le pelage du chien, le recouvrant complètement. Il frémit dans son inconscience, mais son souffle s’apaisa bientôt. Son corps venait de plonger en hibernation ; il ne se réveillerait pas de sitôt. "

Citer
Une vive douleur venait de lui traverser le crâne, celle que provoquait ses souvenirs enfouis lorsqu’ils remuaient un peu trop fort.
jusqu'à présent je trouvais le texte vraiment original et très sympa, mais ce détail, j'avoue que j'aime moyen, ça fait un peu bateau. A voir dans la suite.
Est-ce que c'est le détail "amnésie dans son ensemble" ou juste la manière dont c'est amené ?

Citer
Plus d’une fois elle fut tentée de mettre fin à ce petit jeu en assommant un garde isolé pour lui voler ses armes et avancer plus vite, mais bien sûr, ça n’aurait servi qu’à la faire repérer plus vite.
c'est encore en contradiction avec le chien assomé ; j'pense qu'il faudrait vraiment revoir le passage avec le chien
Comment ça rentre en contradiction ? L'absence d'un garde serait remarquée, celle du chien vachement moins, non ?




Et c'est dommage parce que ce contraste pourrait être vraiment super cool. Déjà là, ça me donne envie d'en savoir davantage sur ces personnages et ce monde, mais j'ai l'impression que l'ensemble est encore un peu brouillon, pas bien défini (pas le texte qui est brouillon, ce n'est pas le cas ; mais vraiment le monde, comme s'il n'était pas tout a fait bien arrêté dans ton esprit au moment où tu as commencé à écrire) En tout cas c'est mon ressenti en tant que lectrice : j'aurais vraiment aimé un monde plus réel, tangible, pour tout l'aspect "technologique" (parce que par contre toute l'histoire de "neige" avec Euhpemia c'est trop cool et ça m'a paru très vrai)
C'est un peu ça, ouais. C'est ce que je vais essayer de travailler un peu plus dans la V2, du coup.

Ah oui, mon impression aussi, c'est que pour cette histoire+univers, ce format fait un peu "étroit", j'aurais plus vu une novella, j'ai l'impression que t'as plein de trucs à dire (et comme ça on resterait plus longtemps dans cet univers et ce ne serait pas un mal  :mrgreen:)
J'suis pas très à l'aise avec le format novella (ou alors, le texte ne sera jamais fini  :D). Un recueil de nouvelles, peut-être. Mais je vais déjà commencer par essayer d'étayer cette histoire-là.

Merci pour la lecture !

(J'éditerai pour répondre aux autres commentaires)
« Modifié: 11 février 2016 à 11:47:11 par Rain »
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Re : La Fille de l'hiver
« Réponse #9 le: 10 février 2016 à 20:51:46 »
Euphemia se posa comme une couche de givre sur le toit de l’immeuble : délicatement et sans un bruit."
j'ADORE. Quelle introduction!

 


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