Cimetière LE PY
-----On ne passe pas par Sète sans s’arrêter pour prendre le temps d’une visite à
BRASSENS et à
Paul VALERY.
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Georges demeure pour l’éternité au
cimetière Le Py qui surplombe l’étang de
Thau. Pour saluer
Paul, nous chante t-il facétieux, il vous faudra pousser jusqu’au
cimetière Marin, de l’autre côté de la
colline St Clair.
-----Il y a de la beauté dans l’air. Sur la petite stèle jouxtant la tombe, on lit l’hommage d’un ami céramiste : quelques mots,
« Un Pin… Parasol de préférence », sous un motif qui évoque un personnage se reposant à l’ombre d’un pin. On comprend
« Sa supplique pour être enterré sur la plage de Sète » que les gens d’ici appellent
« La Corniche ». Elle n’a rien à envier aux clichés des brochures éditées par L’Office du Tourisme. La transhumance estivale ne sévit pas encore en ce début de printemps.
-----Le cimetière est bordé d’un haut mur de pierres au dessus duquel plient quelques houppiers de cyprès et de micocouliers qui semblent s’y recueillir. J’ai l’impression qu’
Il attend avec sa guitare. J’espère qu’il ne va pas me reprocher d’avoir repiqué maladroitement les
partoches de son contrebassiste…
Section 15… en bas à gauche, les militaires en rang d’oignon… en haut à droite, les tombes juives… Entre les deux… Voilà ! Nous y sommes!
-----La sépulture est une petite chose de granit tout à fait ordinaire, pas de quoi émouvoir le touriste japonais, la tombe standard du catalogue des 3 suisses en quelque sorte. Mais nous ne sommes pas là pour ça… Un tour-operator de retraités de retour de Corse encadre le petit carré gris, ils sont une quarantaine. Ils écoutent poliment leur guide, elle est plutôt jolie, une fille d’ici, sa
méditerranitude ne permet pas d’en douter. Elle nous raconte la vie de
Georges, sa filiation, ses derniers instants, l’histoire de ceux qui partagent la stèle car il n’y repose pas seul.
-----Les plus attentifs forment un petit groupe principalement matriarcal à l’avant. Quelques bréhaignes hochent la tête en signe d’approbation ou de reconnaissance soulignant par là qu’elles connaissent leurs classiques, qu’elles ont des lettres elles aussi, bref qu’elles furent…
-----Les hommes à l’arrière, pour la plupart juchés en grappe sur les marchepieds des tombes en vis à vis, patientent tout en montrant leur poignet, rappelant aux autres qu’ils sont attendus pour 13 heures ! Il y aurait un match à ne pas louper.
Si les défunts occupant ces dernières avaient su que la présence d’un si illustre voisin substituerait à leur vue sur l’
Etang de Thau un mur quotidien de flasques culs, ils auraient sans doute choisi le carré juif juste un peu plus haut. Allez savoir ?
Et à nos quidams de poursuivre à coup de photos calamiteuses encouragés par la multitude du rien que permet le numérique.
Me fondant ensuite au sein du groupe, je laisse traîner les oreilles tout en feignant l’attitude convenue du moment, faite de gravité et de recueillement.
" -C’était un bien grand homme que ç’ui là!"
-----«
Ma pôv’ dame ! »...ai-je été tenté de répondre, n’acquiesçant que d’un dodelinement de circonstance… Encore une
Histoire de faussaire ?
-----A son tour une autre hocha la tête d’un mouvement de gallinacé vite interrompu par l’impérieuse nécessité de nourrir sa boite à images et d’ostensiblement signaler :
« - J’ai aussi celle de la tombe de Tino Rossi ! »…
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