Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 Mai 2026 à 02:10:01
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » .

Auteur Sujet: .  (Lu 593 fois)

Hors ligne Exil

  • Aède
  • Messages: 219
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« le: 17 Septembre 2021 à 20:41:22 »
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« Modifié: 12 Novembre 2024 à 18:58:48 par Exil »
Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d'eux.

R. Char

J.

  • Invité
Re : M.P.P
« Réponse #1 le: 18 Septembre 2021 à 09:25:54 »
Bonjour. La "chute" est surprenante. J'ai bien aimé. Juste un détail : dans les premières lignes, ton texte est à la troisième personne du singulier. Ensuite tu passes à la première personne. C'est sans doute voulu mais ça m'a gêné un brin. Très bon récit SF et pourtant je suis pas un inconditionnel du genre.

Hors ligne Basic

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Re : M.P.P
« Réponse #2 le: 18 Septembre 2021 à 10:17:29 »
Bonjour Exil.

Chouette texte. A mon goût, j'en aurais bien pris une plus grande tasse.

Quelques commentaires au fil de la lecture.
bleu : forme et question
orange ; orthographe et temps

B

[spoiler][Il s’arrêtait souvent en plein milieu de la rue pour la contempler. Et c’est (c'était, non?) bien là tout ce qu'il pouvait se permettre de faire : la contempler. S'humecter la rétine d’un peu de son charme brut, entre deux tables occupées, entre deux rayons frais, tel une plante dressée au matin, recevant humblement de l'aurore la rosée. La vitre était sale; cela n’empêchait pas à l’aura qu’elle dégageait de parvenir jusqu’à lui – à défaut de son odeur. La voir se mouvoir, courir d’un bout à l’autre de la salle, disparaître dans la cuisine et réapparaître aussitôt, tel une percée dans un nuage, ou un enfant à l’aisance corporelle parfaite, battant le sol de sa jeune fougue, lui suffisait amplement. Quelques fois une mèche de cheveu s'éveillait pour jouer avec le vent, ( avec le vent de l'intérieur de la piéce ou avec le mouvement?)et cette vision se mêlait au doux parfum d'une passante ( l'évocation de la passante me trouble... si il est focalisé sur la présence de l'autre côté de la vitre peut iol se disperser vers une autre présence?). Il lui arrivait alors de s’imaginer la lui remettre en place rien que pour le plaisir de la voir se défaire, encore et encore. Il la désire (temps... il la désirait?) tant que tout vient à mourir à son côté. Quelques fois je me prenais à prier pour qu’elle me voie. ( même remarque que Jonathan pour le changement de sujet mais... ça fait son effet... surprenant, intrigant... ça se poursuite avec le on.  Par contre je me surprenais à prier., non?)Qu’elle m’embrasse, qu’elle atterrisse juste devant moi et se mette à m’étreindre devant tout le monde. On s’en foutrait bien du monde à ce moment-là. On se contenterait de battre au-dedans de nos propres pulsations, d’accepter ce qu’elles signifiaient, le corps mouvant dans une seule et même direction, s’en remettant tout entiers entre (je crois que c'est « s'en remettre à » mais ton anrrateur a le droit de faire des erreurs de grammaire si c'en est une) les ailes du désir pour se fondre l’un en l’autre, plein de vie, au son de vapeurs depuis toujours jumelles du râle ( les vapeurs jumelles du râle... j'ai un peu de mal). Le froid commençait à se faire sentir, mes pensées gelaient. Ma chair et mes os m’exhortaient à trouver un endroit chaud où me réfugier. Je jetai un sourire en coin vers la blanche au tablier, sans espoir qu’il soit ni vu ni compris – un sourire sale, peut-être, à travers la vitre, et amarrai mon corps vers d’autres côtes ( je m'interroge sur l'emploi du passé simple ici). Je connaissais mal la ville. Durant le trajet, toutes sortes de détails urbains frappaient à la porte de ma conscience ( à la porte, est- ce necessaire?). Un enfant, léchant avec envie le plastique des jouets d’une boutique, se jeta violemment par terre à l’entrée d’un « non, pas aujourd’hui » dans son conduit auditif. Un crâne humain partiellement dissimulé sous le blond d’une jeune femme regagna son musée. Un homme, en éternuant, s’attira les foudres d’une foule aussi impuissante qu’imbécile. Une chaussure orpheline abandonnée faisait office de gardienne des ordures et des tags. Je fus sonné de voir un corbeau secouer ses ailes sur le capot d’une voiture. La neige virevoltait au-dessus de sa robe ébène et la maculait avec grâce ( maculait et gràce sont en opposition, c'est bien ce que tu veux?); bruine légère au ralenti. Un peu plus loin sur la place principale, derrière la masse informe du peuple pressé et des vigiles armés jusqu’aux dents : une femme, vieille d’une soixantaine d’années – estimation hasardeuse, statique, imperturbable,( il manque le deuxième tiret, et est ce bien necessaire d'ailleurs?) me scrutait avec des yeux qui venaient planter leur griffe là où il ne faut ( fallait pas, il me semble)pas. Des larmes s’échappaient sans raison de leur source lacrymale ( j'hesite à savoir si j'apprécie cette phrase). Ça faisait du bien à mon visage de glace. La neige recouvrait peu à peu la place, emportant sur son passage les derniers réticents à retourner à leurs cocons. Je m’approchai de la femme, qui semblait n’avoir nulle part où aller, et m’assis à côté d’elle.
– Vous n’avez pas froid ?
Elle ne portait qu’une robe noire à moitié dévorée par l’usure et qui contrastait avec la pâleur de sa peau.
– Êtes-vous sûr de comprendre ce que vous dites ?
– Pardon ?
– Vous me demandez si je n’ai pas froid, mais peut-être me posez-vous la question parce que c’est simplement de vous dont il s'agit. Le monde ne tourne pas autour de ton petit nombril, Louis ! Retourne-donc voir si le facteur a laissé du courrier aujourd’hui ! J’attends une lettre très importante !
– Qu’est-ce que…
Je me levai. Un sentiment de crainte m’envahit ( m'envahissait serait peut-être plus judicieux ou il faut un truc style soudain) et dans un énième mouvement oculaire d'angoisse, mes yeux recroisèrent les siens. Ils avaient changé de couleur. C’était à peine croyable. Je ne sais ( savais) pas même pourquoi j'avais entrepris de m'asseoir près de cette dame.
– C'est toi ?
– Bien sûr que c'est moi. Qui veux-tu que ce soit d'autre ? fit-elle dans un large sourire.
– On est...?
– Oui. Cela doit bien faire plus de 150 ans aujourd'hui.
– Non. C'est impossible. Je suis réel, tu l'es aussi ! Cette rue, ces gens... Pourquoi ?
– N’as-tu pas remarqué une attitude étrange chez ces gens durant ta balade ? Des paramètres – sans doute insignifiants pour un fantôme – distordus de la réalité ?
– Oui, mais… Qu’est-ce que ça veut dire ?
– Je n’en sais pas plus que toi. Tu reviens tous les jours me poser la même question, Louis. J’ai moi aussi développé des formes d’attitude étranges, des soubresauts du passé surgissent sans que je ne puisse rien y faire, et alors tu me regardes comme une étrangère, et tu te demandes pourquoi tu m’abordes, encore et encore, tandis que tu cherches inlassablement à recommencer l’histoire de notre rencontre. Tu as été chanceux. Ton passage dans l’inframonde t’a permis de retrouver ton apparence d’antan, ta jeunesse, pratiquement toutes les choses qui faisaient de toi un homme. Je t’envie un peu. Mais je me console en interprétant tes regards devant la vitre comme une forte preuve d'attachement à mon souvenir.



:::21 Décembre 2120, désactivation et dématérialisation de l’essai 527 sur les sujets 677 et 721 dans le cadre du Modern Prometheus Project:::
/spoiler]
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

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Hors ligne Delnatja

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  • Ailleurs et au-delà
Re : M.P.P
« Réponse #3 le: 18 Septembre 2021 à 14:52:10 »
Bonjour Exil, j'aime bien ce texte.
Il m'a fallut plusieurs lectures car il est un peu dense pour moi.
J'aime bien le thème qu'il aborde et ta façon de l'aborder.
Bonne journée.
Michèle

Hors ligne Exil

  • Aède
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Re : Re : M.P.P
« Réponse #4 le: 18 Septembre 2021 à 17:39:58 »
jonathan : merci pour ton commentaire. Ça se voulait surprenant, comme toute chute. Donc je suis contente que mon paris soit gagné. Même si je reste insatisfaite concernant cette fin. J'aurais voulu distiller mon imagination jusqu'à la dernière goutte. C'est d'ailleurs un peu l'objet de la remarque qui vient après.

Basic : j'y viens... j'aurais tant aimé te (vous ?) servir une plus grande tasse... Écrire est une grande souffrance pour moi. Un plaisir qui est une souffrance. Ça me demande énormément d'énergie mentale voire physique. C'est très vorace en énergie l'écriture (je n'apprends rien...). Et ça l'est d'autant plus quand l'énergie que tu déploies n'a pour but premier que l'édification d'un rythme parfait, que ce soit en vers ou en prose. Il y a la trame bien sûr, mais la trame n'est rien sans ce qui la supporte. Un récit pour moi est comme une petite barque et cette barque n'est rien sans eau. Elle peut rester là, sur le sable ou la grève, et prétendre à une beauté... mais une beauté qui, pour s'épanouir, aura besoin de vent et de courant. C'est donc la mer que j'apprends à faire naître. Petit pas par petit pas...

Merci infiniment pour le temps que tu as pris pour les corrections. Au sujet de la concordance des temps... tous les usages sont voulus. Je tiens quand même à répondre à tes interrogations en-dessous :

Citer
avec le vent de l'intérieur de la piéce ou avec le mouvement
le vent qu'elle fait autour d'elle en se mouvant, oui ! Je pensais que c'était suffisamment évident compte tenu du looong arrêt sur images que je fais pour souligner ses gestes  :(

Citer
l'évocation de la passante me trouble... si il est focalisé sur la présence de l'autre côté de la vitre peut iol se disperser vers une autre présence?)
C'est très bien vu. J'ai aussi perçu un grincement en écrivant ce passage. Mais l'ai laissé tout de même, car il me semble que transi d'amour ou non, la vie est ce qu'elle est : inarrêtable. Ainsi pour le temps, les merdes quotidiennes, le parfum des passantes ou la puanteur dans le bus... des choses sur lesquels nous n'avons aucune prise.
Citer
( même remarque que Jonathan pour le changement de sujet mais... ça fait son effet... surprenant, intrigant... ça se poursuite avec le on.  Par contre je me surprenais à prier., non?)
Je pensais pas que ça surprendrait autant ahah ! L'intention après ce passage : "Il la désire tant que tout vient à mourir à son côté", était de faire comprendre que le narrateur, faisant lui aussi partie de ce tout, disparaissait également, léguant de ce fait la parole au protagoniste.
Citer
les vapeurs jumelles du râle... j'ai un peu de mal)
Quand on fait l'amour on halète des halètements de plaisir "jumeaux du râle". C'est ce à quoi ça me fait penser (c'est glauque, très glauque, mais mon but était de faire une pirouette entre l'amour et la mort, j'aime jouer avec les concepts et les mots (si encore ça n'était que des concepts...  ><), faire des rapprochements entre des choses qui semblent éloignées (alors que pas du tout en fait, on peut non seulement mourir par amour, mais en amour, c'est-à-dire en orgasme !) et qui suscitent des interrogations).
Citer
maculait et gràce sont en opposition, c'est bien ce que tu veux?)
Oui. Je trouvais cela intéressant, de rendre pour la première fois, la couleur blanche salissante...


Delnatja : Merci  :coeur:

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R. Char

Hors ligne Basic

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Re : M.P.P
« Réponse #5 le: 18 Septembre 2021 à 18:58:45 »
Merci pour tes explications Exil.
B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

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Hors ligne Cendres

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Re : M.P.P
« Réponse #6 le: 18 Septembre 2021 à 19:01:03 »
Un texte original, je ne m'attendais pas a cette fin.

Je ne sais pas pourquoi, j'imaginais une femme et non un homme ton héros.  Donc j'ai eu une double surprise^^

Ta phrase avec le "Modern Prometheus Project", je pense que c'est pour nous indiquer que c'est une simulation ce que vit tes personnages.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Melina Doris

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Re : M.P.P
« Réponse #7 le: 20 Septembre 2021 à 21:49:26 »
Bonsoir
J'ai beaucoup aimé la chute, si inattendue et si romantique !
 Le début n'était pas simple à appréhender, je suis restée sur le seuil, ou sur la marge, un bon bout de temps, incapable de déchiffrer le moindre signe dans ce que je lisais, jusqu'à l'apparition de la vieille dame. Une arrivée qui a tout illuminé, une bascule qui m'a plongée dans un très chouette moment de lecture. Et même que j'aurais aimé poursuivre encore un peu.
Merci Exil

Hors ligne Exil

  • Aède
  • Messages: 219
Re : M.P.P
« Réponse #8 le: 23 Septembre 2021 à 23:54:50 »
Merci beaucoup Mélina, ton commentaire me touche beaucoup ^^

Au plaisir !
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R. Char

 


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