Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

04 Juillet 2026 à 00:57:38
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » hélas ! et j'ai lu tous les livres

Auteur Sujet: hélas ! et j'ai lu tous les livres  (Lu 1663 fois)

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
hélas ! et j'ai lu tous les livres
« le: 07 Décembre 2015 à 19:03:07 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


   C'était un des mecs les plus intelligents qu'il ait connus. Thomas avait toujours aimé les hommes – ou les femmes – de ce genre : solitaires, perdus dans les idées, à avoir tout lu, tout su, tout compris. Typiquement, ils ne parlaient pas à grand-monde, n'avaient que quelques amis. Thomas avait toujours été parmi ces amis-là – à admirer, essayer de voler un peu de leur intelligence.
   Mais Marc n'était pas tout à fait comme les autres. Il s'élevait dans les idées, il s'élevait et ne redescendait pas. Il avait cette mauvaise barbe et ce regard sévère, mais mélancolique : comme si tout avait déjà été dit, comme s'il ne faisait que répéter, parce qu'il fallait les répéter, les vérités du monde.
   Il y avait un poids dans ses mots et sa personne qui intimidait d'emblée. Thomas était son seul ami, le seul à s'oser près de lui. Peut-être parce qu'il sentait cette fatigue, cette tristesse  de s'être déjà perdu par le trop-savoir.
   Quelque chose clochait depuis plusieurs jours. Marc semblait hésitant à parler ; cette amitié forcée sur lui l'avait déstabilisé. Sa connaissance avait jusqu'alors été circonscrite presque exclusivement entre lui et les livres. En parler, voir l'évident ne pas être immédiatement compris bouleversait insidieusement la fabrique de son être.
   Thomas ne pensait pas à mal ; de le voir bizarrement meurtri, il n'en ressentait que plus d'obligations. Il l'avait traîné jusqu'à une terrasse de café pour lui parler, lui faire du bien.
   Il était dix-huit heures, l'année était 2012, la première bière arrivait. Les élections à venir semblaient un sujet de conversation naturel, alors Thomas lança :
   « C'est triste à dire mais Hollande ne peut pas gagner. La politique c'est une affaire de charisme, même le vote anti-Sarko ne va pas suffire. »
   La réponse fut d'abord mécanique, de l'ordre du déjà-connu, déjà-pensé, rapide à dire :
    « Et pourtant, cette légitimité soporifique du légal-rationnel est peut-être pire que la charismatique. Elle l'est ; parce qu'elle cache mieux le monopole de la violence légitime. Après le désenchantement du monde, c'est son assoupissement...
    – Tu penses qu'Hollande peut gagner, alors ? »
   Il y avait eu un claquement métallique autour du mot « assoupissement », que Thomas n'avait pas pris la peine de noter ; c'était pourtant l'expression littérale d'un déclic. Un ordre interne avait été bouleversé par un mot prononcé de trop ; ce qui avait été dormant en Marc n'était maintenant que trop réveillé :
   « Lefort a raison à moitié, mais il n'a pas encore compris – le lieu du pouvoir en démocratie est vide, tu comprends, vide !? »
   Ce fut sa dernière parole claire.
   Déjà les mots s'accéléraient, sans se culbuter – la parole avançait simplement plus vite que le souffle articulé par la gorge et la langue. L'homme savant s'était rompu vif, avait trébuché hors du matériel. Le barrage entre pensées et paroles s'était brisé : il s'exprimait à la vitesse de l'impression, par une pensée brute.
   Déjà Thomas ne saisissait que des bribes :    « réforme (...) retour sans fin sur la • Réforme, la forme sans res – sans forme, règne du re- » –  « la plaie, le pli karchérisé, tout est dans le pli » — 
   « Attends, ralentis, je ne te suis pas. »
   Tentative vaine. Déjà la voix des idées était trop rapide pour l'oreille humaine – pour toute compréhension. C'était la glossolalie des idées, la transfiguration des langues qui s'ouvrait, ne sachant se fermer.
   Les yeux s'accordaient à la parole. Ils brillaient translucides, sans jugement ; leur vision éclairait et Marc était perdu ; Marc était prophète pour lui-même, discours de sa transcendance.
   « Redescends ! » Une supplique à l'adresse de l'homme évanescent, vaine. Il avait quitté le sol et s'élevait progressivement, porté par sa parole.
   Le spectacle de ce yogi mystique, récitant peut-être le vrai et l'avenir, attirait la foule progressivement. Elle venait voir, à défaut d'entendre. Nul n'entendait ; il n'y avait qu'un chant qui leur viendrait peut-être en rêve, cette nuit-là ou dans trente ans.
   Thomas lui parlait toujours, désespéré. Il le connaissait, c'était son ami, peut-être que lui pouvait le faire redescendre :
   « S'il te plaît, pour moi, reviens ! On peut en parler calmement, je te promets ! La politique, ça n'est que ça à la fin ! »
   Marc, ce qui était encore Marc, parut l'entendre, mais il s'éloignait toujours ; il s'évaporait tandis qu'il s'élevait, rejoignait le grand nuage des anges, l'achèvement de la transcendance : le néant.
   Et Thomas entendit ce qu'il crut d'abord un dernier mot, pour lui ; un retenti clair, tandis que le dernier atome de Marc rejoignait l'éther.
   Mais ça n'était pas un mot ; c'était une main dans son être déjà effacé. Ce qui restait après l'idée.
   Il lui tendait la main...

***

   C'était un autre présent.
   Une fin du monde, un toit d'immeuble ; des explosions au loin, la poussière du désert découvrant ses soleils.
   La main tendue pour fuir et se taire, une nouvelle barbe : celle des jours sans sommeil.
   « Peut-être – peut-être le silence. Ne parlons pas de politique et il n'y en aura plus.
   Tu sais, tu sais, je suis un esprit romantique – j'aurais plutôt voulu une révolution.
   Mais chut, prenons-nous la main, ne sais-tu donc pas que les opinions blessent ? »
   Il crache la dent par le mot arrachée, la main toujours tendue.
   « Il faut rêver d'un silence ou se taire ; le silence vient. Le babil comme silence, puis le silence vrai.
   Peut-être peut-on le faire nôtre.
   Il ne peut pas y avoir de discussions, de preuves – elles sont toutes des blessures.
   J'ai mal.
   Mais je ne peux pas. Je ne peux offrir que.
   Tout est – insuffisant. »

***

   ...mais Thomas effrayé le laissa seul ; envolé.
« Modifié: 12 Décembre 2015 à 19:45:39 par barnacle »

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 750
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : hélas ! et j'ai lu tous les livres
« Réponse #1 le: 08 Décembre 2015 à 12:42:13 »
Bonjour Barnacle, J'ai lu ton texte et c'est très drôle.
J'y ai trouvé une sorte d'héritage surréaliste, c'est vivant.
On pourrait croire que c'est un monde parallèle.

–  « la plaie, le pli karchérisée, tout est dans le pli » — 
hé hé ! karchérisée sans e (=au masculin)
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Eh ! bien, c'est un sujet d'actualité.

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
Re : hélas ! et j'ai lu tous les livres
« Réponse #2 le: 08 Décembre 2015 à 18:26:29 »
Surréaliste ? Je suppose. Ça partage un certain intérêt pour le collage, un désintérêt pour la compréhension unifiée.
Et j'ai corrigé le vilain lapsus orthographique.

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 992
Re : hélas ! et j'ai lu tous les livres
« Réponse #3 le: 12 Décembre 2015 à 18:51:05 »
Salut Barnacle,

Très intéressant, pas facile d'accès, mais lecture enrichissante.

J'ai eu du mal au début :

Citer
C'était un des mecs les plus intelligents qu'il ait connus. Thomas avait toujours aimé les hommes – ou les femmes – de ce genre : solitaires, perdus dans les idées, à avoir tout lu, tout su, tout compris. Typiquement, ils ne parlaient pas à grand-monde, n'avaient que quelques amis. Il avait toujours été parmi ces amis-là – à admirer, essayer de voler un peu de leur intelligence.
le "ils" suivi du "il" est un peu déroutant dans cette entame. On n'est pas familiarisé avec Thomas que tu nous entraînes ailleurs.

Citer
cette amitié forcée sur lui l'avait déstabilisé.
bizarre "l'amitié forcée sur lui"

Citer
Peut-être parce que il
parce qu'il

Citer
Sa connaissance avait jusqu'alors été circonscrite presque exclusivement entre lui et les livres.
bizarre la formulation... connaissance construite sur les livres ?

Ensuite, je suis plus rentré dedans.
Citer
La réponse fut d'abord mécanique, de l'ordre du déjà-connu, déjà-pensé, rapide à dire :
    « Et pourtant, cette légitimité soporifique du légal-rationnel est peut-être pire que la charismatique. Elle l'est ; parce qu'elle cache mieux le monopole de la violence légitime. Après le désenchantement du monde, c'est son assoupissement...
j'aime bien le contraste entre le "rapide à dire" et la complexité des phrases qui suivent. Et l'idée est chouette, je la partage.
L'assoupissement dont tu parles fait mal, notamment en période d'élection.

L'envolée de Marc, sa dissolution dans le sens inexprimé est vraiment bien rendue. Éparpillement.

J'aime beaucoup le passage en italique. Il crée des résonances poétiques avec le sens du texte que tu n'explicites pas. Ces notions de désert, de poussière, de silences et de preuves qui sont des blessures. Ton Marc est ici un écorché des mots. Un personnage qui déborde de sens, qui est débordé par les mots qui ne peuvent créer un lien avec les autres ou alors un lien de douleur. Bien évidemment, c'est mon interprétation. Tu parles de collage, de désintérêt pour la compréhension unifiée, et c'est ce qui est le plus intéressant dans ton texte, la façon dont la forme rejoint le fond. L'éparpillement de Marc raconté avec un collage, belle trouvaille esthétique.

Pour finir, je dois dire que ce qui me marque le plus, c'est la douleur qui émane du texte, avec cette main tendue qui n'est pas saisie, que l'on ne peut certainement pas saisir. Main tendue à travers un brouillard de mots, de pensées trop riches pour être verbalisées. Un beau texte sur le rapport à l'autre aussi.

Merci pour la lecture,
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
Re : hélas ! et j'ai lu tous les livres
« Réponse #4 le: 12 Décembre 2015 à 19:53:21 »
Merci pour ton commentaire détaillé Rémi.
J'ai corrigé les deux choses les plus faciles à fixer ; pour les formules bizarres il me faudra un peu plus de temps. Les formules sont bizarres en partie parce que les idées le sont ou sont difficiles - donc je crois que la seule vraie solution serait de les allonger.
Je trouve intéressant que tu aies été beaucoup plus sensible à la souffrance qu'Alain. Le fait que deux réactions aussi différentes soient possibles ne me dérange pas, même si j'ai une préférence pour la tienne. On peut savoir une chose absurde et faire preuve d'empathie ; je suis content que la dimension empathique soit passée.
« Modifié: 12 Décembre 2015 à 19:57:23 par barnacle »

Hors ligne JigoKu Kokoro

  • Prophète
  • Messages: 688
  • Quiche fourréé tapant n'importe quoi
Re : hélas ! et j'ai lu tous les livres
« Réponse #5 le: 13 Décembre 2015 à 00:01:36 »
J'aurais aimé faire un commentaire détaillé mais je suis passé à coté complètement  :-\ .

Pourquoi ? Plusieurs chose je pense... Le style, le vocabulaire et les formulations très travaillées, la thématique. Attention ce n'est pas un reproche, je dois dire que l'ensemble est super mais je ne suis pas du tout rentré dedans et je trouve ça dommage. Il y a parfois des textes pour lesquels on est hermétique. C'est assez rare chez moi mais il a fallu que ça arrive.

Bon je ne désespère pas non plus, peut-être y revenir demain sous un nouveau jour.  :)



Ningen soto, bakemono naka....
"L'amour et la haine sont les deux faces d'une même pièce qu'il est bien trop aisé de retourner..." - JK

Hors ligne binwood

  • Plumelette
  • Messages: 9
Re : hélas ! et j'ai lu tous les livres
« Réponse #6 le: 13 Décembre 2015 à 06:12:23 »
Salut,

C'est peut-être trop destructuré pour moi. Il est 6heures du matin et je n'ai pas dormi donc cela a surement une influence sur la qualité de mon jugement mais je pense qu'il faudrait que tu penses davantage à la notion de plaisir du lecteur.
Amener une réflexion est pour moi un des principaux objets de la littérature mais il faut également donner des petits sucres au lecteur !
Je suis parfaitement hermétique au style qui doit avoir un autre nom et que j'appellerais "énumératif-surexpressif" comme ici  : " Une fin du monde, un toit d'immeuble ; des explosions au loin, la poussière du désert découvrant ses soleils. " mais c'est vraiment une question de goût ! En fait, cela m'agresse, ce sont trop de concepts énumérés sans liens évidents et je n'ai pas le temps de les imaginer ou de leur donner sens et là c'est un soucis de lecteur !
« Modifié: 13 Décembre 2015 à 11:05:26 par binwood »

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
Re : hélas ! et j'ai lu tous les livres
« Réponse #7 le: 13 Décembre 2015 à 10:31:57 »
Le mot qui revient dans vos commentaires est "hermétique", et je vais surtout réagir à ça.
La question de l'accessibilité me préoccupe normalement beaucoup plus (ce texte est un bon contrepoint), mais ça n'est pas vraiment le texte pour. Ça n'est pas le sujet ou la direction de l'expérimentation.
L'hermétisme absolu n'était pas mon but, mais qu'il y ait une difficulté à faire sens est au cœur du texte.
Mais merci d'avoir pris le temps de lire et de donner vos réactions :)
« Modifié: 13 Décembre 2015 à 10:35:43 par barnacle »

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 204
Re : hélas ! et j'ai lu tous les livres
« Réponse #8 le: 13 Décembre 2015 à 12:49:50 »
Je ne tiens pas à faire une explication de texte, clairement :) Surtout que Rémi a prouvé qu'il y avait largement matière à comprendre ou intuiter.
Mais comme c'est plus de l'ordre du paratexte/contexte, sur tes deux points (Mallarmé, le côté chrétien).
La citation de Mallarmé est un peu un avertissement (il a cette réputation difficile) mais elle est aussi une invitation. Le titre commence par une minuscule : le début du vers est non-dit mais présent.
(c'est aussi un des vers les plus émotionnellement chargés qu'il ait écrit, à mon avis, mais bon)
Pour le côté chrétien, il est facile d'en voir un puisqu'il y a toute une tradition autour de la glossolalie précisément, le parler en langues (et le don des langues, qui est distinct). La première référence est précisément chez Marc, mais le gros événement est lors de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres, d'où descend toute une imagerie et même certains pratiques dans les églises pentecôtistes.

Citer
Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu.       
Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis.
Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux.
Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.
Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue.

La différence marquante est le "chacun les entendait parler dans sa propre langue" contre le problème du silence dans le texte.
(il y a des débats théologiques sur si le parler en langues est vraiment compréhensible etc, et j'ai pris la première traduction de la Bible que Google m'a donné, mais ça n'est pas vraiment très intéressant).

Je dis tout ça mais je ne pense pas qu'il faille le savoir pour comprendre. Un pré-réquis est peut-être plutôt d'avoir connu un Marc, ou d'avoir connu des démarches similaires, un problème de cette taille, etc.

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 992
Re : hélas ! et j'ai lu tous les livres
« Réponse #9 le: 13 Décembre 2015 à 13:57:17 »
Juste pour préciser l'inculture du commentateur que je suis : je n'ai pas lu Mallarmé, donc
Citer
Le titre commence par une minuscule : le début du vers est non-dit mais présent.
pour moi donc, je me suis juste dit "ça me dit quelque chose ce titre".
Pour le côté mythologie catholique, pareil, je n'avais pas fait le lien avec les apôtres.
Ma culture sur ce point est plutôt liée à l'iconographie, genre quand je vois un mec qui butte un dragon dans une église, je me dis "ah, lui c'est Saint Georges"...

Sinon, sur l'aspect "hermétique", je réitère :
Citer
c'est ce qui est le plus intéressant dans ton texte, la façon dont la forme rejoint le fond. L'éparpillement de Marc raconté avec un collage, belle trouvaille esthétique.
Un texte difficile à comprendre n'a de sens que lorsque la compréhension de la forme est liée au fond que l'on souhaite transmettre, ce qui est le cas ici. Une explication dans ce texte-ci du sens qu'il a lui ferait perdre son intérêt, et je comprends Barnacle lorsqu'il dit ne pas vouloir expliciter.


Tchussssss !
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.02 secondes avec 23 requêtes.