Mmh, premier auteur que je présente, dites-moi si je ne fais pas ça dans la forme.
Daniel Tammet. Il faut tout d’abord que je vous le présente.
Anglais, issu d’une famille aux nombreux enfants (neuf pour être précise), pas vraiment fortunée (par rapport à l’argent je dis). Quoi d’autre ? Eh bien oui, cher Daniel a une vie différente. Atteint d’épilepsie très jeune (y a pas à dire, les épileptiques, on dirait que la vie les a ainsi marqués pour qu’ils soient plus grands), et puis aussi de ce qu’on appelle le syndrome d’Asperger, il est particulier. Il a un don, d’une beauté que nous autres, gens normaux, appellerions du haut de notre normalité, surnaturelle je crois. La synesthésie. Cette faculté de voir du sens là où les gens ne voient que des points désordonnés. Pour Daniel, les nombres racontent une histoire. Ce sont les mille éléments colorés, qui s’additionnant, se multipliant, ou tout simplement se côtoyant, forment à eux seuls des paysages à rendre jaloux qui ne sait les voir. Il en va de même pour les mots d’ailleurs. Capable d’apprendre une langue en dix jours (si si, c’est bien vrai, je crois qu’il a appris l’islandais en un peu plus d’une semaine) parce qu’il voit des connections, des liens entre les choses que nous autres, habitués à voir ce qu’on nous montre, sommes incapables d’apprécier.
Ce n’est pas pour vanter sa mémoire (si si, il a appris pi jusqu’à sa 22 514 décimale, mais peu importe) que j’ai envie d’en parler. C’est parce que dans ses textes, on découvre une vie nouvelle. On y voit la beauté des nombres, qui pourtant, ont en découragés plus d’un dans les écoles rigides de notre enfance. Daniel en fait de la poésie, une nouvelle philosophie de vie. Et alors on se souvient que les premiers mathématiciens étaient aussi philosophes, et non pas ces caricatures qu’on a apprises, personnes courbées, sèches à lunettes épaisses. Quand Daniel parle de ses nombres, tout colorés, texturisés qu’ils sont, il vous donne envie de voir aussi, comme lui.
Et il en ressort que les mathématiques, le fil doré qui relie tous ces petits symboles de rien, sont en fait le tissu merveilleux qui relie toutes choses entre elles, dans ce monde si difficile à comprendre.
Il y a trois livres, je les conseille tous très vivement. A commencer par le premier, « Je suis né un jour bleu » (2007), qui est une sorte d’autobiographie et qui donne une très bonne idée de la merveille qu’est la vision nouvelle de cet homme.
Puis, « Embrasser le ciel immense » (2009). Très différent, très instructif. Il y explique notre cerveau en gros, son fonctionnement, ses limites mais aussi son potentiel exceptionnel. Très facile à lire, avec beaucoup d’exemples actuels de la recherche d’aujourd’hui. Moins poétique, mais passionnant. On y apprend beaucoup de choses!
Finalement, mon préféré, celui qui restera longtemps sur ma table de chevet (m’enfin, il est plutôt dans mon salon en ce moment), « l’Eternité dans une heure » (2013). Il s’agit d’un recueil de ses pensées diverses où les nombres se marient à notre monde de tous les jours, pour lui donner une nouvelle compréhension, et une couleur qui selon moi, ne le rend que plus beau.
Voilà pour Daniel. Il ne faut pas forcément être émerveillé d’avance par les nombres pour en apprécier la lecture, bien que moi-même je le sois. Donc lisez-le, c’est du bonheur très simple, à portée de yeux.
Et je finis par cette citation, dernière page du dernier de ses livres (en anglais, désolée) :
« The world needs artists. Into words and pictures, notes and numbers, each transforms their portion of the night. A mathematician at his bureau glimpses something hitherto invisible. He is about to turn darkness into light. »
(Ah oui et surtout, ne faites pas attention aux couvertures des livres, on dirait des best-sellers de kiosques de gares !)
Ai-je oublié quelque chose?