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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Moins que rien - Interdit aux moins de 18 ans

Auteur Sujet: Moins que rien - Interdit aux moins de 18 ans  (Lu 1027 fois)

Hors ligne Passagepoeme

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Moins que rien - Interdit aux moins de 18 ans
« le: 15 Août 2015 à 18:56:04 »
Il y a une étrange odeur de poisson pourri dans ce pub. Il faut dire que les fumées de la cuisine s'évaporent juste en face de moi. Je bois mon martini bien tranquillement en jetant un œil vers la blonde bouclée. Elle est assise au bar et parle au serveur avec un de ces rires qui vous fout la trouille. À ma droite, trois pauvres types à barbe la regardent. Celui du fond semble mal en point devant sa bière. Il me fait penser à ce bon vieux Fred. Un homme divorcé, vieux et alcoolo. Je m'étais lié d'amitié avec Fred le temps d'une soirée. On picolait ensemble. Cette odeur de poisson me donne la gerbe. Je me déplace vers miss sourire. Qu'est ce qu'une nana comme celle-ci pourrait parler avec un vieux croûton comme moi ? Je pue la vinasse, le poisson maintenant et je manque cruellement de sex apeal. Je n’en ai jamais eu à vrai dire.


- Tu lui remettrais pas un rosé à la p’tite dame ?



- Oui Msieur

Elle me jette un regard étonné. Je n’en attendais pas moins. Elle me remercie poliment et continue de parler au serveur. Je termine mon martini et en commande un autre. Mes trois potes de derrière la matent toujours. Je me suis posé avec Fred Bis. Je le sens bien celui là.

- As-tu déjà posé ton regard sur la personne qui se nourrit de ton âme comme le jus d’une pêche fraîche ? Me dit-il en regardant la blonde d'un air mélancolique. On tisse le drame avec ce genre de femme. On s’agite face à l’émotion, accroché à notre vertu. Le corps se retrouve ainsi conjugué avec le désordre de l'esprit... Je me remercie de l'avoir aimée à n'en plus pourvoir méditer sur ma propre existence. J'essaie pourtant de vivre en acceptant la réalité mais la tonalité de notre couple me berce chaque seconde... Vois-tu ?

Je n’aime pas comme il parle mais il n’est pas con.

Il allume une cigarette. J'éteins la mienne.

- Comment elle s'appelle ?

- Laura

Cette petite minette avait du lui en faire baver. Elle pourrait me faire penser à ma salope de mère. Elle n'a pas eu une enfance heureuse mais ça n'excuse pas son comportement avec mes frères et moi. Colérique, égocentrique et j'en passe. J'ai peu de souvenir avec eux, je me suis tiré de la maison familiale assez jeune. Tim, l'aîné est devenu musicien dans une troupe espagnole à Huelva et George est devenu un putain de travelo. Il m'est arrivé de croiser un transe lors d'une soirée Strasbourgeoise, un vraie beauté. On avait picolé jusqu'au bout de la nuit, elle m'avait sucé dans les chiottes et je l'avais emmenée dans un hôtel miteux non loin de là. On avait fait nos affaires jusqu'au moment où je glisse mes doigts dans sa culotte. Deux heures après, je me suis retrouvé chez les flics pour coups et blessures et agression verbale. J'ai nié comme un lâche et les flics m'ont libéré deux jours plus tard. Alors tu comprends quand j'ai su que George voulait se faire une chatte, j'ai pété un câble.

- Un autre Martini serveur

Fred Bis est un brave type, il doit avoir la cinquantaine, violé par la vie et ses coups durs mais surtout par l'alcool. Un look de clochard, les pupilles ternes, un gros pif, les cheveux long grisâtres avec un gros bide. Il sort un jeu de cartes et on s'est mis à jouer à la belote.

- Un autre Martini serveur ?

Il faut croire que les deux se font plaisir à l'abri de nos regards indiscrets car le serveur et la blonde ne sont plus là... ça va vite à cet âge-là. Dommage, j'ai envie d'un martini. Alors je me suis servi derrière le bar. Fred Bis est concentré pour ne pas perdre, moi, j'en ai rien à foutre de perdre.

- On joue à la bataille Corse connard pas à la belote !

- Merde

Fred bis se mit dans une colère affreusement déconcertante. Je savais bien que j'allais perdre. Il balance la table sur ma gueule en hurlant comme un bœuf, j'attrape mon verre de martini à la volée et je me barre en courant. Je n'ai pas payé, tant pis. Je marche dans les ruelles de Saint-Georges, le verre à la main. Fred Bis continue à me hurler dessus. Je marche un peu plus vite et je m'installe dans une pizzeria pour terminer mon Martini sereinement. Cette pizzeria n'avait rien d'une pizzeria si ce n'est le four à pizza. Je commande une bière. Je sors mon calepin de notes.

Essence seconde d'Orient,

Chamelée de braise,

Songe à galoper,

Pour ôter l'eau sucrée,

De ces figuiers blancs.

Parfaitement élancées,

Petites lances d'éclat nacré,

Songent à se développer,

Loin de cette contrée.

C'est mon dernier celui-là. L'écriture est une thérapie comme une autre. Un moyen de se faire bouffer par les vers et de laisser une trace stupide auprès de ceux qui restent. J'ai rencontré une bonne douzaine d'écrivains dans ma vie, tous acharnés par leur écrit mais pas un seul réconfortant. Ils sont tous affectés par une sorte de virus auto-immune. J'ignore pourquoi. On n’est pas serein. On ne le sera jamais. C'est l'alcool qui me fait écrire, autrement je ne serai bon à rien. Si toutefois, je sers à quelque chose dans ce que je blablate. L'alcool me donne de l'élan. J'en ai besoin, souvent. Boire une gorgée, c'est comme quand un hypoglycémique bouffe du sucre. J'allume une cigarette.

- Une autre bière

- Tout de suite Monsieur

Après celle-là, je vais rejoindre ma belle Claire, une splendide femme aux yeux pétillants et à l'allure affirmée. Elle apprécie brièvement ma présence alors allons bon !

Je regarde cette femme, assise sur la terrasse avec ses enfants en train de déguster des pâtes à la bolognaise. Elle éduquait ses enfants à la baguette. Quand je chassais avec des potes il y a quelques années, je me souviens à quel point l'éducation était importante à leurs yeux. Ne pas dire "bon appétit", ne pas se faire passer le sel à la main… Des signes distinctifs à la con qui ne servent à rien si ce n'est souligner leur différence par rapport aux autres. Je vais aux chiottes, je me suis torché et je commence à me gratter les couilles. Putain je crois que j'ai des morbacks. C'est Jess qui a dû me les refourguer. Une belle conquête de la semaine mais non sans conséquence. J'étais tout simplement avec un livreur de quenelle Gégé et sa pote Jessica chez Tim, un vieux mec sympa. Je savais que cette soirée n'allait pas être de la tarte à partir du moment où Jess me faisait de l’œil. Je l'ai amenée dans la chambre de Tim et j'ai commencé à lui lécher les tétons et lui foutre ma main au cul. On a commencé comme ça et je l'ai baisé. Dix minutes après ma jouissance, je me demandais bien ce qu'elle pouvait encore faire avec moi dans ce plumard alors que je puais la transpiration et l'alcool à foison. Elle ne m'a plus jamais lâché. On est devenu pote et on a recommencé à baiser. baiser. baiser. Jess me faisait sentir vivant plus que jamais. Elle étudiait le droit. C'était son trip après tout. Jess était italienne et avait un caractère plutôt doux. Elle avait des mimiques faciales quand elle s'exprimait, c'était étrange mais amusant. On s'était fait plusieurs restos ensemble, elle m'invitait comme d'habitude. Je n’ai pas un rond. Et puis, on baisait. baisait. baisait. Il faut croire que je ne suis pas un mauvais coup pour mon âge.

Je picole en pensant à Jess et ses amies qui me faisait frémir jusqu’aux couilles. Jess est morte. J'ignore pourquoi. Elle ne répondait plus à mes messages jusqu'au jour où j'ai croisé sa pote Marine au bar Des Piquettes où elle m'a annoncé la nouvelle. Une disparition soudaine. J'ai passé un bout de temps avec Marine et finalement je réussi à lui bouffer la chatte au bout de quatre jours de blabla pour soigner son chagrin.

Je rentre chez Claire. Je la serre dans mes bras et me dirige vers le canapé. Elle me sert une bière. Nom de Dieu, je n’avais pas vu l'autre con en train de faire la vaisselle. Il grogne en nettoyant ses fourchettes et ne m'a même pas salué. J'ignore pourquoi Claire est allée se foutre avec un type comme lui. Elle est sans doute aussi cruche que ce pauvre mec.

J'ai rencontré Claire grâce à mon pote Jeff, le plombier de ma propriétaire. Il réparait la fuite d'eau des chiottes et je lui avais payé une bière par la suite. On avait papoté quelques temps. Jeff consultait régulièrement une voyante et il me l'avait conseillée. Ça me donnait l'occasion d'aller flirter avec elle et sa boule de cristal. Je me suis donc pointée chez elle, chez Claire. La pièce était hyper lumineuse voire éblouissante avec une table et deux chaises mais pas de boule de cristal et puis, rien d'autre. Si, juste un tableau de chat hideux au mur. Elle m'accueillit et me demanda de m'assoir. Elle me proposa une cigarette (pas de refus) et me questionna sur ma vie mais je n’avais pas grand chose à raconter si ce n'est mes beuveries et mes conquêtes prénuptiales. Elle sortit des cartes et me demanda d'en choisir quelques-unes et après elle a blablaté, j'ai rien compris. Bref, je n’ai pas réussi à la choper mais je lui ai proposé un steak après notre entretien paranormal et Claire a accepté. C'est de cette façon que j'ai pu entretenir des liens avec Claire. Elle m'a invité chez elle et j'ai fait la rencontre de son époustouflant Jérôme, un gars ignoble, gras, puant, souriant, brun, con. C'est celui qui fait la vaisselle en ce moment. 15H00, le match de rugby est à 15H00, je suis en retard.

- Claire, ça te branche un rugby ?

- Arrête ton char Ginger, hors de question que je me tape du rugby

- Tous ces p’tits culs musclés rien que pour ta gueule...

- C’est pas faux mais non

- Petite garce

- C'est bien Ginger, continue de boire !
« Modifié: 15 Août 2015 à 21:21:37 par Passagepoeme »

Hors ligne aalexand

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Re : Moins que rien
« Réponse #1 le: 15 Août 2015 à 19:43:58 »
Avant d'aller plus loin, réEDIT ton texte pour le tagger contenu explicite. Il y a des mineurs sur le forum..

Cdt
Alain
Ar Gwir a~enep ar bed.
Le Tribut de Nomenoe (du Barzaz Breiz) est un poème de 140 vers, plus grand que l'Iliade, plus beau, plus parfait qu'aucun chef-d'\oeuvre sorti de l'esprit humain.
En vérité, aucun de ceux qui tiennent une plume ne devrait rencontrer un Breton sans lui ôter son chapeau.
G.Sand

 


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