Mortes pensées, conçues hier,
Jamais n'écloront au beau jour.
Cachant leurs superbes atours
Dans le recoin d’une âme fière,
Elles ont survolé le papier
Sans cesse en quête d’existence,
Mais ont différé leur naissance
De peur de se voir humiliées.
Notre humeur a couleur de suie
Quand leur souvenir se fait vif
Et vient noyer tel un esquif
Cette flamme qui n’a pas lui.
Leur souffle s'est fait nostalgie
Une occasion rêvée, manquée,
Qui hante nos plus beaux banquets
De l’âcre fumée des bougies.
Comme un tombeau à ciel ouvert
Où les yeux n’osent pas se perdre
Reniant les restes funèbres
Du corps rongé de l’être cher
Le cimetière des idées
S’efface à chaque instant, voilant
Les avortons de nos talents,
Ce terreau de l’humanité.
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