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Auteur Sujet: LES PLEURS DU MÂLE  (Lu 1936 fois)

wazaha

  • Invité
LES PLEURS DU MÂLE
« le: 13 juin 2015 à 13:58:14 »
LES PLEURS DU MÂLE
Mais quand tu m’as laissé
Devant mon verre de rouze
Sans même me prévenir
Qu’ t’en avait assez d’ moi,
De mes drôles d’idées
Et de mes coups de blues,
Je n’ t’ai pas vue partir,
Je ne pensais qu’a moi.
Des fois il faut s’ méfier
Du petit verre de rose
Qui te fait déguerpir
Sur des chemins sans loi,
Des routes égarées
Où on croit que l’on ose
Sans même réfléchir
Qu’il y a des dernières fois.
          On m’a dit qu’on t’a aperçue
          Du côté d’ la rue Saint-Vincent
          Au bras d’un poète inconnu
          Qui te faisait croire aux amants.
          J’ai pris le bus à la Bastille,
          Celui qui partait de Montrouze,
          Regardant toutes les belles filles
          En imaginant sous leurs blouses.
          Arrivé juste avant la nuit,
          Tu sais, la nuit qui fait rêver,
          J’ai cru que c’était aujourd’hui
          Qu’on refaisait notre flambée.

J’ n’avais même pas idée
Qu’une petite case de vide
Qui vit dans le délire
Et se croit « autrefois »
Va vite t’embarquer
Du côté des morbides
Ceux qui se croient martyres
Mais n’ sont que maladroits.
Après j’ai réfléchi
Dans ma tête gâtée
Et si là, juste au-d’sus
Je virais les neurones,
Ceux qui sont tout pourris,
Pleins de moches araignées,
J’ suis quoi ? pas un vaincu !
J’arrête de faire l’aumône.

          Alors c’est sûr, elle fait un tour
          Côté Mada, côté tout noir.
          Du poète et des troubadours,
          Elle n’a retenu que l’espoir.
          Du coup, j’ai rattrapé l’étoile,
          Qui brille belle en Utopie,
          Quelques mots dits pendant l’escale
          Et je me croyais recompris.
          C’était sans compter que la vie
          S’amuse souvent des délires
          De tous ceux qui n’ont rien compris
          Et se croient au-dessus des rires.

Même ici, le p’tit rose
Qu’est souvent qu’un p’tit rhum
Te renvoie aux églises
Des sans foi ni emplois.
T’as beau faire de la prose,
T’inventer des diplômes,
Ils se marrent et se grisent
Ils s’ moquent même pas de moi.
Dans la même galère
Des paumés, des largués,
On voudrait bien y croire
A la chance qui pass’ra,
On n’est même plus colère,
On sait juste ricaner,
On s’ raconte nos histoires
De descente tout en bas.
          Je crois que c’est le vent maraud
          Qui m’a soufflé la solution :
          Va voir du côté de la faune,
          Y a p’ t’ être quelqu’une qu’a des souv’nirs…
          J’ai pris mon sac et mon chapeau,
          Mes provisions de séduction,
          Une carte de l’Amazone
          Et des idées pour lui écrire.
          Hello, c’est toi ? c’est moi ! c’est nous ?
          Pas nous, seul’ment les deux d’hier.
          J’avais vraiment mon air de fou,
          Sûr’ment l’envie qu’elle me préfère.

Amazone ou Mada,
Je crois que j’ai rempli
Le fleuve et les rizières
D’eau salée, de sale eau
Et j’ n’avais encore pas
Bu tout jusqu’à la lie
L’ hallali c’est calvaire
Pour les hommes en lambeaux.
Encore une fois le verre
Rose ou rouze folie
Partagé près du fleuve
Les yeux dans l’avenir
Me déchire les viscères.
Je hurle mes défis
Je crois aux idées neuves
Et je veux te voir rire.
          T’as quitté les forêts du monde
          En me laissant exsangue et saoul
          Sous les palmes de l’arbre voyage
          Et je sais que tu es partie.
          Je reste là où l’ rouze abonde
          Avec mes rêves autour du cou
          Mais toi tu as quitté la cage,
          Où me mènera ton oubli ?
          Tu pourrais aller sur la lune
          Chercher un autre ami Pierrot,
          Je trouverais une fortune
          Pour t’emmener sur mon vaisseau.

Qu’est-ce que tu fais chez eux ?
J’ n’ai pas compris ta route,
Je t’attendais près d’ailleurs
Plutôt côté j’ m’évade
Plutôt dans la banlieue.
Toujours à ton écoute,
J’ m’étais habillé l’ cœur
Pour vivre ma croisade.
Croisé des mal-aimants,
Mal aimé des systèmes,
L’armure pleine d’épines,
L’espoir en bandoulière,
Je cherchais mon pendant,
Celle qui me dit je t’aime,
Celle qui me devine
Et m’emporte en mystère.
          Saké pays très mystérieux
          Pas d’ rhum mais toujours de l’alcool
          Qui partout te délie la langue.
          J’interrogeais, je te cherchais
          Et souvent c’est le silencieux
          Qui d’un clin d’œil à la boussole
          Et la tête qui dit et qui tangue
          M’envoie visiter les palais.
          De la soierie, des kimonos
          Je trouvais toujours un bonheur
          Pour toi rien n’était assez beau ;
          Je te gardais les sons d’ mon cœur.

J’ai cru au rendez-vous
Que tu avais fixé
A ceux d’ la cantonade
En leur parlant chianti.
Non, je n’ suis pas jaloux,
Mais j’ les vois arriver
Bel canto, sérénade
Et arrivederci.
Un petit air joyeux
M’avait fait espérer
La rencontre possible
Avec ton indulgence.
A jouer avec le feu,
Faut s’attendre à s’ brûler
Avec l’incompatible
Avec l’incohérence.
          C’est à ta botte que je suis
          Sous ton joug, guettant tes désirs ;
          Je suis prêt à tout oublier
          Hormis nos jeux et nos promesses,
          Je te promets, je te choisis,
          J’oublie l’alcool, j’oublie d’écrire
          Je serais prêt à m’immoler
          Je te fais don de ma faiblesse.
          Rires pour toi, pour moi les larmes,
          T’ as sûrement trouvé ton histoire,
          Tu le sais, j’ai rendu les armes
          Mais je n’ cesserai pas d’y croire.

Salvador, c’est l’espoir
Qui a chassé mes peurs
Samba et candomblé
T’emportaient vers la vie.
Et c’est sûr’ment ce noir
De toutes les couleurs
Qui du crème au café
Chassa ma jalousie.
Quand on croit le vaudou,
Ogoun et Iemanja,
On sait qu’un petit vœu
C’est plus qu’une prière.
J’ai dansé comme un fou,
Chanté mon nirvana,
Imploré mes aîeux
Et déclaré ma guerre.
          Tu n’avais plus aucune raison
          De ne pas entendre mes cris
          Mes sanglots et tous mes poèmes
          Et les mots dits et tant aimés.
          J’avais inventé la chanson
          Qui dit tout : amour et folie
          Mais ne sais pas dire je t’aime
          Avec des mots à déguster.
          Je t’avais donné rendez-vous
          Dans un endroit que tu connais
          Et je me disais après coup
          Qu’ c’était bien quand je t’appelais.

Quand on s’est retrouvés
Devant ce verre de roze
Sans même savoir se dire
Un p’tit bout d’ nos émois,
Ma main s’est approchée
Pour te dire quelque chose,
Je crois que tu vas rire :
C’est toi ? c’est moi ?
C’est bon d’ pas réfléchir,
Juste de regarder,
T’es là ? , t’es vraiment là ?
Vas-y, fais-moi ton rire
Cherche pas à penser
Je prends comme une offrande
Tes yeux qui sont pour moi.
          Du côté d’ la rue saint –Vincent,
          On s’est prom’nés bras d’sous, bras d’sus,
          On y croyait aux deux amants
          Qui s’étaient un p’tit peu perdus
          Et j’ai pensé que maintenant
          Que ton poète un peu inconnu
          Te devait peut-être un serment :
          Plus jamais tu n’ seras perdue.

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Re : LES PLEURS DU MÂLE
« Réponse #1 le: 13 juin 2015 à 17:59:58 »
c'est bien mais un peu long

tu devrais aller sur le forum "Le crayon du parolier" il y a des musiciens qui traînent

bonne chance

La naïveté est une pierre précieuse

wazaha

  • Invité
Re : LES PLEURS DU MÂLE
« Réponse #2 le: 21 juin 2015 à 08:25:08 »
Un grand merci à l'équipe du "monde de l'écriture" pour son chaleureux accueil !

 


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