Remontaaaage !
Dans le détail :
Se levant il mêle sa balade à celle des autres marcheurs.
Je pense qu'il faut une virgule après "se levant", sinon c'est très étrange et pas super clair
D'Emile Pitus, on ne sait rien d'autre que des histoires rocambolesques et d'autres anecdotes, dont la plupart sont imaginées. Ni homme ni dieu, il suffit que son nom se fasse entendre pour que les regards se perdent et que les sourires s'étirent. Les habitants lui ont inventé un passé, une histoire et des émotions.
histoires/histoire : répétition
Ses musiciens, la pluie et la ville elle-même.
Il est à peine arrivé au bout du parc que le ciel est constellé de nuages chargés de pluie.
Pluie x2
Les magasins qu'on ferme et l'embardée dans les métros.
Je suis pas sûre que tu donnes son vrai sens à
embardée (à moins que ce soit un sens belge ?). Si une embardée c'est un écart brusque effectué par un véhicule, je vois pas trop comment Emile peut le sentir, ni comment ça peur s'appliquer au métro

C'est l'heure bleue sur la ville
C'est joli !

(par contre, y avait "ville" juste au-dessus alors ça fait un peu répétition)
Il ferme les yeux.
Je trouve que ce "il" fait bizarre, parce qu'il n'a pas d'antécédent immédiat dans la phrase qui précède
Dans un mouvement presque magistral, Emile Pitus se retourne et apparaît face à son public.
J'ai un petit souci de visualisation :
où a lieu la scène ? Jusqu'ici, tu as décrit la ville dans son ensemble, pour planter l'ambiance. Sauf qu'Emile est forcément à un endroit précis, mais tu ne nous dis pas où, et on a du mal à situer géographiquement le décor (il pourrait être sur une place, dans une rue, sur un toit, etc.)
La mélodie pluvieuse qui s'échappe du duo capte ce qui reste de lumière et incarne le commencement de la nuit
Une mélodie qui incarne un commencement, je pense que c'est un peu trop abstrait pour donner l'impression d'une métaphore maîtrisée : on voit pas trop comment c'est possible, enfin moi personnellement, ça m'a fait tiquer

Emile Pitus est le musicien qui veille à l'harmonie du quotidien. La musique est un hymne universel qui fait vibrer citadins et citadines, elle adoucit leur tristesse et les accompagne les vendredis soirs. Les concerts en plein air d'Emile provoquent une vague d' enchantement sur la ville, qui déferle dans tous les cœurs.
Par moments, le texte nous livre plusieurs fois la même information (ici, entre la première et la dernière phrase citées, par exemple), du coup ça donne une vague impression de redondance, ces répétitions d'informations pourraient être élaguées
s'assurent que personne ne les regardent
regarde
Mais ce qu'on aurait pu qualifier d'étrange, c'est qu'ils dansent sans musique audible.
C'est un peu lourd, la première partie de la phrase
Ces loubards le jugent shooté de la veille, qu'il n'est qu'un vieillard tentant maladroitement de rendre ses élucubrations intéressantes, estimant que sa musique n'est qu'un somnifère qui endort et avilit les foules.
Je trouve que "ces loubards" ça fait pas très sérieux, par rapport au reste du texte ; et il y a un problème de syntaxe dans cette phrase
Il réfléchissent, dans l'ombre des ombres de la ville, se disant de prime abord qu'il faudrait le faire interner dans un quelconque asile pour mélomanes désaccordés. Mais Emile Pitus est connu et admiré.
J'ai pas bien compris pourquoi les méchants en veulent à Emile

Quelle est leur motivation ?
quel conséquence dramatique
quelle
Une discorde totale de la société, puisqu'elle ne répondrait plus au nom de la musique, elle qui maintient les habitants unis dans le quotidien.
Les "elle" n'ont pas tous le même antécédent, je trouve que ça rend la phrase peu claire
à leur faire avouer la folie d'Emile Pitus.
J'ai l'impression que "avouer" n'est pas le verbe que tu cherchais, ici ; si ?
des discours démagogiques sont donnés dans les rues
Je suis pas sûre qu'on puisse
donner un discours

Tenir, à la rigueur ?
qu'en cas de catastrophe urbaine
Je comprends pas bien ce qu'on entend ici par catastrophe urbaine...
Dans ce contexte, des quartiers entiers, dont les immeubles sont des chefs d’œuvre d'architecture harmonique, sont dynamités. Pas de réaction de la part du petit vieux que l'on présuma occupé à nourrir les pigeons dans un parc reculé.
J'avoue que je ne comprends pas du tout pourquoi les Eveillés se mettent à dynamiter les beaux immeubles

(et pourquoi passer au passé-simple, alors que le texte est au présent ?)
Le ciel est d'un bleu intense, un bleu à faire pâlir les yeux de ceux qui le contemplent.
C'est très joli, ça !
les habitants dans leurs habitudes.
habitants/habitudes, je trouve que ça fait un peu répétition

de ceux qui l'écoute
écoutent
le meilleur pour répondre à la question n'est autre que Emile Pitus lui même
J'ai l'impression que "le meilleur" fait un peu maladroit, c'est pas l'expression la plus appropriée. Et c'est "lui-même", avec un tiret

Monsieur Pitus, pouvons-nous nous passer de vos services ?
Qui dit cette phrase ? Dans quel contexte ? Dans quel cadre, où ?
D'un côté, il y a ceux qui voudraient bien, finalement, connaître la véritable identité de l'illustre chef d'orchestre.
Je ne comprends pas bien où s'insère la question de l'identité d'Emile, dans la polémique soulevée plus haut (qui se limitait, en gros, à : a-t-il
besoin de la musique d'Emile pour être heureux ? si j'ai bien compris

)
Bien qu'il n'ait aucune idée de la manière dont procéder
manière de procéder
L'ouvrier ferme la porte de sa chambre à clef, pour être sur que personne ne vienne le déranger. Repousse les meubles contre les murs, allume le poste radio. Danse comme un dératé. Il invoque dans le secret de sa chambre un joyeux mystère.
chambre x2
s'empêcher de sourire en lui même.
lui-même
Les bords de son chapeau sont remplis d'eau, et cela déborde de tous côtés.
bords/déborde (répétition)
Il s'est endormi assis contre un arbre. Il s'aide de sa canne pour se relever, et renverse le trop plein d'eau de son chapeau. Visiblement, il a plu toute la nuit. Une brume matinale s'est installée, dans lequel les arbres
arbre x2
il se surprend à voir Gaston
Je vois pas trop comment on peut se surprendre à voir =/
« Venez, on va prendre la ligne 14, on ira plus vite. Je vais vous montrer, puisque vous voulez tant savoir. »
Je comprends pas pourquoi Emile dit ça

Gaston pense un moment au chantier où il ne se rendra pas, mais n'hésite pas longtemps.
Vu l'étrangeté de la situation et de la proposition d'Emile, je pense que Gaston pense à plein d'autres choses que ça !
qui regarde le décor sans rien dire et sans expression. Il voudrait dire quelque chose
dire x2
Il pense avoir trouver le moyen
trouvé
Je vais voire ce que je peux faire.
voir
Ses collègues, sous ses ordres, sont des spécialistes en matière de soupçon et d'espionnage, pas dans la traque d'un vieux somnambule invisible.
Ses collègues prennent place dans une salle de réunion informelle
"ses collègues" x2
Elle sent leurs yeux posés sur elle malgré qu'elle ne porte qu'une jupe mi-mollets.
Malgré que, ça se dit paaas !

En plus, formulé comme ça, on dirait qu'elle ne porte en tout et pour tout qu'une jupe - on pourrait alors comprendre que les yeux se posent sur elle, mdr

Elle a capté toute leur attention quand elle dit :
« Messieurs. Veuillez défaire vos nœuds de cravates. »
Mdr, jolie conclusion à cette scène

Bientôt, aux abords de la ville et dans les abîmes de la rêverie de Gaston, ils sont seuls dans le bus.
C'est pas très clair, à qui renvoie ce "ils"
Le bus les a déposé dans un véritable dédale de géants de briques rouges.
déposés
et je trouve que "dédale DE géants DE briques rouges", ça fait lourd

Tous se tiennent un peu grandiloquents
Je crois pas qu'on puisse se tenir grandiloquent
Elle les regarde, tout coincés qu'ils sont à l'idée de danser.
c'est pas du tout clair que le "elle" renvoie à Jacqueline
-M'enfin Bryan,
J'aime pas du tout ce "m'enfin" très très oral, que ni le ton global du texte ni le langage de l'entourage de Jacqueline ne justifient
tout un pan de mur s'est volatilisé. Le panorama est saisissant, toute la ville se déploie sous les pieds d'Emile Pitus.
tout/toute
Ils veulent vous faire avouer.
Mais avouer quoi...?

Face à la super team de danseurs essoufflés
"super team", ça ne colle pas du tout au ton poétique du passage
Alllooooors.
J'aime bien le fond, les thématiques et le personnage d'Emile. En revanche, je trouve qu'il y a quelques problèmes au niveau des enjeux de l'histoire. Mais avant, deux petites remarques sur la façon dont c'est écrit :
- je trouve qu'on manque d'informations visuelles pour situer les scènes. Souvent, on ne sait pas où ça a lieu, ce qui entour les personnages, on n'a aucune information sur le cadre (par exemple, dans la chambre de Gaston, ou là où Emile est sur une gargouille, ou quand il fait son spectacle). ça donne une impression de flou et ça nuit à la clarté et à la visualisation de la scène
- quelques éléments flous : je n'ai pas compris, lors du premier spectacle, si on entendait réellement la musique ou si c'était métaphorique (ou si seuls les spectateurs l'entendent). Un peu plus loin, on dirait que ce n'est pas une vraie musique, étant donné que tu évoques un personnage qui voit les autres gesticuler sans raison. Je pense que ça demande à être clarifié
- comme je relevais dans les détails, y a des moments (dans le premier tiers, grosso modo) où tu donnes plusieurs fois la même information, ce qui donne une impression de redondance
Mais je parlais des enjeux de l'histoire. A mon sens, il y a quelques problèmes :
- le principal, c'est que je n'ai pas du tout compris les motivations des Eveillés, ni vraiment leur identité. Au début, on dirait que ce sont des petits malfrats, mais 1) pourquoi se soucient-ils de l'action d'Emile ? 2) Pourquoi utilisent-ils comme moyen d'action la manipulation de l'opinion publique ? (c'est pas très typique des petits malfrats !) Ensuite, on a l'impression qu'ils sont devenus un gros lobby, mais qui sont-ils ? Sont-ils "légaux" ou clandestins ?
Et surtout : qu'attendent-ils réellement d'Emile ? Lorsqu'ils apparaissent, on dirait qu'ils veulent le mettre hors d'état de nuire ; mais vers la fin, ils veulent, au choix, le trouver, ou lui faire avouer quelque chose. Mais quoi ?
A mon sens, c'est le principal point à corriger, parce que du coup on ne dégage pas trop les enjeux de l'histoire

- Autre petit couic au niveau de la structure : je n'ai pas compris le rôle de Gaston. En gros, dès que quelqu'un invoque la pluie en dansant, Emile arrive et fait un spectacle. Mais je n'ai pas compris pourquoi une relation s'établit entre les deux. A mon avis, il faut développer beaucoup plus la scène de leur rencontre et nous donner beaucoup plus accès à l'intériorité de Gaston. Qu'est-ce qui l'a poussé à danser comme ça ? Cherchait-il Emile ? Que pensait-il de lui avant de le voir arriver ? Quel est son rapport à la musique, à la danse ? Que ressent-il lorsqu'il reconnaît Emile ?
- Sinon, y aussi un petit déséquilibre au niveau de la tension, dans le texte, je crois. En gros, sa structure c'est : au début on nous décrit la ville/premier élément de tension : le mystérieux spectacle de pluie mené par Emile/noeud de l'intrigue : entrée en scène des ennemis (les Eveillés)/nouvel ingrédient : Gaston entre en jeu => arrivée d'Emile/ retournement de situation : la voisine les dénonce à la mairie / montée en tension : les employés de mairie dansent pour attirer la pluie tandis que Gaston et Emile s'approchent du lieu de la résolution / élément de résolution : le gros orage et le retour de l'harmonie dans les coeurs. C'est ça ?
Sauf que je trouve que tu ne mets pas assez en valeur les segments importants de ton histoire. L'entrée en scène des Eveillés est pas mal expédiée (du coup, on ne saisit pas bien leurs motivations), et l'entrée en scène de Gaston n'est pas vraiment justifiée dans le texte (pourquoi nous parler de lui ? Qu'a-t-il se spécial ? Pourquoi est-il, finalement, l'élément qui va précipiter la fin ?). De même, la fin semble organisée comme une montée en tension finale (le "suspense" de Gaston qui est traqué par les gens de la mairie, qui se dévoile, et en même temps l'arrivée de la manifestation (les ennemis) et de l'orage (ta dam final). Je pense qu'il faut beaucoup plus mettre ça en valeur, pour que le fil rouge ressorte bien tout au long du texte, que le lecteur lise en se posant les bonnes questions et pas en attendant juste de voir ce qui va arriver.
Sinon, sur un texte de cette longueur, je pense que tu ne peux pas faire l'économie de personnages principaux un peu travaillés. Là, tu as travaillé Emile, pour le rendre mystérieux et insaisissable. J'aime bien cette espèce de Père Noël urbain que tout le monde cherche.
Mais Gaston et Jacqueline ne sont que des silhouettes, on ne sait rien d'eux, tu ne nous donnes pas leur caractère. Du coup, ça n'aide pas à entrer dans le texte, tout semble lointain.
Je suis d'accord aussi avec le commentaire de je sais pas qui, plus haut, qui relevait que c'était très intéressant, ce paradoxe "ça nous rend heureux mais ça nous zombifie : comment prendre position ?". Sauf que du coup, tu ne le développes pas dans ton texte, tu n'en fais pas un enjeu. En gros, il y a toujours les Eveillés d'un côté, et Emile de l'autre, mais tu ébauches ici une ambiguité et une question assez intéressantes, sauf que tu ne la mets pas en valeur et tu n'en fais pas un thème de ton intrigue - je trouve que ça pourrait en être un, et un chouette !
Voilà, désolée pour la tartine, je développe parce que tu m'as dit que tu pensais peut-être en faire quelque chose. Je trouve que tu as une très jolie base au niveau de l'intrigue, au niveau du personnage d'Emile ; mais qu'il faut clarifier la structure de l'histoire, ses enjeux, et ses étapes, pour que ça ne donne pas l'impression d'être brouillon. Les pistes que j'ai évoquées sont subjectives, hein, tu peux faire comme tu veux, y a pas UNE bonne façon de corriger ! Mais je trouve que ce qui pèche, c'est que sur une telle longueur, et vu la structure (des antagonistes, des retournements de situation, etc.), c'est clairement une histoire à intrigue. Or, il faut que l'intrigue soit nette pour le lecteur, sinon ça donne une impression de flou. Tu as tout à fait matière à en tirer une très jolie nouvelle fantastique, si tu clarifies tout ça !
