Bonjour !
Un texte tout à fait différent du premier, qui, je l'espère, saura vous divertir 
Notre histoire commence au mois de mai, par une belle matinée d'été, dans un petit pavillon non loin de la capitale.
Laissez-moi tout d'abord vous présenter la famille Coccinelle. Oui, Coccinelle, et ils en sont très fiers ; vous comprendrez vite pourquoi. Un père donc, une mère, comme dans toutes les familles, une fille ainée et un petit garçon.
Monsieur et Madame Coccinelle on respectivement 37 et 35 ans, et travaillent tous deux dans l'industrie en vogue des savons bio. Ils sont extravertis, extravagants, et surtout extramoureux comme au premier jour, ce jour où Mr Coccinelle croisa la route de Mme Coccinelle, qui n'était pas encore Mme Coccinelle, notez-le bien.
Ils se trouvaient tous les deux dans un supermarché local, qui par un heureux hasard se trouvait être local pour tous les deux. Le sous-entendu étant que Mr et Mme Coccinelle n'eurent pas à souffrir de dépaysement quand ils décidèrent de vivre ensemble. Et donc Mme Coccinelle se trouvait justement en train de réclamer un remboursement pour les biscuits de label 'biologique' qu'elle avait achetés, qui contenaient à sa grande révolte 0,08% de vulgaires sésames industriels, pas bio du tout. Le vendeur, par suite d'une attaque en règle telle que la gente ménagère en a le secret, se vit contraint d'en faire appel au directeur, qui affirma qu'une fois ouverts les articles ne pouvaient être remboursés, sésames bio ou pas. Mr Coccinelle se mit alors de la partie, protestant que c'étant une honte, que des biscuits bio se devaient être bio ou sinon ce n'en étaient pas, et c'est ainsi que Mme Coccinelle et lui sortirent du magasin, affirmant qu'ils ne remettraient jamais les pieds dans cette "arnaque industrielle de qualité supérieure". Certes, Mme Coccinelle, qui avait oublié son sac à main dans son excitation, y retourna dès le lendemain, mais je puis vous jurer qu'elle ne s'approcha pas du rayon biscuit à moins de 300 mètres.
Quoiqu'il en soit, c'est ainsi que le jeune Mr Coccinelle invita Mlle Parmentier, de son nom de jeune fille, au restaurant pour "se remettre de cette histoire sordide", puis au cinéma afin de "passer un peu de bon temps entre gens sympathiques et civilisés", puis enfin chez ses parents pour leur présenter la charmante jeune fille qu'il comptait bien épouser, puis chez le notaire histoire d'officialiser leur union. Il va sans dire que leurs connaissances furent conviées par des invitations en papier recyclé. Pour le mariage en question, ils virent les choses en grand : robe en soie verte tissée par des travailleuses thaïlandaises justement rémunérées, éclairage par des lucioles du Zimbabwe spécialement capturées pour l'occasion (il va sans dire qu'à la fin de la soirée, toutes purent goûter au bon air frais français sans aucune autre réquisition), quand à la cravate de Monsieur, il s'agissait d'une commande exceptionnelle par un maître artisan indien, qu'il confectionna en osier fin. Ils dévolurent leur choix de traiteur pour un certain Mr Graim ; et si le buffet entièrement bio ne fut pas une totale réussite, ayant moi-même croqué dans un rutabaga au navet grillé, ce fut tout de même un remarquable effort pour la planète.
Mr et Mme Coccinelle s'installèrent donc dans un petit appartement rue des Chaufourneaux, vue sur parc bien entendu, et entamèrent une vie idyllique ment rose, ou peut-être devrais-je dire, verte.
Un an plus tard naquit leur petite Olive, leur fruit préféré. A leur décharge, je dirai que le nourrisson a bénéficié d'une certaine clémence, vue la passion élémentaire de ses parents pour le rutabaga déjà mentionné ci-dessus.
2 ans plus tard naquit un petit Hyacinthe, gazouillant à qui mieux mieux avec sa nouvelle sœur.
Les jeunes parents désirèrent, comme tous les parents, le meilleur pour leurs petits angelots, et de ce fait les comblèrent de nounours faits mains et de canard en plastique issus du Commerce Equitable. Lesquels petits, en retour, les comblèrent de couches odorantes dont ils se servirent comme engrais pour les pots de fleurs du balcon.
Mr et Mme Coccinelle finirent par se lancer dans la production artisanale de savons certifiés biologiques, dont leur composition resta un secret bien gardé ( sachez seulement que les couches des bébés furent mises à contribution pour les premiers essais).
Le temps a passé. Olive a grandi, et elle a maintenant 13 ans. Quand à Hyacinthe, il a fêté ses 11 ans la semaine dernière, se voyant ravi de ses nouvelles jumelles d'observation.
Laissez-moi un peu vous décrire Olive : après les braillements incessants des premiers mois, elle s'est avérée être une enfant charmante, "aussi gracieuse qu'une chrysalide", affirme Mme Coccinelle. Certes, elle a un peu de mal à se faire des amis, mais elle a trouvé en la fille du boucher, Marion Duval, sa 'best friend forever', comme disent les jeunes. Les deux sont inséparables depuis la maternelle, après une mémorable bêtise impliquant un seau de ketchup bio et les toilettes du personnel. C'est dans ces moments forts que se tissent les vrais liens.
Voilà, fin du premier épisode!
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