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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » De l'autre côté de sa vie.

Auteur Sujet: De l'autre côté de sa vie.  (Lu 944 fois)

DA Lavoie

  • Invité
De l'autre côté de sa vie.
« le: 17 Décembre 2014 à 00:08:14 »
Le chant de l'oiseau s'élève et apporte avec lui l'espoir. L'espoir que malgré le froid et la noirceur, le soleil finira bien par faire refleurir ce champ de fleurs brûlées. Est-ce un rêve, une illusion, un désir ou bien un cauchemar emballé de papier  multicolore?

C'était avant, c'était hier; ou il y a mille ans déjà. Un jardin magnifique n'annonçait  que la venue de longues saisons printanières. Un enfant lui tenait la main ou courait dans le pré dont l'herbe verte charmait et dégageait une odeur de bonheur. Il lui souriait cet enfant, pourtant intouchable telle une ombre blanche qui se promène légère et sans soucis. C'était avant; c'était de l'autre côté de sa vie.

De l'autre côté de sa vie, il y avait des rires et des joies, des éclats lumineux et des lustres de magie. Tout un monde entourait cet univers qui tournait selon des heures bien programmées. Pourtant, on ne programme pas sa vie comme on programme un film sur son enregistreur. Non, on ne joue pas toujours impunément avec la vie et avec l'amour, car ces derniers finiront toujours par gagner de toute façon; même sans nous.

De l'autre côté de sa vie se jouait donc un film tantôt rose, tantôt gris. Un film dans lequel les acteurs et les actrices lui ressemblaient parfois, presque fidèles copies de son regard et incapables de lui échapper.

De l'autre côté de sa vie l'attendait un autre amour. L'un de ceux qui marque une vie et qui devait commencer un jour; sauf qu'un départ devait l'emporter loin. Cependant, avant de partir de l'autre côté de sa vie, un dernier regard d'amertume, de désespoir et presque d'agonie se posait sur un passé récent.

À présent, de l'autre côté de sa vie, il y a des parfums de corps calcinés et des cendres éparpillées. Ce nouvel univers ne ressemble en rien à celui connu jadis. Seule la mémoire d'un autre moi torturé l'accompagne.

Cette vie qui toujours lui avait souri semble maintenant lui tourner le dos. Le vent souffle fort et déchaîne la colère de quelques corbeaux qui viennent déchiqueter les chairs. Pourquoi être là et comment à présent s'échapper de cette caverne lugubre? Il doit bien y avoir une sortie, mais où est-elle? Marcher à tâtons dans le noir n'offre aucune chance de voir un quelconque rayon de lumière. Vivre ici lui semble impossible et même injuste. Un retour est désiré plus fort que tout; mais lui sera-t-il donné la possibilité de tout recommencer?

Il ne subsiste chaque jour que le songe d'une nuit que l'aube fait s'évanouir et qu’une grande et robuste toile d'araignée qui maintient prisonnier de ce piège. Seule demeure la vision de l’artisane de ce filet de malheur qui s'avance. Réussir à fuir, à briser cette toile et à courir telle une gazelle fuyant le chasseur. Oui, il y a toujours l'espoir de parvenir à s'enfuir. Espoir pourtant vain et cruel, puisque toute fugue est inconcevable. Le supplice n'est pas que physique, mais tellement plus douloureux, puisqu'il offre l'illusion d'une possible évasion alors que les murs sont trop hauts pour les escalader et trop épais pour creuser à travers eux un passage.

De l'autre côté de sa vie, il y avait la liberté, une existence bien encadrée et des chemins parsemés de roses. Ici, il n'y a rien...que du vide et que le néant. Son rire est devenu une plainte et ses cheveux lui collent au front toujours trempé de sueur.

De l'autre côté de sa vie, il n'y a plus rien à voir. Des forces l'habitaient; maintenant elles sont devenues des faiblesses. Péniblement, presque cruellement, il lui faut entendre un rire quasi constant, le rire cristallin et joyeux de cet enfant qui jamais ne sera là. Lui tendre les bras pour le voir s'éloigner toujours plus loin; et juste au moment où une accalmie se pointe, qu'il n'est plus près ni attendu, alors il revient rire encore. Un rire qui devient une torture, car cette musique douce joue aussi le bémol de ces éloignements, laissant derrière lui l'écho d'un sombre départ. Entendre cette mélodie devient insupportable. Vouloir prendre cet enfant et ne pouvoir le toucher est un vrai calvaire!

De l'autre côté de sa vie, il fleuri toujours des roses dont les parfums ne montent plus à ses narines. Seules les épines lui griffent la peau. Combien de temps durera cet emprisonnement? Nul ne sait, puisque le temps lui-même ne semble plus se mesurer. Il s'égrène sur un fil invisible, donc comment le calculer? Tout s'ignore, car même le jour et la nuit se confondent.

L'oiseau s'est tu; l'espoir a suivi son vol alors que tombe un autre voile sur ses yeux. Ne plus voir et ne plus entendre lui serait tellement doux. Viendra-t-il des moments de répit? Encore là, nul ne sait. Le seul savoir qui puisse demeurer est celui de son tourment.

Pendant ce temps de l'autre côté de sa vie, la terre continue de tourner. Les gens qui avaient été près de son cœur demeurent entourés d'éclats lumineux et de lustres de magie, même s’ils ne peuvent se consoler d’un si pénible et ténébreux départ.

DA Lavoie.


Hors ligne Milora

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Re : De l'autre côté de sa vie.
« Réponse #1 le: 17 Décembre 2014 à 16:59:17 »
J'ai lu ton texte !

Ne prends pas peur de mon commentaire (ni de sa taille, ni de son contenu). J'ai fait un relevé de détail, mais en fait il me semble que ce sont toujours les mêmes problèmes qui reviennent.
Je vais être honnête : j'ai eu du mal à lire jusqu'au bout. J'ai l'impression que tu as voulu construire un style poétique et filer une métaphore tout du long. Personnellement, je m'attendais à un texte à chute, et j'ai été surprise qu'il n'y en ait pas (ou alors, je ne l'ai pas comprise). Du coup j'ai pas trop compris de quoi parlait le texte, mais j'ai eu l'impression que c'était fait exprès ?

Je pense néanmoins qu'il y a quelques problèmes dans le style de cette nouvelle :
- au niveau de la forme, il y a beaucoup de maladresses. J'ai eu la sensation que tu essayais de mettre beaucoup d'idées à la fois dans une même phrase. Le problème, c'est que du coup, on ne les perçoit pas toutes et la phrase donne l'impression d'être un assemblage pas très très correct ou du moins lourd. A mon avis, en prenant davantage le temps d'exposer chaque idée, en faisant peut-être des phrases plus courtes (ou du moins, des phrases avec un nombre restreint de subordonnées), ça passerait beaucoup mieux
- au niveau de la structure, j'ai eu l'impression qu'il manquait une progression dans ton texte. En gros, il y a deux mouvements : la première moitié (quand il est du côté "heureux" de sa vie), et la deuxième, quand il bascule de l'autre côté. L'anaphore en "de l'autre côté de sa vie" fonctionne bien, d'ailleurs, je trouve :) Le premier paragraphe crée un horizon d'attente chez le lecteur, qui attend ce basculement en se demandant comment un va venir. Bien.
Mais le problème, c'est qu'une fois basculé, il ne se passe plus rien. Je ne parle pas d'action au sens strict du terme (et encore moins d'un Schwarzenegger débarquant avec une mitraillette), mais d'évolution du texte. Au contraire, dans toute la deuxième moitié, le texte décrit le même paradoxe (la sensation d'oppression, le bonheur impossible, le sentiment d'être prisonnier), en revenant parfois plusieurs fois sur les mêmes idées, mais sans progression. Du coup, ça donne l'impression qu'il piétine.
- au niveau de la narration, cette fois, il y a un problème d'immersion du lecteur, je dirais. C'est un texte qui repose uniquement - ou presque - sur la description des sentiments et des sensations de ton personnage. Le problème est que tu ne les fais pas ressentir au lecteur : tu les commentes. Tu nous dis qu'il se sent oppressé, mais nous on ne le ressent pas. (c'est un peu comme si tu nous disais "il avait froid", au lieu de nous parler de la neige sur sa peau, des frissons, de l'envie désespérée d'approcher d'un feu de bois, etc.) Du coup, ça empêche le lecteur d'entrer dans le texte.
- et sinon, attention à quelques maladresses purement formelles, notamment, à certains moments, la tendance à être un petit peu confuse par rapport au référent d'un adjectif (on sait pas trop quel élément de la phrase il qualifie). La voix passive rend pas super bien, en général, non plus...

Voilà, désolée, je veux pas te donner l'impression de "descendre" le texte, c'est juste pour essayer d'expliquer pourquoi je n'ai pas réussi à entrer dedans. Il y a moyen de l'améliorer, de le clarifier, de le nourrir de plus d'émotions, je suis sûre que ça peut rendre beaucoup mieux, une fois corrigé ! :) :)

Relevé dans le détail :

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refleurir ce champ de fleurs brûlées.
Je me doute que c'est volontaire, mais refleurir/fleurs, ça fait quand même pas très joli, à cause de la répétition  :-X

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emballé de papier  multicolore?

C'était avant, c'était hier; ou il y a mille ans déjà.
Avant les points d'interrogation et les points virgules (ainsi que les points d'exclamation et les deux points), en français il faut un espace (insécable, même)

Citer
Il lui souriait cet enfant, pourtant intouchable telle une ombre blanche qui se promène légère et sans soucis.
Il y a un problème de ponctuation dans cette phrase. Déjà, il faut une virgule avant "cet enfant" (parce que c'est en apposition). En plus, je trouve que ce sur quoi porte "intouchable" n'est pas très clair : au niveau de la structure de la phrase, on dirait que c'est sur le "il", au niveau du sens, on dirait que c'est sur "cet enfant" ; dans les deux cas, ça provoque une sensation de confusion à la lecture. Ensuite, je trouve que "telle une ombre...sans souci" est un peu maladroit/lourd. (et c'est "souci" : si y en a pas, y a pas de s !)

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qui tournait selon des heures bien programmées.
tourner selon des heures, ça me semble pas très correct, comme formulation

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Non, on ne joue pas toujours impunément avec la vie et avec l'amour, car ces derniers finiront toujours par gagner de toute façon; même sans nous.
Ces derniers, c'est assez lourd (scolaire), comme formulation. Je trouve que la phrase manque de virgules, de rythme, et que le "même sans nous" n'est pas très clair : même sans nous quoi ?

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presque fidèles copies de son regard
Je trouve la tournure lourde et pas très claire

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qui devait commencer un jour; sauf qu'un départ devait l'emporter loin.
répétition de "devait"

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Cependant, avant de partir de l'autre côté de sa vie
Je veux bien qu'il y ait la répétition de "de l'autre côté de sa vie" en début de chaque paragraphe, un peu comme une anaphore ; mais là, le redire à nouveau à la phrase suivante, je trouve que ça fait maladroit


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à celui connu jadis.
je trouve la tournure maladroite

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Pourquoi être là et comment à présent s'échapper de cette caverne lugubre?
Caverne ? Je suis perdue : l'image du début le situait dans un champ de fleurs calcinées. Je manque de repères visuels ou spatiaux, j'ai du mal à suivre, à former une image (même métaphorique) dans ma tête...

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Un retour est désiré plus fort que tout
J'aime pas du tout l'usage de la forme passive, ici, je trouve que ça fait maladroit...

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Il ne subsiste chaque jour que le songe d'une nuit que l'aube fait s'évanouir et qu’une grande et robuste toile d'araignée qui maintient prisonnier de ce piège.
Je trouve que c'est lourd : tous les que/qui, les subordonnées qui s'emboîtent, ça alourdit le passage. Et "maintient prisonnier de ce piège", je trouve ça maladroit...

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Seule demeure la vision de l’artisane de ce filet de malheur qui s'avance.
Pareil : c'est un peu maladroit, et pas très clair au niveau du sens (d'autant que tout le texte est écrit sur un ton un peu métaphorique/poétique). Qui s'avance ? La vision ? L'artisane ? Le malheur ? ça pourrait être les trois...

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et à courir telle une gazelle fuyant le chasseur.
J'avoue que je trouve l'image clichée  :-[ Je suis sûre que tu peux trouver mieux :) D'autant que la gazelle, c'est pas très en adéquation avec l'imaginaire convoqué par le reste du texte, je suis sûre qu'il y a moyen de trouver une image qui fonctionne mieux, ici ! :)

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Oui, il y a toujours l'espoir de parvenir à s'enfuir. Espoir pourtant vain et cruel, puisque toute fugue est inconcevable.
Redite de l'idée par rapport à avant, du coup on a l'impression que le texte piétine, à ce stade

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Le supplice n'est pas que physique, mais tellement plus douloureux, puisqu'il offre l'illusion d'une possible évasion alors que les murs sont trop hauts pour les escalader et trop épais pour creuser à travers eux un passage.
J'ai l'impression que tu as mis beaucoup d'idées dans cette phrase, mais du coup le résultat fait un peu fouillis. Le "n'est pas que physique" laisse attendre un "mais il est aussi..." (<-- évidemment, pas formulé comme ça, hein). "Plus douloureux" que quoi ? Pour le reste, j'ai eu l'impression que tu avais essayé de faire rentrer plusieurs sensations du personnage dans une seule phrase, mais du coup elles se télescopent et la phrase ne rend pas super bien. A mon avis, tu pourrais davantage prendre le temps de donner à ressentir les émotions que tu évoques. "Show don't tell", disent certains, au sens où il faut mieux faire ressentir au lecteur les sentiments que tu veux transmettre, plutôt que de les dire (ici, faire ressentir la sensation d'oppression, sans la nommer systématiquement).

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il y avait la liberté, une existence bien encadrée
ça me semble un peu contradictoire, ou du moins paradoxal...

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et juste au moment où une accalmie se pointe,
se pointe, c'est familier, ça ne colle pas avec le registre de langue du reste du texte (du moins, en France ; c'est peut-être pas pareil au Canada ; à vérifier ! ^^ )

Citer
car cette musique douce joue aussi le bémol de ces éloignements
c'est pas très clair

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il fleuri toujours des roses
fleurit

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l'espoir a suivi son vol alors que tombe un autre voile sur ses yeux.
sur ses yeux à qui ?

« Modifié: 17 Décembre 2014 à 19:50:38 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

 


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