245 mots.
À défaut de concombre elle avait pris de la courgette pour se faire son masque. Le sort s’acharnant sur elle, quelque chose d’autre allait clocher dans la journée de détente que s’était préparée la jeune fille. C’était le bruit incongru de la flamme jaillissant du chalumeau qui l’avait attirée hors de sa chambre. Depuis le couloir, elle voyait le cul d’un type en bleu de travail qui dépassait de sous sa baignoire. La salle des ablutions de toute son enfance. Le lieu le plus intime de cette maison qui même lors des agapes pantagruéliques données par sa mère était épargnée par les innombrables convives. Ce lieu privilégié où elle pouvait se dorloter à satiété aux heures de pointe provoquant les "opérations escargots" tant décriées par son frère. Ce petit coin de paradis était souillé par un plombier en train de sacredire à tout va en essayant de braser les tuyaux d’où s’échappaient une micro-fuite. Dégât mineur que ses parents avaient consenti à faire réparer à leurs frais conformément aux dispositions de la réglementation du syndicat de copropriété depuis que les voisins du dessous avaient aperçu une auréole à leur plafond. Dans un seau plein de détritus, elle distinguait, extrait de l’espace sous sa baignoire, son petit espadon en plastique à remonter avec lequel elle jouait dans le bain quand elle était gamine. Putain, mais laisser ce porc mettre ses pattes là-dedans la révoltait. C’était ni plus ni moins que "donner de la confiture aux cochons"...