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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le paradoxe de l'océan

Auteur Sujet: Le paradoxe de l'océan  (Lu 3208 fois)

Hors ligne Nolan Llyss

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Le paradoxe de l'océan
« le: 14 Mars 2009 à 18:19:09 »
... parce que ton imposture est la caresse amère
qui me répugne et me hante depuis que j'ai croisé ton regard,
j'ai souhaité me séparer de toi pour oublier ce mal que je te fais.

Abrupt, misérable, ton cri ne parvient plus à émouvoir mes sens en déroute et,
convié pour l'éternité dans le précipice de ton âme séculaire,
j'ai su me libérer de ton étreinte étroite.

Les lambeaux de ma passion ont recouvert mes lèvres, mes dents...
L'eau claire de la mort des amants est devenue noire, et ils se sont perdus
de vue à jamais.

... parce que c'est sans but que tu dérives... parce que tes continents n'existent pas.

Approche, et referme tes serres sur mes cordes vocales qui, empêchées dans leur
murmure et dans leur frisson, se sont détournées de l'amour et de ses luttes.

J'entends, ô mon Aigle grandiose, le son du battement de tes ailes déployées dans le
ciel maussade. Tu illumines le bleu qui appartient à la hauteur.

Quand l'océan t'aspirera dans le creux de sa larme profonde,
tu comprendras que je te contemple depuis le fond de l'abysse
et que mon champ de vision s'est dilaté à l'infini.

Je suis un poisson oublié dans une fosse marine,
mon univers est la lumière que je porte sur mon front.

Il me manque les ailes et les poumons... pour palper l'air de tes altitudes.
... parce que la flamme qui se repaît de mes entrailles boursouflées...

Voyageur aérien, écoute ma plainte liquide.
Fais-en ta soif.

Et je me nourrirai de tes nuées.

Le glissement illimité de ta puissance dans la mienne, voilà ce qui reste à bâtir.
Le jour, le feu, la lueur du soleil : ce qui brille doit briller toujours.
Je n'ai que les ténèbres du fond de l'océan.

Jaloux de ta lumière, j'apprends à transmuer mon désir en douleur.

... parce que tu as cru dominer mon ivresse amoureuse...

Ta chaleur, Oiseau, se transformera en neige éternelle. C'est le châtiment qui t'est réservé pour avoir voulu égratigner mon oeil curieux.

La paix de l'eau a englouti ma peine.
Dans mes profondeurs obscures, j'entends une mélodie jouée sur un piano mélancolique. La distance qui me sépare de la surface de la mer n'empêche pas les sons de se propager. Ma conscience sait briser le lointain.

... parce que rien, aujourd'hui, ne peut dissoudre l'immensité qui se trouve en moi...

Il n'appartient qu'à toi, Oiseau, de dénouer tes liens de vapeur, puis de me rejoindre à l'intérieur de mes gouffres salés.

Le sel.

L'air est sans saveur.
Il ne renferme aucun mystère.
L'eau seule parvient à panser la plaie du poète

... parce que l'avenir nous réserve des torrents de fantaisie... parce que le passé ne luit plus...

Mes nageoires saignent. J'ai peur. C'est l'Oiseau qui détient la plume. Je ne peux pas écrire sous l'eau ; le sel marin absorbe le poème comme un papier buvard.

C'est là tout le paradoxe de l'océan.

... parce que dans son propre domaine, on se noie, pour renaître plus fort, plus liquide...

L'eau trouble est plus sensible que l'eau limpide. La clarté leurre l'esprit. La confusion montre le vrai visage des abysses. Comme envoûté, l'Oiseau se meut silencieusement à la surface de l'onde maladive. Plus le regard s'enfonce, plus les choses paraissent évidentes.

L'imagination se tient là, muette.

... parce que tu n'as pas cru, Oiseau, à mon désir de te résister...

J'ai disséminé mes écailles, les unes après les autres, au fond de toutes les mers de la planète. J'ai séduit des sirènes en chantonnant des airs étoilés. J'ai marié la mer et le ciel pour qu'ils engendrent la terre et le feu...

... parce que les algues m'ont enseigné le solfège des marées...

Il me reste comme un goût de sable au fond de la gorge. C'est brûlant.

Pureté des équinoxes.

Simplicité du voyage.

La pluie vient coucher sa musique sur les draps plissés de la mer houleuse. J'accueille sa fraîcheur. J'écoute sa paisible violence.

... parce que j'attends de pouvoir contempler le monde avec les yeux de l'Oiseau...
Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière.

René Char

Hors ligne Matt

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Re : Le paradoxe de l'océan
« Réponse #1 le: 15 Mars 2009 à 21:11:03 »

Je dois dire que c'est assez spécial par rapport à tes autres textes. Le texte est bien écrit, se lit bien, mais pour celui-ci je trouve qu'on se perd facilement.

Selon moi il faudrait je pense revoir la forme du texte afin de mieux espacer les paragraphes. Aussi il y a une phrase qui revient assez souvent, une phrase qui a visiblement une importance dans ton texte. Pourquoi ne pas l'écrire sous un autre style ? - par exemple en italique.

Cette phrase commence toujours par,

Citer
... parce que

Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne Nolan Llyss

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Re : Le paradoxe de l'océan
« Réponse #2 le: 16 Mars 2009 à 13:17:39 »
Oui, l'italique pourquoi pas en effet... Par contre ce texte me semble aussi très étranger une fois posté sur un forum à vrai dire. La version papier comporte 4 pages et séparé en pages, ça me paraît plus fluide.
Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière.

René Char

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Re : Le paradoxe de l'océan
« Réponse #3 le: 24 Mars 2009 à 08:02:07 »
Citer
... parce que l'avenir nous réserve des torrents de fantaisie...
j'ai trouvé un peu facile la transition/métaphore avec "torrents"

à part ça j'ai bien aimé, j'avais "Je te salue, vieil océan !" dans la tête et Cat Power dans les oreilles, et je sais pas si c'était des circonstances positives ou non, en tout cas j'ai bien aimé.

Le petit défaut, peut-être, c'est qu'on (c'est pour ne pas répéter des "je" à tous les coins de phrase mais ça veut dire "je") a l'impression que, si on creuse un peu tes métaphores, on arrive vite au fond... c'est pas très clair (il est tôt), ce que je veux dire c'est que y a certains poèmes qui te font "croire" en leurs métaphores, qui te font croire qu'elles ne sont pas là que pour mieux expliquer la chose grâce à une belle image, mais que l'image devient en quelque sorte autonome et qu'on commence à lire un texte autre, un ensemble de métaphores qui se répondent et qui font sens indépendamment de ce qu'elles sont censées illustrer.
Là j'ai pas trop cette impression, j'ai une impression de légèreté un peu superficielle. Peut-être qu'il faudrait que tu joues un peu plus avec le langage ? que tu joues avec les sons, avec la rythmique (mais tu l'fais un peu) ?

Voilà, parce que j'aime bien, mais ma lecture est... brouillée par, heu, cette pellicule de superficialité.

enfin j'ai bien aimé ^^
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Hors ligne Nolan Llyss

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Re : Le paradoxe de l'océan
« Réponse #4 le: 24 Mars 2009 à 17:49:43 »
"pellicule de superficialité"...
Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière.

René Char

Hors ligne Kailiana

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Re : Le paradoxe de l'océan
« Réponse #5 le: 24 Mars 2009 à 18:52:28 »
oups, j'm'étais dis que j'allais lrie ce texte quand tu l'as posté et j'avais complètement oublié  :-[

Au final, je n'ai pas beaucoup accroché  :-[
C'est bien écrit, et les idées ne sont pas mauvaises. Mais au final, j'ai eu l'impression de ne pas en retirer grand chose : il n'y avait rien qui marquait mon esprit, ça me laissait... neutre. Peut-être que ça mériterait d'être plus court et davantage comme un poème en prose ?
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
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La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
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Hors ligne Nolan Llyss

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Re : Le paradoxe de l'océan
« Réponse #6 le: 24 Mars 2009 à 19:07:44 »
C'est un ... long poème en prose.
Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière.

René Char

Hors ligne Gros Lo

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Re : Le paradoxe de l'océan
« Réponse #7 le: 24 Mars 2009 à 21:23:50 »
Citation de: Nolan Llyss
"pellicule de superficialité"...

non mais c'est juste l'impression que j'ai eu, et puis en fait, pas de superficialité, mais un voile de fadeur un peu. Pas parce que c'est niais ou romantique au sens banal du terme, mais plutôt fade dans son... intensité poétique ? c'est une affaire de goût ; perso, j'aime quand la poésie prend au corps et "sacre" les mots un peu, et quand je ne ressens pas ça, j'ai tendance à être un peu lassé, à trouver que ce n'est pas très intense et donc fade. Mais c'est personnel...
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Hors ligne Nolan Llyss

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Re : Le paradoxe de l'océan
« Réponse #8 le: 24 Mars 2009 à 22:29:11 »
Oui, je comprends.
Je répondrai demain plus en profondeur... là je viens d'apprendre quelque chose qui m'a vraiment démonté ce soir... désolé.
Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière.

René Char

 


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