Bienvenue dans ma petite cave sécrète tapissée de noire et inondée de moitié. Dans l’eau bien-sur baigne la vie, des poisons longs et gris mais, allez savoir pourquoi, ils ne vivent que le temps d’un songe. Parfois, je vous le dis, il pleut,d’autres fois il neige, il gèle ou…, je ne crois pas y avoir déjà vu un grand soleil. Peut-être une fois, peut-être deux fois pas plus.
Aujourd’hui je suis cette cave froide, lugubre et bondée de vie, mes souvenirs. Les souvenirs, ceux grâce à qui l’Homme se construit et avance, oui ce pourquoi l’humanité évolue dans un sens plutôt que dans un autre. les souvenirs ceux à cause des quels l’Homme plonge parfois dans une profonde mélancolie, une nostalgie plombante et l’humanité détruite. Ainsi cette endroit où un millier de poissons font et re-font les mêmes choses libère l’arôme que libèreraient tous les cadavres des personnes qui vivent ici, depuis le temps qu’ils y errent dans le noir, bravant le froid… l’odeur de ce qui jamais plus ne passera.
Une fois pour grandir et apprendre, une autre fois pour connaitre et apprendre encore, entre deux une tempête et depuis la dernière fois un ouragan qui n’a laissé qu’une petite marre emportant avec lui cette petite lumière. Alors oui il y a l’électricité, il y a la science, il y a des croyance, il y a beaucoup de choses artificielles mais il n’y a plus cette petite lumière.
Il y a les vieux poissons ce sont ceux qui paraissent plus jeunes, ceux qui, si on les pêchait et qu’on les ferait cuire en papillote au barbecue seraient succulent nous rappelant des apéritifs dans les premières années de nos vies, il y avait nos parents, leurs amis, leurs enfants, des voisins surement et surtout nous, heureux et insouciants.
Il y a des poissons qui ont presque toujours vécu sous une tonne de neige, une eau agitée et qui n’ont jamais vu d’autres lumières que celle d’une ampoule clignotante. Ils portent souvent des Noms comme Divorce, Disputes, Départ…
Je pleurs à ces vieux poissons trop jeunes pour mourir et je vomis sur ces poissons aux Noms débiles qui ne veulent en aucun cas vieillir.
Alors parfois l’ampoule tombe de mon plafond noir et électrocute tous les habitants du petit bassin, les laissant groggys le temps d’une soirée. Là je flotte dans ma petite cave, pas sur l’eau mais dans l’air. Plus précisément dans une épaisse fumée verte mais le plus important c’est que je ne vois plus aucuns poissons, je ne vois même plus d’eau, nul part.
Je suis une réalité attendant la fin de sa vie pour qu’elle recommence à exister encore et encore dans un cycle infinie jusqu’à ce que la petite cave dans laquelle je nage s’écroule sur elle-même et que je puisse ne plus exister.
Qui vais-je être? La cave puante renfermant une marre grouillante de poissons tueurs ou celui qui détruira cette déjà bien trop ancienne bâtisse?
Moi je veux être le soleil qui redonnera leur beauté aux écailles des vieux poissons et qui aidera les plus jeunes à murir. Je suis le lien entre l’eau, les poissons, la lampe et les murs noirs. Ce qui leur permet de vivre et de continuer leur destruction.
il réfléchit dans son lit le soir et sans moi il se serait rien pour lui-même.
Je suis…Je suis… à vrai dire, je ne m’en souvient plus vraiment.