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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Juste l'aller.

Auteur Sujet: Juste l'aller.  (Lu 875 fois)

Hors ligne BettYY

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Juste l'aller.
« le: 30 Septembre 2014 à 22:25:16 »
J'appréhende un peu vos réactions, car c'est la première fois que je poste (en dehors de la présentation) et ainsi, que je partage ce poème... j'ai commencé à l'écrire l'année dernière, pour y rajouter une strophe il y a 5 minutes. Mais cette fois, c'est décidé : je le fais lire ! J'avoue que je stresse un peu...
Ah oui et... ne soyez pas trop exigeants  ;)



       Il sourit tristement, puis monte dans le train,
       Un aller simple là où personne ne revient,
       Toute sa vie se finit par une larme, un chagrin,
       Qu'il croit possible d'effacer d'un revers de main.

       Il va là où règne la terreur, la trahison,
       Là où l'unique musique est le bruit des canons,
       Là où sa femme l'accompagnera par des mots,
       Là où tout homme est sûr de mourir comme héro.

       Tous les jours, son entourage change, est différent,
       Camarades blessés, disparus ou bien mourants...
       Tous sont réduis à la même fatalité,
       Celle de devenir inconnus, d'être oubliés.

       Il n'existe qu'un billet, seul l'aller est compté,
       La Vie est injuste, les exploits sont ignorés.
       Pourquoi se battre si à la fin on est égal,
       Tous remis au même niveau, le Bien comme le Mal ?

       Ses sourires disparaissent aussi vite que l'Espoir,
       Flamme inconstante, vacillante, qui brûle ses mouchoirs.
       Déjà, c'est une Vie sans vie qui s'offre à lui,
       Un paysage obscur, le trou noir de l'oubli.

       Puis venant des airs, un sifflement lui parvient,
       Une grenade ? Enfin l'appel des autres étoiles ?
       Encore des souffrances prédites de l'unique destin,
       Ou un autre convoi de héros qui met les voiles ...

       Une larme coule, pas de souffrance, mais de regret,
       Pour sa pauvre famille, qu'il doit abandonner.
       La main sur le cœur et l'esprit déjà aux cieux,
       En rendant son dernier souffle, il ferme les yeux.

       A cause d'une bombe, il aura disparu,
       Identifié comme soldat français,
       Regretté, puis vite oublié,
       Il fut un héro méconnu.

       On acclame la victoire sans penser à eux,
       Toutes ces gouttes d'eau, qui éteignirent le feu.
"Sans conducteur, au milieu des ténèbres, en bête aveugle et sourde qu’on aurait lâchée parmi la mort, elle roulait, elle roulait, chargée de cette chair à canon, de ces soldats, déjà hébétés de fatigue, et ivres, qui chantaient."

Hors ligne BettYY

  • Scribe
  • Messages: 74
Re : Juste l'aller.
« Réponse #1 le: 02 Octobre 2014 à 16:45:52 »
Merci beaucoup de ton commentaire.

C'est vrai que la mise en forme...ça fait trop, j'aurai du rester dans la simplicité.
Si ça sonne faux, je pense que c'est parce qu'il y a un côté trop dramatique. La guerre, certes, ce n'est pas gaie, mais pas au point de pleurer : je vois mal un soldat s’apitoyer sur son sort tous les jours.

Oui, aujourd'hui ce qu'il reste gravé dans les mémoire ce sont les traités de paix, les dirigeants des pays, les Résistants qui agissent derrière le front. Ou alors, il y a les dates. Jamais le nombre exact de soldats tués : comme si leurs vies n'avaient pas été importantes ! Un de plus ou un de moins aurait peu-être changé le destin d'un village. Mais non. Un de plus ou de moins, ce n'est pas grave, même si l'Histoire dépendait d'eux. Ce ne sont pas des anges, mais ils n'ont pas eu assez de reconnaissance, à mon avis.
Et le dernier vers... plutôt beau mais aussi un peu trop cliché : j'ai comme une sensation de déjà entendu.

Encore merci beaucoup pour le temps que tu m'as consacré !!  :)
"Sans conducteur, au milieu des ténèbres, en bête aveugle et sourde qu’on aurait lâchée parmi la mort, elle roulait, elle roulait, chargée de cette chair à canon, de ces soldats, déjà hébétés de fatigue, et ivres, qui chantaient."

 


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