(Salut nouveau texte, bonne lecture !
)Le visage rouge de la vengeance Je restais, immobile et allongée, sur le sable. J'attendais que les cris d'agonie soient étouffés par la mort, que les armes tombent et que le sang des victimes recouvre le sol. Je fermais les yeux et sentais parfois sur mon visage des projections de liquide. Il y avait aussi la foule, esclave d'un spectacle ignoble. Tous ces gens qui criaient, ils me faisaient penser à des bêtes en quête de sang, de cadavres et de regards affolés. « Misérables êtres ! Pensais-je. » Eux, qui par leur cupidité s'étaient protégés de la culpabilité. La foule éructait, crachait et... Encourageait son gladiateur favoris.
Tous me croyaient mort, le sang des victimes recouvrait mon visage et mon corps, rendant imperceptible la moindre plaie inexistante. J'avais méticuleusement tout préparé.
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Un combattant avait tenté de me mettre à mort, profitant de son avantage masculin, le poignard qu'il tenait dans sa main avait transpercé, par ma gauche, mon habit, et non mon corps. Tandis que moi, ma dague l'avait empalé au cœur, il était tombé, inerte, sur le sable. Ma main, ensanglantée, je l'avais porté à ma bouche. Ma salive s'était mélangée au fluide rubiconde. J'avais craché cette mixture, faisant croire à ma fausse mort, puis je m'étais effondrée, sans que personne ne remarque la supercherie.
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Il était seul dans l'arène, il fixait le sol avec son regard noir, comme si ce combat avait été ennuyeux. Le gouverneur se levait et se préparait à le proclamer champion pour la centième fois ! La foule le clamait, l'applaudissait et le vénérait. Puis, je m'étais levée, le sang ruisselait sur mon corps, mon visage s'était approprié cette couleur rouge. Tous m'avaient regardée, sidérés. Je ne savais pas s'ils étaient outrés de me voir encore debout ou s'ils étaient peinés en imaginant la suite de cette funeste mise à mort qu'il croyait déjà scellée.
L'homme en face de moi me regardait, il esquissait un sourire : aussi énigmatique que malsain. Il se passait la main dans ses cheveux d'ébène pour profiter pleinement de sa vision. Je sentais dans son regard plus d'envie que de violence. Et il attendait patiemment, il voulait que je fasse le premier pas, je le savais rien qu'en examinant son sourire, mais je patientais et je réfléchissais à la manière dont j'allais user pour venger mon père. Ça va faire dix ans...
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Mon père était dans l'arène ce jour-là, il s'était hissé jusqu'en final et devait se confronter à ce nouvel ennemi, qui participait à ce jeu mortel. Cet homme paraissait normal à première vu, tout le monde l'appelait « le bourreau. » A chaque fois, le dernier qui restait dans l'arène, il le décapitait avec sa hache. Cette fois-ci mon père était le dernier, il n'avait jamais vu ce combattant, c'était sa première fois qu'il concourait, pas parce-qu'il avait commis un crime, mais parce-qu'il savait que le gagnant recevait une récompense considérable même si cela pouvait lui coûter la vie. Mon père, lui, il était présent dans cette lice pour un crime qu'il n'avait pas fait... Alors il était parti pour affronter la mort. Ma famille et moi étions partis pour l'encourager, on était terrifiés de penser à l'idée qu'il meurt. Lorsque j'ai vu le barbare dressé la tête de l'homme que j'aimais, j'ai senti une boule dans mon ventre qui grossissait petit à petit, m'étouffant et je suis tombée, endormie par le lourd poids de la douleur et du chagrin. Au fil des années cette douleur s'était transformée en haine, elle me rongeait de l'intérieur. Je ne souriais plus, je laissais le masque de la colère recouvrir mon visage.
Un jour j'ai appris que le reste de ma famille avait eu un accident, ils étaient morts par les flammes. Pour survivre je m'étais mise à voler les marchand : leur nourriture et leur argent. Je vivais avec un but, celui de croire qu'un jour il ramperait sous mes pieds. Lorsque j'avais aperçu cette affiche des participants, mes yeux se fixèrent sur l'image d'un concurrent, un homme musclé, à la chevelure noire. Il était celui que je traquais et qui se trouvait actuellement devant moi.
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Je marchais vers sa direction puis j'enchaînais en courant soudainement, mes poignards à la main, je sentais en moi une envie de meurtre qui, je savais, s'estomperait lorsque qu'il tomberait inerte sur le sol.
Je le vis sortir sa hache, je l'esquivai en glissant sur mes genoux à la place de mes pieds, son arme frôla ma tête. Prit dans son élan, il n'avait que trop peu de temps, j'allais lui asséner le coup final, lorsque de sa main il protégea son cœur. Ma lame la transperça, ses yeux étaient ombrés. Incapable de lire la moindre expression dans son regard, je m'écartai en retirant sauvagement la dague. Son bras tomba, bringuebalant. Sur mon visage s'esquissait un sourire plein d'assurance. Je sentais que le combat allait se finir maintenant, il fallait que j'agisse avant qu'il ne bouge. Je m'élançai, mes pas dansèrent envoyant des volutes de poussières, et mes mouvements, aussi gracieux que désinvoltes. Avec son autre main il dressa son arme devant moi et avec facilité j'éludai sa protection dans un geste valseur. Je ne fus plus devant lui mais derrière. Son corps, recouvert de balafres rouges vifs, tomba.
J'avais dansé avec son sang comme danse un papillon avec le vent.