« Les Anges-gardiens » - Episode 1, partie 1****
Je vous présente ici un extrait d'un de mes écrits que j'avoue vouloir voir produire à la télévision.
Il s'intitule "Les Anges-gardiens". C'est l'histoire de six jeunes hommes et femmes qui décident de se lancer dans une vendetta contre les délinquants de leur quartier, et ceci qu’ils y habitent, travaillent, aient de la famille ou y aient perdu un proche. Leurs différentes enquêtes mènent à un jeune dealer. Mais ce dernier n’est qu’un petit maillon, d’une chaine sans fin. Ainsi se scelle entre ces six jeunes hommes et femmes un pacte de défense du quartier de leur ville.
Les récits sont racontés comme un scénario d'une série télévisée.
"Les Anges-gardiens" c'est un peu un mélange de Dexter et de Friends.
Merci pour vos commentaires.
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A chaque fois, c’est la même chose, le même ressentiment, lorsqu’Alexis revient sur les lieux de son enfance. Le quartier des tilleuls. Les travaux entrepris par la mairie sont interrompus. La troisième entreprise, appelée après les abandons des deux premières sociétés du bâtiment, a à son tour baissé les bras. Personne n’ose dénoncer les responsables de la dégradation des conditions de vie du quartier, et de la fuite de personnes extérieures, de la fermeture de certaines boutiques de proximité. Sa mère se plaint parfois de ces jeunes qui ne prennent même plus la peine pour se cacher, et de dissimuler leurs activités illégales. Malheureusement, ce quartier est un pathétique cliché. Vente de drogues, douces ou dures. Les cages d’escaliers occupés. Les ascenseurs qui ont rendu l’âme, il y a très longtemps.
- Franchement, ces jeunes là, ils n’ont même pas froid aux yeux…hein, comme, y’a pas de police, ils sont libres, disait sa mère.
Les jeunes. On les connaît. Mais personne ne les désigne nommément. Ce sont les enfants des voisins. Les membres, proches ou lointains, de sa propre famille. Les anciens amis d’enfance ou des premiers quatre-cents coups.
Après avoir salué sa vieille voisine du dessus, Alexis grimpa les escaliers pour atteindre l’appartement du septième étage de sa mère. L’ascenseur de leur bâtiment est l’un des rares à fonctionner. Mais, le néo-professeur aime s’exercer physiquement quelque soient les circonstances en prenant par exemple les escaliers.
Son petit-frère, âgé de dix ans, Mathis, un petit intello, un peu frêle, se jeta sur lui dès qu’il le vit entrer. Suivie aussitôt de la petite dernière, Anna, une petite fille espiègle de huit ans. On le considère un peu comme le père de la famille depuis le départ du père de ces derniers, quelques mois auparavant.
- Comment ça va mon fils ? fit sa mère en déposant un léger baiser sur sa joue alors qu’ils trainaient les deux enfants qui s’accrochaient à sa cheville.
- J’ai vu que tu n’as toujours pas encaissé le chèque que je t’ai envoyé, dit-il à sa mère alors qu’il l’aidait à débarrasser la table après leur déjeuner.
Après, quelques secondes de silence alors le temps qu’elle vida les restes d’haricot vert de l’assiette de sa petite sœur dans la poubelle, elle lui répondit après un léger soupir :
- Ecoute, j’ai vu que les enseignants ne gagnaient pas beaucoup. Pense à ta compagne, Sonia…ce n’est pas le genre de filles à aimer les mecs sans le sou !
Sa mère n’a jamais aimé, Sonia, sa petite amie. Cette dernière le lui rendait bien d’ailleurs.
- Je sais que je ne suis que stagiaire…mais c’est pour tout ce que tu as fait pour moi.
- D’accord.
Il sait qu’elle n’encaissera pas le chèque d’aussitôt s’il ne revient pas à la charge. En effet, sa mère, Léa Béhi, d’origine ghanéenne, est très fière. Elle aime rappeler à ses enfants comment elle s’est débrouillée pour venir seule en France et donner à ses enfants une meilleure vie.
- Hey, Alexis, ça va ? le salua James.
Ils se saluèrent. James est un ancien ami d’enfance. Alors qu’il vient d’avoir son concours de professeur d’EPS, James trainait dans le coin. Alexis ne lui a jamais demandé ce qu’il fait dans la vie. Pourquoi, il porte les mêmes rastas depuis des années. Sa silhouette frêle et son visage osseux le rendent ridicule dans un jogging trop large aux couleurs criardes jaune et vert.
- Alors, mec, que deviens-tu, osa néanmoins James.
- Oh, écoute, on vagabonde…les affaires quoi !
Chaque fois qu’Alexis voit James, il remercie sa mère. Pour sa vigilance. Que ce soit pour faire ses devoirs, ne pas trainer trop tard ou encore faire attention à ses fréquentations, sa mère a toujours été aux aguets. Elle l’a continuellement ramené dans le droit chemin au moindre petit écart de conduite, à coup de punition ou confiscation de jouet. Sur le moment, il l’avait trouvé cruel. A l’âge adulte, il lui est maintenant reconnaissant. Malheureusement, James fut livré, très tôt à lui même, lorsque sa mère a quitté un beau jour le domicile.
- Tu travailles ?
- Oui…
- …
- Tu sais quoi.
Oui, bien-sur. Mais Alexis ne veut pas que son ancien ami imagine s’être trouvé une oreille complaisante. Seules la tranquillité et la sécurité de sa famille l’empêchent de lui envoyer une droite. Pour les siens, il doit contenir sa rage, sa peine. Si seulement, il gagnait mieux sa vie, il aurait pu faire sortir sa famille d’ici. Un de ses voisins et amis d’enfance, Mohammed, ingénieur, s’il vous plait, a acheté une maison à sa famille dans un quartier pavillonnaire de l’autre côté de la ville. Tout réussite est donc relative. Il y a ceux qui accusent une réussite insolente comme Mohammed. Puis ceux qui se débrouillent comme Alexis. Et enfin, ceux comme James qui se cherchent encore.
- Ah, oui bien-sûr… et ça tourne bien ?
- Les affaires sont florissantes, plaisanta-t-il.
Quel cynisme.
- Si tu cherches….
- Non, merci…euh, écoute mec, je dois me sauver…
Echanges de coup de main. Et, Alexis se sauva littéralement. Il bouillonnait intérieurement.
Alexis, maintenant âgé de vingt-cinq ans comme James, ne supporte plus de voir son quartier envahi par une horde de délinquants de plus en plus jeunes, dont son ancien ami fait partie. Ces mêmes jeunes hommes qui ont connu un quartier plus vivant, plus dynamique et sécurisé. Un quartier qui leur avait été laissé par leurs ainés dans un meilleur état qui ne l’est actuellement. Cependant, eux vont léguer à son frère et à sa petite sœur un quartier effrayant, isolé.
Le jeune professeur aime se remémorer cette époque, maintenant un peu lointaine pour lui, où les rues du quartier grouillaient de jeunes enfants jouant en tout innocence. Les parents, aujourd’hui, ne sont plus confiants à l’idée de savoir leurs enfants dans la rue. Quant aux seniors, ils préfèrent maintenant se retrouver au centre ville. Ainsi le quartier est, désormais, favorable pour les deals plutôt que pour les jeux et rires des petits frères et sœurs.
Oui, il entend par-ci et par-là, que le quartier sert de lieu de vente de produits stupéfiants en tout genre. Ici viennent s’approvisionner les jeunes bourgeois de la ville, les toxicomanes notoires ainsi que, plus surprenant aux yeux d’Alexis, des personnes aux apparences ordinaires.
Avec ses ressources peu élevées, il est difficile pour sa mère et lui d’envisager un quelconque déménagement.
- Tu penses à quoi ? miaula de manière sensuelle Sonia chez qui il est logé en attendant de trouver son propre appartement.
Alexis a préféré quitter l’appartement familial suite à sa mésentente avec son beau-père. Une ridicule question d’ego et de virilité en y pensant a posteriori. Sa petite-amie le rejoignit dans son lit, et se blottit contre lui. D’origine brésilienne, Sonia, serveuse dans un café, a pris un peu de poids. Il ne lui dira jamais, car il tient trop à sa vie. Elle le presse de prendre une décision à propos de leur couple. Par décision, la jeune fille, selon un ami à Alexis, veut dire : engagement. Etant donné qu’elle n’a pas, jusqu’à présent, éclairé sa pensée, le jeune professeur pense avoir le droit de comme si ce n’est pas important.
- Non rien…enfin, si mon quartier…
- Oh, non…
- Ecoute ça me fait mal de voir mon quartier d’enfance se dégrader comme ça.
- Tu n’y peux rien…que veux-tu faire ? C’est le boulot de la police.
La police, elle avait fini par baisser les bras. Cela brisait le cœur du jeune homme.
Alors qu’il faisait un assez beau rêve, lui et la CPE de son collège étaient dans une attitude inavouable, son téléphone sonna. C’est sa mère.
- Viens vite, ton petit-frère s’est fait piquer par une seringue qu’il a trouvée…il jouait avec ses amis. Nous sommes à l’hôpital.
Elle a toujours été directe. Ses propos l’ont atteint comme une lame froide qui déchira son cœur.
Sonia habite à une station en train de son ancienne ville. Mais le temps lui parut durer une éternité. Il ne veut pas rappeler sa mère. Et, il pria qu’elle ne le rappelle pas non plus, car il ne veut pas savoir. A l’entrée de l’hôpital, il demanda le service concerné, puis il s’y rendit selon les renseignements donnés. Sa mère attendait dans le hall avec sa petite sœur, qui dormait sur ses genoux. Sans réveiller cette dernière, sa mère le rejoignit.
Le fils et la mère se postèrent, en silence, devant une des vitres du centre hospitalier qui donne directement sur leur quartier. Ensemble, ils fixaient la cause de leur mal. Alexis n’osa demander…pour son petit-frère…si la seringue…était…contaminée.
- Oh, Alexis…la seringue était contaminée…par l’hépatite C.
Elle n’a pas prononcé ce qu’ils ont craint tous les deux.
- Oh, mon dieu, se signa-t-elle. C’est mieux…mieux…
Mieux…que le sida. Oui, c’est mieux. Que c’est pathétique. Et en même temps douloureux. Les gros titres de la région vont s’en donner à cœur joie. Les articles de presse seront remplis de tristes clichés sur les quartiers de banlieue. Jeunes enfants. Hépatite C. Drogues… Et pourtant, cela a eu lieu. Et cela concerne son propre petit-frère. Quelle défaite pour sa mère, elle qui pense pouvoir tout contrôler. Sa vie comme celle de ses enfants.
- Il m’a tellement supplié pour aller à cette soirée pyjama. Normalement, c’est pas risqué, une soirée entre amis…hein ? Il y a les parents. J’ai tout fait pour le protéger des dangers de ce quartier…pourtant…
Elle n’acheva pas sa phrase et retourna trouver sa petite sœur. Alexis essuya ses larmes d’un revers de main que lorsque sa vue devint floue alors qu’il fixait ce quartier.
Fallait-il attendre un drame fatal pour s’occuper du mal qui gangrène son quartier ? Et lui-même que faisait-il ? Qu’allait-il faire ?
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A bientôt,
Mayelledi,
http://mayelledi.over-blog.com