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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » - Instinct - besoin d'avis éclairés !

Auteur Sujet: - Instinct - besoin d'avis éclairés !  (Lu 1023 fois)

Calvicassy

  • Invité
- Instinct - besoin d'avis éclairés !
« le: 24 Janvier 2016 à 19:31:26 »
Salut tout le monde,
Excusez-moi de vous solliciter ! Je suis en train d'écrire un petite histoire, un peu particulière, peut-être trop originale, d'ailleurs.
J'ai eu vent de plusieurs avis, pas fort objectifs, qui m'empêchent d'y voir clair.
J'ai besoin de votre aide.
J'ai décidé de diviser l'histoire en chapitres, tous focalisés sur une scène en particulier. Le fait qu'ils soient datés créé la cohésion ( à long terme ) du récit. Les personnages sont tous des animaux, humanisés. La question que je me pose, au-delà du style utilisé, ou encore de l'histoire, est la suivante :

Mon texte n'a-t-il vraiment aucun sens ?
Comme certains proches me l'ont suggéré
Y-a-t-il des soucis d'ordre syntaxique ? Je ne suis pas suffisamment calé en français, ni objectif pour trouver réponse.

Pour finir, avant de balancer la sauce, n'oublions pas que c'est un premier jet, sujet à changer.


INSTINCT
Chapitre I

Louisiane – 10 Février 1940

19H01

     Tout près d'la baraque se trouvait le marais, pestilent. Un patchwork nauséabond cousu de vase dans un décor façonné main. Gisait ça et là quelques carcasses, restes - pour la plupart - d'une exuvie mal contrôlée.
-  On est pas loin, annonçai-je au cortège.
Certains habitants, quiétude en berne, m'avaient accompagné, enveloppés de tracas. De drôles d'oiseaux que ce groupe là. Lanterne brimbalant, m'était adossé un chaoui négligé. Le raton laveur, copain comme cochon – sans offenser ces derniers – se prénommait André. Corpulent pour son espèce. Derrière ce sac à puces progressait Aphrodite, vieux pélican ravagé par le temps, apothicaire en déclin.
-  C'est sans danger, pas vrai ? demanda André.
-  La barbe, veux-tu ?
Ma rhétorique ne ravit guère que le raton moustachu. Les quelques effrayés à l'arrière du troupeau commençaient à jacasser, impatients de leur sort.
-  Taisez-vous ! sommai-je, sans grand succès.
L'orée des bois, fourrée d'arbustes malsains, crépitait davantage. Le craquement qui suivit accorda les suivants. L'objet des maux, vile créature déchue, rôdait dans les parages. Cette enquête reniflait le pétard mouillé à des kilomètres. Qu'importe, s'il en fallait clôturer le mystère latent. De sang froid j'avançai, pataugeant dans l'potage. Le bouillon, glacial à cette heure, pénétrait mes écailles. Somme toute, bonne excuse pour lézarder l'aurore venue. À l'arrière stagnait la meute, toujours plus intrépide. Le problème des sangs-chauds éclata de nouveau : leur absence d'analyse en situation de crise. Les sens en éveil, je repérai l'individu, dissimulé sous un arbre en déclin. Tapi dans l'ombre, m'apparut l'être embourbé. Un second, plus contestataire, pointait mes camarades en retrait. Nous sommes faits comme des rats.
-  Dispersez-vous ! criai-je, ils arrivent !
-  Ils ? rétorqua le volatile, peu conscient du danger.
-  Pas le temps de vous expliquer, fuyez en vitesse.
Désemparé par l'étrange confusion, André saisit sous son aile Aphrodite.
     Devant mes yeux ronds, disparurent les deux compères affolés. À son tour, le reste de la troupe se divisa dans l'épaisse purée noire. Quel beau spectacle que l'éclat de leur guide, voilé par la pénombre. Je reprenais pied devant ce défilé, lentement mais sûrement. Concentré. Six rôdeurs au compteur. Cinq de plus que le compte à huis clos. La traque tournait caduc. Jouissant d'incertitude, je pris mes jambes à mon cou. D'enjambées hasardeuses je courus sans relâche, deux bonnes secondes durant. Perdu dans mes affres, je chutai, vigoureux. Alors, sans crier gare, le parquet dégueulasse et mobile accueillit mon minois. Ne dit-on pas que la nature fait bien les choses ? Nichée sous mes griffes reposait une racine, peu bavarde. Cette dernière, bien trop silencieuse, scella mon sort à jamais.



INSTINCT
Chapitre II

La tanière

Louisiane – 4 juin 1931

17H02


     J'me souviens de notre rencontre, à André et à moi. Je sirotais ma bibine, à l'abri des regards, dans ce même bar miteux. La tanière comme on aime l'appeler. J'fixais les portes l'esprit ailleurs, dans l'coaltar 'cause de l'alcool. L'chaoui entra, décrépit dans l'allure. Le mammifère, humant l'ivresse, s'approcha du comptoir.
-  La même chose que c'gars là, patronne, dit-il à Mimi, la vieille chienne aux commandes d'la buvette.
Le p'tit mousse fraîchement arrivé semblait préoccupé.
-  Je m'appelle André, qu'il m'envoya en plein visage.
-  Qu'est-ce que t'as mon agneau ? demanda Mimi.
-  Ma femme est partie, les gosses avec.
Mimi, parfaitement éduquée, ne sut quoi lui répondre. Quand t'as tout perdu, qu'est-ce qui t'reste ? Le caniche hésita, servit la pinte, se tut par correction.
-  T'en trouveras bien une autre, répondis-je, mal-léché comme un ours.
André, nouveau camarade accoté, me dévisagea, soucieux de l'incongruité.
-  Qu'est-ce qu'un vieux lézard dans ton genre connaît à ce sujet ?
-  Pas grand chose, j'en ai peur.
Le raton visait juste. Un rossard solitaire, assez roublard, je l'avoue. Un baroudeur diraient certains. Dans l'errance malgré tout.
-  N'en déplaise, j'le vis bien, ajoutai-je, de bon cœur.
En suivant ce même élan, je lui tendis la guibolle, enrobée d'réconfort.
-  Solom. C'est mon nom. J'viens de débarquer en ville.
Étonné, le raton me sourit, tendit la pince, s'assit. Ainsi, notre amitié naquit, indélébile encore.

*

Chapitre III

Rhétorique à huis clos

Louisiane – 10 Février 1940

09H11


J'arrêtai de rêvasser. Les portes venaient de claquer, les portes de la tanière. Des portes double battant, s'il vous plaît messieurs-dames. Deux belles portes en bois brut, jonchées d’aspérités. Des portes travaillées main, bien sûr, cela va sans dire. Fascinantes reliques à portée de ... 'L'était tôt ce matin là. Blotti dans le rocking-chair, en cadence j'patientais. Dans le creux de la patte, j'réchauffais mon breuvage. Le même qu'à l'accoutumée ... Pour l'attente, pas de méprise. J'levai les yeux, le regard embrumé. À quelques pas se tenaient André, Aphrodite et d'autres voisins appelés pour l'occasion. J'observai les bestiaux. Au moins, l'en manquait pas. Rapidement, j'engageai la conversation.
-  Z'êtes en retard mes louveteaux, on avait dit neuf heures.
-  Désolé, l'temps de réunir tout le monde, tu sais bien, dit André.
-  L'heure c'est l'heure.
-  L'heure c'est l'heure, répéta le raton, toujours très irrité à l'idée de décevoir.
-  Pas de quoi jaboter, mettons-nous au travail.
De ma main paresseuse, j'proposai aux gars de m'tenir compagnie. Du boulot, y'en avait.
Attablé, j'faisais face, solidement encadré. D'un côté s'tenait André, toujours très attentif.
-  Nous pouvons commencer, s'enquit Aphrodite.
Ce vieux pélican qui m'assistait de l'autre n'était pas très bavard. Plutôt sage dirons-nous. Un oiseau d'bonne augure. Son visage, amical bien que déconfit, respirait l'inquiétude. J'le devinais dans l'reflet d'son monocle.
-  Tiens, me dit-il, déroulant soigneusement l'objet de mes attentes.
Je balançai mon regard, tantôt à gauche, tantôt à droite. La carte, qu'il venait de m'offrir, regroupait les lieux-dits. Sitôt reluquée, de ses larges plumes cendrées, le pélican désigna le marais. À deux pas d'chez moi cette affaire là.
-  C'est ici, ajouta le volatile. Aperçu pour la dernière fois.
-  Combien de jours à présent ?
-  Hugh, jeune écrevisse sans attache, disparu depuis la dizaine, peut-être plus.
J'vous fais le topo. Inquiétante disparition. Un détective en ville. Ni plus, ni moins. Pas d'suspect, pas d'mobile. Une p'tite ville tranquille, banales querelles, sans grandes histoires.
-  Peut-être un incompris, balbutia Aphrodite.
-  J'le regardai, l'air chargé de soupçons.
-  Cette histoire d'écrevisse, hein ? Résurgence historique ? Besoin identitaire ?
-  En fuyant ? Sans avertir personne ?
Les quelques habitants nous regardaient confus.
C'qui nous rapprochait le piaf et moi, c'était c'besoin. Ce besoin d'rhétorique. Dire tout haut ce qu'on pensait tout bas. Évidemment, j'écartai l'homicide. Ma vétuste demeure se situait tout près. Pas de bruits suspects, rien d'alarmant.
-  J'crois bien qu'on a pas le choix, va falloir enquêter.
Affalé dans sa chaise, frémit André, pelage dressé. Le marais, il le portait pas dans son cœur, trop lugubre à son goût.
Aphrodite, contrarié, acquiesça mes propos.
-  Agrippez vos lanternes, c'est ce soir qu'on décolle.



Merci de tout cœur.

Hors ligne AJGF

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Re : - Instinct - besoin d'avis éclairés !
« Réponse #1 le: 24 Janvier 2016 à 20:02:55 »
Bonjour,

Je vais essayer d'être le pus productif possible.

Tout d'abord, je pense que tu dois arrêter les "d'la baraque". Ton texte jouit d'un langage assez soutenu et je trouve que cela gâche ton texte. Je pense qu'il y a un manque de concordance à ce niveau.

Ensuite, je n'ai pas compris ton texte. On ne sait pas trop où l'on se trouve, et ça c'est un problème. De plus, tu devrais plus t'attarder sur les personnages car je trouve que tu les cites et les expliques à vitesse grand V. Tu devrais plus nous informer sur eux.

Au plaisir.

 


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