« Une étude américaine sur le comportement des tueurs en série a mis en lumière que le choix d’une victime n’était pas si aléatoire. Les psychopathes sauraient ainsi repérer dans la démarche et l’attitude générale d’une personne, les hésitations, les faiblesses et les fêlures qui feront d’elle une proie idéale. » Voici ce qu‘avait déclaré, un matin, le chroniqueur radio avant que l’information ne se noie dans le flot des autres nouvelles.
Emeline aime la voix de ce journaliste et les anecdotes souvent cocasses quelques fois effarantes qu’il relate alors qu’elle prépare son café.
Ce matin, la chronique avait été plus politique et elle n’avait écouté que d’une oreille l’histoire de ce député condamné pour corruption. Elle devait partir plus tôt. Colette arriverait dans moins d’une demi-heure sur le parking du hard-discount et il en fallait autant à Emeline pour l’atteindre à pied.
Quelque chose m'a gêné à la deuxième lecture dans ce passage. Tu évoques d'abord l'enquête dont le présentateur radio a parlé plusieurs jours avant, puis tu reviens au temps de la narration et tu indiques qu'aujourd'hui, le sujet de l'émission n'est pas très intéressant. Du coup on ne voit pas bien pourquoi tu as parlé en premier lieu de l'info sur les serial killers... Il aurait été plus simple sans doute de faire en sorte que la fille écoute l'émission sur les serial-killer, la trouve intéressante et soit obligé d'éteindre son poste par manque de temps.
et il en fallait autant à Emeline pour l’atteindre à pied.
l'expression "atteindre à pied" ne me semble pas très naturelle.
Le jour s’était levé depuis longtemps. C’était l’été et un léger vent faisait danser sa jupe de mousseline. Elle avait longtemps hésité à la mettre. La doublure avait tendance à remonter quand elle marchait et à dévoiler ainsi, grâce à la transparence du tissu, le bas de ses cuisses. Quatre points de couture avaient réglé le problème, et devant la glace elle put apprécier le joli ensemble que la jupe faisait avec le petit haut bleu qu’elle venait de s’acheter.
C'est marrant, je ne suis pas très jupon en tant qu'homme, mais ce passage me semble particulièrement bien écrit, visualisable, et il crée une sorte d'intimité avec la narratrice. + L'érotisme discret qui se dégage lui donne sa raison d'être par rapport au reste du texte.
La matinée avait été parfaite. Elle s’était réveillée avec la douce clarté du jour. Malgré le gout mentholé du dentifrice dans sa bouche, elle pouvait encore se souvenir du sucré de son café. Le breuvage avait été à la bonne température et elle l’avait bu lentement en observant les rares va-et-vient dans la rue. Avant son départ, son chat s’était encore langoureusement frotté à ses mollets. Elle avait sautillé en descendant les trois étages et l’air frais avait béni son visage.
Moins convaincu par les références au café... 1) Se "souvenir" du sucré du café me paraît bizarre. 2) Préciser que le "breuvage avait été à la bonne température" est un détail superflu à mon goût.
"L'air frais avait béni son visage" : le mot "béni" est trop connoté religieusement par rapport au style général. Et c'est un peu excessif je trouve !
Sinon, j'aime bien le fait que tu parles de sa matinée ordinaire et délicieuse (par opposition à ce qui pourrait lui arriver plus tard), mais l'intention est peut-être un petit peu trop évidente en l'état. C'est peut-être un petit peu trop "parfait"

puis modéra son pas.
Non, non, personne ne "modère son pas". Il faut trouver une autre expression, là! lol
Ses ballerines dansaient presque sur le bitume du trottoir et elle croisa ses mains derrière son dos.
C'est très joli, là, par contre. :-)
Emeline était certaine l’avoir déjà vu passer une minutes plus tôt.
certaine de
et nombreuses étaient les personnes qui demandaient leur chemin pour la trouver
Bonne idée d'évoquer cette possibilité-là, mais l'inversion "nombreuses étaient" me paraît un peu moyen-âgeuse.
La rambarde du pond
pont
avec une politesse étonnée
hmmm, pourquoi pas...
tellement incompatible avec cette déplaisante et lourde drague.
pour la fluidité, j'aurais mis "drague" avant "déplaisante". Je trouve "incompatible" un peu trop technique.
Ses jambes se tétanisèrent pourtant et son cœur sursauta.
Ce n'est pas ma phrase préférée ! Des jambes qui se tétanisent... Pour moi, seule une personne peut être tétanisée et elle ne peut pas
se tétaniser... Faudra trouver aut' chose :-D
Le bruit de la circulation automobile avait été surpassé par le gazouillement des oiseaux dans le feuillage dru du bosquet
"surpassé" n'est pas beau. "étouffé", peut-être ? "dru du" n'est pas très élégant non plus.
Emeline espéra qu’il remarque son visage effrayé et se retire avec courtoisie.
problème de concordance des temps. Avec le conditionnel, ça sonnerait mieux. "espéra qu'il remarquerait".
Pourquoi ne pas le faire ? Pourquoi le faire ? Pourquoi ne pas avoir confiance ? Pourquoi avoir confiance ?...
Un peu trop de questions je trouve.
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Bon, si je fais toutes ces remarques de détails, c'est que je trouve que le texte est très efficace et fort bien maîtrisé dans l'ensemble. Le sujet est classique, mais traité sans mièvrerie, et tu parviens à installer un vrai suspense en quelques paragraphes seulement. Pas de détails inutiles, et ça c'est très chouette.
Alors : la suite !
Merci pour ce texte.
H.