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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La patinette

Auteur Sujet: La patinette  (Lu 1052 fois)

Hors ligne Didiera

  • Tabellion
  • Messages: 44
La patinette
« le: 21 Mai 2014 à 11:49:39 »
Après 'la cérémonie du thé', 'la piscine', voici 'la patinette'.
Un peu dans le style 'Claudine à la plage', 'Claudine à l'école'.
Sauf que c'est Eva. :)
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   Eva m’avait appelé hier, toute excitée.
   - J’ai acheté une patinette chez Décathlon ! Je l’ai utilisée aujourd’hui pour aller au boulot. C’est génial ! Je gagne un temps fou sur les trottoirs, et même dans la correspondance du métro à la Défense.
   - Tu as bien fait. Moi aussi j’en ai marre de marcher dans Paris. Tu n’es pas tombée ?
   - Mais non, c’est à la portée d’un enfant de 3 ans ! Achètes-en une et on ira faire une virée ensemble.
   - Chiche. Je te rappelle demain.

   Une fois la patinette achetée, je rappelai Eva et nous convînmes d’une ballade dans le bois de Boulogne l’après-midi. Rendez-vous fut fixé à 15 heures au Jardin d’Acclimatation. Elle arriva avec un quart d’heure de retard, comme toujours. J’avais déjà songé à arriver moi aussi en retard à nos rendez-vous, puisque c’était la règle pour elle. Mais j’en suis incapable. J’aime être à l’heure, et je déteste être en retard. Est-ce simplement le respect de la parole donnée qui me tenaille ? Ou bien la peur enfantine de mal faire ? Toujours est-il que j’avais pris mon parti de sa légèreté, et que je prévoyais toujours quelque chose pour m’occuper un quart d’heure en l’attendant : journal gratuit, roman sur ma liseuse, lecteur mp3, …

   - Salut. Dis-donc tu as la même patinette que moi ! s’exclama t’elle
   - C’est le hasard complet, mis à part que je l’ai acheté dans le même magasin que toi. Mais j’aurais pu choisir un autre modèle.
   - Et oui, on a le même modèle : le plus cher ! s’esclaffa t’elle.
   - Pour toute activité un peu risquée, je préfère prendre de la qualité.
   - Je raisonne comme toi. A ce sujet, tu n’as pas de protections ? Casque, genouillère, protège-poignet ?
   En guise de réponse, je me contentai d’élever les sourcils avec un air incrédule, lui signifiant par là même qu’il ne fallait pas pousser quand même. Je suis téméraire, mais pas courageux !
   Eva mis un pied sur sa patinette, poussa vigoureusement de l’autre, et se retrouva propulsée sur le chemin. Je la regardai évoluer quelques instants, visiblement très à l’aise, et m’élançai à mon tour. La route n’était pas en goudron, mais faite d’une sorte de ciment gris clair, fissuré de çà et là, ce qui m’obligeait à faire quelques zigs-zags d’évitement. Je roulai une centaine de mètres, essayant de trouver un rythme agréable, mais la fatigue musculaire se fit sentir sur ma jambe porteuse. Je m’arrêtai, changeai de jambe d’appui, et repartis.

   Eva était maintenant loin devant, ne pensant même pas à m’attendre ! Elle adorait visiblement son nouveau joujou, et m’avait complètement oublié. Révolté par tant d’inconsidération de sa part, je décidai néanmoins d’accélérer la cadence afin de la rejoindre. Mal m’en pris ! Une vive douleur traversa la cuisse de ma jambe d’appui, et je stoppai immédiatement mon engin.
   - Eva, Eva, attends moi, je suis blessé !  hurlai-je comme un possédé.
   Elle fit aussitôt demi-tour et revint vers moi. Son regard inquiet se porta sur moi.
   - Tu es tombé ?
   - Non, j’ai juste une crampe à la cuisse, répondis-je la bouche tordue de douleur.
   - Couche-toi sur le ventre et étire tes quadriceps, m’ordonna t’elle.
   - Mes ‘quoi’ ?
   - Couche-toi !
   J’obtempérai. Je m’écartai de la route en boitant et m’allongeai sur l’herbe, sur le ventre, comme elle me l’avait indiqué. Elle prit alors mon pied et l’amena jusqu’à la fesse, étirant par là-même tout mon quadri-machin.
   - Ca soulage ? demanda t’elle, arque-boutée sur mon fessier.
   J’acquiescai dans un soupir, le regard fixé sur une fourmi qui passait par là. La douleur disparaissait progressivement.
   - Ca va, Eva, tu peux lâcher ma jambe.
   Je me relevai, me mis prudemment sur les deux jambes, fit quelques pas.
   - Tu dois manquer de magnésium, me dit-elle le regard froid.
   - Je crois surtout que la patinette c’est pas pour moi. Ca a l’air fun comme ça, mais c’est complètement anti-anatomique, affirmai-je sur un ton doctoral.

   Après une courte conversation sur les avantages et inconvénients comparés de la patinette et du vélo, nous retournâmes au métro. Je donnais rapidement ma trotinette sur le site Donnons.org. Je me gardais bien de dire à mon acquéreur (un jeune cadre sup au sourire éclatant) que cet engin n’était pas à mettre entre toutes les cuisses.
   
   


     

Mille mots, mille lettres

MZK

  • Invité
Re : La patinette
« Réponse #1 le: 21 Mai 2014 à 12:06:04 »
Hello

Je n'ai pas du tout accroché. J'ai pas réussi à voir où tu voulais en venir avec cette histoire de trottinette. J'aime pourtant les tranches de vie mais il faut qu'elles soient servies saignantes et avec une bonne sauce.
Là on a juste la description d'une scène assez banale qui ne porte ni message, ni cynisme, ni humour. Un peu comme la froideur d'une vidéo prise en mode documentaire sur des gens ordinaires avec son IPhone.
Je suis passé à côté et bien évidemment ce n'est que mon humble avis.
Au plaisir.

Hors ligne Didiera

  • Tabellion
  • Messages: 44
Re : La patinette
« Réponse #2 le: 22 Mai 2014 à 13:48:21 »
Merci pour ton retour  :)

Il y a peu d'emphase dans mon style, pas de sauce 'piquante'! C'est normal, j'écris comme ça.

Et là encore je me suis forcé pour mettre une péripétie un peu forte, la crampe. L'auteur a quand même hurlé!  Tu voulais une chute avec du sang, j'imagine   :relou:

Je trouve que c'est plus difficile d'écrire simple, dépouillé, voire 'froid comme une vidéo', que de mettre des messages, ou un combat, ou du cynisme, du pessimisme. Le premier style demande plus d'efforts, d'observations, d'essentiel.
Mille mots, mille lettres

MZK

  • Invité
Re : La patinette
« Réponse #3 le: 22 Mai 2014 à 13:53:35 »
Je respecte totalement ton point de vue. Je n'ai pas dis que le choix que tu as fais dans l'écriture est plus ou moins complexe qu'un autre, je dis juste que c'est un style qui ne me parle pas. Je n'ai pas besoin de conclusion ensanglantée pour aimer un texte. Il me faut juste un message, un sens ou une direction. Après je trouve que c'est intéressant et assez déstabilisant. On a tellement l'habitude qu'il se passe quelque chose que quand il n'y a rien, c'est assez frustrant.

Hors ligne Didiera

  • Tabellion
  • Messages: 44
Re : La patinette
« Réponse #4 le: 23 Mai 2014 à 10:48:42 »
Citer
'Il ne se passe rien'

Il faudrait s'entendre sur le 'rien'. Car il y a quand même un coup de fil, une rencontre, une ballade à patinette, une chute  :)

Peut-être veux-tu dire 'rien .. d'extraordinaire'.
C'est parce que t'as jamais fait de patinette  ::).

En fait, quand je lis un roman, si le style est simple et dépouillé, sans intrigues ni suspense, j'accroche mal. J'aurais donc du mal à lire un roman que j'aurais écrit.

Est-ce normal docteur ?  Aime t'on écrire comme on aime lire ? ::)



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