Et aujourd’hui l’enfant écrit tout en noir en couleurs étranglées et tiens il ne reconnaît plus vraiment vos mots vos visages avec et vos façons de ne pas rire pour ne rien froisser et déjà ah lui il voit et la lumière et l’encre il imagine exposés Van Gogh et Artaud ; le musée d’Orsay une immense plaie inondée ; il dessine les cheveux collés et la fièvre et les tableaux suintant sur son front lui il a ce visage de maladie inconnue de migraine chronique alors il prend ces teintes là d’ombres trop épaisses et qui sont devenues ses écrivains fétiches et comme eux il trace dans la poussière – votre langage – des runes nouvelles un peu de chimie obscure.
J’ai passé du temps avec lui à travailler les cernes et la musique – la poésie – et toujours il finissait par s’enfuir de l’atelier il trouvait dans les carreaux la fissure exacte ; et désormais je sais quand il part qu’il reviendra les genoux coupés et les coudes salis avec dedans sa voix des folies exotiques des sciences que vous n’avez jamais lues.