Lundi 22 Juillet 2013, pleine lune rousse sur les Vosges. Je ne sais pas si elle y est pour quelque chose, mais cette nuit-là j'ai fait un cauchemar, et j'ai écrit cela en me réveillant. Je me doute que ça n'a pas le moindre sens, mais c'est la seule façon que j'ai trouvée pour extérioriser, avant de penser au dessin. Bref, voici donc :
L’immense créature s’élève, se dresse, imposante, majestueuse, bestiale ; impitoyable. Sur son ombre où scintille le reflet lumineux de ses écailles apparaissent deux fentes noires. Elles se dilatent, pour devenir deux billes rouge sang, traversées d’une fente noire entourée d’une couronne orange. Partout où son regard menaçant, paré d’arrogance, se pose, une flamme rougeoyante nait, grandit, devient un brasier infernal, ne laissant derrière lui que les atrocités que sont la terreur et le désespoir. Au-dessus de ses yeux de feu, qui reflètent la menace de son esprit destructeur, apparaissent et grandissent deux immenses fleurs écarlate, qui soufflent un vent brûlant dans son dos. Au bout de ces ailes, des griffes acérées cherchant le sang d’une gorge à trancher semblent frémir.
Les plumes se mêlent au feu en un doux grondement, la créature tournoie dans les airs, criant d’une voix stridente la terreur des victimes de ses serres. Sa plume enflammée tombe doucement vers l’océan de lave, d’où émergent le corps et les ailes écarlates du démon, qui de ses naseaux soupire, un air embrasé, rendant son souffle pareil à du feu. Les griffes à la frontière des écailles, battent dans le magma qui le retient prisonnier.
Les serres dorées se plantent dans la terre rouge brûlante, le bec se penche vers l’océan rouge, son regard bleu glacial contrasté par le feu de ses plumes. Entre ses griffes d’or, l’imposante patte de la créature se fige dans le sol, tirant la terrible masse immergée dans la lave. Les yeux bleus profonds semblent prendre l’expression de l’âme tourmentée, croisant les yeux rouges.
La gueule ouverte laisse échapper un soupir de feu, quand les ailes écarlates en soufflant l’air brûlant se replient vers l’oiseau embrasé. Le mufle du dragon contre le bec du phœnix, les ailes retombent vers le plumage de feu ; les griffes fixées dans le sol brûlant glissent, entraînant toute l’immensité de la créature. Seul le mufle aux yeux de feu de la bête émerge de l’océan de sang, la passion hurlante, cherchant les yeux de glace de la bête.
La patte dorée se brûle et recule vivement, les yeux prennent l’expression de l’âme consumée par la passion déjà morte. L’oiseau enflammé pousse un cri strident. Le feu de ses plumes le consume jusqu’au fond de son cœur de glace. Les pattes tremblantes cèdent sous le brasier qu’est son corps. Il fixe l’océan où a disparu la créature de rêve et de cauchemar, avant de disparaître. Au fond de ses yeux bleu glacial se reflètent toute la douleur et l’incompréhension d’un monde qui s’effondre.