Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

02 Juin 2026 à 08:18:50
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Skalhum ou la marche de nos dieux..

Auteur Sujet: Skalhum ou la marche de nos dieux..  (Lu 1068 fois)

Hors ligne BlackSpoon

  • Tabellion
  • Messages: 24
  • Procastinateur
Skalhum ou la marche de nos dieux..
« le: 26 Janvier 2014 à 14:07:32 »
Bonjour, je vous propose ce texte écrit il y a quelques années. La contrainte en était la description d'une ville imaginaire.
Je ne l'ai jamais réellement faire lire et donc j'aimerai avoir des critiques. C'est un texte très descriptif avec pas mal d'infos (surtout sur la religion) qui peuvent être imbuvable. Je m'en excuse d'avance.

Merci et bonne journée


Skalhum ou la marche de nos dieux..

Ishtar
Tome II Chapitre 3 "us et coutumes" - extraits

[...] c'est ainsi que j'arpentais les rues étroites d'Ishtar (retranscription phonétique) à la recherche de Samalakopé, mon guide. Guide avec un G majuscule, il me faut l'avouer, car ô combien précieux. Ishtar est une ville déroutante pour un homme aussi cartésien que moi. Une perle dans une auge où cohabitent le pur et l'impur, le sacré et le sacrilège; Du moins à mes yeux.
Une perle souillée par le marasme ambiant mais dont le cœur, le noyau reste immaculé. Le corps ici est soumis à toutes les tentations, à tous les péchés et les douleurs. C'est un sentier de perdition qui débouche sur une clairière fraîche et ensoleillée.
Je venais de pénétrer la neuvième enceinte par le porche ouest; celui de la confrontation entre Quarnapalak et son épouse Magdalaïa. Simulacre de guerre, de combat et de corps à corps qui donna naissance au monde tel qu'on le connaît, du moins selon les rakmanes, sorte de prêtres indigènes. Les bas-reliefs représentants ces scènes sont d'un incroyable réalisme. Les deux entités ont des corps difformes et seraient, pour moi, abjects si le statuaire n'avait su attiser, par ses courbes et ses délies, une harmonie esthétique. La beauté dans la souillure....

Plus je me rapprochai du centre d'Ishtar, plus la foule était compacte. Mais jamais, au grand jamais, je ne fus bousculé; Fus-je même une seule fois touché ?
Je fendis la foule colorée aux masques sombres et brillants. La tête haute, ils ne semblent pas porter sur leurs épaules cette misère que je vois pourtant à chaque fois que mon regard se fixe. Les femmes, hautes et élancées, sont drapées de couleurs vives des chevilles à la tête. Leur port royal inspire un respect que leur regard pudique et naïf dénote. Elles portent sur leurs têtes jarres et corbeilles tandis que leurs enfants sont collés sur leurs hanches graciles. Les hommes sont fins, droits et agiles. Leurs membres cuivrés les portent d'une manière nonchalante d'une besogne à une corvée.

De part et d'autre de la ruelle, les toits en tuiles rouges descendent jusqu'au niveau des épaules. Ceux-ci abritent des maisons sans meubles, sans portes ni fenêtres. Attention, les maisons sont pourvues d'ouvertures, mais rien pour les fermer. Les hommes et les femmes font leurs travaux accroupis dans la rue ou sur le seuil de leur maison.

J'aperçois maintenant le dernier portique, celui de la libération. La libération du corps, mais aussi de l'esprit. Le style est tout à fait différent du précédent. Sur ce portique trône Mortobeloch, dieu de la guerre et de la destruction qui mène le peuple des élus face à l'oppressant obscurantisme des anciens dieux. Kalon et Balakaruth, son avatar, siègent en dessous et au-dessus, prenant la vie, recyclant la chair et les âmes dans un cycle de progression perpétuelle. Du portique pendent dix cloches de cuivre, de bronze et d'étain représentant les dix batailles des dieux. Chaque hommes et femmes passant sous ce portique caressent les carillons en souvenir de l'épique combat mené pour l'élévation de l'âme des hommes. Un son doux et cristallin qui se transforme en puissante cacophonie lorsque le nombre de fidèles est important. Ce qui est le cas aujourd'hui.
Samalakopé, mon guide, m'a laissé un message sur le puits qui perce en son centre le patio où nous "résidons". Un baragouinage mélangeant ma langue et la sienne me demandait de le rejoindre au plus tôt dans la dernière enceinte, le centre, le temple. Il y était précisé, et l'auteur insistait là-dessus, que je devais faire mes ablutions avant.

L'enceinte axiale, celle autour de laquelle toute la ville tourne fait plusieurs centaines de toises de longueur pour une centaine de toises de largeur. Quatre portiques, dont celui par lequel je venais d'entrer, coupent les murs en leurs milieux aux points cardinaux. Chaque angle est élevé par une petite tour sans fenêtre d'où part un long tuyau de cuivre évasé vers le bas. Bordée de thuya et d'eucalyptus, elle porte en son centre un temple, Le Temple. Une structure défiant les lois de l'optique tant par sa taille que par sa géométrie. En effet, le temple d'Ishtar est un cube de vingt-cinq toises de côté aux parois lisses comme du verre et blanches comme les premières dents d'un nourrisson. Du moins à sa base. En effet, le cube parfait se termine dans un dôme d'or parfait lui aussi. L'illusion est telle que l'on ne parvient pas à faire la distinction entre le cube et le dôme. Impossible de voir où commence l'un et où finit l'autre. Le temple, par son architecture, maîtrise la matière. Il maîtrise le solide et l'éthéré.

L'ambiance ici frôle la frénésie collective. L'air pue. Non que l'endroit soit sale, bien au contraire. Mais les milliers de dévots portent sur eux leurs offrandes. Du beurre, des fleurs et du miel, la profusion est telle que l'odeur en devient entêtante, sourde et puissante. Comme les dix cloches de la libération.

Au milieu de cette foule bigarrée et chahutant, j'aperçus mon guide. Sombre et tout aussi exalté que ses congénères. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ma migration vers lui fût assez aisée. Les gens s'écartent au passage d'un blanc, non qu'ils le craignent ou le respectent mais plutôt qu'ils l'évitent tout simplement. Samalakopé m'apprit qu'aujourd'hui était Skalhum, un jour de fête assez inhabituel. Une tradition séculaire que seul le peuple d'Ishtar a su conserver. Un aperçut des coutumes de ce peuple qui m'offrait l'opportunité d'en découvrir la substantifique moelle. Je vous retranscris aujourd'hui les faits, les propos échangés ainsi que ma réflexion qui en découla.

Le caquètement de la foule prit soudainement fin alors qu'un son profond et grave commençait à s'immiscer dans mes tripes. Plus une résonance qu'un son en lui-même en fait. Une vibration qui donne chaud, qui fait pleurer et rire. Qui exalte l'émotivité et la perception des choses. Samalakopé m'expliqua qu'il s'agissait des cornes sur les tours. Qu’elle qu'en soit l'origine, les effets en étaient ahurissants. Petit à petit, les cornes se sont tues remplacées par une foule qui chantait de concert. Une seule syllabe était prononcée, à mi-chemin entre un raclement de gorge et le ronronnement du chat. Ce chœur dura un bon moment tant et si bien que je me laissais prendre au jeu sur les encouragements de mon guide. Cette syllabe, comme je l'avais bêtement défini au début, est une sorte de mot magique, une rune, qui a pour but de vider le corps de tout ce qui est impur. En effet, il me fallut bien peu de temps avant que mes poumons soient complètement vidés, à bout de souffle.

L'intonation, au début monocorde, s'éleva. Des cris épars fusèrent. Des cris de déments aurais-je pu dire. Je lançais vers mon guide des coups d'œil anxieux, en vain. Le chant montait en puissance et les cris devinrent plus nombreux. Je vis une femme secouée de soubresauts à même le sol. Personne ne semblait la voir et je feignis l'indifférence. Encore une fois, la rune qui paraissait apaisante devint une horrible litanie scandée par une foule dénuée de notions de confort acoustique. A son paroxysme (Je ne le sus qu’après), une porte s'ouvrit dans la paroi du temple. L'ouverture prenait un tiers de la largeur et deux de la hauteur. De ce gouffre obscur apparut une statue gigantesque dévoilée par la porte à deux battants.

Quinze pieds de haut, cinq de large. Posée sur un chariot dont les roues avaient la taille d'un homme. Une clameur s'éleva de la foule. Des cris de joie et de pleurs. Des larmes. Du sang. Une agitation surréaliste malmenait la foule qui agitait, à bout de bras, les présents pour les dieux. De cette masse, un grand nombre d'individus s'avancèrent vers la statue. C'est à ce moment que mon guide me proposa de le suivre. Il prit la direction opposée à l'imposante masse et nous nous plaçâmes aux abords du portique du côté sud. "Skalhum est un jour de fête" me dit-il en forçant sur la voix afin que je l'entende. " Mais c'est aussi ainsi que l'on appelle la procession des dieux vers l'Achèvement." "Quel achèvement ?" lui demandais-je. " Celui de la lumière sur l'ombre, celui de la foi sur l'hérésie. Celui de la diversité sur l'oligarchie. Les dieux ont combattus pour eux et pour nous. Ils sont un tout. Une marche contre la stagnation promis par les anciens dieux." C'est à partir de ce moment que je fis ma première corrélation. Il me revint en mémoire les dogmes de nos religions. Nos dieux lumineux face aux dieux païens. Une ressemblance sans nul doute issue d'un héritage colonial lointain. "Vos dieux ont combattus contre les dieux d'un autre peuple ?" Lui demandais-je. "Notre soleil est-il différent du votre ?" M'a-t-il répondu avec une pointe de malice. Je trouvais la réponse puérile et au moment où j'allai répondre il m'intima l'ordre de me taire et de regarder. Alors que nous discutions, la foule s'était massée de part et d'autre du portique laissant libre le passage. Devant moi passa la statue tractée non pas par des bêtes de somme, mais bien par des hommes. Leurs corps nus, brillants et rougis par la corde rêche étaient en tension. Leurs visages marquaient par la souffrance étaient percés par un regard exalté. La statue, d'or et de pierres précieuses, devait bien peser ses deux-mil livres. Très lentement elle passa devant nous. Samalakopé me tendit une couronne de fleurs, une sorte de lilas me sembla-t-il, très odorante et se tourna vers la statue pour y déposer du miel. Je posais donc ma guirlande fleurie sur une main saillante.

Le chariot, bien que très lent, venait de passer. L’imposante masse de la statue ne m'avait pas permis de l'observer convenablement. Je fis part de mon embarras à mon guide. Il me proposa de le suivre. Encore une fois, nous partions dans une direction opposée mais je ne contestais pas. Il m'expliqua posément la signification pour eux de ce rite, de cette tradition. Les dieux ont combattu pour nous les hommes. Ils y ont mis toute leur peine, leur sang et leur sueur. Certains perdirent bien plus que nous ne pourrions en perdre, nous pauvres mortels. Skalhum est une marche dans la douleur. Il s'agit de sublimer la souffrance sous le regard de Laëlik, afin d'élever notre âme. Les hommes que j'ai vus tractant la statue sont les dieux d'aujourd'hui. Mais nulle gloire, nulle vanité n'entachent leur piété.

Nous parvenions enfin, me semblait-il, au but de notre marche dans les ruelles d'Ishtar. Nous nous engouffrions entre une échoppe d’un vannier et un rémouleur tous deux déserts. Une petite maison siégeait sur les hauteurs. Mon guide y pénétra comme s'il entrait dans sa propre demeure. Je le suivis. Après une volée de marche, nous débouchâmes au milieu d'une sorte de terrasse sur le toit. Là il s'accroupit et m'invita à le rejoindre.
"Ici, nous aurons une bonne vue sur le skalhum." Me dit-il avec un petit sourire.

Où que mon regard se posait, il y avait foule, couleurs et liesse. De tout Ishtar montait à mes oreilles le tumulte de la fête. Et bientôt, je revis passer en contre-bas la fameuse statue et appris, par la bouche de mon guide, sa signification. La statue représente Quarnapalak et son épouse Magdalaïa. Le père et la mère de toute la création. Le couple divin. Les deux moitiés faisant un Tout. Unique. L'un portant un sceptre phallique l'autre une pomme, sceau de la fertilité. Derrière eux, un disque d'or, de platine et de bronze offrait le décor à notre couple. Celui-ci représentait trois astres enchevêtrés. Le soleil, la lune et la terre sont le théâtre des dieux. La scène où se joue leur représentation.
Main dans la main, ils trônent sur un siège mouvant où s'enchevêtrent là aussi, mains, jambes, cornes, langues et tentacules. Une orgie de corps d'hommes, d'animaux et bien sur de dieux. Certains sont très reconnaissables d'après mon guide. On y retrouve donc Mortorbeloch sur son chariot d'os piétinant hommes et dieux dans une fureur peu commune. Il est l'ombre noire qui plane sur les champs de bataille car il est aussi le Charognard aux plumes noir. Il est l'essaim de mouches qui bourdonne dans l'air moite des charniers. Colportant vérole, peste et lèpre. Mais l'herbe repoussant toujours. Par cet humus nous rendons grâce à la vie. Espérant un jour briser le cercle des non morts.

Arita Asana, le prince des vents, siège au côté de son frère. Entité effilée aux bras étonnamment longs et fins et le visage lisse. Nuls traits ni même orifices ne venaient à percer cette gangue de bronze. Samalakopé m'expliqua qu'Arita Asana était le dieu le plus populaire à Ishtar. Il est le trou sur la chaussée qui vous foule la cheville, la mauvaise pensée lorsque vous regardez quelqu'un ou la tentation à laquelle on succombe malgré la foi qui nous habite. Arita est le petit caillou dans la chaussure des hommes. La plupart des habitants d’Ishtar marchent pieds nus.

Abdel Toubka, l'écrin, la matrice, l'orgue sur lequel joue les hommes inconscients de leurs actes. Il est la matière. Qu'elle soit morte ou qu'elle pulse d'une vie délicieuse. La vie dans tout ! Et la colère....
Abdel est la base de notre vie. Il est la terre quand il devient Erbinateprius et le ciel quand il devient Kavpalataï. Il est l'eau et les fléaux aussi. Il est le support à toute vie.

Voilà, il est là le message de ce chariot, de ce rituel, de cette tradition. Au-delà de la souffrance, au-delà du pécher, au-delà du destin et de l'infortune. Là règne un cœur pur. La peur engendre bien des abnégations devant la vérité. Mais il est une chose qu'elle ne peut atteindre. La foi


Votre serviteur,
Jung Heinrich
"Ceux qui n'ont pas peur du vide ne tombent pas."

Hors ligne Deleatur

  • Tabellion
  • Messages: 41
Re : Skalhum ou la marche de nos dieux..
« Réponse #1 le: 27 Janvier 2014 à 17:47:19 »
Bonjour Cuillère Noire,
Il y a beaucoup d'idées dans ce texte et l'écriture est très riche, chatoyante. Par contre je ne sais pas si tu as bien répondu à la contrainte de départ - tu as décrit une culture plutôt qu'une ville.
Dans l'ensemble, cela se lit bien mais je trouve que tu abuses des contrastes - peut-être pour créer un sentiment de dépaysement dans cette ville "déroutante", mais cela donne surtout une impression de facilité. Par exemple :
Citer
Une perle dans une auge (...) Une perle souillée par le marasme ambiant mais dont le cœur, le noyau reste immaculé
Je ne comprends plus l'image de la perle qu'on imagine mal imprégnée de souillure - une perle n'a pas de noyau.
Citer
Plus je me rapprochai du centre d'Ishtar, plus la foule était compacte. Mais jamais, au grand jamais, je ne fus bousculé
Ben oui mais pourquoi ? Comment Est-ce que c'est physiquement possible ? J'ai retrouvé l'explication un peu plus loin mais là sur le coup, rien.
Citer
Je fendis la foule colorée aux masques sombres et brillants
L'accumulation de sombre / brillant / bigarré / etc. fait qu'à la fin je ne sais plus du tout comment me représenter cette foule.
Citer
Leurs membres cuivrés les portent d'une manière nonchalante d'une besogne à une corvée
Outre que je n'arrive pas à comprendre à qui sont les membres et qu'est-ce que c'est qu'ils portent, et que le "d'une manière (...) d'une besogne (...) une corvée est lourd, je ne suis pas d'accord avec l'idée qu'une "corvée" puisse être "nonchalante" - les deux résonnent exactement en opposition dans mon cerveau.
Citer
Cette syllabe, comme je l'avais bêtement défini au début, est une sorte de mot magique, une rune
Une rune est un symbole graphique, pas un son.

Cela et quelques autres pétouilles : la répétition des "en effet", le "à son paroxysme" (à quoi "son" fait-il référence?), "Nous nous engouffrions entre une échoppe d’un vannier et un rémouleur tous deux déserts" qui devrait être "Nous nous engouffrions entre une échoppe d’un vannier et celle d'un rémouleur toutes deux désertes", ...

Donc au final l'impression que tu a profité un peu honteusement de la facilité de l'écrivain à aligner des mots qui ne coûtent pas cher, et cela uniquement pour créer de l'effet. Et c'est dommage parce qu'une fois encore je trouve qu'il y a beaucoup d'idées et le moyen d'en faire quelque chose de précieux.

Hors ligne BlackSpoon

  • Tabellion
  • Messages: 24
  • Procastinateur
Re : Skalhum ou la marche de nos dieux..
« Réponse #2 le: 28 Janvier 2014 à 10:27:30 »
Bonjour Deleatur,

Il y a beaucoup de vrai dans tes critiques même si, pour le coup, le "honteusement" m'a pincé le coeur.

J'ai voulu plutôt décrire la ville au travers de sa relation avec sa culture, c'est ce qui importait le narrateur et je ne voulais pas tomber dans le travers architectural. C'est un parti pris qui ne correspondait pas à la demande mais qui, a final, me plaisait.

Concernant les contrastes, je t'assure qu'ils n'ont pas été si faciles que cela. J'avoue qu'au début, je me suis lâché. L'intention était que le narrateur de pensée occidentale et cartésienne, s'oblige à mettre des mots sur ce qu'il voit, à classer, ce qui rend les choses déroutante car la ville l'est. Après mes images n'étaient peut être pas les bonnes. Comme toujours, il y a ce à quoi l'on pense et ce que l'on parvient à retranscrire.

Citer
Je ne comprends plus l'image de la perle qu'on imagine mal imprégnée de souillure - une perle n'a pas de noyau.
Citer
Si une perle a un noyau (en tout cas les perles sauvages) vu que ce sont des accumulations concentriques de nacre. Je trouvais joli l'image d'une perle toujours pure qu'elle que soit le marasme dans lequel elle se trouvait. Là encore j'ai peut être était maladroit.

Citer
Ben oui mais pourquoi ? Comment Est-ce que c'est physiquement possible ? J'ai retrouvé l'explication un peu plus loin mais là sur le coup, rien.
Ok, je ne pensais pas que cela bloquerait à la lecture, je vais voir ce que je peux y mettre.

Citer
L'accumulation de sombre / brillant / bigarré / etc. fait qu'à la fin je ne sais plus du tout comment me représenter cette foule.
Il n'y a pourtant que peu de descriptions réellement physiques des habitants. Des vêtements colorés et la peau sombre.

Citer
Outre que je n'arrive pas à comprendre à qui sont les membres et qu'est-ce que c'est qu'ils portent, et que le "d'une manière (...) d'une besogne (...) une corvée est lourd, je ne suis pas d'accord avec l'idée qu'une "corvée" puisse être "nonchalante" - les deux résonnent exactement en opposition dans mon cerveau.
La phrase est "Les hommes sont fins, droits et agiles. Leurs membres cuivrés les portent d'une manière nonchalante d'une besogne à une corvée." Les membres sont donc ceux des hommes cités juste avant, image renforcé par "les portent". On parle donc des jambes qui les portent d'une corvée à un autre. La phrase est bancale, je m'en aperçoit maintenant. Par contre je reste sur ma position concernant les "corvées nonchalantes". Tout à fait possible selon moi. Mais je reverrais quand même cette phrase.

Citer
Une rune est un symbole graphique, pas un son.
Très juste. Une idée pour changer ? je suis pas trop mystique dans l'âme.

Très juste aussi la modification "Nous nous engouffrions entre une échoppe d’un vannier et celle d'un rémouleur toutes deux désertes". C'était une mauvaise modification de dernière minute. A corriger.

Pour finir, je suis assez d'accord avec ton impression sur l'alignement des mots mais pas sur l'aspect moral. J'ai du mal à saisir où la honte doit se trouver. L'intérêt d'écrire est aussi de créer un univers où le lecteur se ballade. T'es-tu senti biaisés en lisant ?

Si je répond à tes critiques par des questions, ce n'est pas que je cherche à me défiler. Comme je l'ai dit entre l'intention de l'auteur et l'interpretation du lecteur il peut y avoir un monde et c'est ce monde qui m'interesse car mon intention, je la connais déjà. Aussi je prend tes avis et conseils très au sérieux.

Merci d'avoir prit le temps de me lire et de me répondre.

Bonne journée
"Ceux qui n'ont pas peur du vide ne tombent pas."

Hors ligne Deleatur

  • Tabellion
  • Messages: 41
Re : Skalhum ou la marche de nos dieux..
« Réponse #3 le: 30 Janvier 2014 à 16:59:21 »
Bonjour BlackSpoon,
moi aussi je me laisse entraîner par les mots et le "honteusement" est excessif - je le retire et m'en excuse.
Ce que je voulais dire, c'est qu'il est facile de laisser courir la plume et finir par ne plus bien savoir ce dont on parle. Voici un autre exemple :
Citer
La tête haute, ils ne semblent pas porter sur leurs épaules cette misère que je vois pourtant à chaque fois que mon regard se fixe.

Je me demande comment un même personnage peut simultanément (ou presque) dire qu'il "voit" la misère et que celle-ci ne "semble" pas être portée. C'est comme si je disais : "je vois une clarté qui semble être obscure".
Est-ce que tu veux dire que les personnes croisées ont un port altier qui tranche avec la misère de leurs vêtements ? Ou qu'un examen superficiel les montrent fiers (la tête haute) mais qu'en faisant attention on sent une grande misère interne ? Les deux interprétations sont possibles et quasiment opposées dans ce qu'elles signifient sur ton narrateur et sur la scène qu'il nous fait vivre. J'aimerais sans doute plus de détails et de concret pour savoir trancher.

Je me souviens d'avoir lu quelque chose sur le début de Mme Bovary et la description de son futur mari : Flaubert mentionne sa casquette rouge, son écharpe jaune, etc. et sans utiliser les mots "bigarrés" ou "contrastés" il réussit à donner cette impression de bigarrure et de contraste. Dans la même veine, je trouve que ton texte gagnerait à être plus spécifique : décrire en détail une personne croisée plutôt que de donner des remarques générales sur "la foule".

Bonne journée à toi.

Hors ligne BlackSpoon

  • Tabellion
  • Messages: 24
  • Procastinateur
Re : Skalhum ou la marche de nos dieux..
« Réponse #4 le: 31 Janvier 2014 à 23:14:09 »

Pour les contradictions, Il faut garder à l'idée que la narration vient d'une personne présente physiquement, avec sa propre culture et ses interprétations mais oui, je vois tout à fait ce que tu veux dire. Être plus explicite. Plus descriptif et laisser le lecteur se faire sa propre idée.

J'ai une séance de transcription d'un texte sur l'ordi et je corrige celui là.

Encore merci et à bientôt.
"Ceux qui n'ont pas peur du vide ne tombent pas."

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.018 secondes avec 23 requêtes.