Quand le vent vient souffler ma chevelure
Mes racines et mon vieux corps sylvain
Et faire chavirer ma belle droiture
Balance l'or qui tombera demain
À bout de bras je tiens un fruit trop mûr
D'un rouge sombre, frappé par le vent
Lourd d'avoir attendu qu'on le capture
Flétri, maintenant vers le sol, il pend
Les gris nuages me laissent fragile
Soudain on vient me briser, me brûler
Déchirer mes os et ma peau scissile
Ne laisser couler que le sang doré
De même que mes feuilles qui tombent
Mon âme de sylve sèche et jaunit
La mort aime causer des hécatombes
Je ne suis rien, plus qu'un vieux bois pourri
J'attends alors l'immaculé manteau
Qui viendra apaiser mes froides peines
Recouvrir les blessures sur ma peau
Et m'endormir, moi, vieil et triste chêne