Il y aura ces lourdes larmes qui taisent les mots
Qui aux yeux des vivants, trahiront nos fardeaux
Ces perles irrégulières qui de leur trace meurtrière
Feront de nos visages des lits de misère
Il y aura toutes ces pages que je voudrais écrire
Je tordrais mon esprit en hommage aux souvenirs
J'écrirai mille phrases, mille phrases sans ordre
Je dirai à mon cœur de continuer de me mordre
Il y aura jusqu'à ces cris, que l'on dit une fois seul
Sur la balançoire du parc accrochée au tilleul
Jusqu'à ces paroles, doucement prononcées
Qui raconteront les peines de ce qu'il s'est passé
Il y aura cette musique, pour combler nos silences
Le piano et son rythme, pour reposer nos sens
Les regards lointains, par-delà les visages
Qui prendront avec eux nos armes et nos âges
Il y aura cette guerre, contre l'être et sa perte
Qui fanera nos jardins de ses rares plantes vertes
Mais d'abord, avant le chaos, l'absence, et le froid
Laisse-moi en pleurant me plonger dans tes bras