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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Un étrange hasard [+ illustrations]

Auteur Sujet: Un étrange hasard [+ illustrations]  (Lu 1738 fois)

Hors ligne Erwan

  • Grand Encrier Cosmique
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Un étrange hasard [+ illustrations]
« le: 14 Décembre 2013 à 21:46:17 »
Voilà, j'ai écrit un petit texte que je vous soumets. C'est plutôt de la fantasy comme genre, avis aux amateurs ! ;)
Je suis tout débutant, donc je pense qu'il y a pas mal de pistes d'amélioration... Pour les illustrations, la première est assez bâclée (j'avoue, j'ai fais ça vite !) et pas franchement réussie, mais la seconde est mieux...

Bonne lecture ! :)


Un étrange hasard.

Quoique mal entretenue, la large sente serpentait entre les grands arbres de la forêt du Roy, tel un sillon herbeux. Il s'agissait de l'unique route qui traversait ces bois vastes et ancestraux, vestige d'une ancienne voie commerciale délaissée depuis des siècles. La forêt l'aurait engloutie depuis fort longtemps s'il ne restait encore quelques habitants dans ces bois isolés pour l'utiliser et l'entretenir. Elle n'était de nos jours que peu empruntée, les voyageurs lui préférant la route commerciale côtière, plus au sud. Il fallait compter près de deux jours pour traverser l'immense forêt, mais c'était la voie la plus rapide pour rejoindre la cité d'Erlegonde depuis l'Est et les rives de la rivière Pale. Sur cette route marchait un homme à l'allure singulière. Vêtu de robustes habits de voyageur en coton huilé, d'une couleur marron claire qui se fondait dans les tons de la forêt, il portait un lourd sac à dos en cuir tanné. C'était cependant son chapeau noir à large bord qui attirait le regard, ainsi qu'une petite harpe suspendue à l'arrière de son sac. Une rapière battant contre son flan droit complétait cet attirail. Cet homme s'appelait Théodor O'Daël, artiste itinérant, tantôt troubadour, peintre, acteur, danseur et fin bretteur, à l'occasion. À trente cinq ans passé, Théodor était à l'apogée d'une longue carrière artistique, et il pouvait se vanter d'avoir joué devant les cours les plus renommées du royaume. En l'instant, il s'empressait de rejoindre Erlegonde par la voie la plus rapide afin d'arriver à point nommé pour le carnaval annuel de la cité. Ce grand événement n'avait pas son égal dans le royaume d'Arle et attirait des troupes d'artistes des plus variées, provenant de toute la côte Sud.

La journée touchait à sa fin, et le soleil couchant avait disparu derrière les frondaisons des grands séquoias. Théodor, fourbu par cette longue journée de marche, se rêvait déjà devant un bon feu de camp, jouissant d'un repos mérité. Mais il restait encore une bonne heure de clarté et il était décidé à parvenir à Erlegonde au plus vite. Il s'autorisa toutefois à ralentir le pas. Sifflotant une mélodie de son cru, l'esprit vagabond, il fut interrompu par un craquement sec qui provenait de la piste devant lui. Son origine lui était masquée car la route prenait un virage à droite, une cinquantaine de mètres plus loin. Quelques instants plus tard il vit débouler sur la piste une femme qui courait comme une forcenée. Son apparence était si désastreuse que l'on aurait volontiers cru qu'elle avait passé sa vie entière perdue dans la forêt. Les cheveux ébouriffés, ses vêtements terreux, déchirés en plusieurs endroits, elle faisait peine à voir. Elle n'avait pas l'air armée ni dangereuse, mais Théodor se tendit instinctivement lorsqu'il aperçut son visage. Sa main descendit naturellement sur la garde de sa rapière. Alors qu'elle continuait de courir vers lui, au bord de l'épuisement, il fut saisi d'un sombre pressentiment. Quand elle ne fut plus qu'à une vingtaine de mètres, il pût détailler son visage, jeune, hagard et épuisé, et vit dans son regard une terreur proche de la folie. Réprimant un frisson, il se retint de dégainer sa rapière. Il s'immobilisa et leva une main tendue devant lui, paume ouverte vers la jeune fille, pour lui signifier à la fois qu'il ne lui voulait pas de mal, et qu'elle pouvait cesser de courir. La jeune femme franchit les quelques pas restants en titubant, ses vêtements et ses cheveux collés par la transpiration. Elle se plia en deux, cherchant à retrouver son souffle.
– Holà doucement ! Que se passe t-il ? demanda t-il, les sens aux aguets.
Ce que la jeune fille fuyait devait être dangereux, et il ne comptait pas se faire prendre au dépourvu. Il jeta un rapide coup d’œil au virage d'où elle était apparue, puis la prit doucement par l'épaule.
– Viens, ne restons pas là. Peu importe ce qui te poursuit, inutile de lui faciliter la tâche en restant au milieu de la piste.
Elle se laissa entraîner sur le bord du chemin, dans le sous-bois. Elle peinait toujours à reprendre son souffle.
– Tu fuis quelque chose ? demanda t-il à voix basse.
Elle s'y reprit à deux fois avant de pouvoir produire un son.
– Aidez moi !
Sa voix était étrangement jeune. Une voix douce qui jurait avec son apparence sauvage et négligée. Une voix par ailleurs intéressante. Par curiosité il l'aurait volontiers entendu chanter, mais il chassa cette pensée parasite : l'urgence primait.
– Que fuis-tu ? Je ne peux pas t'aider si tu ne me le dis pas ! Il parlait à voix basse tout en scrutant le virage au bout de la piste.
– Ils sont juste derrière moi !
Elle semblait si paniquée qu'il n'était même pas sûr qu'elle ait compris sa question... Il s'apprêtait à revenir à la charge, bien décidé à connaître la nature du danger, quand soudain un mouvement attira son attention. Deux silhouettes noires encapuchonnées venaient d'apparaître sur la piste, sur les traces de la jeune fille. Les deux hommes marchaient avec précaution, à l’affût du moindre mouvement. Les capuches relevées de leurs longs manteaux noirs plongeaient leurs visages dans une pénombre insondable. Théodor réfléchit brièvement et conclut que la fuite restait la meilleure option. Il s'apprêtait à emmener la jeune fille plus avant dans la forêt, mais les deux silhouettes se figèrent. La première d'entre elles regarda dans leur direction, sans hésitation aucune, comme si elle savait que leur proie était là. La jeune fille les avait aperçus, elle aussi, et les fixait avec des yeux écarquillés de terreur. Une ombre passa sur le visage de Théodor lorsqu'il comprit que la confrontation était désormais inévitable.
– Viens, dit-il simplement, en l'entraînant de nouveau sur la piste.
Elle rechigna à le suivre, et il dû presque la traîner derrière lui. Mais s'il devait affronter ces deux hommes il fallait que ce soit en terrain dégagé car, avec sa longue rapière, la densité des sous-bois ne ferait que le gêner dans ses mouvements. La jeune femme tremblait de tous ses membres, aussi prit-il soin de se placer ostensiblement entre elle et ses poursuivants. Ces derniers reprirent leur marche avec une lenteur calculée, semblant observer ce nouveau venu, ou plutôt l'évaluer. Sans pouvoir dire pourquoi, Théodor n'avait plus de doute quant aux intentions des deux hommes : ils étaient là pour tuer.

Il posa calmement son sac, prenant soin de ne pas abîmer sa harpe, puis dégaina lentement sa rapière. Il essaya de faire le vide dans son esprit, de retrouver les sensations propres au combat. Pris au dépourvu, il ne disposait que de quelques instants pour se mettre en condition. Comme toujours, à mesure que le calme l'emplissait, le temps sembla se suspendre et il eut l'impression familière que son esprit flottait hors de son corps, comme s'il observait la scène en spectateur intangible. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas entraîné convenablement avec son arme, et pourtant face à deux adversaires il lui faudrait être décisif. Pendant qu'il évaluait avec détachement la situation, plus rien n'existait que ces deux silhouettes noires et menaçantes. Celles-ci s'étaient presque immobilisées, comme interloquées par sa présence. Mais le répit serait de courte durée, elles aussi évaluaient la situation, en miroir à ses propres pensées. Les deux hommes - il supposait que c'était des hommes - se déplaçaient les jambes légèrement fléchies, le centre de gravité bas, d'une démarche souple, presque féline. Arrivés à une dizaine de pas, ils s'écartèrent l'un de l'autre pour encadrer Théodor et le prendre en tenaille. Le barde ne voyait plus la jeune fille derrière lui, mais il l'entendit bouger. Il se sentait de plus en plus mal à l'aise à mesure que ses adversaires approchaient, son instinct l'avertissant que quelque chose échappait à son regard, quelque chose qui pourrait lui être fatal. Malheureusement, il n'avait guère le temps de pousser plus avant ses observations et il se déplaça à la rencontre de l'adversaire de droite.


Il posa calmement son sac, prenant soin de ne pas abîmer sa harpe, puis dégaina lentement sa rapière.



La distance les séparant se réduisait, seconde après seconde. Il fit jouer ses épaules pour les détendre, et s'assura que sa prise n'était ni trop souple ni trop ferme sur la poignée de sa rapière. La forme encapuchonnée fit un pas de côté, vers la droite, puis fléchit les jambes presque jusqu'à toucher le sol, prête à bondir. La capuche se releva, et Théodor fut un instant pris de vertige. Elle était d'un noir d'encre, et l'on n'y apercevait nul visage, ni même un masque, mais juste des ténèbres. Il resta figé un instant, encaissant le coup. La créature se détendit brutalement et fondit sur lui, mais se détourna au dernier instant. La surprise le ramena à la réalité, mais avant qu'il n'ait eu le temps de réagir elle était déjà sur son flanc droit. Par un hasard chanceux il n'avait pas encore bougé de ses appuis, lorsqu'il comprit que la créature avait feinté pour attirer son attention. Sans réfléchir ni même avoir eu le temps de percevoir visuellement le danger, il détourna sa lame en garde haute vers la gauche, pour faire face à l'attaque réelle. Ses réflexes de bretteur lui sauvèrent la vie car la deuxième créature avait bondi avec une telle rapidité qu'il eut tout juste le temps de se raidir avant l'impact ! Par bonheur, son instinct avait guidé sa lame sur la trajectoire du monstre, qu'il ne vit véritablement qu'à l'instant où il vint s'empaler sur sa rapière. Le sang battant dans ses tempes, avec la vague conscience de s'en être tiré avec une chance insolente, il dégagea sa lame sans rencontrer de résistance. Il fit face à la deuxième créature, qui n'avait pas jugé bon de réattaquer. Théodor n'était pas loin de la panique, ses adversaires étaient d'une rapidité inhumaine, et il avait aperçu les griffes de l'attaquant : de vrais poignards ! Il se força à respirer profondément par le ventre, et souffla lentement. Ne pas céder à l'angoisse montante était la priorité. Ensuite il devait rester en mouvement, toujours. Ses réflexes de combattant lui revenaient par bribes, mais il avait bien du mal à garder le contrôle tant la situation lui échappait, seul son instinct de survie maintenait sa concentration. Il commença à tourner lentement vers la gauche, toujours face à la créature restante. Celle ci le fixait, presque immobile, et il comprit alors qu'elle s'interrogeait sur sa dangerosité réelle, après l'avoir vu abattre sa compagne. Elle s'engagea cependant dans le jeu du bretteur, et les deux se mirent à tourner l'un autour de l'autre. Théodor cherchait désespérément une idée pour garder l'initiative : il savait que la créature n'allait pas se contenter de l'observer pendant longtemps ! Mais que faire face à une telle rapidité ? Alors qu'il tournait, il vit sa jeune protégée immobile à bonne distance du combat, comme hésitante. La créature était maintenant entre elle et lui, et il ne comprit son erreur que trop tard, lorsque la créature rompit brutalement et en deux bonds puissants fondit sur la jeune femme. Celle ci cria de surprise et fit un pas de côté. Les griffes sifflèrent à quelques centimètres de son visage. Théodor s'élança, mais il était trop loin, cinq bons mètres les séparaient et il était bien plus lent que son adversaire ! Avant que la jeune fille n'ait pu s'enfuir, la bête était sur elle. Théodor vit alors qu'elle tenait dans sa main une grosse pierre, qu'elle abattit violemment sur la capuche de la créature. Cette dernière émit un son strident, et s’éclipsa alors que Théodor se fendait enfin, tentant lui aussi de l'atteindre à la tête. Il frappa dans le vide, et alors qu'il peinait à retrouver ses appuis, la créature était déjà prête à redonner l'assaut. Mais elle n'attaqua pas. Théodor regardait les ténèbres sous la capuche, et il se sentait étrangement bien, une chaleur engourdissante se répandit dans ses membres. Ses pensées fuyaient, et, béat, il ne pu que regarder le vide se rapprocher. Plus rien d'autre n'existait que cet océan noir dont il ne pouvait plus détacher les yeux, le temps cessa pour lui de s'écouler, piégé par l'instant présent. Un cri aussi soudain que strident rompit l'étrange sensation. La créature se détourna de Théodor un court instant, et ce fut pour lui l'effet d'une douche froide. Le retour à la réalité fut si brutal, que seuls ses réflexes de bretteur le firent réagir. Sans en comprendre consciemment le sens, il se fendit, visant la capuche ténébreuse qui regardait encore dans la direction du cri. Dans une infinie lenteur, comme suspendue, il vit sa lame se rapprocher de sa cible. La capuche se tourna de nouveau vers lui, si bien que sa lame pénétra les ténèbres insondables à l'instant même où la sensation d'engourdissement le saisissait de nouveau. La lame pénétra les profondeurs d'un noir d'encre sans rencontrer de résistance, et le manteau de la créature tomba alors au pied du bretteur, comme s'il avait toujours été vide.

Théodor s'assura d'un coup d’œil que tout danger était écarté pour lui même et sa jeune compagne. La frénésie du combat le quitta alors, et toutes les émotions qu'il avait jusque là retenues déferlèrent, le laissant faible et désorienté. Il se pencha en avant et s'appuya de sa main libre sur son genoux, tout en laissant la pointe de sa rapière reposer sur le sol. Il resta ainsi prostré, la tête vide de pensée, savourant les sensations multiples qui l'assaillaient. Il avait plus que jamais besoin de se sentir en vie, et il lui fallut plusieurs minutes pour en être suffisamment convaincu et oser se redresser. Il constata alors que la jeune femme le regardait en silence, juste à ses côtés.
– Vous allez bien ? demanda t-elle, anxieuse.
– Disons que je suis en vie ce qui, vu les circonstances, est déjà une bonne chose...
– Je suis désolée, j'ai bien conscience que tout cela est de ma faute. Mais je vous assure que je n'ai rien fait pour mériter ça. Et sans vous, je serais morte.
Elle prononça cette dernière phrase comme un simple constat, et semblait sincèrement soucieuse de son état. Théodor essaya de remettre un peu d'ordre et de bon sens dans son esprit. Tout s'était passé si vite !
– Je m'appelle Théodor O'Daël, reprit-il en rengainant sa rapière. Et maintenant que cette folie semble terminée, j'aimerais enfin savoir qui tu es, et d'où tu viens. Et surtout d'où sortent ces deux démons de l'enfer qui courraient à tes basques !
– Je suis désolée, j'aimerais pouvoir répondre à toutes ces questions mais je suis presque aussi perdue que vous. Je m'appelle Lenna Brenan et je viens d'un village à l'orée de cette forêt, non loin du débouché de cette route. Il y a trois jours que ce cauchemar a commencé, je n'ai pas eu depuis un seul instant de répit...
Elle semblait si épuisée et misérable que Théodor lui laissa quelques instants pour se reprendre, malgré son impatience d'obtenir des réponses plus précises. La jeune fille avait visiblement du mal à s'exprimer, encore choquée par la brutalité du combat, ce à quoi Théodor ne pouvait que compatir. Son empressement à comprendre ce qu'il avait vécu et à lui apporter une explication rationnelle le rendait avec elle plus brutal qu'il ne l'aurait voulu, aussi se fit-il violence pour se contraindre à la patience et au calme.
– Qu'est ce qui explique que ces deux ombres te traquaient ? demanda t-il enfin, avec plus de douceur.
– Des ombres ? C'est comme cela qu'on appelle ces horreurs ?
– Je m'attendais à ce que tu en saches plus que moi... En fait, je n'en suis pas sûr, c'est la première fois que je rencontre de pareilles créatures. Mais cela me rappelle certains contes de l'ancien empire. Dans ces contes, les ombres y sont présentées comme des créatures qui ne laissent pas de corps après leur mort. Elles étaient les servantes des mages fous. Tu as entendu parler des mages fous ?
– On les appelle aussi mages cagoulés, non ? demanda Lenna, hésitante.
– Oui, aussi. Le nom varie selon les régions. Toujours est-il qu'en ces temps reculés les ombres servaient ces mages, et que les descriptions qui en sont faites dans les légendes correspondent étrangement ; c'est pour cela que je leur donne ce nom... Ceci étant dit, cela ne répond pas à la question de savoir pourquoi elles te traquaient, ni s'il y en a d'autres...
La jeune femme hésita un instant, indécise, puis sembla se détendre.
– Je vais vous raconter ce que je sais, après tout je vous le dois bien... Tout a commencé alors que je rentrais chez moi à la tombée de la nuit, il y a maintenant trois jours. Je vis depuis toute petite dans notre ferme familiale, qui fait aussi office de gîte pour les voyageurs de passage, et d'aussi loin que je m'en souvienne il n'y avait jamais rien eu de plus grave qu'une ou deux bagarres d'ivrognes. Je préférerais ne pas m'épancher sur le massacre que j'ai découvert ce soir là, car c'est encore trop frais et je ne me sens pas capable de faire face à ces souvenirs pour l'instant...
– Je comprends... Je me contenterais de la version courte.
Théodor s'avoua intérieurement impressionné par le calme de cette si jeune femme, tout juste adulte, qui avait su garder sa raison au milieu de cette folie. Cette dernière reprit le court de son récit.
– Je suis rentrée dans la maison, j'ai appelé, mais il n'y avait plus personne pour me répondre. Je n'ai moi-même été sauvée que par chance, grâce au ululement d'une grande chouette blanche, posée sur la branche de l'arbre qui surplombe le portail, à l'entrée de la cour. J'étais près d'une fenêtre et le bruit insolite a attiré mon regard, j'ai alors vu l'étrange oiseau ainsi que les deux silhouettes juste en dessous. J'ai tout de suite compris que ces deux créatures venaient pour moi, pour finir leur sale besogne ! À partir de là je n'ai plus eu l'occasion de réfléchir d'avantage, je suis sortie par la porte de derrière et j'ai couru vers la forêt. J'ai couru sans m'arrêter et en pleine nuit et paniquée comme je l'étais, je me suis perdue. Le lendemain à l'aube j'ai tenté de retrouver mon chemin, mais impossible ! Toujours paniquée, j'ai marché, marché... Il m'a fallu un moment avant de réfléchir un peu et de m'orienter grâce au soleil. J'ai essayé de me diriger vers le Sud, afin de croiser la vielle route. Je l'ai rejointe tôt ce matin, et j'ai commencé à la remonter vers l'Est, pour sortir de la forêt et chercher de l'aide. Mais malheureusement, sans que je ne sache comment, les deux créatures m'ont rattrapée. Je les ai vues avant qu'elles ne me voient, mais elles me coupaient la route vers l'Est. Je me suis donc retrouvée contrainte de remonter la piste vers l'Ouest, avec l'espoir de semer mes poursuivants. J'ai couru, couru, et je suis tombée sur vous. La suite, vous la connaissez...
Théodor l'avait écouté attentivement, sans l'interrompre. Il prit quelques secondes afin de bien assimiler le récit de la jeune femme.
– Il n'y avait que deux créatures, dis tu ?
– En tout cas, les deux fois que je les ai vu, elles n'étaient que deux. Je ne peux rien garantir de plus.
– Bon, quoi qu'il en soit, il serait sage de ne pas rester ici. Tu es en état de marcher encore un peu ?
– Oui, et je préfère aussi ne pas rester là !
– Ah, et puisque que l'on va voyager quelque temps ensemble, je préférerais que tu me tutoies. Maintenant, si tu le permets, avant que nous ne partions je vais regarder de plus près les restes de ces deux ombres. Mieux vaut ne pas rater une occasion d'éclaircir ces mystères...
Sous le regard de Lenna, Théodor fouilla sans succès les deux manteaux vides. Après son inspection, il prit soin de les cacher dans les fourrés à quelques pas de là, puis revint près de Lenna récupérer son sac et sa harpe.

Ils ne marchèrent qu'une petite demi-heure avant que le crépuscule n'engloutisse la forêt. Théodor montra du doigt une petite clairière dégagée sur le bord de la route. Un arbre d'une taille modeste, un feuillu, trônait en son centre.
– Ici, ce sera parfait, dit-il en montrant l'arbre du doigt.
– Je suis inquiète à l'idée de s'arrêter pour la nuit. Et de toute façon, je ne sais pas si j'arriverais à m'endormir en sachant que d'autres de ces créatures sont peut-être à nos trousses...
– Cela fait trois jours que tu n'as pas dormi. Combien de lieues penses tu pouvoir parcourir avant de t'écrouler ? Sois réaliste : dans ton état nous n'avons aucune chance de semer nos éventuels poursuivants. En plus, les nuits sont très sombres dans cette forêt, et avec de tels adversaires, s'ils nous attaquent dans l'obscurité totale, nous serions sans défense. Je propose de faire un feu pour avoir de la lumière, et je monterai la première garde, toi la seconde.
– Tu as sûrement raison, je ne pourrais pas aller beaucoup plus loin...
– Et la deuxième bonne raison de s'arrêter, c'est pour manger. J'imagine que tu n'as pas eu l'occasion de faire de grands festins ces trois derniers jours ? demanda t-il avec un sourire en coin.
– Là tu marques un point. Je me plie devant la voix de la raison, répondit-elle en lui rendant timidement son sourire.
Lenna se rendit compte que sa peur lui avait fait oublier sa faim, mais maintenant qu'il en avait parlé elle ne désirait plus qu'une seule chose : manger ! Ils s'installèrent et Théodor proposa à Lenna de la viande séchée, qu'elle se mit à déguster avidement. Pour sa part, Théodor profita de la faible lumière du crépuscule pour aller ramasser suffisamment de bois pour entretenir un feu jusqu'au matin. La lumière baissait rapidement et c'est une chance qu'il n'ait pas plu depuis plusieurs jours, le bois sec ne manquant pas il n'eut pas à s'éloigner trop longuement de sa compagne. Ils allumèrent un feu, et dévorèrent à eux deux le reste des provisions que le barde transportait. Par la suite, Lenna ne se fit pas prier pour s'endormir, et tomba comme une masse dans un sommeil profond. De nouveau seul, dans la lumière du feu, Théodor dégaina sa rapière et la posa en travers de ses genoux. Ses souvenirs du combat et de la dangerosité inhumaine des Ombres suffirent à le maintenir vigilant durant sa longue veille. Sous le ciel nocturne dégagé et empli d'étoiles, il profita de ce moment de répit pour mettre de l'ordre dans ses idées, et essayer de résoudre quelques uns des nombreux mystères de cette journée.

Théodor se réveilla le lendemain matin à l'aube. Les cendres du feu étaient froides depuis longtemps déjà et c'était la fraîcheur du petit matin qui l'avait tiré du sommeil. Lenna était endormie, roulée en boule au pied de l'arbre sous lequel ils s'étaient installés. Cependant, il ne lui tint pas rigueur de s'être endormie durant son tour de garde. Lorsqu'il l'avait réveillée, elle avait eu beau lui assurer qu'elle monterait la garde sans flancher et que la peur l'empêcherait de s'endormir, il n'avait pas été dupe. Elle avait alors des yeux ensommeillés, la voie traînante et des cernes qui en disaient long sur son état de fatigue. Et sa vigilance avait effectivement cédé devant son épuisement. Il se releva et se frictionna vigoureusement pour faire circuler le sang dans ses membres engourdis ainsi que pour se réchauffer. Il laissa sa jeune compagne dormir, et finit de s'habiller. Il prit soin d’harnacher sa rapière et s'éloigna dans la forêt pour se soulager d'un besoin matinal. Alors qu'il marchait dans le sous bois à quelques pas du campement, le bruit de fuite précipitée d'un petit animal attira son regard vers un fourré. Il vit alors une grande chouette blanche fondre vers le sol, dans un silence total, les serres tendues en avant. Elle s'empara de sa petite proie, et redécolla aussitôt. Surpris par cet étrange spectacle, Théodor suivit le grand oiseau du regard. Il se posa gracieusement sur une branche, sa proie toujours dans l'une de ses serres. L'homme et la chouette s'observèrent un instant, puis l'oiseau poussa un cri aiguë, saisit sa proie dans son bec et s'envola à travers les arbres. Théodor resta immobile un instant, perplexe. Quelque chose dans le cri de l'animal lui avait paru étrangement familier. La mémoire lui revint soudain, le souvenir jaillissant dans son esprit : c'était ce même cri qui avait retenti lors du combat de la veille, brisant l'étrange engourdissement qui le tenait, et sans lequel il aurait succombé à l'emprise maléfique de l'Ombre !


Il vit alors une grande chouette blanche fondre vers le sol, dans un silence total, les serres tendues en avant.



De retour près de Lenna, l'esprit toujours accaparé par cette étrange apparition, il se décida enfin à la réveiller. Il était temps de partir, et il avait hâte d'avoir des réponses à ses questions. Lenna eut autant de mal à se réveiller que la première fois, il lui fallut plusieurs minutes pour reprendre ses esprits.
– Je suis désolée, dit elle en colère contre elle même. Je suis une idiote de nous avoir mis en danger ! Je n'aurais pas du m'endormir !
– Tu es manifestement une femme courageuse, cela ne fait pas de doute. Bien peu nombreux sont ceux qui auraient réussi à survivre dans de telles conditions. Mais chacun a ses limites... Ce qui est fait est fait, et nous sommes bien vivants. Cependant, il ne faut pas compter exagérément sur la chance, et il est temps pour nous de repartir. Rester au même endroit trop longtemps serait inutilement dangereux.
– Je suis prête dans une minute ! s'exclama t-elle, bien décidée à se racheter de son erreur.
Même s'il ne la connaissait qu'à peine, Théodor appréciait les manières de la jeune femme. Elle était étonnamment déterminée, et il admirait sa capacité à faire face à l'imprévu, d'être toujours tournée vers l'avant. Il ne se rappelait pas avoir eu, à son âge, de telles qualités. Cela, ainsi que son érudition manifeste, en faisait une jeune femme peu ordinaire.
Ils reprirent la route sous la lumière du petit matin, marchant d'un bon pas. Si Lenna s'était vaguement nettoyé le visage et avait essayé d'arranger son apparence, elle paraissait toujours aussi sauvage.
– Si nous marchons vite, nous pourrons arriver au pont et à l'auberge avant ce soir, et retrouver la sécurité de la civilisation, dit-il à la jeune femme.
– Oui, ce sera déjà une bonne chose, même si je n'ai aucune idée de quoi faire par la suite...
– Chaque chose en son temps... À propos, j'ai une question à te poser. À quoi ressemblait ta chouette, celle qui t'a sauvée de tes poursuivants ?
Surprise par la question, Lenna pris quelques temps pour fouiller dans ses souvenirs.
– C'était une grande chouette blanche. Quand je dis grande, c'est qu'elle était vraiment d'une taille exceptionnelle. Je me rappelle surtout de ses grands yeux jaunes...
– Avait-elle des marques sombres sur son ventre, comme des stries ?
– Hum... Il faisait sombre, mais maintenant que tu le dis, c'est possible. Un peu comme des pointillés ?
– Par exemple, oui, répondit-il, pensif.
– Pourquoi cette question ? demanda t-elle, visiblement intriguée.
Il observa quelques instants le visage de la jeune femme qui marchait à ses côtés.
– Parce que j'ai croisé ta chouette ce matin, au réveil.
Il scruta la réaction de la jeune femme. Elle paraissait sincèrement surprise, et fronça les sourcils.
– Je ne sais pas quoi dire... Je n'avais jamais vu de chouettes blanches auparavant... Ni d'Ombres !
– Et c'est normal que tu n'en aies pas vu auparavant, car ces chouettes vivent habituellement dans des contrées bien plus nordiques.
Théodor hésita, puis se décida de raconter à la jeune femme l'étrange engourdissement dont il avait été victime face à la dernière des créatures. Tout en marchant, il lui raconta comment cette magie avait cessé lorsqu'un cri avait retenti, attirant l'attention du monstre et le sauvant par la même occasion. Lenna garda le silence pendant quelques instants après son récit.
– Et tu dis que ce cri était le même que celui poussé ce matin par cette chouette, demanda t-elle, incrédule.
– Ça m'a parut comme une évidence sur l'instant. Et je fais plutôt confiance à ce genre d'intuitions car je sais d'expérience qu'elles se révèlent souvent justes. Une chose est sûre, c'est que cela fait un peu trop de coïncidences à mon goût...
– Le monde devient fou... À moins que ce ne soit moi qui ne devienne folle, répondit elle, le regard lointain, autant pour elle même que pour son compagnon.
Ils continuèrent en silence, chacun essayant de son mieux d'assimiler ces différents événements et révélations. Théodor se sentait dépassé. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas ressenti un tel désarroi, d'autant plus qu'il devinait que ces événements devaient être bien plus vastes que ce qu'il n'en voyait ou n'en comprenait. Il y avait cette jeune femme, miraculeusement protégée par un rapace ange-gardien venu du grand nord, et poursuivie par des montres qui rappelaient les Ombres de l'ancien temps. Et il avait fallut qu'elle termine sa folle course-poursuite sur son chemin à lui, l'un des rares bardes au monde à connaître les anciennes légendes. Voilà qui était trop pour être honnête. Et pour ce qui était de la chouette blanche, elle était un symbole particulier dans l'ancien monde, on l'associait aux prophéties, ces étranges successions d'événements improbables que les devins cherchaient à déchiffrer. Et les hiboux étaient souvent considérés comme des messagers... La voix de la raison lui dictait d'emmener la jeune fille au plus vite sous la protection du Duc des basses terres, dont le palais se trouvait justement au cœur de la ville d'Erlegonde. C'était sur les terres du Duc qu'avait eu lieu les meurtres et l'attaque. C'était la solution la plus simple pour lui, même s'il savait qu'ils ne pourraient pas raconter leur histoire telle qu'ils l'avaient vécue, sous peine de passer pour des fous. Cependant, il ne pouvait rejeter l'étrange pressentiment, ce petit pincement interne, qui l'incitait à en savoir plus. Il se sentait étonnamment concerné par cette jeune femme. Une part de lui semblait destinée à résoudre ces mystères, et il était tiraillé entre la prudence et la curiosité. Il fallait pourtant qu'il se décide, et il n'avait que peu de temps. Il avait eu un aperçu plus que suffisant des dangers vers lesquels sa curiosité l'attirerait, et prendre Lenna sous son aile ne semblait que pure folie. Mais cette folie là se montrait étrangement attirante...




Pour les commentaires, je suis ouvert à toute suggestion, mais je me questionne tout particulièrement sur certains points. Je précise cela après le texte pour ne pas influencer la lecture...
* Premier point : je me demande si les personnages sont bien "vivants", c.a.d. s'ils sont suffisamment profonds, s'ils ont de la personnalité, etc...
* Deuxième point : c'est au niveau du style. J'ai revue ma première version du texte intégralement, car je trouvais le style trop "scolaire", pas assez littéraire. Je me demande si c'est encore le cas...
* Enfin, je me pose la question plus banale du suspense, de l'intérêt global...

Voilà, et même si à priori je ne poste pas prioritairement pour ça, je serais tout de même très intéressé par vos retours/suggestions sur les illustrations...

Merci encore. :)
« Modifié: 31 Décembre 2013 à 19:44:58 par Erwan »

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Re : Un étrange hasard [+ illustrations]
« Réponse #1 le: 15 Décembre 2013 à 02:46:50 »
*Fait craquer ses doigts* Bon ! ça fait une éternité que j'ai pas commenté, tu seras ma première victime depuis longtemps.

Juste une chose, avant de commencer : est-ce que tu pourras réduire un peu la taille de tes dessins ? Je sais que c'est dommage, ils sont vachement chouettes, mais ils rendent la lecture assez désagréable à cause de la page qui fait 4km de long.

Allez, c'est parti. D'abord le détail. Je précise que ce ne sont bien sûr que des avis et des propositions subjectives, hein XD.

Sur cette même route, perdue en plein cœur de la forêt, marchait un homme à l'allure singulière.
Je trouve le début de la phrase (jusqu'à la deuxième virgule, en fait) assez lourdingue, je crois.
Pour le premier tiers, c'est la formulation qui me gêne : elle sert à dire, pour moi en tout cas, qu'il y a quelque chose (ou quelqu'un) qui se passe en plus d'une action qui s'y déroule déjà. Or là, il ne se passait rien avant, tu te contentais de la décrire. Du coup, ça passera peut être mieux sans le "même", mais à mon avis tu devrais essayer de reformuler.
Pour le deuxième tiers : tu viens de nous le dire en trois lignes, qu'elle était perdue dans la forêt, cette route, on a compris, je pense que tu n'as pas besoin de le repréciser, ça alourdit plus qu'autre chose.


Vêtu de robustes habits de voyageur en coton huilé, d'une couleur marron claire qui se fondait avec les tons de la forêt, il portait un lourd sac à dos en cuir tanné.
"Qui se fondait avec", ça sonne bizarre comme expression, je trouve. "Qui se fondait dans" passe peut être, mais si tu trouves mieux, fais toi plaisir XD. (Mais du coup, je trouve la partie entre parenthèse un peu longue, ça alourdit ta phrase).


Théodor était à l'apogée d'une longue carrière artistique, et il pouvait se vanter de s'être représenté dans les cours les plus renommées du royaume.

"De s'être représenté" me plaît moyen. "De s'être présenté/D'avoir joué devant les cours..." ?

En l'instant, il s'empressait de rejoindre Erlegonde
La tournure du début de la phrase fait bizarre et vieillotte, mais pourquoi pas.

Sifflotant une mélodie de son cru, l'esprit vagabond, il fut interrompu par un craquement sec qui provenait de la piste par devant lui, mais dont l'origine lui était masquée car celle ci engageait un virage à droite, une cinquantaine de mètres plus loin.
Cette phrase est assez interminable XD. Je pense que tu peux la couper en deux, voire en trois (mettre au moins un point après "lui", reformuler la phrase d'après).
L'expression "par devant lui" sonne bizarre, elle aussi. En fait, j'ai l'impression que tu essayes de caler des expressions vieillottes "parce que ça fait fantasy", mais là, je les trouve pas toujours bien intégrées à ton style d'écriture et ça me coupe un peu dans ma lecture, c'est dommage.


Quelques instants plus tard, stupéfait, il vit débouler sur la piste une femme qui courrait comme une forcenée.
courait

Les cheveux ébouriffés, ses vêtements terreux, manifestement déchirés en plusieurs endroits, elle faisait peine à voir.
(Le manifestement est pas très utile et alourdit un peu la phrase).


Elle n'avait pas l'air armée ni dangereuse, mais Théodor se tendit instinctivement lorsqu'il aperçut son visage, sa main descendant naturellement sur la garde de sa rapière.
La dernière partie de la phrase est un peu lourde, mais c'est à cause du participe présent. Je pense que tu peux couper la phrase juste avant : "...lorsqu'il aperçut son visage. Sa main descendit naturellement sur la garde..."

Alors qu'elle continuait de courir vers lui, au bord de l'épuisement, manquant tomber à chaque pas
Choisis-en un des deux, mais pas les deux, tu répètes deux fois la même idée.

Lorsqu'elle n'était plus qu'à une vingtaine de mètres, il pu voir son visage
Je croyais qu'il l'avait déjà vu  :-¬? Sinon, c'est "Lorsqu'elle ne fut". Tu devrais mettre un point après "épuisé", d'ailleurs.

vit dans son regard la terreur menacer de céder le pas à la folie.
"menacer de céder le pas" me fait bizarre aussi. Tu peux essayer de reformuler de manière plus, heu, légère ?


Elle se plia en deux, cherchant son souffle.
"Cherchant à retrouver son souffle" passerait mieux au niveau du rythme de ta phrase.

Quoi que la jeune fille fuyait, cela semblait dangereux, et il ne comptait pas se faire prendre au dépourvu !
La formulation du début de ta phrase "quoi que la jeune fille fuyait" me parait bizarre. Et le point d'exclamation fait un peu sorti de nulle part XD.

Il jeta un rapide coup d’œil au virage d'où elle était apparue, puis la pris doucement par l'épaule.
Prit.

– Viens, ne restons pas là, allons à couvert des arbres.
Plutôt "sous le couvert des arbres". Mais l'expression est pas très orale, du coup ça fait bizarre de la voir dans un dialogue.


 
Elle se laissa entraîner sur le bord du chemin, dans le sous bois.
Sous-bois.


Elle s'y repris à deux fois avant de pouvoir produire un son.
Reprit.


Une voix par ailleurs intéressante, par curiosité il l'aurait volontiers entendu chanter, mais il chassa cette pensée parasite : l'urgence primait.
Encore une fois, la phrase me semble un peu longue.

– Que fuis tu ? Je ne peux pas t'aider si tu ne me le dis pas ! Il parlait à voie basse tout en scrutant le virage au bout de la piste.
– Ils sont juste derrière moi !
Fuis-tu / voix basse. (J'aurais fait un retour à la ligne pour le bout de narration, sinon on a l'impression que tu continues le dialogue).

Elle semblait si paniquée qu'il n'était pas même sûr qu'elle ait compris sa question...
"Même pas sûr" passe mieux.

L'instinct de Théodor l'avertit du danger, la démarche particulière des deux hommes évoquant celle de prédateurs.
Je pense que tu peux reformuler cette phrase pour éviter le participe présent et la lourdeur qu'il occasionne.


La jeune fille les avait aperçu, elle aussi, et les fixait avec des yeux écarquillés de terreur.
Aperçus.


Une ombre passa sur le visage de Théodor lorsqu'il comprit que la confrontation semblait désormais inévitable.
Le "semblait" est de trop. "Etait" passera beaucoup mieux. Ou bien alors, il faut couper la phrase : "Une ombre passa sur le visage de Théodor. La confrontation semblait désormais inévitable."
Je sais pas comment expliquer, mais en gros, on comprend pas que quelque chose "semble". Quand on comprend, cette chose cesse de sembler, elle devient réalité. "Sembler" s'applique pour quelque chose dont on est pas totalement sûr. Dès lors qu'on comprend, ça ne "semble" plus, c'"est". Tu vois ce que je veux dire ?

– Viens, dit-il simplement, en l'entraînant de nouveau sur la piste.
Un retour à la ligne après cette phrase. En gros, dès que tu quittes le dialogue pour revenir à la narration, tu reviens à la ligne. Ou alors, tu utilises les guillemets pour marquer de manière précise la fin d'un dialogue.

Elle rechigna à le suivre, et il du presque la traîner derrière lui.
Dû.

Mais s'il devait affronter ces deux hommes, il fallait que ce soit en terrain dégagé, car avec sa longue rapière la densité des sous bois ne ferait que le gêner dans ses mouvements.
Sous-bois.

Il posa calmement son sac, prenant soin à ne pas abîmer sa harpe,
Prenant soin de.


Pris au dépourvu, le combat imminent, il ne disposait que de quelques instants pour se mettre en condition.
Là, du coup, tu te répètes un peu : on a compris que le combat est imminent. Et il n'est plus tellement pris au dépourvu, ils ne lui ont pas sauté dessus par derrière, il a le temps de les voir, ils lui laissent même un petit moment pour se mettre en condition. L'action a pas encore commencé, du coup il peut pas vraiment être pris au dépourvu.

Comme toujours, à mesure que le calme l'emplissait, le temps semblait se suspendre et il retrouva la sensation familière que son esprit flottait hors de son corps, comme s'il observait la scène en spectateur intangible.
La phrase est trop longue. "La sensation que son esprit flottait" : la sensation que, ça passe pas très bien. Essaye de reformuler mieux ? Genre "Il retrouva l'impression familière de flotter hors de son corps..." ?
 

Celles ci s'étaient presque immobilisées, comme interloquées par sa présence.
Celles-ci.


Mais le répit serait de courte durée, il le savait, car elles aussi devaient évaluer la situation, en miroir à ses propres pensées.
"En miroir de ses pensées", plutôt.


Elle était d'un noir d'encre, et l'on n'y apercevait nul visage, ni même un masque, mais juste des ténèbres.
Tiens, des Nazgûls. Je trouve le "mais" maladroit. Et ça gagnerait à mettre des points à la place des virgules. "Elle était d'un noir d'encre. On n'y apercevait nul visage, pas même un masque. Juste des ténèbres."


Bon, je t'avoue que j'ai un peu la flemme de continuer le détail tout le long, il reste encore un gros bout de texte à lire et il est quand même super tard. On va passer d'emblée au général.

Ah, tu voulais qu'on s'attaque à des trucs en particulier. Bon, je sais pas si mon début de commentaire répond un peu à ta question, mais grosso modo, voilà ce que je peux te dire :

- Concernant ton style : tu fais des phrases trop longues, tu essayes de caser trop de vocabulaire un peu vieilli, et tu abuses parfois un peu sur les adjectifs. Résultat, ton écriture est un peu lourde, j'ai eu du mal à rentrer dans ton texte parce que du coup c'est pas toujours ultra clair. La scène du combat en particulier, j'ai pas réussi à rentrer dedans et je l'ai lue en diagonale  :-[ Si j'ai un conseil à te donner, c'est d'essayer de faire des phrases claires, simples, courtes s'il le faut. Essaye de te concentrer sur leur rythme, de voir quand ça colle et quand ça colle pas. Enfin, c'est sans doute un peu obscur quand je le dis comme ça XD. Mais en gros, n'essaye pas de faire de longues phrases et surtout, n'essaye pas de coller du vocabulaire vieilli "parce que c'est de la fantasy". La fantasy ne naîtra pas des expressions archaïques du genre "en l'instant", elle naîtra de tes images et de la magie qui en découle. Et les images qui marchent le mieux sont souvent les plus simples.

- Ca m'amène directement à tes personnages. Le côté un peu lourd, et surtout le côté cliché du "barde solitaire qui se balade seul", de la "demoiselle en détresse mystérieuse qui cache un passé douteux", et des "méchants dans des manteaux noirs dont on voit pas le visage", c'est un peu remâché. Je veux dire : ça peut fonctionner, mais pour qu'on s'attache vraiment à ces personnages il faut qu'il y ait "plus". En plus, ton histoire n'en est qu'à ses débuts, et j'ai l'impression qu'elle est partie pour durer. Un attachement comme ça va se créer sur la durée, il va falloir que tu leur développes une personnalité, pas une qui sort nécessairement de l'ordinaire de ce type d'histoire, mais qui permette d'ancrer le personnage dans leur réalité. Donne leur une manière de s'exprimer particulière, des tics, un background invisible pour le lecteur mais qui se ressent dans les gestes, l'expérience, le langage de tes personnages. Un barde de la cour et une fermière ne doivent pas s'exprimer de la même manière : sans aller jusqu'à donner un accent de péquenaude à la fermière, elle fera plus facilement les contractions type "ça" au lieu de "cela", elle aura peut être des expressions un peu plus familières, un caractère un peu plus trempé ; tandis que le barde aura une meilleur éloquence, un peu plus de tact, de diplomatie, de manipulation dans sa manière de s'exprimer... ou au contraire, il peut contraster avec le reste de sa caste. Bref, pour qu'on s'attache vraiment à tes persos, va falloir que tu les travailles, qu'ils acquièrent une consistance. Il ne faut pas que ça passe juste par la description de leur physique, il faut que ça se sente dans leurs actions. Et pour l'instant, c'est pas trop trop le cas. Mais ce n'est que le début.

- Enfin, niveau intérêt et histoire : encore une fois, ce n'est que le début. Je suis curieux de voir la suite. Ca s'annonce classique, mais je vais pas te demander de réinventer la roue pour ton premier texte de fantasy XD. J'ai eu du mal à rentrer dans le texte, mais je sens que l'intrigue derrière a un potentiel - même si le fait que ce soit une n-ième "demoiselle en détresse" m'agace un peu XD.


Du coup, voilà, désolé, ce n'est pas un commentaire très positif. Je suis peut être aussi devenu un peu (beaucoup) exigeant en matière de fantasy, mais plus j'en lis, plus j'avance aussi là-dedans, plus je me rends compte que c'est un genre très difficile à aborder. On tombe très facilement dans des écueils pas forcément évident mais qui peuvent ruiner l'expérience du lecteur d'un seul coup. Du coup, je ne saurais que te conseiller de continuer à écrire, de laisser reposer, de te relire, de corriger ce qui ne va pas. Et de lire, lire, lire de la fantasy. De la bonne fantasy. Si tu veux des conseils de lecture, hésite pas à demander sur le forum, sinon, le site Elbakin.net est vachement bien pour trouver des trucs à lire et avoir un avis intéressant.

Voilà voilà, en espérant que je te décourage pas non plus :/
Perdu

Hors ligne cyamme

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Re : Un étrange hasard [+ illustrations]
« Réponse #2 le: 15 Décembre 2013 à 02:48:03 »
Tes illustrations sont...wahou! :coeur: Vraiment superbes, surtout la deuxième (pour l’autre je vois ce que tu veux dire avec le côté « bâclé » mais elle reste très belle. Ceci dit je suis curieuse de voir ce que tu peux en faire en y passant un peu plus de temps. )

Le texte maintenant :

La description du début est un poil trop longue à mon goût. (En fait l’action a débuté juste quand je commençait à me lasser).

Citer
mérité ; mais il
un espace en trop avant le point-virgule

Citer
Sifflotant une mélodie de son cru, l'esprit vagabond, il fut interrompu par un craquement sec qui provenait de la piste par devant lui, mais dont l'origine lui était masquée car celle ci engageait un virage à droite, une cinquantaine de mètres plus loin.
Houla,  c’est beaucoup trop long comme phrase !
Citer
. Quelques instants plus tard, stupéfait, il vit débouler sur la piste une femme qui courrait comme une forcenée. 
le stupéfait ne me convainc pas du tout. C’esgt u peu comme « l’esprit vagabond » un peu plus haut.  Je saurais pas très bien expliquer pourquoi, je pense que c’est parce que t’as introduit ton personnage en présentant seulement son état civil (plus le but de son voyage) et là il y a un mot de en temps qui doit nous faire percevoir ses sentiments mais ça fait très artificiel.
Je pense qu’en  fait c’est un problème de narrateur : il a un point de vue tout a fait externe, et de temps en temps il s’introduit dans la tête de Théodor.
[Lorsqu'elle n'était plus qu'à une vingtaine de mètres,] ça marche mieux avec « Alors qu’elle » je crois.
[quote ]demanda t-il, les sens aux aguets.    [/quote]  Les sens aux aguets me perturbe. Plus tôt quand il avançait dans la forêt sans savoir d’où venait la menace, ok. Mais là, il s’amuse pas à la renifler, si ?

Citer
Quoi que la jeune fille fuyait, cela semblait dangereux
quoi qu’elle fuie. Et tu as déjà montré un peu plus haut que « cela semblait dangereux ». Fais un peu confiance au lecteur, il a oas toujours besoin d'explication supplémentaire.   ;)

Citer
Peu importe ce qui te poursuit[…]
– Tu fuis quelque chose ?
En général quand on court devant un poursuivant c'est qu'on fuit, non ?  :mrgreen:

Citer
Elle s'y repris
reprit

Citer
Une voix par ailleurs intéressante, par curiosité il l'aurait volontiers entendu chanter
  Je virerais bien le par  curiosité

 
Citer
qu'il n'était pas même sûr
  je vois pas bien l’utilité d’inverser l’ordre du « même pas sûr »

Citer
L'instinct de Théodor l'avertit du danger, la démarche particulière des deux hommes évoquant celle de prédateurs. 
  Là aussi, je pense que la confiance au lecteur est de mise. Ils fuient devant un danger pas trop identifié, deux types louches arrivent. Il y a pas besoin d’avoir un instinct particulier pour se dire que c’est un danger potentiel.
La démarche de prédateur me parle pas plus que ça : ils avancent de façon sournoise, à l'affut, genre chat tapis dans les herbes ou alors ils sont plutôt conquérants ?

Citer
  La capuche relevée de leurs longs manteaux
Les capuches ?

Citer
la première d'entre elle
elles

 
Citer
  les avait aperçu,
aperçus (ou aperçues si c’est les silhouettes)

Citer
Une ombre passa sur le visage de Théodor lorsqu'il comprit que la confrontation semblait désormais inévitable.
Le semblait gâche tout, c'est dommage !

Citer
il du
il dû

Citer
Mais s'il devait affronter ces deux hommes, il fallait que ce soit en terrain dégagé, 
Quitte à jouer les valeureux chevaliers il pourrait laisser la fille à couvert pour qu’elle ai une chance de s’enfuir au cas où ça tourne mal, non ?

 
Citer
Sans pouvoir dire pourquoi, Théodor n'avait plus de doutes quand aux intentions des deux hommes : ils étaient là pour tuer. Maintenant qu'il leur faisait face, cela lui apparaissait comme une évidence.
 
Je ne vois pas ce que la seconde phrase apporte.

 
Citer
Pris au dépourvu, le combat imminent, il ne disposait que de quelques instants pour se mettre en condition. 
Je pense pas que t'es besoin de le rappeler.  :mrgreen:

 
Citer
. Pendant qu'il évaluait avec détachement la situation, plus rien n'existait que ces deux silhouettes noires et menaçantes. 
Attention, à trop vouloir faire durer le suspens tu risques de finir par impatienter ton lecteur.

Citer
La créature se détendit brutalement et fondit sur lui, mais se détourna au dernier instant. La surprise le ramena à la réalité, mais avant il n'ait eu le temps de réagir la créature était déjà sur son flanc droit. 
répétition de créature.

Citer
  avant il n'ait eu le temps de réagir
avant qu’il

Citer
. Par un hasard chanceux
Hasard tout court, ça suffit, non ? :mrgreen :

Citer
lorsque, d'instinct, il comprit
le d’instinct alourdit la phrase et en plus tu en as déjà parlé plusieurs fois. Je suis pour sa suppression.

Citer
  Par bonheur, son instinct
Peut-être que si tu supprime celui du dessus celui-là passera mieux mais pour l’instant j’ai du mal.

Citer
la créature n'allait pas se contenter de l'observer pendant encore longtemps ! 
j’aime pas le encore.

Citer
il vit sa jeune protégée, immobile, comme paralysée par la terreur. La
  Tu as déjà dit en parlant d'elle :
Citer
et vit dans son regard la terreur  [...] les fixait avec des yeux écarquillés de terreur.
peut-être qu'il y a autre chose dans son attitude physique qui exprime la peur ?

Citer
cinq bon mètres les séparaient
bons

Citer
. Théodor vit alors qu'elle tenait dans sa main une grosse pierre, qu'elle abattit violemment sur la capuche de la créature.
Chouette, ça, ça me plaît ! Je trouvais ça un peu lassant  la princesse-potiche.

 
Citer
Le retour à la réalité fut si brutal, que seul l'instinct du combattant le fit réagir.
  Tu parles déjà beaucoup de retour à la réalité et d’instinct. Ce serait plus intéressant si tu réussissais à varier plus les termes employés.

Le passage immédiatement après le combat est beaucoup plus agréable à lire.

Citer
  Je vis depuis toute petite dans notre ferme familiale, qui fait aussi office de gîte pour les voyageurs de passage, et d'aussi loin que je m'en souvienne il n'y avait jamais rien eu de plus grave qu'une ou deux bagarres d'ivrognes.
ça me semble pas du tout naturel dans les circonstances où ils sont.

Citer
Il prit quelques secondes afin de bien assimiler l'invraisemblable récit de la jeune femme.
Peut-être serait-il plus délicat de laisser le lecteur libre d’en juger ?

Citer
Bon, quoi qu'il en soit, il serait sage de ne pas rester ici. 
D’ailleurs ça paraît bizarre qu’ils se soient pas remis e marche avant que la fille ne commence à raconter son histoire.

Citer
va voyager quelques temps
quelque

Citer
  qu'une petite demi
demi-heure

Citer
Il prit soin d’arnacher
harnacher

Citer
  Bien peu nombreux sont ceux qui aurait réussi
auraient

Citer
même si je ne ai aucune idée de quoi faire par la suite...
je n’ai. Et le de quoi faire par la suite ne colle pas avec le reste du texte.  De ce que nous pourrons faire par la suite/ensuite ?

Citer
Une chose est sûre, c'est que cela fait un peu trop de coïncidences à mon goût... […]Et surtout, il y avait bien trop de coïncidences pour être le seul fruit du hasard. 
La deuxième phrase est-elle nécessaire ?

Citer
. Et les hiboux en général étaient souvent considérés comme des messagers...   
Tu n’as jamais parlé de hiboux dans le texte du coup ça fait un peu ‘attention, encart explicatif sur le fonctionnement de mon univers’,  je trouve. 

Citer
Il se sentait étonnamment concerné par cette jeune femme. Une part de lui se sentait 
J’adore pas la répétition.

Au fait, attention avec les points de suspension : je n'ai pas relevé parce que pour moi ça va encore mais leur fréquence s’approche dangereusement de mon seuil de tolérance. ; )
J'ai eu la flemme de relever mais tu zappes presque systématiquement le trait d'union de l'inversion verbe pronom (dit-il, etc)

Je pense que ce texte mérite d'être retravaillé un peu. Il y a pas mal de répétitions gênantes et il y a des endroits les adjectifs pourraient ête mieux choisis. Peut-être que tu pourrais essayer de faire plus "simple",  avec des phrases courtes et plus naturelles.
 La scène de combat est ce qui m'a le moins convaincu. Elle met bien trop longtemps à débuter pour moi et ensuite il y a des longueurs. Tu t'appliques "trop" à montrer qu'il y a de l'action du coup je ne suis plus dedans.  Enfin je n'ai pas réussi à avoir de l'empathie pour tes personnages, je n'en sait pas assez sur leurs caractères et leurs ressentis pour ça.

Pour l'histoire, le début est assez classique mais ça marche bien quand même. Je suis curieuse de connaître la suite.

Si jamais tu as le temps, va faire un tour ici Il y a plein de conseils très utiles et bien mieux exrimés que ce que je saurais faire.  :)

« Modifié: 15 Décembre 2013 à 02:57:52 par cyamme »

Hors ligne MayWind

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Re : Un étrange hasard [+ illustrations]
« Réponse #3 le: 15 Décembre 2013 à 04:21:36 »
Salut !

Argh, deux autres commentaires ont déjà été postés le temps que je fasse mes propres corrections. Donc, désolée s'il y a des répétitions avec les deux autres.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Citer
Pour les commentaires, je suis ouvert à toute suggestion, mais je me questionne tout particulièrement sur certains points. Je précise cela après le texte pour ne pas influencer la lecture...
* Premier point : je me demande si les personnages sont bien "vivants", c.a.d. s'ils sont suffisamment profonds, s'ils ont de la personnalité, etc...
* Deuxième point : c'est au niveau du style. J'ai revue ma première version du texte intégralement, car je trouvais le style trop "scolaire", pas assez littéraire. Je me demande si c'est encore le cas...
* Enfin, je me pose la question plus banale du suspense, de l'intérêt global...

1) J'ai l'impression de connaître Théodor depuis longtemps maintenant  ;) Non, plus sérieusement, je le trouve bien "vivant" comme tu dis. Par contre, Lenna, je la "ressens" moins.
2) Je ne suis pas assez douée pour juger de ton style, désolée.
3) Même si ça donne un petit air de déjà vu, j'aime bien ton histoire.

Tes illustrations sont vraiment belles, surtout la chouette. Par contre, c'est vrai qu'il faudrait les redimensionner pour des questions d'ordre pratique.
« Modifié: 15 Décembre 2013 à 14:16:27 par MayWind »
Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. - Goethe

Hors ligne Erwan

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Re : Un étrange hasard [+ illustrations]
« Réponse #4 le: 15 Décembre 2013 à 13:48:04 »
Merci beaucoup à vous trois pour vos commentaires si détaillés ! :)
J'ai d'ors et déjà corrigé les principales fautes d'orthographes, et c'est vrai qu'il en restait pas mal ! :-[ J'ai aussi réduit la taille des images, ça devrait être mieux. Je vais maintenant me pencher sur les questions stylistiques et de fond, mais ça prendra un peu plus de temps... (edit : c'est fait)

En fait, j'ai l'impression que tu essayes de caler des expressions vieillottes "parce que ça fait fantasy", mais là, je les trouve pas toujours bien intégrées à ton style d'écriture et ça me coupe un peu dans ma lecture, c'est dommage.
-> en réalité c'était au départ une faute frappe... Il y avait un "par" qui était resté là au milieu, et j'avais trouvé ça joli. :-[

Citer
Si j'ai un conseil à te donner, c'est d'essayer de faire des phrases claires, simples, courtes s'il le faut.
Ce qui est intéressant c'est que cela rejoint le commentaire de Cyamme. J'ai entièrement retravaillé le texte notamment parce qu'il était trop naïf, simpliste ... et que les phrases étaient trop courtes !! Du coup, j'ai du forcer un peu la dose, et je suis tombé dans l'extrême inverse. Va falloir que je reprenne tout ça...

Pour le côté peu original du scénario, j'avoue que pour un premier écrit c'était plus simple pour moi de faire dans le classique. :-[

Citer
J'ai eu du mal à rentrer dans le texte, mais je sens que l'intrigue derrière a un potentiel - même si le fait que ce soit une n-ième "demoiselle en détresse" m'agace un peu XD.
-> Là faut avouer que je ne suis pas très satisfait du personnage de Lenna. J'ai eu beaucoup de mal à lui donner sa place dans le récit, parce que j'ai changé d'idée à son sujet à plusieurs reprises. Je la trouve trop passive, effectivement, et c'est un point à améliorer.

Citer
le site Elbakin.net est vachement bien pour trouver des trucs à lire et avoir un avis intéressant.
Ah, je ne connaissais pas. J'irais voir ça.

Citer
Voilà voilà, en espérant que je te décourage pas non plus :/
-> Mais non, au contraire ! J'essaie de m'améliorer, et comme c'est mon premier texte, je ne m'attendais pas à ce qu'on me dise que c'était génial ou parfait. L'important, c'est de corriger ce qui peut l'être et de faire mieux la prochaine fois. ;)



Tes illustrations sont...wahou! :coeur: Vraiment superbes, surtout la deuxième (pour l’autre je vois ce que tu veux dire avec le côté « bâclé » mais elle reste très belle. Ceci dit je suis curieuse de voir ce que tu peux en faire en y passant un peu plus de temps. )
-> Merci, je fais du dessin et de la peinture depuis maintenant près de deux ans, alors que je n'écris que depuis un mois ! J'ai mis quelques dessins aussi dans la rubrique "créations artistiques des membres" du forum. Malheureusement, je n'ai pas souvent le temps ou la motivation de peaufiner mes illus. :-[

Citer
En général quand on court devant un poursuivant c'est qu'on fuit, non ?  :mrgreen:
-> ça c'est pas faux  :mrgreen:

Citer
ils avancent de façon sournoise, à l'affut, genre chat tapis dans les herbes ou alors ils sont plutôt conquérants ?
-> effectivement, il faut que je détaille ça. Je vais y réfléchir.

Citer
Quitte à jouer les valeureux chevaliers il pourrait laisser la fille à couvert pour qu’elle ai une chance de s’enfuir au cas où ça tourne mal, non ?
-> Oui et non... Déjà, les affreuses bêbêtes savent la retrouver, puisqu'ils n'ont aucune hésitation pour les localiser la première fois. Et puis il ne part pas du principe qu'il va mourir, je veux dire que ça ne lui vient pas à l'idée. Il pense avoir affaire à deux hommes, mais n'a pas conscience du danger réel.

Citer
Peut-être que tu pourrais essayer de faire plus "simple",  avec des phrases courtes et plus naturelles.
-> Même réponse qu'à Rain... Je suis tombé d'un extrême à l'autre.

Citer
Si jamais tu as le temps, va faire un tour ici Il y a plein de conseils très utiles et bien mieux exrimés que ce que je saurais faire.  :)
-> J'irais voir ça.  ;)



1) J'ai l'impression de connaître Théodor depuis longtemps maintenant  ;) Non, plus sérieusement, je le trouve bien "vivant" comme tu dis. Par contre, Lenna, je la "ressens" moins.
-> J'ai eu beaucoup plus de mal avec le personnage de Lenna, en effet. Je la trouve un peu potiche, et je n'ai pas vraiment réussi à lui donner toute sa place dans l'histoire. Je m'en rends vraiment compte maintenant. C'est sans doute un des gros points faibles du texte.

Citer
3) Même si ça donne un petit air de déjà vu, j'aime bien ton histoire.
C'est sur que ce n'est pas totalement nouveau... Je ne voulais pas faire un scénario trop complexe pour un premier texte, c'est donc sans nul doute améliorable.

Citer
Tes illustrations sont vraiment belles, surtout la chouette. Par contre, c'est vrai qu'il faudrait les redimensionner pour des questions d'ordre pratique.
-> Merci ^^ Pour le redimensionnement, c'est fait. Ça devrait aller maintenant...

Voilà, et merci encore pour vos commentaires ! :)
« Modifié: 31 Décembre 2013 à 19:45:50 par Erwan »

 


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