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Auteur Sujet: Ceci n’est pas une lettre d’amour :  (Lu 1747 fois)

Hors ligne geanphy

  • Tabellion
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Ceci n’est pas une lettre d’amour :
« le: 03 Novembre 2013 à 12:22:02 »
Ceci n’est pas une lettre d’amour :

Faut se décider !... Et puis il faut répondre !... y a  courroux, c’est net dans le regard !... juste avant, là... furtif, courroux.
Je devais répondre manuscrit mais déjà les pensées sont pas claires alors rajouter des caractères illisibles, une écriture vacillante, des ratures, un amoncellement de feuilles froissées!... bon, tapuscrit, tapote, tapote.
Les mots me restent, comme ça !... en travers de la gorge, tournant dans la tête, des mots qui passent pas, une gêne !...
« Me voler un baiser » : oui, faute avouée ?... ah puis quoi, voler, voler et un baiser encore !... Sainte-Beuve, Balzac, Stendhal, Musset ?... tiens, j’aime mieux Georges Sand et Chopin, s’embrassaient pas, s’embarrassaient pas !... tubard dernier degré, le baiser devait pas être à l’ordre du jour !... Faut relire Majorque et comment il écrit les préludes..,
Je fouille un peu, histoire d’accrocher le niveau, de causer de la même chose.
 Un baiser volé, j’en ai cherché, j’en ai trouvé, mais ça date !... y a Félix, un soir de bal !... il résiste pas au dos nu !... pas de l’amour passion, du pur désir d’enfant mal aimé !... pas reçu, pas à la hauteur !... Pourtant le titre est prometteur, « Le lys dans la vallée », bien décortiquer, analyser, Psychanalyser.
 Tiens ce qui se rapproche le plus, c’est Julien : «  si avant la fin de la soirée, je ne lui ai pas pris la main, je me brûle la cervelle ». Ah Julien ! Là, c’est grand, ridicule : mais grand !...
 Le plus beau, le plus grand, le plus de tous, bah c’est une fille qui le vole ce baiser, oui c’est Mathilde !... Mathilde, elle est particulière, si Julien doute de sa parentèle avérée, Mathilde elle, est née coiffée, et bellement encore : Mathilde de la Mole !... bon, aujourd’hui, ça veut pas dire grand-chose mais au moment de l’histoire, c’était l’important.
 Faut imaginer le geste, suite à l’œuvre de l’homme en rouge, ce rouge de la passion, ou en noir  le noir de la mort, on apporte à Mathilde un manteau, grand, bleu !
Je peux le dire par cœur, j’ai toujours été amoureux de Mathilde. Inatteignable, protégée des outrages du temps : amour immodéré.
Mathilde ouvre le manteau, comme Fouqué a détourné les yeux, le témoignage est rompu, mais quand il ose regarder, Mathilde embrasse le front de son amant !... ce front appartient à une tête et cette dernière récemment décollée d’un corps trop lourd pour cette amour immodéré repose sur une table entourée de bougies !...
Doit-on juger Mathilde de ce baiser volé, Si Julien avait pu, n’aurait-il détourné la tête, après tout, il aimait ailleurs...
« Me voler un baiser », ça fait rien cliché, non  ?...
Plus Truffaut que Balzac !... castrateurs les films, l’imagination imposée, et en plus Balzac... Filmer du Balzac, pense-t-on réécrire une photo ?...
Quelquefois, des mots sortent, pas exprès !... regrettés sitôt lancés, pas rattrapables.  Les mots sont le flirt de l’esprit, un baiser possède-t-il de l’esprit ?...
Je cherche Mathilde, depuis toujours !... je crois la trouver et puis elle s’échappe, resurgit, fuit à nouveau, mais n’est-ce pas Mathilde ?
Elle permet, refuse, se soumet, se démet !... Muse qui s’amuse.
C’est pas facile, c’est même surhumain, le passage à l’acte... pour exemple :
« Au moment précis où dix heures sonneront, j'exécuterai ce que, pendant toute la journée; je me suis promis de faire ce soir, ou je monterai chez moi me brûler la cervelle.

Après un dernier moment d'attente et d'anxiété, pendant lequel l'excès de l'émotion mettait Julien comme hors de lui, dix heures sonnèrent à l'horloge qui était au-dessus de sa tête. Chaque coup de cette cloche fatale retentissait dans sa poitrine, et y causait comme un mouvement physique.

Enfin, comme le dernier coup de dix heures retentissait encore, il étendit la main et prit celle de Mme de Rênal, qui la retira aussitôt. Julien, sans trop savoir ce qu'il faisait, la saisit de nouveau. Quoique bien ému lui-même, il fut frappé de la froideur glaciale de la main qu'il prenait; il la serrait avec une force convulsive; on fit un dernier effort pour la lui ôter, mais enfin cette main lui resta. »1
 
Qui accuse Julien d’avoir volé cette main ?... Qui reproche cette insistance ?...Pas Madame de Rénal. Elle accomplit son devoir de résistance, petit animal femelle qui réclame sa danse d’amour... Julien, petit mâle adolescent qui consent.
Ça fait quoi, si Julien n’insiste pas ?... ça fait un drame, plus d’histoire mais des histoires !... Si Julien n’insiste pas, c’est vanité d’un désir ; Madame de Rénal bafouée.
On connait des fous, des furieux, des héros : pour l’amour d’une fille, pour le droit de joindre des lèvres, ils courent, volent, révolutionnent le monde !... l’objet du désir se pâme, le monde est sauvé !... bravo, bravissimo !...Avantage, pendant cette course éperdue, le cœur pompe mécanique, bat sous l’effort physique ; pense à autre chose, l’autre, le cœur subtil, celui qu’on dessine au creux d’un arbre entrelacé de flèches, dort.
« Bon, dit le héros, je vais où maintenant ? » Réponses possibles : nouvelle épreuve, dans les bras de la belle !... pour l’embrasser. Baiser volé ?... Consenti ? Mérité... Certainement !... Accordé ? Pas sûr.
Il y a un mode d’emploi ?... unique, le modus operandi qui marche à tous les coups ? On ne va pas se faire traiter ?...
« Voleur, voleur, voleur voleur !!! ». Mais j’ai rien volé !...pas pris d’abord. La serrure est ferme, la porte solide sur ses gonds... Ruser ? Pas le genre, c’est blanc ou noir, baiser et  mièvrerie, pas d’accord possible.
C’est quoi un baiser ? Faut pas trop chercher, un baiser c’est un baiser !... ça supporte mal l’explication et encore moins la scientifique :
« Deux individus s'embrassant échangent en moyenne 40 000 parasites, 250 types de bactéries, 9 mg d'eau, 0,7 g d'albumine, 0,45 mg de sel, 0,711 mg de graisses, 0,18 g de matières organiques et dépensent quatre calories par minute. La fréquence cardiaque peut doubler.
Un baiser amoureux exige l'activation de trente-quatre muscles faciaux »
L’envie passe, trépasse, calme les plus impétueux, alors c’est ça un baiser, ça se vend encore en littérature ad hoc ?...
Le Cantique des Cantiques commence par ces mots « Yisshaqeni minneshiqot pihu »1. Ça sauve l’histoire... là au moins les baisers reprennent du sens.

Mes lèvres courent sur la ligne salière et remonte vers des pensées !... goût d’un grain de peau, soie et douceur, parfum salé. Le coton bleu s’agite et frissonne, la tête penche un peu, pas trop, pas de danse en esquisse... Fuite.
C’est autorisé ça ? Il y a « baiser », la définition est claire. Limite extrême de la tolérance, frontière infranchissable, au-delà, l’interdit est loi.
Et si on dit : «  Madame, mes lèvres, le long de votre cou gracile ont connu la félicité. Mon cœur exhale une passion dévorante. Souffrez que je vous revoie, et que nos souffles enfin s’unissent ».
Ah, c’est autre chose... d’abord, c’est demandé gentiment... Mais les gentils sont malaimés, malmenés... faut noter. Personne ne respecte un gentil, gentil : pour quoi faire ? Ça fait gain en amour ?...

Alors tout est bataille, force et pouvoir ? Égarements, tout faux !...
Arrêter le style et parler vrai ! Possible, vraisemblable ?
Faut faire l’essai, trois quatre lignes comme ça, à la suite... relire sans corriger, raturer...  Si le ridicule s’impose, pas de solution : tout bruler.
Brulé... encore brûlé, toujours, pareil, rien ne change, ah, peut-être, pourquoi non, tant pis et tout cela... combien de fois, dix, cent, mille ? A bruler la fumée monte ... Allons, l’eau est froide, bouge, nage.
Ce regard jeté,  visage qui se tourne, corps ployé en arrière.
La main de Madame de Rénal est glacée, l’obscurité cache son regard.
Il fait jour : Le regard frappe, non gifle, juste avant ces lèvres détournées, lèvres  révérées, parties d’un tout qui formulent reproches, s’appuient sur une raison tortueuse, mots déjà entendus ou lus. Plus haut, tout au début du texte. « tu as voulu me voler un baiser »... mais oui, mais complètement et plus d’un encore, j’en crève depuis la première fois, encaissant tout, joutant par défaut, acceptant pire !... Et quoi, tu n’as rien vu, à d’autres !... oh, il faut déclarer !... Madame, j’ai bien l’honneur ?
Bon, si j’écoute... flot de reproches,  querelle naissante,  condamnation... Prenons Julien, je monte, j’arme, je tire, je meurs et personne pour baiser mon front flétri par la balle assassine !... bon, de la gueule, sur le papier, sur le papier seulement parce que les murs dans ces cas-là, c’est pas regardable, il y a du collatéral !... mais faut repérer, l’amour ça doit jouer ultime !... « Madame,  je meurs d’envie de vous embrasser et ne pas vous embrasser sera ma mort ».
Le ridicule tue en amour, y a des preuves irréfutables !... des histoires pas racontables, inaudibles !...L’amour supporte pas le comique de situation.
Et si je te dis les choses, ce qui s’est vraiment passé, j’ai ton attention ?
T’arrive, en retard, excuses rapides, visage renfrogné !... y a pas plus dangereux, l’homme est empathique, la culpabilité forte, atavique !...
La suite ?... odeur insupportable, la cause : un objet m’appartenant, migraine en approche, mots en limite de déplaisir...déplacement... De côté à vis-à-vis, se faire remarquer, deux fois !... dans les yeux, droit dans les yeux.
Un show, une représentation, plus de texte, bredouillage, plaisanteries qui s’enlisent...
La suite encore ?... mais tu connais, c’est toi qui mène le bal, et je valse dans toute la pièce... tu es maitresse du jeu !... je ne sais pas jouer !... jamais su...
La suite toujours ?... plaintes à tous les étages, une salle qui vacille,  et là, je te regarde !... Pas : je te vois... Pas : je t’entends !... je te regarde et tous les romantiques du XIXème s’esclaffent, touché coulé (cliché mais c’est la loi de cette non lettre) et non, ne dis rien, ce serait trop, bien ou mal peu importe mais trop, chut, chut, chute !...
Fracasse, le moment est fracasse, le reste se désagrège... la suite en automatique, tout à l’avenant !...
Tout ça posé, l’apologie du baiser et de son vol !... tentant.
C’est qui le volé ?... pas se lamenter, juste hasarder un rétablissement, une balance.
Non, je regrette la dernière phrase, vraiment...mais la promesse, c’est : « pas de rature », faut au moins tenir... pas grand-chose !... un engagement, faut respecter.
Fausse route, ça s’appelle une fausse route. Ce sont les bébés qui font ça, endormis sur un sein, confiants, au lieu de respirer, ils aspirent la vie, trop de vie ç’est l’étouffement.
C’est ça, trop de confiance, laisser-aller... Des choses sont dites, forcément : regrets immédiats,
Reprendre à zéro, deuxième chance : plaisanterie... comme si recommencer était du domaine !... encore que, faut avouer : l’illusion dans l’amour a partie belle. Combien d’erreurs évitées en refusant la deuxième chance !...
On en est là ?... l’allumette est brulée ?... bon, tout ça pour rien !...
Dis... Je fouille, je veux savoir, au moins connaitre, te mieux connaitre, je trouve rien, si peu... c’est voulu ?... Je sais, ça se fait pas... mais quand même, avancer dans le noir, à tâtons... non, pardon ! En aveugle, sans canne blanche pour signaler l’infirmité. L’amoureux est infirme, il procède du miroir et ne voit pas !... Ou bien, il se voit trop, occultation,
Ça tourne en rond, pas assez de vécu et déjà des dettes !... méritées ? Voire.
Pourtant, y a matière... tiens, vingt-sept, c’est quoi, c’est qui ? Juste sous ta photo... Des amies, des amis, des relations ?... pas que ça...
Des œuvres en construction, maisons inachevées, vaste chantier rempli d’impasse !... Zelittle, c’est recevable ça ? « All which is small is kind » !... c’est vérifié ?... y a masque alors, un paravent, une ligne de défense !...
Qui es-tu ?
 
C’est toi ça ?... des précautions à prendre, une blessure cachée, profonde... cicatrice mal refermée, à l’affut d’une douleur...
« Courageuse et patiente, ne se laisse pas abattre, amoureuse de l’ordre et de la justice », je lis hein, je reconnais là, rien à redire, pure vérité...
Ailleurs : « C'est un être à la personnalité fougueuse, rebelle, tout en restant conformiste.  Attache beaucoup d'importance à la liberté »
Pareil, juste je lis, ça dit toi, des pleines pages !...ça m’apprend rien ; comme si les explications étaient nécessaires... mais ça parle de toi, pas pareil que si ensemble, mais rapprochés, tête à tête, sans risque !... tu n’aimes pas les risques... ou les engagements !...
Si je te dis l’avenir,  prends, prends pas ?... c’est pesant l’avenir, ça alourdit le présent, ça lui vole son sel !... le bagage : éprouvant !...
Ton jour est diamant, crois, crois pas ?... ça brille, facettes, éclats de lumière, regarde... pas avec tes yeux !... comme si la raison avait quelque chose à voir !...

Bon Mathilde, stop ou encore ?... Pas gênant, les pages  viennent sans effort ! pas exprès.
Stop, tu peux quitter le bateau, maintenant, tout de suite... Déchire, livre les morceaux au vent ! ...  Surtout qu’un avis de tempête est annoncé, rien ne subsistera !...
Encore, tu peux  te mettre à l’avant, sur le pont, naïade qui bronze !... je fermerai les yeux si tu te veux nue, sans secret !... le safran tenu au dernier cap,  sentiments courant sur leur aire.
On choisit pas, jamais !... sur le coup, oui... on croit... C’est une lame, la sixième, tarot de Marseille, décision à prendre, doute, méfiance !... l’amoureux, elle s’appelle, Hercule au carrefour !...
Franchement... à la longue, partira ou pas !... c’est l’essence de la lettre : remise au destinataire !... je crève de trouille, NPAI, n’habite pas à l’adresse indiquée, PSLA partie sans laisser d’adresse !... Mathilde, connais pas !...
Chimère, c’est ça ? Je cours après Chimère ?... Futilité, mes yeux, mes lèvres ont vu, je me souviens !...
Lamentable, si... j’ai honte, j’entrouvre les yeux, sur le pont, allongée, comme j’imaginais !... pfouh, c’est chaud !... trésors cachés ! Émeute, confusion des sens. Tiens, ça manque aux Romantiques : ça cause des sentiments, ça décrit une main, une gorge, mais un corps nu, jamais !...
Bon, j’arrête là, tu vas encore prendre ta mine outragée, relancer un océan de reproches, botter en touche, dire « on profite de mon désarroi »  ... bon, je peux continuer à te regarder, juste t’effleurer de la prunelle ?...
D’abord, j’ai une excuse : valable, si je ferme vraiment les yeux, je te vois encore mais plus les touches !... déjà, c’est confus, mais imagine, ça par exemple : » isfhbcrfqn cfze kjenr   kdjdf  jamof ndflz : nvf  mkdffjc zmkdqj nfv«  encore pire !... non, ne sois pas méchante inutilement, oui, je sais, tu rigoles, mais !... et puis le rire ça marche, et bien même... Mais la dérision, jamais !...
« Surtout ne pas prononcer de mots ridicules quand on marche sur la pointe des sentiments. »  3
Je m’en vais jeter ce téléphone, objet inutile puisqu’il ne sonne pas !...
Bon, je te le redonne, oh puis non : cherche !...
C’est pas cavalier, mais si c’est un effort, pas la peine !...
« Quand elle commence quelque chose, elle risque à chaque fois de ne pas le terminer car elle aime entamer plusieurs choses à la fois. »
Ah, du neuf ! Bon, c’est bien toi, mais euh, pour m’appeler, tu risques de faire comme ça ?...Commencer le numéro et passer à Autre chose ?
Peut comprendre, la vie c’est éphémère, papillon !... faut juste pas se bruler les ailes !...
C’est quoi le sujet, à virevolter sans cesse, le sujet : oubliettes !...
Ah oui, ça revient, le sujet c’est dichotomie entre «  tu as tenté de me voler un baiser » et « mes lèvres se promènent le long de ton cou délié ».
Distinction entre « je me donne » et « j’accepte ». Oui, je comprends que tu te rhabilles, le vent fraichit, tu as noté, plus haut, avis de tempête !...
Je rame, trop de rafales !... allez, appelle !...
Tiens, puisqu’on est sur l’eau, je te propose : saute !... sérieux, saute !... pas inquiet, tu sais nager, et bien !... je reste à côté, tu sautes, tu nages !...
Ça te plait : tu continues ; pas ? Je te tends la main : tu remontes à bord, correct ?... Rien de caché.
Il est minuit, peu importe !... bain de minuit, c’est cliché mais tu mérites bien des sunlights !... pas de crainte, garde ton maillot !... mais si.
Attention, pas barboter, tu mérites mieux, non, nager comme si ton avenir en dépend : c’est le cas !... autour, je cabote. Un  peu scout, mais plus de culottes courtes, depuis longtemps : Un temps pour tout.
Barboter, voler : retour incessant, comme une musique, mais ritournelle !...
Ecrire libère, exception, je réclame l’exception, l’indulgence... Prisonnier ? Mais volontiers, rien contre, si tu passes devant les barreaux. Pas comptés, bas de robe qui joue au mollet. Rythme et danse. C’est une prison un peu basse, la lucarne au ras du sol, tu passes... la pitance peut sembler maigre, mais tes jambes sont si belles !
Minuit et toujours pas d’appel !... endormie sur la lettre, cheveux déliés, paupières closes : rêve !... c’est quoi le rêve, secret ?...
Mais oui, je veux savoir, tout !... ton physique ? visible, ce sur quoi les jugements rapides se font, cette réalité qui parfois t’ennuie ; mais à l’essence ?... hors apparence, le Toi que le temps n’altérera pas, le Toi immuable que certaines religions appellent Âme !
Bon, honnête ?... je vois, pas avec les yeux : plutôt ressenti... avoue, si je ne regarde qu’avec les pauvres cinq sens dont le corps est affublé !... champion de course à pied, courage fuyons !... j’ai ma dose, que des claques !... et des fortes. Pas de listes, énumérations, comptage de points... Tu sais très bien de quoi on parle, là !
Expérience : prenez un individu lambda, sortez le du contexte, il sera tout ou rien !... Mathilde, si je parie sur tout ? Tout sur tout, la banque saute ? Réponds moi : » oui », s’il te plait... La mise est déjà sur le tapis.
Bon, pour les fleurs, je suis désolé !... non, vraiment : sincère !... moins belles que celles d’un jardin, clair, mais une lettre déjà artificielle puisque soumise à la loi des mots sans une douceur, faut oser !... et oser, j’ose pas.
C’est une erreur ! constat, et non seulement oser mais aboutir !
Pont, bateau, chambre, lit, rêve,  jardin, prison... : voyages, en pur esprit mais voyages, découvertes : Ne dis  rien, mais je t’ai pris la main, tout à l’heure, et le plus fort c’est qu’elle est encore dans la mienne, Oh non, certainement pas, je la tiens, je la garde !... ailleurs, quelle importance...La dimension est autre, ciel rouge, animaux apprivoisés, herbe chamarrée. L’eau est couleur de tes yeux. Chaque éclat de ton rire donne des fruits aux arbres.
Le conformisme, ça marche dans le monde, avec des gens autour, mais ici, quel risque ?... je t’embrasserais bien, mais c’est trop tôt, un peu trop tôt, on a le temps non ?...

C’est incroyable : à chaque fois que je parle de t’embrasser, tu fais comme si une obscénité se proférait !... c’est le râteau pour la pelouse du champ de Mars ?... faut croire. Mais Hercule, reculer ? Travail à la hauteur des douze autres...
Tu as peut-être appelé là mais j’étais dans une forêt, le portable passe pas...
Oui, évidemment, si tu n’as pas appelé, je ne risque pas d’avoir ton appel.
Je tente, je tente...
Faudrait clore cette lettre, ou alors vraiment se lancer, hésitations... demain : décisions !...
                                               
                                                2


Faut continuer, pas de raison !... ennui de la lectrice ?... incompréhension ? Peut-être...
Tant de choses à dire, à Te dire !... Et puis te raconter, dire qui tu es, vraiment, passé le vernis, l’apparence, qui se cache, là, tout près. Y a matière.
Je me demande si des séductions sont passées par l’épistolaire !... y a le t’chat, aujourd’hui, drague pure, recherche de plaisirs faciles, le charnel à portée de clavier... Non, je te parle de lettres sur du vrai papier... avec timbre et porteur à casquette, « Bonjour Facteur » « bonjour Mam’zelle ». Ou bien glissée dans un bouquet, posé sur les marches de ta demeure !... de loin, ça le fait, mais dans les faits ?...
IL y a des lettres fameuses, Musset à Sand et réciproque, mais n’étaient-ils déjà amants ?...
Il y a des amoureuses d’écrivains mais c’est anecdote, certains courent encore... cachent le nom de leur hôtel lors des salons littéraires, limitent leurs déplacements, vivent en panique.

Exemple de lettres : tentative A
« Bonjour Mathilde,
Je suis en vacances, il fait beau et la mer est belle, je vais bien. Et toi, comment vas-tu ? » Euh, ça marchera pas, l’intro est comment dire ?... molle ?
Tentative B
« Chère Mathilde,
En vacances, une mer belle mais qui manque de sel,  viens-tu ? »
Ah, c’est direct mais flagorneur, marchera pas, et puis, pourquoi partir en vacances, s’il veut être avec elle !...pas fin !...
Tentative C
« Mathilde,
Ces vacances imposées me font réfléchir à un possible avenir où nos destins seraient liés »
Oh, on en tient un beau, celui-là, je l’encadre, une apologie !...
La tentative ne vaut rien en amour, c’est abscons, sert à rien, l’amour réclame un résultat !... c’est atavique. Tentative avec amour, c’est : échec !...
Adam et Eve en tentative... pas d’humanité !... s’aimaient-ils ?... Se reprochaient surtout une vieille histoire... au moins ça les faisaient communiquer... neuf milliards aujourd’hui.
Action :
« Mathilde,
Dès mon retour, je te promets une surprise que tu n’imagines même pas ! »
Ça peut plaire, faut trouver la surprise, un acte à la mesure, mais je le sens bien !...
Tiens en voilà un devoir de vacances, trouver La surprise !...
Une surprise format cinéma, une surprise qui déclenche théorie de violons, flutes et orchestre ! Mais pas cliché : le style : « me voler un baiser »
à éviter absolument, sans concession...
Faut creuser, réfléchir... un voyage ? Pas assez intimes tous les deux!... un restaurant ? Déjà fait et puis une surprise ça ?... un film d’auteur dans une salle bien obscure, propice... : compliqué, il faut trouver une raison... : le film ne suffit pas. Ou alors appuyer le choix du film sur cette lettre... non !... définitif.
C’est fou ça, la clef d’entrée comportementale est trouvée, mais pas le produit !... comme inventer le couteau à huitres alors que celles-ci n’apparaitront dans la chaine darwinienne que dans quatre cent mille ans !
Bon, c’est pas tout ça, alors cette surprise ?... il y a un hic, pas réfléchi avant, un gros hic même, suivre bien l’histoire... si la surprise est dite ici, donc elle est lue, si elle est lue... plus de surprise ! Bah oui !
Alors quoi ? Alors voilà, c’est simple, Faut attendre : composition du numéro, attente, sonnerie, décroché, écoute !... mais faut-il décrocher lorsque ça sonnera ?
C’est pas conseillé, même dé-conseillé, la théorie veut que la réponse advienne vers le troisième appel !... propos  dégagés, pas y toucher :
« Allo, oui, qui ? ah salut, ça va ? » Pas plus pas moins. Plus : c’est mort, mort de mort. Moins : il y a des limites.
«  J’ai reçu ta lettre »
«  ah oui, tu es restée en Ile de France ? » toujours dans l’indifférent, faut faire velours !...comme si cette lettre qui a quand même bouffé toutes vos vacances avec une ogrerie pas racontable, vous en pondiez trois par jour.
Ne pas être disponible immédiat... ça part du principe que : un occupé énerve, sa débauche d’énergie est jalousée. Si disponible, c’est le désœuvré : un ennuyeux, pire un gêneur. Un fâcheux !
« oui, oui. » la balle change de camp : Napoléon était heureux en amour, il raisonnait tout en stratège, il faisait ça très mal dit l’histoire, oui : « ça », mais il emballait à tous coups.
Exemple : Paris, le 6 brumaire an IV de Napoléon à Joséphine

Je ne conçois pas ce qui a pu donner lieu à votre lettre. Je vous prie de me faire le plaisir de croire que personne ne désire autant votre amitié que moi, et n'est plus prêt que moi à faire quelque chose qui puisse le prouver. Si mes occupations me l'avaient permis, je serais venu moi-même porter ma lettre.
Traduction transfert : « j’ai promis une surprise, certes mais pas précisé le jour, l’heure, c’est à mon gré, si je n’avais pas tant de choses à faire, ce serait déjà réglé et donc quand nous y serons, pas de perte de temps.»
Oh, ça recommence, sourcils froncés, « emballait » te déplait, pas beaucoup de synonymes... est-ce que les chats sont des chats ? La question doit être posée un jour.
Et d’une, je ne suis pas pur esprit, et deux non rien, si... Je t’adore !...
Faut apprendre à s’accepter, dans son entièreté,  corps et esprit !... sans discontinuité,  accorder autant  d’importance à l’un, à l’autre... culte à ton corps ou culte à ton intelligence, culte à Toi, une !... indivisible.
Tiens, j’en retrouve une mignonne, toujours du bourreau européen des cœurs et des hommes : « L’amour est une sottise faite à deux. »
Tu prends la vie au sérieux, mais faire des bêtises, chemin d’enfance, élixir de jouvence les sottises, preuve que : aimer prête jeunesse.
Tout le mouvement romantique est construit ainsi, la séduction est stratégie, joute, bataille !... la femme : place forte à conquérir, le sentiment amoureux au féminin, c’est l’homme qui le crée, le construit. Les amours ancillaires sont bannis, trop faciles...
Ça pourrait être gage de fidélité, tenir plus à l’être aimé puisqu’efforts, construction... plan patiemment muri !... même pas, la maitresse conquise est abandonnée pour la suivante, marquage de territoire sous couvert de cœur à fleur de peau, débordant.
C’est quoi la séduction au XXIème siècle ? Un jeu de « je t’aime moi non plus. » ?...

                                                         3


Dis Mathilde, t’es réveillée ? Prête ? Apprêtée ? On retourne sur le bateau, la marée monte... le flot réclame !...
Faut pas réclamer, jamais... évoquer, suggérer, imager... pas plus !...
Bon, ballade en campagne, main dans la main... non, pas la main dans la main, ça c’était hier, c’est vrai, pardon, j’oublie... Recommencer à zéro !... l’habitude ? : Interdit. Plus loin, plus tard, le moment vient, viendra !... pas trop vite.

Donc pas la main dans la main, mais mets-toi quand même sur mon côté gauche, mon cœur t’entend mieux.
Je me demande : comment sommes-nous ensemble alors que tu n’appelles pas ? Question sans intérêt, moment qui passe... vivre... aimer : peu importe le pourquoi du comment. C’est un rêve ? Tu es là !... Poursuivons.
Continue de te raconter, pourquoi ceci, pourquoi cela, tes joies... tes peines, ou le contraire, l’ordre est sans conséquence, j’ai envie de te savoir.
Je t’aime ! : Étudiante, prise de notes, questions incongrues, captation d’attention...
Je  regarde tes annotations, à quoi penses-tu quand je parle ?... juste à la prochaine question à poser ? Piège ?... juste pour que des regards et mots s’échangent ?...
Un marché nouveau est ouvert : coach en séduction. Le net n’offre pas toujours le panel désiré, certains mâles encore demandeurs d’aventures réalistes pensent que la rue ou l’impromptu peut offrir des ouvertures relationnelles intersexuelle de qualité. Problème éternel, comment aborder, séduire, conclure ?
Le coach en séduction propose des méthodes pratiques en application terrain. Basées sur la programmation neuro-linguistique, l’analyse transactionnelle, application à la drague des techniques de négociation commerciale !... En amour, la prostitution n’est jamais loin, frontière aussi fragile que la religion et le simonisme. Ça marche ? Résultats probants ? La certitude, c’est que ces coaches vivent confort de leur activité. E-book, conférences, livres... le succès appelle le succès.
Ça sonne, téléphone ?  précipitation !... réveil... déceptions.
La vraie problématique : dans ce monde soumis à des  trajectoires impulsionnelles, les valeurs d’engagements sont soumises à des contraintes de progression sociale permanentes. Un plan de couple se calculera comme un plan de carrière. Coucher peut se révéler finalité, si le besoin physique est considéré comme hygiéniste.
A quel âge, le tour du sexe est-il accompli ?... Sans sentiment, le sexe conserve-t-il un intérêt ? Dans une société de consommation accomplie,  la jouissance doit-elle intervenir à l’achat ou dans l’utilisation du bien acquis ?

                          4
Parler vrai... pas facile, tout raconter par le menu. Dire une existence, le foyer construit, le boulot intransigeant, le temps libre sans objet...
Dire la rencontre !... Avec des mots simples, audibles...abandonner pudeur et craintes !...oser, juste oser... avouer.
Minable, ces hypocrites qui repentants, viennent auprès de leur femme raconter leurs turpitudes sexuelles... larmes faciles, faute rejetée sur l’autre, promesses contrites. Sûr !... Ces salauds bandent pendant la confession.
Alors, compromis ?... écrire en images voilées, changer les lieux les dates, édulcorer ?... il reste un bout de l’histoire ? Des racines ? Quelque chose ?
Arythmie.
Il prend sa voiture, pas bien réveillé...Comme chaque matin...  Un peu la course, horaires à respecter, enfants à déposer, répondre à un ou deux coups de téléphone si la circulation le permet, appeler sa maitresse qu’il réveille chaque matin avec une régularité métronomique.
Elle lui raconte pendant la demi-heure de route ses soucis de boulot, ses embrouilles avec ses collègues de travail... Une vie de petits morceaux épars sans lien, sans futur... mais il écoute, beaucoup... ça ou RTL, après tout !...  Il faut bien meubler les inévitables bouchons...
Ils font l’amour une ou deux fois par semaine, ça dépend des contraintes de chacun, une bonne dose d’égoïsme consentie leur permet de se supporter.
Ça dure depuis six mois, sans envie ou passion fortes... ils se plaisent bien, et mieux vaut cette situation qu’une misère sexuelle. De part et d’autre !...
Elle était libre, amant qui l’avait lassée, renvoyé trois mois auparavant. Lui,  marié... Un couple sommeillant, vivant sur l’acquis... vie de famille prioritaire sur l’union des corps.
La rencontre s’est déroulée au boulot, vivier coutumier... le projet sur lequel ils collaboraient tous les deux puait l’ennui, ils ont pensé mériter mieux...  larcin sur le temps de travail !...
Ils se sont vite trouvés, cherchaient la même chose, sortir de la routine, enfreindre l’interdit... jouir, pourquoi pas ?...
Se rassurer aussi, pouvoir de séduction encore intacte !...
Il prend du Viagra, régulièrement, que ce soit avec son épouse ou sa maitresse ! Le produit se réduit à permettre une performance physique.
Tout est performance, jouir est obligatoire, cinq pour la femme, un pour l’homme, minimum requis... pas de perte de temps !
Prendre une maitresse lui a fait croire un instant sa libido indemne, il a même cru être sincèrement amoureux...
Elle a appelé hier soir, il voulait la voir le lendemain, elle revenait de vacances... la tête encore sur la plage. Le retour dans un quotidien subit l’ennuie... elle botte en touche... Se dit que sur les quinze jours d’absence de l’épouse partie dans le sud, ils se verront... mais replonger immédiat dans l’ordinaire morose...
Rompre ? Coucher fait moins poser de questions... Continuer : lassant.
Le refus ne l’a pas déçu, il a même envisagé une amorce de rupture qui le soulageait... Rien contre une situation périssant. Ce qui le gêne, c’est de se retrouver seul, sans personne à qui parler ou  écouter... pas de plan B ou de sortie programmés...
Ce qui le panique, c’est de penser qu’il n’est plus capable d’être amoureux, de renouer avec ces élans du cœur qui le rendaient inaccessible au commun, aux emmerdes journalières.
La vie, il la supporte, par routine... On s’habitue à vivre, chaque jour, chaque instant. C’est la permanence de la vie qui crée son asservissement. Oser un futur  est hors de portée.

                                                       
                                                           5
Scène
Ses mains emprisonnent ses bras. A la naissance de l’épaule, deux lèvres tièdes impriment un lent baiser. Bouche entr’ouverte, le frisson glisse jusqu’à la naissance de ses cheveux. Les doigts se resserrent  pour s’accorder à la passion naissante.
Stop, pas de suite... rien ! La scène s’arrête là. Pourtant, il y a matière... il suffit de suivre, de se laisser aller...
Elle respire plus vite, penche la tête pour mieux sentir le plaisir. L’effleurement sensuel.
Les mains descendent en caressant les bras et viennent serrer les siennes, leurs doigts s’enlacent, se serrent, se murmurent des confidences, se promettent des plaisirs secrets.
Encore ?...
Elle chancèle un peu sous l’assaut, prête à s’offrir mais encore résistante, pour la beauté du geste, pour le désir de l’attente.
Les paumes effleurent son ventre et enlacent sa poitrine, elles se font câlines, puis mutines sur ses seins. La prison de tissu la rassure, l’agace, l’étouffe. Elle veut se donner mais pas dans cette lumière, pas ici, pas maintenant.
Les baisers : plus passionnés, plus chauds,  les mains : plus passionnées, plus chaudes... le corps se presse contre elle, elle en sent la chair, les muscles, elle devine le désir... elle se retourne pour se donner à pleine...
Stop, je ne peux pas plus... parce que c’est comme ça... plus haut on a dit : « Parler vrai... pas facile, tout raconter par le menu. ».
Même : inventer, peut-être mais alors inventer sur du déjà vu, connu, éprouvé, vécu !... non, mérite mieux, cette histoire mérite mieux, vraiment. Pourquoi accepter du médiocre, de l’ersatz ?...
Pas croire que j’arrête sur panne !... suffit de laisser se dérouler le film qui passe... et écrire ce qu’on voit... non, ici doit être unique.



2« Qu’il m’embrasse des baisers de sa bouche ».
 1« Le rouge et le noir » Stendhal
3 Gilles Martin-Chauffier 
Extrait du « Une vraie Parisienne « 




















 
2« Qu’il m’embrasse des baisers de sa bouche ».
 1« Le rouge et le noir » Stendhal
3 Gilles Martin-Chauffier 
Extrait du « Une vraie Parisienne « 

 





C’est pas un truc d’ado, le baiser à bouche que veux-tu ?... les grands élans romantiques, les petits poèmes en vers ou en prose, les gloussements pour des riens !... pas très sérieux l’amour. Ou pas ?

World End Girlfriend

  • Invité
Re : Ceci n’est pas une lettre d’amour :
« Réponse #1 le: 04 Novembre 2013 à 00:19:35 »
Toi t'as vomi ton texte d'une traite !  :D
Plus sérieusement, le style est trop atypique pour moi, ça part dans tout les sens et faut s'accrocher, en plus le texte est un peu long, bref, dur de te suivre  ><

Hors ligne geanphy

  • Tabellion
  • Messages: 29
Re : Ceci n’est pas une lettre d’amour :
« Réponse #2 le: 04 Novembre 2013 à 20:39:06 »
je reconnais, il a été écrit sous passion,  vite vite pour ne rien perdre... Et j'ai fait du style, pas très fin de ma part, j'y ai perdu en authenticité... cette histoire est vraie... évidemment; demande à être finie et donc réécrite...
faut s'accrocher, bah histoire d'amour, souvent c'est tempête et quand la tempête est calmée bah, on rame !
Merci de ta critique...
« Modifié: 07 Novembre 2013 à 07:17:51 par geanphy »

 


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