Ici commence l’exploration d’un travail en cours : l’immersion dans la tête d’un personnage fictif à travers un exercice quotidien d’écriture libre.
Le principe est brut, simple et sans filtre : chaque jour, pendant 10 minutes, mon personnage prend son clavier et laisse simplement couler les mots. Sans chercher à faire du beau, sans censurer les sauts du coq à l’âne, les contradictions, les agacements du quotidien, ni les pensées qui s’entremêlent. Dans la vie réelle comme dans la fiction, nos pensées ne forment jamais un long fleuve tranquille. Elles se bousculent. En laissant la plume déambuler pendant dix minutes, l’objectif est d’attraper la pensée sur le vif. De retranscrire une voix authentique, vulnérable, parfois râleuse, souvent sincère. Celle d’un être humain qui cherche son chemin. Explorons la façon dont ces bribes du quotidien se tissent peu à peu pour composer le portrait et l’histoire de ce personnage.
22 octobre 2026Tranquillité. J’ai besoin de tranquillité. Je n’en peux plus des conflits. De l’angoisse. J’ai besoin que l’on respecte ma tranquillité. J’ai besoin d’autonomie dans mes choix, de mon pouvoir d’agir, de mon espace. Ce n’est pas un besoin de tout contrôler. C’est un besoin de sécurité, de créer un environnement sûr pour apaiser une peur du vide, de l’échec ou du chaos. J’ai besoin d’un environnement prévisible, bienveillant. Je n’en peux plus de cette hypervigilance constante. J’ai besoin de préserver mon énergie.
Une voix dans ma tête qui me dit :
« Si elle fait autrement, je ne peux plus prédire le résultat, je vais devoir gérer l'imprévu. » Une peur viscérale de perdre ma place, ma légitimité et la reconnaissance au sein de ma propre équipe. Comme une menace d’effacement. J’ai besoin d’avoir une place. D’appartenir. J’ai besoin de reconnaissance, de valorisation. Que mon rôle soit vu et respecté. Contrôler n’est pas la bonne stratégie. Elle ne fait que nourrir mes peurs, car je ne peux pas tout contrôler. J’ai besoin que l’équipe avance sous mon impulsion. Est-ce que c’est égoïste ? C’est un instinct de survie. C’est humain, non ? Universel ? Je ne suis pas juste une coach interchangeable. Je suis une des fondatrices de cette équipe. Une de celles et de ceux qui ont insufflé l’énergie, pris des risques et passé du temps pour créer et faire prospérer cette section. Il faudra que je précise les rôles de chacun. Et si elle s’y oppose ? Le respect de ma place de coach principale et de créatrice de cette section est non-négociable pour ma sécurité et ma tranquillité. Quel que soit sa réaction, la décision finale m’appartient. Mon cerveau anticipe automatiquement le pire des scénarios : qu’elle fasse pression sur le bureau directeur du club pour m’écraser. C’est ma section. C’est moi qui l’ai créée. J’ai le droit de décider qui y entre et à quelles conditions. Le bureau directeur le sait. Ils l’ont d’ailleurs acté en réunion cet été. Mais les gens peuvent changer d’avis, ils peuvent trahir. Je me sens piégée, à la merci du bureau et d’elle. Alors, si le bureau ne respecte pas ma position, je démissionnerai. J’ai le pouvoir de partir.