Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: WEG le 02 juin 2018 à 20:37:46

Titre: Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci [AT]
Posté par: WEG le 02 juin 2018 à 20:37:46
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Une chambre d'hôpital distendue. Ses murs blancs se sont allongés au fil du temps, maintenant le plafond culmine à une hauteur de trente mètres. Il y règne une pénombre ensommeillée, le monolithe noir qui sert de rideau ne laisse filtrer qu'une parcelle d'éclat lunaire. À l'intérieur de la pièce, le silence est quasi-total. On n’entend que les bips métronomes d’un électrocardiogramme, le tic-tac d’une horloge murale. Les deux sons conversent paisiblement, l’un à la suite de l’autre.
Un garçon est allongé sur le lit, il porte une chasuble bleu nuit trop grande pour lui. Ses paupières sont closes, les lèvres timidement entrouvertes, il respire à peine. Peu à peu, une aura blanchâtre germe des membres du garçon, l’enveloppe entièrement. La matière est malléable, à la manière d'une vapeur dense et opaque. Le fantôme du garçon se dresse, s’assoit sur le bord du lit. Son enveloppe corporelle gît encore dans la même position, pourtant le spectre a su se mouvoir sans effort. Troublé, le fantôme fixe ses propres doigts, en fait jouer les articulations, comme une marionnette qui se réveille pour la première fois. Il tente ensuite de caresser les joues du garçon inanimé, sauf que ses mains traversent son visage ; l’impression de brasser une eau stagnante.
Le fantôme se lève, au premier pas qu’il effectue sa jambe vacille, se tord complètement. Son corps s'étire, incolore, granuleux, et l'instant d'après il se tient parfaitement immobile. Le spectre se dirige alors en direction du rideau, s'assied en tailleur devant.
Un froissement dans le couloir. La porte de la chambre s’entrouvre discrètement. Une infirmière apparaît dans l’embrasure. Machinalement, son regard atterrit vers le corps du garçon étendu sur le lit. Il semble en paix, bercé par quelque doux rêve. Puis elle remarque le spectre. Assis par terre, dos tourné, cou étrangement arqué, qui la scrute du coin de l’œil.
— i… deaux…
Un murmure enfantin, à peine audible. L'infirmière appuie sur un petit interrupteur, juste à côté de la porte. Le rideau se lève en douceur, et comme si elle n'attendait que cet instant, la lumière du soir lape le sol, s’étend jusqu’à recouvrir entièrement le fantôme du garçon, puis rampe avec lenteur aux souliers de l’infirmière. La lueur remonte le long des murs de la chambre distendue, à  l'extérieur, une pleine lune ronde pulse en silence. Le spectre l'admire un moment, puis susurre d’une petite voix :
— Ce sera pour demain matin, je crois.
— Je vais prévenir le docteur. Et vos parents aussi.
— Hum… au sujet de la graine…
Le fantôme se lève et se retourne enfin complètement, il n'ose pas regarder l'infirmière dans les yeux. Il hésite, il est embarrassé.
— Un cerisier pleureur, serait-ce envisageable ?
L’infirmière sourit.
— Très certainement, j’en parlerai au puériculteur.
— Merci.
— Bonne soirée, O.
Elle referme la porte, aussi précautionneuse que lors de son arrivée. Le bruit de ses souliers résonne dans le couloir, de moins en moins audible. Puis le silence.

*

Le lendemain, à l’aube, mon corps émerge du coma. J'allais pouvoir être conscient de mes derniers instants. Je n’avale qu’une graine de prunus subhirtella comme petit déjeuner, avec une gorgée d’eau plate pour éviter de m'étouffer. Mon corps sera le terreau d’un joli cerisier pleureur, puisse-t-il être aussi grand que celui à côté de notre maison. Nous avions l’habitude de pique-niquer à son chevet lorsqu’il fleurissait. Une année, je me souviens qu'un pétale s’était déposé sur mon onigiri. J’hésitai longuement, me demandant s'il valait mieux l’épousseter sagement, ou voir quelle saveur il pouvait avoir. Ma curiosité l’emportai finalement, et je le gobai avec une petite bouchée de riz... aucun goût en particulier.
Dans les couloirs de l’hôpital, le docteur pousse avec la plus grande des précautions mon fauteuil roulant. Mon père me tient la main droite, ma mère la gauche. Nous avançons sans nous presser, une procession funèbre dans la douceur matinale. Sans doute à cause des murs trop blancs de l'hôpital, j’ai l’impression de flotter dans un océan de lumière aveuglante. On aurait dit un rêve. Un doux rêve.
Dehors, la complainte des cicadas éphémères vrombit à mes oreilles. Le ciel est d’un bleu azuréen, sans la moindre trace de nuage pour le troubler. Nous nous dirigeons vers l’immense jardin qui fait face à l’hôpital. Le fauteuil roulant ne pouvant y accéder, mon père me porte dans ses bras. Je dois être aussi léger qu’une brindille, car malgré son âge avancé, il n’a aucun mal à me soulever. La poigne de ma mère se resserre davantage contre la mienne. On m’étale sur le gazon, dans une zone bien dégagée. Les brins d’herbe me chatouillent la peau, ils sont encore imprégnés de rosée.
Je sens la fin approcher.
Une brise passe, et les brins d’herbe vacillent comme une marée verte. Les rayons du soleil inondent ma peau, si profondément qu’ils me réchauffent les os. Alors, j’ai l’envie impérieuse de dire une dernière chose.
Je rassemble mon ultime inspiration, puis articule, sans doute trop faiblement pour que l’on puisse m’entendre.
 
— Ah, quelle magnifique journée…

 
*

— Il est tout maigrichon.
— Pour ce que tu comptes en faire, ça n'a pas trop d'importance, si ?
— Pas spécialement, mais quand même, il n'a que la peau sur les os !
— Oni...
— Quoi ?
— Tu ne comptais tout de même pas le dévorer ?
— Bah non ! Enfin... pas en première intention.
— Alors il fera très bien l'affaire !
— Tiens, il se réveille !
— Déjà ?!
 
J’ouvre les yeux, confus. L'impression d'émerger d'un cauchemar lointain, incertain. Je transpire, le souffle court, incapable de distinguer quoi que ce soit ; il n'y a qu'un méli-mélo de formes et de couleurs floues autour de moi. À en croire les caresses de l'herbe sur ma peau, je suis allongé dans un champ. La chose est pourtant insensée... puisque je suis mort. Il n'y a aucun doute possible, le parfum de cette matinée douce-amère est encore suspendu à mes paupières. Je suis néanmoins là et je respire, plus sain que jamais. Que s'est-il passé ?
Ma vision retrouve de son acuité. Peu à peu, je distingue deux silhouettes assises à mes côtés, elles murmurent des choses inintelligibles dans un langage qui m’est inconnu. Les contours gagnent lentement en netteté, il y a... deux créatures à mon chevet ? Celle à gauche est massive, toute en muscles. Elle porte un haori blanc, d’immenses cornes saillent de son front. Une ogresse. Ses iris rouge sang me dévorent avec appétence, mais elle paraît pourtant plus curieuse que dangereuse. À ma droite un bakeneko, qui porte un petit béret entre ses oreilles pointues. Il est d’âge mûr, ses moustaches dessinent un arc qui retombe jusqu’en bas de son torse. Son pelage dense de maine coon lui confère une allure altière. Il plisse les yeux en me scrutant d’un air équanime, une tige coincée entre ses crocs. Les deux ne semblent pas vouloir m'attaquer, alors je rassemble tout mon courage pour leur demander :
— Où suis-je ?
— Chez les yôkai. Nous t’avons détourné.
Le bakeneko articule cela sans émotion, un simple constat. L’ogresse hoche la tête pour confirmer ses dires. Détourné ? J'essaie de me relever, mon corps est recouvert de pétales rose pâle. Mes membres n’arrêtent pas de trembler, je parviens néanmoins à me tenir debout tant bien que mal, sous le regard soucieux des deux créatures. Je me trouve sous un cerisier pleureur en fleur, ses longues branches se balancent élégamment au gré du vent. Est-ce mon arbre, celui qui aurait dû pousser jusqu’à atteindre le Takama-ga-hara ?
— Tu te trouves entre le domaine des humains et celui des dieux, explique plus clairement l’ogresse, dans un territoire yôkai indépendant. Moi c’est Oni, lui c’est Nékomékoda, il est capable de ranimer les âmes défuntes en bondissant sur leurs tombes. Si t’es ressuscité, tu ne peux plus t’élever tout là-haut chez les dieux, et nous pouvons te garder ici parmi nous.
— Un détournement, résume laconiquement Nékomékoda.
La tige qu’il mâchouille semble être imprégnée d’huile de lampe, son odeur est entêtante. Maintenant que mes sens sont éveillés, j’en ai même la nausée. Ma vision se brouille, mes forces m'abandonnent, je m'écroule... Jusqu'à ce qu'une main gigantesque enserre mon bras. J’ouvre les paupières, le visage de l’ogresse est à quelques centimètres du mien, son haleine brûlante réchauffe ma peau. En scrutant ses traits de si près, je comprends que malgré son apparence bestiale, elle ne me désire aucun mal. Il y a une tendresse troublante dans sa manière de me tenir, une infinie délicatesse, comme si elle avait peur de m'abîmer par sa force excessive. Sans un mot, elle me soulève et me juche sur son épaule. 
— Ne t’inquiète pas si tu te sens trop faible, me dit-elle, c’est à cause du réveil, ça passera.
— Ben… J'ai toujours été comme ça, en réalité.
L’ogresse se tourne vers le bakeneko , elle doit être assez agacée, puisque ce dernier tente de l'apaiser en levant ses coussinets.
— Il fera parfaitement l’affaire, je te le promets ! Et puis notre agence laisse systématiquement une période de rétractation de trois jours. Satisfait ou remboursé, hein !
— Mmm. Bon, si tu le dis. Mais vu le prix que j’ai payé, j’ai le droit d’exiger un produit de qualité !
— Euh… Si je puis m’enquérir… Pourquoi ai-je la fâcheuse impression que l’on me traite comme une vulgaire marchandise ?
Le bakeneko s’esclaffe, l’air amusé.
— Car c’est exactement ce que t’es. Tu crois qu’on détourne les gens par charité, ici ? La Dame a déboursé une coquette somme pour te ressusciter, alors t'as intérêt à lui obéir. T’es son esclave, garçon !
— Oui, enfin non, corrigea l’ogresse. Je ne vais certainement pas le maltraiter.         
— Qu’attendez-vous de moi, alors ?
— Je t’expliquerai plus tard, mais ce ne sera rien de dangereux, sois en rassuré. Vois plutôt cela comme une seconde chance, pour la vie que tu n’as jamais pu avoir. L’occasion d’explorer un Nouveau Monde, et puis… (elle se penche à mon oreille, me chuchote) … Tu n'aurais été qu'un arbre sans conscience au Takama-ga-hara, un ornement de plus au jardin des Cieux. Une bien misérable existence, si tu veux mon avis.
Nékomékoda lève son béret, nous fait une révérence.
— Je dois prendre congé, d’autres clients m’attendent. Tu me tiendras au courant, Oni ?
— Pour sûr, et n’hésite pas à passer au bar un de ces jours !
— Ce sera avec plaisir.
Le bakeneko s’éloigne en galopant sur ses quatre pattes, aussi preste qu’un éclair.
— Nous devons rentrer aussi, lance Oni en ma direction.
Toujours perché sur son épaule, je me laisse fébrilement conduire vers ce Nouveau Monde. Tout cela est encore trop soudain, je ne parvient pas à assimiler ma situation. Cette matinée où mon corps s’était éteint, je croyais fermement qu’il s’agirait là de mon dernier souvenir. Il fallait donc profiter de la moindre sensation, de la vie qui grouillait autour de moi avant qu’il ne soit trop tard. Et… c’était réellement magnifique… ce jardin qui baignant sous la fraîcheur de l’aube. Je n’aurais pu espérer plus paisible comme trépas. Allongé sur l’herbe, entouré de mes parents, bercé par le chant des arbres... cela hurlait tellement au fond de moi, cela pleurait, ça se débattait, ça se déchirait sans fin, et la chose était insupportable, car je n’avais littéralement pas la force de l’exprimer. Alors je restais là, immobile, sans espoir, sans espoir aucun, à attendre ce dernier soupir qui me terrorisait et contre lequel je ne pouvais rien. Pourtant je ne voulais pas mourir, je ne voulais pas mourir, je ne voulais pas mourir, mais mon corps… refusait de m’obéir. Il ne m’appartenait plus. Je m’enfonçais dans l'abîme enchaîné à lui. Et autour de moi c’était de plus en plus sombre et froid. Soudain un flash de lumière, de la chaleur. Un leurre, mais un leurre bienvenu contre cette mort imminente. Une matinée resplendissante. Ce devait être mon dernier souvenir, sauf que les yôkais en avaient décidé autrement.
Maintenant, je désire juste en profiter. Le simple fait de respirer me donne des larmes aux yeux tant la chose est inespérée. Oni a dû le remarquer, car elle se tourne tout d’un coup vers moi.
— Oï, ça va ?
Je renifle ma morve tant bien que mal, frotte mes paupières boursouflées.
— Oui, c’est juste que… enfin… je suis excité...
Elle renâcle – est-ce son rire ?
— Va pas t’imaginer que ce sera de tout repos, hein. Je te ferai trimer comme pas deux !
— Tout ce que vous voudrez.
— Ha ha, j’y compte bien. Mais bon… (elle me lance un regard complice) … Ce monde est chouette, alors t’a raison d’être excité.

 
 
*

 
Le champ s’étend à l’horizon, un océan de verdure balayé par le vent. Nous avons déjà bien avancé, et mon cerisier pleureur, seul point de repère au loin, balance ses branches au bon gré de la brise légère. J’ai l’impression qu’il me souhaite au revoir, alors je lui réponds en brassant l'air avec mes bras. Ils sont beaux, ses pétales qui se détachent à chaque mouvement. Plus jolis que celui qui a atterri sur mon onigiri . Perché sur l’épaule d’Oni, la vue est imprenable. Le ciel est un mélange de nuances crépusculaires, entre l’orange et le violet, avec quelques touches de rose et de bleu nuit. J’ai toujours le dos tourné vers mon arbre lorsqu’Oni me hèle.
— Regarde, elle dit.
J’obéis, et m’accroche inconsciemment à son cou, surpris. Le gazon s’affaisse sous nos pieds, et puis plus rien, le vide. Le champ où nous marchions était tout bonnement suspendu dans les airs. En contrebas, une constellation d’îlots de terre comme le nôtre flottent sans effort dans l'atmosphère, un arbre solitaire dressé sur chacun d’entre eux. Ce devait être toutes les personnes qui s'élevaient vers le Takama-ga-hara, il y en avait des milliers, comme une forêt éclatée en fragments, qui voguait tranquillement entre les nuages. Nous étions si haut…
Oni me prend délicatement par la taille, me dépose sur le gazon. J’arrive à tenir debout tout seul, sans trembler. Cela soutire un sourire à l’ogresse, qui met un petit peu de distance entre elle et moi, puis matérialise un gigantesque cor entre ses doigts. Elle en porte l'embouchure à ses lèvres, et souffle dedans à pleins poumons. Le son qui en émerge est incroyablement profond, comme le grognement sourd d’une baleine perdue dans quelque abysse marin. À peine le temps de me demander ce qui se passe, que je vois au loin une créature répondre à l'appel. Sa silhouette longiligne serpente avec aisance entre les innombrables îlots de terre.
— Oï, hurle Oni, Enoshima !
Le dragon – aveugle à en croire ses yeux éteints – lève le menton et vient se garer sous nos pieds.
— Oni, en voici une surprise ! Tu rentres à Glitch Iza ?
— Affirmatif, capitaine !
— Cela te fera mille yens.
L’ogresse fait tinter les pièces dans une petite jarre que le dragon porte à son cou, puis elle me saisit de nouveau par la taille et bondit sur la crinière de la bête.
— Un dragon-taxi, me susurre-t-elle à l’oreille.
Enoshima s'élance, frôle les îlots de terre à une vitesse ahurissante. Il prend un malin plaisir à foncer droit dessus, puis à se dérober au dernier moment. Cela n’arrange pas ma nausée, mon crâne donne l'impression qu'il va imploser. Oni tire un petit objet de sa poche, l’enfonce doucement entre mes lèvres.
— Une graine, cela va te revigorer le temps qu’on arrive.
Je croque dedans, elle a une texture et un goût de pois chiche, rien de vraiment spécial de prime abord, mais d’un coup mes maux se dissipent, comme balayés par une force invisible. J’écarquille les yeux, tout est clair autour de moi, vivant, la moindre sensation est décuplée ; le vent qui me fouette, Oni qui me tient par les épaules, les écailles chaudes sous mes fesses. J'en frissonne.
— Ça va, garçon ? 
— Oh oui !
Elle me caresse les cheveux, je miaule de plaisir.
— Voilà le topo. Je gère un bar à Glitch Izanagi, une petite adresse coincée entre deux tours de tôle froissée. Rien d’extraordinaire, hein, mais j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Le gars que j’emploie habituellement est retourné au Yomi pour une sombre histoire de yakuzas, alors tu vas le remplacer pour une période indéfinie.
— Vous me demandez… d’être barman ?
— Oui.
— Mais je suis mineur ! Je n’ai jamais bu une goutte d’alcool de ma vie, et encore moins préparé de cocktails !
— Bah, ce n’est pas si compliqué que cela, crois-moi. Il suffit de suivre les recettes et de ne pas être trop maladroit. Sans ces mains gigantesques, je m’en serais même occupée personnellement.
Je m’apprête à protester davantage, sauf qu'un agglomérat de métal capture mon regard au loin.
Glitch Izanagi.
Il s’agit d’une immense cité aérienne, composée exclusivement d’une flotte de navires volants. Les embarcations sont reliées à d'innombrables lanternes célestes, qui semblent les maintenir en suspension. Au centre, je reconnais le légendaire Yamato, je n’aurais pas été surpris qu’ils l’aient détourné lui aussi. Son antique carcasse est fardée d’une fresque aux couleurs pastels, on y voit une baleine blanchâtre peinte en aquarelle, qui occupe toute la longueur du cuirassé. Sur son corps des nervures sombres, d’où fleurissent des pétales au rose prononcé. À côté du Yamato, presque aussi imposant, il y a le Musashi. Sur sa coque un soleil rouge sang dont les rayons s’étendent de toute part, puis juste en dessous des vagues enfiévrées qui s’arquent vers le Mont Fuji. Les canons des deux cuirassés ont été démontés, à la place, des tours brinquebalantes de tôle froissée brillent sous le feu des néons. Des embarcations de plus petite envergure sont dans le sillage du Yamato et du Musashi, il y a même de minuscules bateaux de pêche dont les étendards sont fièrement dressés. La nuit commence à s’établir, nous survolons la flotte d’assez bas pour que je puisse admirer le boulevard principal du Yamato. C’est un gigantesque marché aux puces, des bâches dépareillées recouvrent l’allée centrale où circulent nombre de badauds yôkais. Je vois un kappa salaryman, la carcasse avachie, il soupire de fatigue en dénouant sa cravate. Plus loin une punkette kitsune habillée en maid tend des prospectus aux passants, elle a un air farouche. Un moine tengu aux ailes immenses la dépasse sans lui prêter attention, les yeux rivés sur son smartphone dont il tapote frénétiquement l’écran. Sur les étals il y a du matériel informatique, des pièces détachées de vieilles télévisions ou de consoles rétro. Plus loin l’écho d’un générique d’anime que je reconnais instantanément, Space Tiramisù 666, l’histoire d’une cyber-sorcière qui parcourt la galaxie en compagnie d’une rōnin de l’espace. Un écran géant passe des séquences de la série, et en dessous…
— Mais c’est une boutique Animate ?!
Le magasin est immense, presque aussi grand que celui d’Akihabara.
— Bienvenue au cœur de Glitch Izanagi, s'exclame Oni. Le lieu de culte de chaque yôkai qui se respecte, Sa Majesté Animate !
Je veux bien la croire, une foule incroyable joue des coudes pour se frayer un passage dans les rangées de mangas, de light novels, de figurines, de DVDs, et autres produits dérivés. Je reconnais la plupart des publicités qui décorent sa façade, mais certains titres – les plus récents, sûrement – me sont inconnus. J’ai dû rater bien des choses après toutes ces années dans le coma. Timidement, je tire sur la manche d’Oni, et lui demande :
— Hum… pourrions-nous faire un tour à l’intérieur ?
Elle renâcle férocement.
— Ha ha, bien sûr, mais pas maintenant. Je te fais d’abord visiter le bar. Oï, Enoshima, nous descendons là !
Elle enroule son bras autour de ma taille, puis bondit hors de la crinière du dragon. Oni déploie alors une ombrelle imposante, et nous nous laissons entraîner délicatement dans le vide. Ses getas claquent contre l’asphalte, juste devant une façade aux néons rose et azur, où brillent d’étranges kanjis : Hâdo-boirudo Wandârando ? C’est sans doute tiré par les cheveux, mais on peut effectivement le traduire par Pays des Merveilles Sans-merci. L'intérieur est étroit, des lumières vertes et vermeilles éclairent faiblement l’endroit. Le comptoir du bar prend toute la place, à côté quelques tabourets au cuir écaillé. Derrière, un jukebox qui murmure un jazz discret, puis la porte des toilettes. Les murs de brique rouge sont craquelés de partout, une partie du toit est moisie, de l’eau goutte des tuyaux rouillés. Ce bar est un caveau crasseux aux allures cyberpunk, pas vraiment un modèle de salubrité…
Oni pose sa gigantesque main sur mon épaule.
— Bienvenue chez toi, garçon.
Affreusement délabré, certes, mais ce Pays des Merveilles Sans-Merci possède son charme.

*

Le garçon maîtrisa la préparation des boissons en quelques jours. Il ne rechignait pas à discuter avec la clientèle, et possédait un zèle certain pour faire la vaisselle. Nékomékoda m’avait réellement déniché une perle rare ; je devrais lui payer quelques verres à l’occasion. Comme promis, j’emmenais le garçon assez souvent à l’Animate. Pendant que je m’éclipsais dans la section adulte, il partait assister aux projections qu’organisait le magasin, lisait des mangas à la volée. Cela ne me dérangeait pas qu’il traîne autant là-bas, tant que le soir il était derrière mon comptoir. Les habitués appréciaient grandement sa compagnie, même les plus terrifiants. Je l’entraperçus servir Ryujin avec un sourire bienveillant, débattre fiévreusement de magical girls avec des yakuzas inugamis, improviser des haïkus avec un samouraï sans-tête…
Aujourd’hui encore, rien ne semble en mesure de l’intimider. La porte d'entrée grince, un homme d'âge mûr apparaît. Le corps frêle, la peau pâle, des cheveux blancs et soyeux plaqués en arrière, et puis ces yeux azur, indéchiffrables. Un yuki-ossan, il avance en s'aidant d'une canne. À sa suite, silencieuse, une jiangshi cyborg, dont les bras et jambes ont été remplacés par des membres robotiques, sans doute plus faciles à bouger pour une mort vivante. Ils prennent place au comptoir.
— Une citronnade pilée à la lavande pour la demoiselle, un café au saké pour moi.
Le garçon s’exécute avec sa maîtrise habituelle, les boissons sont prêtes en quelques secondes. Le yuki-ossan sirote une lampée de son café, le fait tourner sous sa langue un moment. À son rictus à peine discernable, je devine qu'il est satisfait. De longues minutes passent sans que rien ne vienne troubler le silence qui s'est installé. D'habitude nos clients se montrent nettement plus loquaces, mais cela ne semble pas gêner le garçon. Il nettoie les verres un par un avec la plus grande méticulosité.
Une fois son café au saké terminé, le yuki-ossan est le premier à articuler :
— As-tu déjà assisté à un spectacle de rakugo, mon enfant ?
Le garçon prend le temps de ranger ses verres avec minutie, et répond :
— Je n'ai encore jamais eu ce plaisir, Monsieur.
Le yuki-ossan penche la tête d'un côté, hausse son sourcil.
— Bah... cela ne me surprend pas. Mon art se meurt, je suis l’un des derniers en activité.
Sans doute sous l'effet de la caféine et de l'alcool, le yuki-ossan exhibe un panel d'expressions de plus en plus marquées. Ses yeux azur se baissent légèrement sous le poids de l'amertume.
— Cela vous rend-il triste, que le rakugo se meurt ?
Longue pause. Le yuki-ossan est perdu dans un océan de pensées éparses. On dirait qu’il les rassemble une à une entre ses mains, les scrute avec nostalgie. Il lève de nouveau les yeux pour fixer le garçon, son visage affiche un curieux sourire espiègle.
— Lorsque j'étais jeune, voilà fort longtemps, j'en conviens, qu'un yuki-ossan puisse jouer du rakugo... c'était tout simplement inconcevable. Notre espèce ne sait pas exprimer d'émotions. Cela ne signifie pas que nous ne ressentons rien, mais que ce soit de la terreur ou de l'extrême joie, nos traits ne changent pas. Alors tu imagines bien, la première fois que j'ai assisté à un spectacle de rakugo, je n'en croyais pas mes yeux. Il y avait cet homme-là, assis sur scène, et en quelques gestes, en quelques paroles, il se transformait en univers à lui tout seul, et toute la salle s'esclaffait de ses histoires. J'étais fasciné, complètement obnubilé, et plus l'on me répétait que la chose était impossible pour moi, plus je m'acharnais pour y parvenir. Des nuits entières devant mon miroir, à répéter inlassablement mes répliques jusqu'à dompter mes traits. Et finalement cela a fonctionné. C'est sans doute présomptueux de ma part, mais l'on me considérait comme l'un des meilleurs de ma génération.
— Vous deviez être une idole pour les yuki-onna et ossan.
— Tu ne crois pas si bien dire ! Il y en avait toujours une nuée pour assister à mes spectacles. Un public exécrable, je dois avouer, c'est à peine si je leur arrachais un rictus, ha ha... mais j'aimais quand même cela, je savais qu'au fond je les touchais. Alors pour répondre à ta question, je me sens incroyablement triste, oui. Non pas car le rakugo disparaît, mais parce que mes exploits sont derrière moi, et que je m'éteins petit à petit, seul dans mon coin. Encore hier j'ai failli m'évanouir sur scène en contant la pièce du Shinigami, son spectre était là, avec moi. Il me terrifiait. Je ne veux pas mourir, c'est aussi simple que cela. J'ai beau avoir eu une vie longue et enviable, m'en satisfaire et me dire que je peux m'en aller sans aucun regret... non... beaucoup trop peu pour moi. (il sourit à nouveau, un air de défi dans le regard) Je m'accrocherai au peu de vie qui me reste comme un chien affamé, aussi longtemps qu'il le faudra. Dis, garçon… Tu es un humain, non ?
— Tout à fait, Monsieur. J’ai été ressuscité.
— Alors tu as connu la mort… (les rides du vieil homme se creusent, sa voix est faible) … À quoi cela ressemble, mon enfant ?
— Il n’y a rien de plus horrible, Monsieur. Les derniers instants… cette prise de conscience qu’il n’y aura jamais plus rien après. Jamais, jamais plus rien, pas même le néant, le froid, les ténèbres, la douleur, le désespoir. Rien. Absolument rien de tout cela, Monsieur. La véritable torture, c’est ce corps qui ressent encore, qui sublime la moindre petite chose, et l’obsession impérieuse de s’accrocher au peu de vie qui reste, le plus longtemps possible, par tous les moyens, mais…
Le garçon se tait. Il fixe sa main avec un étrange sourire, puis reprend :
— C’est comme des grains de sable qui filent inlassablement entre les doigts, il n’y a rien qui puisse être fait. Mis à part contempler leur écoulement, en attendant que la mort l’emporte complètement.
— Et pourtant tu es là.
— Je le dois à Dame Oni. Pour cette seconde existence qu’elle m’a offert, je lui suis éternellement reconnaissant. Alors si je m’échine autant derrière ce comptoir, c’est surtout pour ne pas la décevoir.
— En voici une Dame chanceuse, d’avoir un garçon aussi intègre.
— Vous m’honorez, Monsieur.
Je n'avais détourné le garçon que sur un coup de tête, par curiosité. L’idée d’avoir un employé humain me plaisait, les yôkais trouvaient cela flatteur, et puis ça allait sans doute attirer du monde. La prestation coûtait cher, certes, mais je pouvais faire des économies à long terme en lui payant un salaire minimum. C’était… fort irresponsable de ma part. Je l’ai compris au réveil du garçon, à son regard. Je venais de lui donner quelque chose d’inestimable, et je n’étais pas prête à assumer tout ce que cela impliquait. Sauver quelqu’un et devoir en prendre soin, l’idée m’épouvantait. Et si je n’étais pas à la hauteur ? Ç’aurait été comme écrabouiller un moineau sous ma poigne. Sauf que le garçon se débrouillait très bien tout seul, le voir aussi heureux dans ce Pays des Merveilles Sans-Merci, je n’aurais rien demandé de mieux.
Le yuki-ossan paye son addition, puis glisse un petit ticket sur le comptoir.
— Mon spectacle. Passe me voir un de ces jours, avant qu’il ne soit trop tard.
— Ce sera avec grand plaisir, Monsieur.
La jiangshi aide le vieil homme à se relever. Il s'en va lentement, claudiquant sur sa canne comme si le moindre mouvement lui demandait des efforts incommensurables.
Le garçon reste immobile un long moment, à fixer le petit bout de papier entre ses doigts. Puis il se tourne vers moi, le sourire radieux.
Titre: Re : Isekai [AT]
Posté par: JMLC le 02 juin 2018 à 23:01:22
Bonjour WEG,

Quelques remarques de forme :

- « Il respirait à peine, son diaphragme se contractait imperceptiblement, et les lèvres légèrement entrouvertes, on devinait plus qu’on ne ressentait son expiration. » - la partie relative aux lèvres prête à confusion, je trouve. À la première lecture, je ne savais pas s’il s’agissait des lèvres du garçon ou de l’observateur « on ».

- « Alors, le fantôme du garçon se dressa sur le lit, s’assit sur le pan. » - « Alors » est-il nécessaire ?

- « Il tenta ensuite de caresser ses joues, sauf que ses mains traversèrent son visage. » - mais au lieu de « sauf que » ?

- « L’impression de brasser une eau stagnante, ou de la moisissure. » - phrase un peu bizarre, je trouve : brasser de la moisissure ?

- « Son pouls s’accéléra, elle frissonna malgré elle, retint même un cri, puis, avalant quelques goulées d’air, parvient enfin à se calmer. » - parvint.

- « De l’autre côté de la fenêtre, à l’extérieur, une pleine lune ronde pulsait en silence. » -  « De l’autre côté de la fenêtre » n’est pas très utile, je trouve.

- « Nous avions l’habitude de pique-niquer à son orée lorsqu’il fleurissait. » - le terme « orée » est-il applicable s’il n’y a qu’un arbre ? (Je n’ai pas vérifié).

- « Je rassemblai mon ultime inspiration, puis articulait,… » articulai.

- « J’ouvrais les yeux, confus. » - le passé simple serait plus approprié, je trouve.

- « La seule chose dont j’étais certain est que j’étais allongé sur un champ. » - répétition de « étais ». Aussi, allongé dans un champ plutôt que sur.

- « À mesure que le temps passait – lentement, lentement – les contours gagnaient en netteté, et soudain j’écarquillais les yeux. » - écarquillai.

- « Il y avait deux monstres à mon chevet. Celle à gauche était massive, toute en muscles. Elle portait… » - Celui à gauche…

- « À ma droite c'était un bakeneko,… » se trouvait au lieu de « c’était » ?

- « En scrutant ses traits de si près, je comprenais qu’elle ne me cherchait aucun mal. » - qu’elle ne me voulait aucun mal.

- « …mon pied s’enfonça sur une motte de terre, je trébuchais, roulait sur l’herbe, m’étalait complètement dessus. » - roulais.

- « Des larmes chaudes roulaient sur mes joues. » - répétition de « rouler ».

— « Je t’expliquerais plus tard, » - expliquerai.

- « …l’horizon, un océan de verdure ba-layé par le vent. » - balayé.

- « Oni avançait droit devant elle, sans un regard en ma direction. » - dans ma direction.

- « Nous étions hauts, très hauts. » - haut.

- « C'est sans doute présomptueux venant de ma part,… » - « venant » peut être supprimé.

- « Pas car le rakugo disparaît,… » - « pas car » n’est pas terrible. Non pas parce que, à la place ?

Sur le fond, je ne saurais pas dire si j’ai aimé ou non. C’est assez bien écrit, il y a de belles descriptions, l’histoire est très originale, franchement bizarre, en fait. Je dois manquer de références culturelles pour apprécier pleinement. Merci du partage, en tout cas, et bonne chance pour l’AT.

JM
Titre: Re : Isekai [AT]
Posté par: txuku le 03 juin 2018 à 11:52:35
Bonjour

Je me suis laisse bercer par ton texte ..............  :)


J ai juste bute sur
Citer
un chasuble bleu nuit
une ?

Et j ai consulte Gougueule pour
Citer
cicada
tout en me doutant que c etait un genre de cigale !  ;D
Titre: Re : Isekai [AT]
Posté par: Léilwën le 04 juin 2018 à 14:46:13
Coucou WEG,

J'ai trouvé ce texte très agréable... il m'a donné l'impression d'un doux rêve, sensible (j'ai apprécié les émotions posées par touche ça et là).

Citer
O. portait un chasuble
=> unE

Citer
trop grand
=> +e

Citer
Il respirait à peine, son diaphragme se contractait imperceptiblement, et les lèvres légèrement entrouvertes, on devinait plus qu’on ne ressentait son expiration.
=> j'ai l'impression que la phrase devrait être scindée en 2 après "imperceptiblement"

Citer
Son corps gisait encore là, inanimé. O., légèrement surpris, fixa ses doigts, en fit jouer les articulations, comme une marionnette qui se réveillait pour la première fois. Il tenta ensuite de caresser ses joues, sauf que ses mains traversèrent son visage. L’impression de brasser une eau stagnante, ou de la moisissure.
=> je ne comprends pas bien qui caresse l'autre (le fantôme ou le garçon ?)

Citer
Bip.       Tac.       Bip.       Tac.       Bip.       Tac...
=> j'aime bien !

Citer
puis, avalant quelques goulées d’air, parvient enfin
=> parvint

Citer
une pleine lune ronde pulsait en silence
=> :coeur:

Citer
puis susurra d’une petite voix.
=> j'aurais fini la phrase par ":"

Citer
L’enfant se retourna enfin
=> je suis perdue entre l'enfant et le fantôme de l'enfant... (je pensais que c'était le fantôme qui parlait ?)

Citer
Je n’avalais qu’une graine de prunus subhirtella comme petit déjeuner, avec une gorgée d’eau plate pour parvenir à l’avaler
=> la répétition d'avaler me gêne... mais je n'y comprends peut-être rien... :-[

Citer
Je m’étalais
=> -s

Citer
La fin approchait, je le sentais.
Allongé ainsi, une brise passa.
La pointe des brins d’herbe vacilla comme une marée verte. Les rayons du soleil inondaient ma peau, si profondément qu’ils me réchauffaient les os.
Alors, j’eus l’envie impérieuse de dire une dernière chose.
Je rassemblai mon ultime inspiration, puis articulait, sans doute trop faiblement pour que l’on puisse m’entendre.



— Ah, quelle magnifique journée…
=> pfiou...  :s

Citer
et j’en frissonnai
=> +s, non ?

Citer
t le relent de cette matinée douce-amère encore suspendu au chevet de mes paupières
=> :coeur:

Citer
et je respirai
=> +s

Citer
À mesure que le temps passait – lentement, lentement –
=> j'aime bien !

Citer
et soudain j’écarquillais
=> -s

Citer
Maine coon
=> je ne suis pas sûre qu'on mette une majuscule aux noms de race

Citer
J’étais allongé à l’orée d’un cerisier pleureur en fleur, ses longues branches fines se balançaient élégamment au gré du vent. Était-ce mon arbre, celui qui aurait dû pousser jusqu’à atteindre le Takama-ga-hara ?
=> :coeur:

Citer
Voir mon corps s'éveiller ainsi à nouveau me procurait donc un mélange d’excitation et d’appréhension.
=> le "donc" m'a fait buter

Citer
J’ouvrais
=> j'ouvris ?

Citer
On aurait dit un colosse qui fixait un moineau maladif au creux de sa paume, à la fois fasciné et terrifié par la fragilité de la petite bête.
=> :coeur:

Citer
Je relâchais ses mains, marchait
=> marchais

Citer
mon pied s’enfonça sur une motte de terre, je trébuchais, roulait sur l’herbe, m’étalait complètement dessus. Puis je m’esclaffais
=> trébuchai, roulai, m'étalai, m'esclaffai

Citer
Je déglutis, incapable de taire mes tremblements
=> "taire" me fait bugger... "faire taire" ? "cacher" ? "dompter" ? "calmer" ?

Citer
un océan de verdure ba-layé
=> c'est volontaire ?

Citer
et mon cerisier pleureur, seul point de repère au loin, balançait ses branches au bon gré de la brise ; des pétales se détachaient à chaque mouvement
=> :coeur:

Citer
Je suivais l’ogresse comme mon ombre
=> "comme SON ombre", non ?

Citer
lors je prenais mon courage à deux mains et bredouillait
=> pris, bedouillai

Citer
J’obéissais, quelque peu troublé par l'étrangeté de la proposition, mais arrivé à mi-chemin je comprenais enfin. La motte de terre s’affaissait lentement sous mes pieds, et puis plus rien, le vide.
=> obéis, compris (du coup j'ai un doute puisque ça fait 3 fois que tu utilises de l'imparfait de manière "non académique" ????)

Citer
Nous étions hauts, très hauts
=> si c'est l'adverbe de position : "haut" ?

Citer
Elle en porta la pointe à ses lèvres, puis souffla dessus
=> dedans ?

Citer
— Un dragon-taxi, me susurra-t-elle à l’oreille.
=> cool ! :)

Citer
Les embarcations étaient reliées à un nombre incroyable de lanternes volantes, elles devaient les maintenir en suspension comme des montgolfières, même si la chose me paraissait techniquement impossible. Au centre je reconnaissais le légendaire Yamato, je n’aurais pas été surpris qu’ils l’aient détourné, lui aussi. Son antique carcasse avait été fardée d’une fresque aux couleurs pastels, on y voyait une baleine blanchâtre peinte en aquarelle, qui occupait toute la longueur du cuirassé. Sur son corps des nervures sombres, d’où fleurissaient des pétales au rose prononcé. A côté du Yamato, presque aussi imposant, le Musashi. Sur sa coque un soleil rouge sang dont les rayons s’étendaient en toute part, puis juste en dessous des vagues enfiévrées qui s’arquaient. Les canons des deux cuirassés avaient été démontés, et en place des tours brinquebalantes de tôle froissée brillaient sous le feu des néons. Des embarcations de plus petite envergure suivaient derrière le Yamato et le Musashi, il y avait même de minuscules bateaux de pêche dont les étendards étaient fièrement dressés.
=> joli !

Citer
Derrière un jukebox qui murmurait du jazz discret
=> il faudrait une virgule après "derrière" :-[

Citer
Le garçon paraissait prêt, alors je décidais
=> -s

Citer
Je partais
=> je partis ?

Citer
ses bras et jambes
=> ses bras et ses jambes ?

Citer
une mort vivante
=> morte vivante ?

Citer
Je soupirais
=> -s

Citer
Il y avait cet homme-là, assis seul sur scène, et en quelques gestes, en quelques paroles, il se transformait en univers à lui tout seul, et toute la salle s'esclaffait de ses histoires. J'étais fasciné, complètement obnubilé, et plus l'on me répétait que la chose était impossible pour moi, plus je m'acharnais pour y parvenir. Des nuits entières devant mon miroir, à répéter inlassablement mes répliques jusqu'à dompter mes traits. Et finalement cela a fonctionné. C'est sans doute présomptueux venant de ma part, mais l'on me considérait comme l'un des meilleurs de ma génération. J'ai même longtemps été une sorte d'idole pour les yuki-onna et ossan, il y en avait toujours une nuée pour assister à mes spectacles.
=> j'aime bien !

Citer
(il sourit à nouveau
=> manque une majuscule à "Il"

Citer
Je m'accrocherais
=> -s

Citer
Je quittais
=> -s

Citer
D'un coup je l'entendais
=> l'entendis ?

Citer
qu'un enfant aphone hurlait au fond de moi
=> :coeur::coeur::coeur:

Voilou !
:oxo:
Titre: Re : Isekai [AT]
Posté par: WEG le 04 juin 2018 à 16:02:44
Merci pour vos retours, je prends note de tout ça.
Titre: Re : Isekai [AT]
Posté par: Nacas le 05 juin 2018 à 18:02:10
Salut,

J'ai eu l'impression, à la lecture, qu'il manquait un peu ; de la douceur, un peu de subtilité, une distance, un... respect ? Je ne sais pas. À vrai dire, j'avais une sale impression de trop rapide, trop raide et pas assez affiné. Avec une sorte de manque de justesse que j'ai pris pour feint au début, puis pour de la fausse fausseté. En fait, j'ai confirmé mes soupçons en lisant le spoiler, que je viens de remarquer : tu es trop serré, non ?
Il n'y a qu'à voir le début, la description est rigide, puis : "régnait une pénombre ensommeillée" ; belle, mais comme un amuse-gueule. Je crois comprendre des choix, des phrases, une virgule, celle-ci : "Un garçon était allongé sur le lit, son prénom commençait par un O.", mais finalement je n'aime pas le reste, les égratignures, qui ne sont pas grand-chose ; mais bien sûr, que c'est grand-chose. Surtout quand elles sont parsemées à dose importante. Par exemple :
Citer
Il était formellement interdit de se montrer irrespectueux envers l’esprit des futurs défunts, consciente de son erreur, l’infirmière se mordit la lèvre inférieure.
N'est-ce pas déroulé ? Je me serais satisfait de "Il était formellement interdit de se montrer irrespectueux envers l’esprit des futurs défunts ; l'infirmière se mordit la lèvre inférieure, consciente."

En fait, je vois un peu partout des choses comme ça, et j'aurais bien du mal à les corriger, à les reprendre, parce que ça ne passe pas forcément mieux autrement, comme si l'écriture s'était non pas tant rigidifiée elle-même, mais enclose dans un moule trop dur. Bon, j'ai lu sans pioncer, et je ne me suis pas mordu de lèvre moi, mais ça m'a manqué de jeu, de subtil roulis ou d'endiablés tangos. J'aurais d'autres relevés à faire, notamment par-rapport au plafond de la chambre, dont le traitement (trente mètres !) ne m'a pas trop satisfait, un peu trop vraiment plat peut-être.

Voilà, je crois que j'ai trouvé : j'arrive à m'immiscer dans l'ambiance du texte, mais je n'arrive pas à la faire correspondre avec la sienne. Je m'explique : il semble m'en sortir quand j'ai l'impression d'y être : son ambiance me lasse, se lasse ? Mais, après tout, est-ce moi qui ai un problème. Te berce-t-il, ce texte ? Passons.

Je ne me suis pas trop retrouvé dans le personnage de l'ogre, pas tant non plus dans celui d'O. (dont le prénom a été raccourci pour cause de limitations matérielles au fait ? (nan, je sais bien que c'est le self-insert) c'est dommage, ça retire encore un levier pour faire entrer du roulis ou du subtil), et pas finalement dans la ville des yokais. Aussi, mais c'est mon jeu à moi :
Citer
"Ma question était sans doute trop directe, ou peut-être fut-elle surprise que j'eusse deviné ma situation aussi prestement."
La seconde option, ne serait-ce pas ironique.

Dans la présentation de la ville, je n'ai pas pressenti la grandeur, l'imposant, la majesté un peu futile d'un quotidien d'entre-monde, sans trop que je sache, on y était et puis on servait. L'apprentissage du serveur aussi, n'est-il pas trop rapide ? Trop rapide en fait comme au tout début, avec la transmue en esprit, avec le retour de ses sensations, une fois mort, avec...

Ce yuki-ona, bien qu'indisposé par des questions un peu trop peu subtilement trop fines de notre self-insert, m'a plu, je l'ai trouvé amusant, un peu plus gai que le reste, il avait sa tache de couleur, il était expressif, dans sa blancheur dont la Lune n'avait pas pu transparaître, et puis dans son rire. Et puis parasité par quelques imprécations, du même type qu'auparavant : moule rigide ou rigidifié.

Je n'ai pas aimé la fin, je n'ai pas aimé la prosternation d'O., et je n'ai pas aimé la fausse dureté d'Oni, potache, inamusante, invraisemblable ainsi, dans un point de vue interne.


Ha, mais j'ai lu quand même, jusqu'au bout, et puis ça s'est délié tout seul, alors on ne pourrait pas dire que c'est raté. À quelques mesures, on pourrait bien dire que c'est réussi. Mais bon, quelles mesures.
Quelles mesures.

J'avais promis que je viendrais !
N'est pas de promesse, que Nacas tient pas.

N'est pas de promesse !
Nacous.
Titre: Re : Isekai [AT]
Posté par: WEG le 05 juin 2018 à 19:08:47
C'est sympa d'être passé.
J'y travaille.
Titre: Re : Isekai [AT]
Posté par: gage le 12 juin 2018 à 10:47:02
Tu nous diras quand c'est plus en chantier ? Ou bien ce sera trop tard pour ton AT ?

Une seule remarque, en passant : une chambre ne peut pas être distendue, c'est impropre, ou bien dans un conte ou une hallucination...

Bisou

Titre: Re : Isekai [AT]
Posté par: Miromensil le 12 juin 2018 à 10:48:55
Je comptais lire demain après mon exam aussi... du coup la réponse à la question de Gage m'intéresse aussi ^^
Titre: Re : Isekai [AT]
Posté par: WEG le 12 juin 2018 à 11:01:50
Je vous le dirais oui, pour l'instant ça avance dans son coin.
Titre: Re : Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci [AT]
Posté par: gage le 17 juin 2018 à 22:14:11
Salut mon WEG !
je te le dis tout de suite et t'en demande infiniment pardon, le temps court, ta dead-line approche, alors je vais commenter, mais sans jolies formes, à la va-vite. Ce ne sera pas froideur, mais juste urgence, ok ?

Ses paupières sont éternellement closes : tu es dans le présent, tu ne peux pas dire ça, tu es dans une description visuelle, et ça ne peut pas se voir que c'est éternel.

le pan du lit : discutable

brasser une eau stagnante. : si tu caresses, tu ne brasses pas

puisse-il : puisse-t-il

Je m’étalai sur le gazon : m'allongeai serait beaucoup plus joli

le relent de cette matinée douce-amère est toujours suspendu au chevet de mes paupières : un relent c'est à la base, une mauvaise odeur... et puis je suis pas hyper convaincu par le chevet des paupières, surtout que tu as déjà parlé du chevet du cerisier, et que tu le réutilises encore deux lignes plus loin

Car c’est exactement ce que t’es : "car" utilisé comme ça me paraît impropre

détournement de mineur : ce qui apparaît comme un jeu de mot n'est vraiment pas dans le ton du reste du récit

mon onigiri .Perché : espace du mauvais côté du point

 leTakama-ga-hara : espace

Cela soutire un sourire : pas fan... arrache ?

Elle en porte la pointe à ses lèvres : l'embouchure serait plus correct.

en place des tours brinquebalantes de tôle froissée brillent  : je ne comprends pas la phrase

Voilà mon grand. Tu es dans ton élément, avec ce texte, tout un vocabulaire et un monde qui m'échappe. Cela n'est pas grave, j'ai plutôt aimé et retrouvé cette atmosphère que j'avais croisée dans des dessins animés, mêlant la poésie, au grotesque de l'aspect de certains personnages, l'onirisme au réalisme au sur naturel...
C'est du bon boulot, rien à dire de plus, très visuel, sans doute apte à convaincre les fan.

Une dernière chose : lorsque l'enfant se relève, couvert de pétales de cerisier, ces pétales tu ne les utilises pas, alors que l'image serait si belle à décrire, lorsque qu'ils se détachent de lui les uns après les autres.

Voilà, bonne chance, bon courage, et excuse-moi encore d'avoir été télégraphique.

Bises


Titre: Re : Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci [AT]
Posté par: WEG le 17 juin 2018 à 22:38:53
Merci beaucoup gage !
Pas de souci pour la télégraphie, c'est déjà très cool que tu sois passé  ^^
Je corrige en fonction de tes remarques o/
Titre: Re : Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci [AT]
Posté par: Kailiana le 18 juin 2018 à 21:01:24
edit :
(je fais un peu vite désolée... hésite pas à poser des questions)

Premier paragraphe : tu n'as que des phrases en "blabla, blabla" avec une virgule donc ça fait monotone

Citer
une aura blanchâtre germe des membres du garçon, l’enveloppe entièrement. La matière est malléable, à la manière d'une vapeur dense et opaque.
tu parles d'une aura (donc immatérielle) puis finalement non, ça oblige à rectifier sa représentation

Citer
La matière est malléable, à la manière d'une vapeur dense et opaque. Le fantôme du garçon se dresse
on comprend que la matière forme le fantôme mais j'ai l'impression qu'il manque une étape

Citer
sauf que ses mains traversent son visage ; l’impression de brasser une eau stagnante.
le point virgule ça fait une vraie coupure. Du coup quand je lis j'ai l' image des mains qui traversent le visage sans résistance ; puis finalement si c'est de l'eau stagnante ya quand-même une résistance

Citer
puis rampe avec lenteur aux souliers de l’infirmière.
jusqu'aux souliers ?
Citer
Le fantôme se retourne enfin,
il regardait déjà l'infirmière
Citer
Le lendemain, à l’aube, mon corps a émergé du coma dans lequel il était plongé depuis des années.
passé composé mais la suite est essentiellement au passé simple (vérifier tout le paragraphe, j'ai pas fait gaffe si y'en a d'autre)
Citer
Ma mère ne m’avait pas lâché la main, j'eus même l'impression que sa poigne se resserra davantage. Je m’étalai sur le gazon, dans une zone bien dégagée. Les brins d’herbe me chatouillaient la peau, ils étaient encore imprégnés de rosée.
encore une fois je trouve qu'il y a beaucoup de phrases en "blabla, blabla"
Citer
des choses inintelligibles, un langage qui m’est inconnu.
formulation bizarre/bof ; "d'un langage" ?
Citer
J’étais allongé au chevet d’un cerisier
"j'étais allongé" ça fait bizarre comme il s'est relevé ; "je me trouve sous" ou équivalent ?
Citer
Ma vision se brouille, mes forces m'abandonnent, je perds connaissance... mais avant que je ne m'écroule complètement, une main gigantesque enserre mon bras. J’ouvre les paupières, le visage de l’ogresse est à quelques centimètres du mien, son haleine brûlante réchauffe ma peau.  [etc]
pourquoi dire qu'il perd connaissance si ensuite tu continues de décrire plein de trucs et que donc il ne perd pas connaissance ?
(d'autant que dans la suite c'est pas une simple description il y a toujours "je")
Citer
L’ogresse se tourne vers le bakeneko , elle doit être sacrément énervée,
je n'ai pas du tout senti son énervement
Citer
Cette matinée où mon corps s’était éteint, je savais pertinemment qu’il s’agirait là de mon dernier souvenir, que je devais donc profiter de la moindre sensation, de toutes les images et les sons qui s’offraient encore à moi, avant qu’il ne soit trop tard. Et… c’était réellement magnifique… ce jardin qui grouillait de vie sous la fraîcheur de l’aube. Je n’aurais pu espérer un trépas plus paisible, allongé sur l’herbe, entouré de mes parents, bercé par le chant des arbres. Mais… en cet instant, cela hurlait tellement au fond de moi, cela pleurait, ça se débattait, ça se déchirait sans fin, et la chose était insupportable, car je n’avais littéralement pas la force de l’exprimer. Alors je restais là, immobile, sans espoir, sans espoir aucun, à attendre ce dernier soupir qui me terrorisait et contre lequel je ne pouvais rien. Pourtant je ne voulais pas mourir, je ne voulais pas mourir, je ne voulais pas mourir, mais mon corps… refusait de m’obéir. Il ne m’appartenait plus. Je m’enfonçais dans l’abîme, enchaîné à lui. Et autour de moi c’était de plus en plus sombre et froid. Soudain un flash de lumière, de la chaleur. Un leurre, mais un leurre bienvenu contre cette mort imminente. Une matinée resplendissante. Ce devait être mon dernier souvenir, sauf que les yôkais en avaient décidé autrement.
le paragraphe fait sorti de nul part ,j'avoue le trouver très maladroit
Citer
Cela n’arrange pas ma nausée,
j'avais un peu l'impression que sa nausée était passée
Citer
sauf qu’une chose extraordinaire capture
chose+extraordinaire = bof, ça décrit rien, j'aurais au moins remplacé "chose" par "vision" ou un truc du genre
Citer
d’une immense cité aérienne / un nombre incroyable de lanternes célestes
j'ai l'impression que dans ce texte tu aimes bien les superlatifs, extraodinaire, immense, incroyable... ici j'aurais au moins reformulé "un nombre incroyable de lanternes", par exemple en "d'innombrables lanternes", bref être un poil plus subtil et décrire plutôt que de dire "c'est énorme c'est fantastique etc"
Citer
Sur son corps des nervures sombres, d’où fleurissent des pétales au rose prononcé.
formulation bof
Citer
À côté du Yamato, presque aussi imposant, le Musashi.
parfois les phrases sans verbe ça fonctionne. Souvent l'effet rate un peu... ici je trouve ça bof, surtout que tu continues dans la phrase suivante
Citer
Une punkette kitsune à l’air farouche, habillée en maid et qui tend à contrecœur des prospectus aux passants.
pour donner plus de vie à la scène, tu peux virer le "qui" : "une kitsune, habillée en maid, tend à contrecoeur... "
Idem pour les phrases suivantes, pour qu'on ait l'impression que la ville soit vraiment vivante, alors que là ça fait vraiment "tableau descriptif"
Citer
mais ce Pays des Merveilles Sans-Merci possédait son charme.
pourquoi de l'imparfait ?
Citer
Le garçon était doué, à la fois intelligent et habile de ses mains. Il maîtrisa la préparation des boissons en quelques jours, ne rechignait pas à discuter avec la clientèle, et possédait un zèle certain pour faire la vaisselle. Nékomékoda m’avait réellement déniché une perle rare,
je trouve la transition un peu abrupte, enfin le problème c'est pas que ce soit abrupt, mais je pense que c'est pas forcément LA phrase la plus adaptée comme introduction de cette partie.
Parce que les infos à faire passer le plus vite possible, c'est 1) on change de narrateur 2) un certain temps s'est passé. Et en même temps "Le garçon était doué, à la fois intelligent et habile de ses mains."  c'est pas super impactant (et l'info qu'il soit doué/habile n'est pas la plus essentielle rapidement).
Par exemple en commençant plutôt par "Le garçon maîtrisa la préparation des boissons en quelques jours." (point, et ensuite tu enchaines), ça donne + d'info + vite : on sait tout de suite que le garçon c'est bien O. (avant la première phrase pouvait laisser un doute) et que qqs jours au moins se sont écoulés. Une ou deux phrases courtes qui continue sur cette description puis enchaînement sur "je" pour être sûr de qui parle (bref selon moi en fait c'est juste supprimer la première prhase "Le garçon était doué, à la fois intelligent et habile de ses mains." et modifier un poil la suite mais à peine). Je trouve que ça enchaine mieux.
Citer
Nékomékoda m’avait réellement déniché une perle rare, je devrais lui payer quelques verres à l’occasion. 
j'aime pas le rythme de la virgule, j'aurais mis ; ou - (ou reformuler la 2eme partie)
Citer
tant que le soir il était derrière ce comptoir à servir mes clients.
possible de trouver une formulation un peu mieux
Citer
la peau incroyablement pâle,
plutôt que "incroyablement", décrire comment elle est pale
Citer
une jiangshi cyborg, ses bras et jambes ont été remplacés par des membres robotiques, sans doute plus faciles à bouger pour une mort vivante.
"dont les bras et jambes" ?
Citer
son visage affiche un authentique sourire espiègle.
"authentique" bof
Citer
Lorsque j'étais jeune, voilà fort longtemps, j'en conviens, qu'un yuki-ossan puisse jouer du rakugo... c'était tout simplement inconcevable.
t'es pas le seul à le faire mais j'aime vraaaaaiment pas la formulation "que... c'était". Pourquoi pas juste écrire "il était tout simplement inconcevable que ..." ? c'est plus clair et plus joli...

Sur le monologue : ça passerait possiblement mieux si le garçon posait une quetsion de plus pour que l'autre enchaine à raconter son histoire et que ça paraisse naturel
Citer
Dis, garçon… Tu es un humain, non ?
— Tout à fait, Monsieur. J’ai été ressuscité.
— Alors tu as connu la mort… (les rides du vieil homme se creusent, sa voix est faible) … À quoi cela ressemble, mon enfant ?
ça c'est vraiment cool comme lien
Citer
Cette histoire de détournement, je ne l’avais vraiment tentée que sur un coup de tête, par curiosité.
comme Oni n'est pas intervenue durant un moment, c'est un peu brutal comme retour à son point de vue. J'aurais introduit par un truc moins abrupt, genre "Je ne m'étais jamais mis à sa place", ou juste changer la formulation "je n'avais pourtant détourné le garçon que sur un coup de tête", pour rappeler + rapidement qui est le "je" (là commencer par "cette histoire de détournement", ça sort de nul part, le lecteur n'est plus concentré sur ça mais sur l'histoire du yuki-ossan)
Citer
Sauf que le garçon se débrouillait très bien, le voir aussi heureux dans ce Pays des Merveilles Sans-Merci, je n’aurais rien demandé de mieux.
formulation bof. Plutôt "Sauf que le garçon se débrouillait très bien seul. Le voir aussi heureux dans ce Pays des Merveilles Sans-Merci [me remplissait de joie ou truc du genre moins bateau]." par exemple, ou autre
Citer
comme si le moindre mouvement lui demandait des efforts incommensurables.
demande ?


La fin est beaucoup mieux comme ça !
J'ai vraiment chipoté, mais j'ai fait des commentaires rapides donc je sais pas trop si tout est compréhensible...
Je trouve toujours que le texte commence vraiment à partir de "— Il est tout maigrichon.", les deux passages d'avant, j'accroche moyen, mais c'est peut-être moi.
En relisant le début :
- ok pour le tout début 3eme personne présent
- par contre je comprends pas pourquoi la 2eme partie est à la 1ere personne passé. Parce qu'ensuite c'est de la 1ere personne présent. Donc on passe de présent à passé à présent. Je comprends l'impression que ça donne, ça donne un effet plus ouaté, irréel, mais dans la globalité du texte, je trouve bizarre qu'on ait 3eme pers présent / 1ere pers passé / 1ere pers présent : autre 1ere pers présent.
Ca fait possiblement parti de pourquoi je trouve ce passage trop en dehors du reste. Disons que pour que CE passage tout seul rende le mieux possible, oui ok le 1ere pers passé c'est bien. Mais avec le reste, je trouve que ça fait bancal. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire ? ><
Et si je détaille ce passage (avant la mort), je m'aperçois que niveau temps y'a quelques trucs bancals :
Citer
mon corps a émergé du coma
Citer
Une année, je me souviens qu'un pétale s’était déposé sur mon onigiri.
"je me souviens" en fait c'est du présent
Citer
J’hésitai longuement, me demandant s'il valait mieux l’épousseter sagement, ou voir quelle saveur il pouvait avoir. Ma curiosité l’avait emporté, je le gobai donc avec une petite bouchée de riz... aucun goût en particulier.
tous ces verbes sont normalement au même temps
comme ça me parait difficile de passer à la 3eme personne pour coller au début du texte, ça me paraitrait plus logique de passer à la 1ere pers présent, mais il faut accepter de perdre l'effet "sépia/ouaté" du passé... et que ce soit le même temps que la suite
C'est pas totalement idéal non plus... là tout de suite je sais pas trop comment faire (bon sinon tu laisses comme ça en corrigeant juste les quelques temps pas appropriés, ça passe aussi, je chipote)

Mais sinon tout le dernier passage est vraiment mieux, avec la mortalité de O., et les réflexions de Oni. Et la phrase de fin.
Titre: Re : Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci [AT]
Posté par: Miromensil le 21 juin 2018 à 09:47:43
Oi,

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Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci
Perso j’aurais trouvé que le titre aurait été plus mieux s’il avait été « Isekai au Pays Sans-Merci » mais c’est subjectif ‘-‘

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Ses murs blancs se sont allongés au fil du temps, maintenant le plafond culmine à une hauteur de trente mètres.
Ses murs blancs se sont allongés au fil du temps, maintenant le plafond à une hauteur de trente mètres.
Au début j’avais lu la phrase ainsi

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Le fantôme du garçon se dresse, s’assoit sur le pan du lit.
Sur le bord du lit ? Je pense pas qu’on puisse s’asseoir sur un pan

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Le lendemain, à l’aube, mon corps émergea du coma. J'allais pouvoir être conscient de mes derniers instants.
Je comprends pas pourquoi c’est du présent, puis du passé simple + imparfait (alors que ça a l’air d’être la suite du premier §)
Ah ok, c’est un flash-back. Mais tout une partie se rapporte quand même au temps présent (le fait qu’il va servir de terreau à un cerisier, etc), c’est ça qui m’a fait bizarre

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Moi c’est Oni, lui c’est Nékomékoda, il est capable de ranimer les âmes défuntes en bondissant sur leurs tombes.
Mais lol :D

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La tige qu’il mâchouille semble être imprégnée d’huile de lampe,
D’huile de palme  :aah:

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Plus jolis que celui qui a atterri sur mon onigiri .P
Espace au mauvais endroit

Citer
Ce devait être toutes les personnes qui s'élevaient vers leTakama-ga-hara, i
manque un espace

Citer
Cela soutire un sourire à l’ogresse,
soutire… ? ou « vaut » ? enfin ça me semble pas être le mot que tu cherchais

Citer
Le dragon – aveugle à en croire ses yeux éteints – lève le menton et vient se garer sous nos pieds.
garer :mrgreen: ça fait un peu anachronisme
Aaaaah non, c’est le bon mot ! chouette idée ^^  (ça fait penser au chat-bus)

Citer
— Mais c’est une boutique Animate ?!
Quand on connait tes influences ^^

Citer
Oï, Enoshima, nous descendons là !
Mais c’est qu’ils se saluent en portugais ou je suis une quiche en langues ?

Désolé, j’ai pas pu faire un commentaire détaillé, étant donné que la date limite est aujourd’hui et que demain j’ai mon dernier examen. Du coup je passe pour dire que j’ai lu et que j’ai passé un bon moment. C’est le type de texte qui te fait oublier ta condition du présent (je suis derrière un bureau etc) pour te propulser dans un ailleurs, et ça c’est cool.

Pour creuser plus loin… ça doit être parce que c’est écrit pour un AT mais j’y ai peut-être pas retrouver toute la fougue/ou toute la hargne/autre émotion qui vient de loin que j’ai pu ressentir en lisant d’autres trucs de toi. Mais vraiment c’est rien, je pense que c’est juste que le sujet de l’AT ne s’y prêtait pas. Et ça restait une belle lecture ^^

Bonne chance pour l’AT !
Titre: Re : Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci [AT]
Posté par: WEG le 21 juin 2018 à 11:14:32
Ne t'en fais pas Miro, ça fini le 26, j'ai encore le week-end pour le rebosser.
Merci aussi Lial, je vais voir ce que je peux faire pour le paragraphe  ;)
Titre: Re : Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci [AT]
Posté par: Miromensil le 21 juin 2018 à 11:22:03
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Ne t'en fais pas Miro, ça fini le 26, j'ai encore le week-end pour le rebosser.
Ah ok, c'est parce que tu m'avais dit par mp que c'était le 21 ^^
Titre: Re : Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci [AT]
Posté par: WEG le 21 juin 2018 à 19:36:02
J'ai enfin le temps de répondre en détail :

@gage
Ses paupières sont éternellement closes : tu es dans le présent, tu ne peux pas dire ça, tu es dans une description visuelle, et ça ne peut pas se voir que c'est éternel.

le pan du lit : discutable

puisse-il : puisse-t-il

Je m’étalai sur le gazon : m'allongeai serait beaucoup plus joli

le relent de cette matinée douce-amère est toujours suspendu au chevet de mes paupières : un relent c'est à la base, une mauvaise odeur... et puis je suis pas hyper convaincu par le chevet des paupières, surtout que tu as déjà parlé du chevet du cerisier, et que tu le réutilises encore deux lignes plus loin

détournement de mineur : ce qui apparaît comme un jeu de mot n'est vraiment pas dans le ton du reste du récit

mon onigiri .Perché : espace du mauvais côté du point

 leTakama-ga-hara : espace

Elle en porte la pointe à ses lèvres : l'embouchure serait plus correct.

en place des tours brinquebalantes de tôle froissée brillent  : je ne comprends pas la phrase

Je suis d'accord + corrigé !

brasser une eau stagnante. : si tu caresses, tu ne brasses pas
Il ne caresse pas car sa main traverse le visage.

Car c’est exactement ce que t’es : "car" utilisé comme ça me paraît impropre
Oralement ça passe pour moi.

Une dernière chose : lorsque l'enfant se relève, couvert de pétales de cerisier, ces pétales tu ne les utilises pas, alors que l'image serait si belle à décrire, lorsque qu'ils se détachent de lui les uns après les autres.
Y'a plein de choses à exploiter mais pour des questions de longueur je ne peux pas rajouter une ligne de plus.

@Lial
Premier paragraphe : tu n'as que des phrases en "blabla, blabla" avec une virgule donc ça fait monotone
Je trouve que ça colle bien à la monotonie de la première partie.

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une aura blanchâtre germe des membres du garçon, l’enveloppe entièrement. La matière est malléable, à la manière d'une vapeur dense et opaque.
tu parles d'une aura (donc immatérielle) puis finalement non, ça oblige à rectifier sa représentation
Pour moi l'aura est une masse de vent, donc matérielle.

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L’ogresse se tourne vers le bakeneko , elle doit être sacrément énervée,
je n'ai pas du tout senti son énervement
C'est raconté du point de vue de l'enfant, et il reste assez extérieur aux émotions de l'ogresse.

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Cela n’arrange pas ma nausée,
j'avais un peu l'impression que sa nausée était passée
Pas complètement, elle est revenue avec le vol.

Citer
la peau incroyablement pâle,
plutôt que "incroyablement", décrire comment elle est pale
Cela me prendrait trop de place.

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Lorsque j'étais jeune, voilà fort longtemps, j'en conviens, qu'un yuki-ossan puisse jouer du rakugo... c'était tout simplement inconcevable.
t'es pas le seul à le faire mais j'aime vraaaaaiment pas la formulation "que... c'était". Pourquoi pas juste écrire "il était tout simplement inconcevable que ..." ? c'est plus clair et plus joli...
Je préfère garder comme ça.

Pour le reste c'est rectifié.

@Miro
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Cela soutire un sourire à l’ogresse,
soutire… ? ou « vaut » ? enfin ça me semble pas être le mot que tu cherchais
Si si. Soutirer.

Citer
— Mais c’est une boutique Animate ?!
Quand on connait tes influences ^^
One of us  _/-o_

Citer
Oï, Enoshima, nous descendons là !
Mais c’est qu’ils se saluent en portugais ou je suis une quiche en langues ?
Oï (https://www.youtube.com/watch?v=FB4DGtMTwaA)

C’est le type de texte qui te fait oublier ta condition du présent (je suis derrière un bureau etc) pour te propulser dans un ailleurs, et ça c’est cool.
C'est un Isekai quoi.
Titre: Re : Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci [AT]
Posté par: Kailiana le 21 juin 2018 à 23:21:22
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Pour moi l'aura est une masse de vent, donc matérielle.
c'était pas DU TOUT la vision que j'avais, avec "aura" j'imagine vraiment une espèce de lumière immatérielle (c'est dommage parce que ton idée est plus jolie)
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Citer
je n'ai pas du tout senti son énervement
C'est raconté du point de vue de l'enfant, et il reste assez extérieur aux émotions de l'ogresse.
je reformule : ok je n'ai pas ressenti son énervement, ça c'est pas grave, mais surtout j'ai trouvé que ça ne cadrait pas avec le reste de la description, quand je me représente la scène, je vois l'ogresse comme le reste du temps dans le texte, c'est à dire assez neutre niveau émotions, et tout d'un coup tu me dis qu'elle est énervée et ça cadre pas du tout avec l'image que j'ai d'elle. Surtout qu'avec la phrase :
Citer
L’ogresse se tourne vers le bakeneko , elle doit être sacrément énervée, puisque ce dernier tente de l'apaiser en levant ses coussinets.
j'imagine d'abord l'ogresse se tourner, je la vois comme avant, donc plutôt neutre, et puis finalement j'apprends qu'elle est "sacrément énervée", ce qui est + que "juste énervée", et en plus le bakeneko réagit face à cet énervement, donc ça m'oblige à complètement modifier mon image mentale (si tu dis d'abord qu'elle est énervée puis qu'elle se tourne, ou qu'elle se tourne énervée, ça passerait mieux, je sais pas si tu vois ce que je veux dire ? ou alors dire qu'elle se tourne puis qu'elle a un air énervé, mais là ça donne l'impression (après coup) que en fait quand elle s'est tournée elle était énervée))
(bon ça reste du chipotage de lecture lente)
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        la peau incroyablement pâle,

    plutôt que "incroyablement", décrire comment elle est pale

Cela me prendrait trop de place.
la peau pâle comme du blanc d'oeuf / pâle comme le nâcre (ok c'est pourri comme comparaison il est tard) ça prend pas bcp plus de place :p même si un peu plus ok. C'est juste que dans ce texte y'a beaucoup de superlatif et c'est dommage (c'est pas possible de juste retirer "incroyablement" ? à voir dans le passage je ne me souviens plus)
Titre: Re : Isekai au Pays des Merveilles Sans-Merci [AT]
Posté par: WEG le 22 juin 2018 à 00:32:59
je reformule : ok je n'ai pas ressenti son énervement, ça c'est pas grave, mais surtout j'ai trouvé que ça ne cadrait pas avec le reste de la description, quand je me représente la scène, je vois l'ogresse comme le reste du temps dans le texte, c'est à dire assez neutre niveau émotions, et tout d'un coup tu me dis qu'elle est énervée et ça cadre pas du tout avec l'image que j'ai d'elle.
Elle n'était même pas vraiment énervée, j'ai changé par agacée, ça me semble plus approprié.

la peau pâle comme du blanc d'oeuf / pâle comme le nâcre (ok c'est pourri comme comparaison il est tard) ça prend pas bcp plus de place :p même si un peu plus ok. C'est juste que dans ce texte y'a beaucoup de superlatif et c'est dommage (c'est pas possible de juste retirer "incroyablement" ? à voir dans le passage je ne me souviens plus)
Va pour retirer, ça sonne un peu mieux  ^^