Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => Salle de débats et réflexions sur l'écriture => Discussion démarrée par: Alan Tréard le 29 juillet 2015 à 12:33:24

Titre: Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Alan Tréard le 29 juillet 2015 à 12:33:24
EDIT du 24 nov 2015

Ce topic est dépassé...  ;)
Je vous invite à aller consulter le sujet : Transformation de l'édition (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=19141.new#new) qui propose une analyse un peu plus poussée de la crise du livre.


Bonjour à tous les passionnés,

Et à toutes les passionnées aussi,

Sommes-nous vraiment là où nous sommes !? Ou bien ailleurs ?

Quel été plein de chaleur ! Il ne fait pas froid. C'est agréable.

Un message de plus sur le forum ! Voici mon message. Il s'adresse à vous :

Heureux de vous écrire,

C'est moi, Alan.

En forme ?

Comment allez-vous ? Avez-vous le temps de lire cet été ? Avez-vous découvert de nouveaux auteurs ? de nouvelles éditions ? de nouvelles parutions ?

Bonjour à vous ! Quel bonheur... Bonjour aux amoureux des mots,

Et peut-être est-ce là mon dernier bonjour ? Ah... Misère... J'en suis désolé. Qui sait ce que je suis en train de faire ? Oh... Horreur... Quel danger ! Allez-vous me tuer ? Je vous en prie, faites preuve de tolérance... Suis-je dans l'erreur et la folie ? Non ? Oui ? Suis-je en danger ? ou bien ailleurs ? Il y a parfois des sujets que l'on n'ose plus aborder, simplement dans le sens où l'on a peur d'en mourir ! Il y a des questions impossibles à poser.

Vais-je en mourir ? Oh...

Je m'adresse à vous d'un air de défi et surtout d'humilité : suis-je en train de lever un tabou ? Non ? Peut-être ? Alors je m'en vais défier tous les secrets du monde : et poser enfin cette question tant attendue. La voilà... Commençons par tout exposer : Pensez-vous que ce soit vraiment la fin du livre ? que tout est en train d'effacer les derniers mots écrits, et que ce sera bientôt l'anarchie ou... que sais-je !? Pensez-vous que le livre n'a plus que quelques années à vivre, avant de disparaître, mort, brûlé, voire effacé des vieux souvenirs ? Est-ce seulement possible ? Pensez-vous que ça puisse être déjà la fin ?

Drôle de question, n'est-ce pas ? Vaste question... Je peux comprendre votre surprise. Elle est légitime. Pourtant c'est un discours très sérieux que j'entends ces derniers temps, telle une redondance oppressante. Ça n'est pas très rassurant. On me dit que le livre n'existe plus vraiment ; les mots sont les suivants : « Le livre était vraiment une belle invention dans le temps, à l'époque ancienne, voire très ancienne, or maintenant l'internet est bien plus cool encore. » Et ensuite on ajoute : « Le livre n'a plus aucune valeur : il est bientôt mort. » Incroyable ! Terrifiant... Ce que je dis là pourrait très bien s'apparenter à une caricature, et pourtant c'est un discours qui génère beaucoup de soutiens. C'est devenu un vrai débat. Comme une vérité. Il y a effectivement une très large opinion qui surenchérit sur la fin supposée du livre. Le problème, il se pose pour l'auteur. Que faut-il en penser ? Pensez-vous qu'être auteur n'a plus de sens aux oreilles de tous, tel un métier du passé, et qu'il vaudrait mieux maintenant s'orienter vers le job d'informaticien ?

J'attends votre réponse.

Bien sûr, ceci est un sujet très sérieux, et je me suis fait mon idée sur la question ; or il vaut mieux garder mon opinion pour moi-même, et poser la question à plus de monde afin de mieux saisir l'ampleur de la crise. Il faut toujours faire un petit effort pour mieux comprendre les choses. Plus on se confronte aux sujets, plus on a de réponses. Quelle est cette crise du monde littéraire dont personne ne veut parler ? Est-ce que ça va empirer ? Suis-je dans l'erreur ? C'est extrêmement important. Il ne faut pas fuir les débats importants. J'ai vraiment besoin de connaître vos valeurs et vos croyances. J'ai besoin de votre regard sur l'instant présent. Car je crois effectivement qu'il y a une crise du monde littéraire, que ce genre de discours ne naît pas seul au milieu de rien. Seul un facteur important, grave, sérieux peut amener des déclarations aussi catégoriques, claires, néfastes. Il y a donc quelque chose d'anormal dans le monde du livre. Hier je me suis dit : « Alan, il faut que tu te confrontes au sujet, que tu le portes sur les antennes et le web ! Il faut aborder les questions difficiles autant que les questions faciles. Alan, il faut que tu comprennes mieux quel est l'avis de chacun, qui pense quoi. »

Alors me voici aujourd'hui à m'adresser à vous en espérant que ce sujet n'est pas un sujet « inabordable, » et que vous oserez me donner votre vision des choses, tout en prenant en considération ma sincérité. J'espère que ce ne sera bientôt plus un tabou.

Pensez-vous qu'il y ait une fin à tout ?

Et quelle est vraiment cette crise ?

Signé Alan TRÉARD.
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: autofic le 29 juillet 2015 à 12:43:56
Salut

Pour moi, le livre c'est plus qu'un écrit.
Un livre c'est un objet de collection.
C'est un objet qui vit, qui vieillit, qui respire.

Internet ne me permet pas de voir l'objet, ni les e-books.
Internet ça se vit pas comme le papier.

Par contre, je pense que le marché du livre (papier) ne se renouvelle pas beaucoup. Zulma font des magnifiques couvertures, quelques entreprises dans le pratique qui ont fait un tabac (livres-objets par exemple), mais les thèmes ont du mal à se renouveler... Un livre c'est long à faire, beaucoup d'étapes de réalisation/fabrication/diffusion. Aujourd'hui les tendances bougent vites et le livre papier suit pas : le marché manque de vivacité, de spontanéité.

Voilà pour mon point de vue.

Une collectionneuse de livre parmi d'autres,

Auto'
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Milora le 29 juillet 2015 à 12:58:17
Mais en fait... qu'est-ce que tu appelles "le livre" ?  :\?

- Tu parles du livre comme support papier (par différence avec le numérique, l'e-book, tout ça) ?
- Et si c'est au sens de support papier, tu parles du livre en général (incluant les manuels, les livres techniques, les beaux livres illustrés, etc. etc.) ou juste de la littérature ?
- Du livre au sens de roman, essai, témoignage, etc., qu'on lit par plaisir ou par intérêt ? Je veux dire : le livre par opposition avec l'audiovisuel, avec Youtube, avec les réseaux sociaux, la presse, tout ça ?
- Du livre au sens de littérature ?

Parce que selon le sens que tu donnes au mot, ça change ta question et du coup ça va changer les réponses ^^
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Alan Tréard le 30 juillet 2015 à 12:33:35
Bonjour,

Les choses ne sont jamais comme on le pense, c'est incroyable.

Merci pour vos premières réponses, c'est un geste d'ouverture à la discussion que j'apprécie beaucoup. Il faut toujours écouter les autres pour mieux se rendre compte de la réalité. Il y a beaucoup à dire. Et puis... cela me permet surtout de mieux saisir l'ampleur de la crise. Alors j'y ai réfléchi toute la nuit, et je vous apporte une réponse. C'est ainsi. Il y a des mots qui sont révélateurs. Il y a des doutes qu'il faut affronter. Effectivement qu'est-ce qu'un livre ?! À quoi bon aborder le sujet ? Faut-il imposer une définition du livre afin de mieux en saisir la valeur ? Faut-il limiter le sens des mots pour mieux en juger la valeur ? Si oui, comment faire pour offrir une définition qui irait satisfaire le monde ? Je commence à mieux comprendre ce qui ne va pas dans le monde du livre. Faut-il tout oublier ?

L'histoire du livre, c'est un élément fondamental de l'humanité, de notre petite vie quotidienne, de nos valeurs, qui a traversé les époques, de l'Antiquité jusqu'à maintenant, en passant par la Renaissance, et dont la valeur n'a jamais été démentie, du moins jusque là. Est-ce que tout s'arrête ici ? On oublie trop souvent que la liberté de lire et d'écrire est très récente (moins de deux cents ans). Avant cela, seuls les plus « nobles » avaient accès à la lecture, et personne d'autre. J'ajouterai même que c'est encore le cas aujourd'hui dans certaines régions. Il y a des victoires qui se perdent. Il y a eu dernièrement des destructions massives de livres. Doit-on fuir l'avenir ?

Ce sont des questions très graves et essentielles pour l'avenir.

Ce sujet me hante, il faut en parler plus et s'y confronter !

Alors peut-on s'y opposer ? Serons-nous assez courageux et doués ? Avons-nous la volonté suffisante ? Merci pour vos deux réponses, car elles me permettent de mieux envisager la gravité de la situation. Certaines personnes ont besoin de remettre en question leurs certitudes. J'ai besoin d'entendre l'ensemble des paroles, pas seulement celles qui me protègent. C'est comme ça ! Pourra-t-on un jour enlever leurs livres papier à des passionnés ? Est-ce un crime ? Sous quel prétexte ? Et puis, comment doit-on nommer le livre ? Qui est-ce qui saura donner une véritable définition du livre aussi facilement ? Certains pensent vraiment que le livre n'est plus un sanctuaire du savoir, « pour ça, il y a wikipédia, » ni même un contre-pouvoir efficace, « pour ça, il y a facebook. » La véritable question n'est pas « doit-on distinguer les livres ? » mais doit-on distinguer les lectures ? Peut-on interdire à quelqu'un de lire ce qu'il aime dans le format qu'il aime ?

Qu'est-ce que vous en pensez ?

Chacun cherche à prouver sa valeur, et c'est normal, c'est la vie... Après tout, on est vivant ! Chacun veut être respecté, c'est la dignité pour tous. Chacun a des éléments de sa vie qu'il ne veut pas voir disparaître. Moi aussi, j'ai des angoisses. On a tous une dignité et notre lecture doit être considérée pour ce qu'elle est. Et alors, y a-t-il des lectures qui ont plus de valeur que d'autres ? Faites votre choix : lecture papier ou bien lecture numérique ? lecture par plaisir ou bien lecture par intérêt ? lecture sensible ou bien lecture intellectuelle ? Ce ne serait pas juste de devoir faire un choix. Il ne faut jamais faire ce genre de choix !

Qui pourrait vous imposer de faire ce genre choix ?

Moi, je refuse de faire ce choix. Il n'y a aucune distinction précise entre les différentes lectures. Je suis sensible à vos deux réponses car elles me donnent de l'espoir, me font comprendre qu'on ne va pas déjà laisser tout tomber. Ah ! Ça, non... Je ne crois pas qu'il faille continuer ainsi et opposer les lectures, laisser s'installer des discriminations. Chacun son bouquin, chacun sa place, chacun ses droits. On ne doit jamais opposer les livres entre eux ; il y a la sauvegarde de tous les livres, ou d'aucun. Qui voudrait protéger certains livres et pas les autres ? Ne peut-on pas trouver un point d'équilibre entre la lecture de chacun ? C'est le respect de ceux qui aiment un genre de lecture ou l'autre, n'est-ce pas ? C'est la logique des choses.

Qui donc pourrait se permettre d'envisager « la fin du livre ? » À quoi bon ? Cette question n'a pas de sens, elle est mensongère. Il y a là de fausses promesses, de véritables menaces. Ça me scandalise. Il y a là sciemment la volonté de sous-entendre la mort de TOUS les livres, c'est un fantasme. Il y a bien une entreprise de falsification dans certains discours. Quel prophète malade peut bien vouloir envisager la fin du livre ? Au détriment de TOUS les lecteurs... Ça ne devrait pas être autorisé ! Je ne supporte plus ces insinuations.

Je préfère entendre vos mots aux leurs.

Auto, tu me parles de l'absence de réponse des maisons d'édition, et c'est aussi une vérité. Tout le monde doit se lever, défendre tous les livres. Personne ne devrait laisser parler de tels prophètes. Sommes-nous si faibles ? Et les auteurs dans tout cela ? Ils doivent défendre tous leurs lecteurs, pas seulement quelques uns. Ils doivent défendre toutes les lectures, pas uniquement quelques unes. Ils ont un devoir. N'ont-ils pas aussi leur mot à dire ? Que vont-ils faire ? Attendre !? Moi, je suis bien heureux d'en avoir parlé : c'est comme un soulagement. Je veux continuer à entendre vos avis, ça me renforce dans mes convictions. Il faut s'ouvrir aux autres. Il faut entendre les différentes opinions. Je commence à croire qu'il n'y a pas « rien à faire » ; je commence à croire qu'il faut réagir. Comment ? Par où commencer ? Le problème, ce n'est pas tel ou tel type de lecture, ce sont les discours.

Merde !

Je crois donc qu'il est mieux de mettre un terme à ces discours, qu'il faut avoir confiance en le livre, qu'il soit un manuel ou bien un dictionnaire, un outil ou bien une icône, un simple objet ou bien une véritable croyance. Ne touche pas à mon bouquin ! Et ça concerne tous mes bouquins ! Pensez-vous qu'il y ait une seule raison de censurer les uns pour libérer les autres ? Pensez-vous que j'aie tort de m'inquiéter ? Que faut-il ajouter à cela ?

Faut-il revenir à la censure et effacer certaines de nos valeurs comme pour vaincre les autres ?

N'y a-t-il pas une autre issue ?
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Ned Leztneik le 30 juillet 2015 à 12:50:49
Si certains livres attaquent nos valeurs pour les détruire -je pense précisément aux valeurs humanistes- il est utile de les interdire. Il ne s'agit pas ici de censure, mais de bon sens, et cela n'a rien à voir avec les livres qui présentent de manière argumentée d'autres valeurs que les nôtres.
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Milora le 30 juillet 2015 à 12:56:41
Je crois que je ne comprends pas bien ton propos, Alan. :/ De quoi tu parles concrètement quand tu parles de crise du secteur littéraire ? Parce que si on parle "dans l'absolu" sans dire vraiment de quoi on parle, on va tous finir par dire des choses différentes sans se comprendre :/
Et parce que si on regarde le boom de l'auto-édition, je suis pas sûre du tout qu'on puisse parler d'une crise du livre. Y a plein plein de gens qui écrivent, qui publient (ou du moins s'auto-publient). Le numérique peine à prendre en France - mais en quoi un livre numérique serait moins un livre qu'un livre papier ? Tu parles de la crise du livre papier ? De la crise des librairies qui ferment parce qu'elles n'arrivent pas à être compétitives face aux grandes enseignes ou à internet ? Du fait que les gens liraient moins qu'avant ? D'un discours général qui ne valorise pas le livre ? D''une réflexion éthique - comme l'évoque Ned - sur la liberté d'expression et de publication...?
J'ai l'impression de poser un peu les mêmes questions que dans mon post précédent, mais parce que je ne comprends vraiment pas à quoi tu fais référence, concrètement...
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Alan Tréard le 30 juillet 2015 à 13:14:04
Ne t'inquiète pas Milora,
Je ne défends pas un livre plutôt que l'autre,
Je défends tous les livres,
Je défends tes valeurs, et les miennes,
Je veux croire que nous sommes forts !
Tes paroles me rassurent, c'est bon pour moi, tout ça ; c'est bon pour nous tous.
Mais j'ai besoin de l'entendre enfin...
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Milora le 30 juillet 2015 à 13:15:40
Excuse-moi, mais je ne comprend toujours pas de quoi tu parles en fait  :-\ Peux-tu préciser ? :)
Qu'est-ce qui te fait dire qu'il y a une "crise du secteur littéraire" ?
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Alan Tréard le 30 juillet 2015 à 13:55:47
En fait, lorsque quelqu'un parle de "la mort de,"
Il y a une volonté de faire envisager que quelque chose pourrait disparaître.
Par exemple : la mort des librairies,
C'est l'idée que l'on pourrait enlever les librairies à ceux qui aiment y avoir recours.
Lorsque l'on dit : la mort des maisons d'édition
On parle de la disparition de tout un pilier du monde littéraire.
Et ainsi de suite : il y a un discours décliniste qui prend ses racines dans la volonté de détruire. Je ne crois pas être fou quand je te dis que la censure existe dans ce monde, et la volonté de détruire également. C'est un fait ! Bien sûr, vous envisagez bien que je me suis adressé à vous dans l'espoir d'entendre un autre discours, de retrouver de l'espoir. Je crois que vous construisez ce forum pour faire vivre la langue française et votre amour pour les livres en général, pas pour tout détruire !
Il faut en parler,
Et c'est la raison pour laquelle j'ai besoin d'entendre l'avis de chacun, pas seulement le tien. Je veux considérer toutes les réponses. J'estime que Auto et Ned ont des réponses très pertinentes, même si tu n'y comprends rien. C'est leur regard, et leur lecture. Et tu sembles aussi avoir un avis très particulier sur la question. Ça m’intéresse tout également. C'est ça qu'il me faut. C'est ce qui me fait vivre. Je crois par  ailleurs que l'on a tous besoin d'en parler, parce que nous avons un cœur, et que la "mort supposée du livre" nous touche tous sincèrement. Qu'est-ce que tu en penses ? Que cette mort s'adresse à une partie du livre, ou bien à toutes les parties, elle nous touche. Je ne peux pas accepter que certains lecteurs perdent leur lecture, tandis que d'autres la garde. Peux-tu me comprendre ? Est-ce que tu comprends mieux maintenant ? Je veux être clair. C'est important.
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Ben.G le 30 juillet 2015 à 15:02:56
Bon en gros tu restes flou pour en tirer nos visions claires sur le sujet parce que t'aimes la globalité, ca me va  :D


1 Actuellement il y a plus, et même 20 fois plus, d'écrivains que de maisons d'éditions (d'où le boom de l'autoédition), de ce côté là, y'a pas de crise, de plus en plus de gens veulent et aiment écrire, parce que c'est un art 'facile d'accès'

2 Le problème, c'est que ceux qui parlent le plus du livre, qu'on entends le plus... ce sont des journalistes qui ne font que parler extérieurement. On entends trop peu les auteurs, trop peu les éditeurs qui sont cantonnés de plus en plus à des grosses boites, dans des bureaux travaillistes et uniformisés et surtout une logique de vente bien plus commerciale qu'auparavant. Parce que c'est plus dur oui, le livre c'est un une grande chaine, et je peux te dire que si les éditeurs avaient vraiment voulu faire marcher le numérique, ils pourraient mettre le paquet et 'tuer' le livre en 5 ans. Mais non ils continuent à préserver le papier, les imprimeurs sont soutenus par l'état à coup de subventions, bref menacé peut être mais la bête ne se laisse absolument pas mourir

3 le numérique: le liiiiivre reste dans le coeur des gens, surtout en france où on a une énorme culture librairie, et encore une fois c'est le genre de chose dont on ne se rend pas compte, parce que on est dedans et qu'on est des francais pessimistes et que oui, les chiffres semblent en baisse

4 Le livre commercial? Les gens ne lisent plus ou que des best stellers très mauvais? Faut savoir qu'un best steller, meme mauvais, permet de financer derrière pleins de petits auteurs, de premiers romans prometteurs et qui au moins, seront lu et avec de plus gros tirages.
Bref une crise littéraire, parce que on a l'impression d'avoir moins d'intellectuel ou de grands écrivains, peut etre qu'ils sont là et qu'on ne fait pas encore attention à eux, je pense et j'espère sincerement qu'une grosse nouvelle vague littéraire et novatrice arrivera d'ici peu, parce que la culture numérique qui se met en place (et qui fait par exemple que nous sommes réunit sur ce forum) est porteuse de plein de bonnes choses (suffit de voir le nombre de critiques et blog de livre sur youtube ou autre, moins vu que le cinéma certes, mais c'est génial y'en a pléthore! )

5 Le livre numérique... comme je disais, les prix des grosses maisons sont trop chers pour être accéssibles, y'a encore plein de contraintes techniques non maitrisées (au niveau du droit également, internet c'est le flou), mais imaginer des livres en couleurs, personalisés, avec de la musique, des vidéos à bas prix... bref tout ce qui est possible mais pas fait, tuot ca pourrait exploser le papier. Mais une noyau très très solide de lecteur y sera toujours fidèle et ca c'est sûr et certain. Et c'est surtout pas à l'ordre du jour des, disons 15 prochaines années, large.

Bref rassures toi les journalistes et pseudos spécialistes des chiffres ne font que parler et faire des constats de chiffres (même s'il sont réel hein), le livre n'est pas mort et ne mourra pas, continuons d'écrire et de proposer, la littérature est là en nous, d'utiliser internet large moyen d'expression horizontal (et non vertical), ou des lecteurs parlent à d'autres milliers de lecteurs, encourageons ca et acceptons ses éventuelles mutations qui ne tuerons jamais les collectionneurs

peace bisous et beignet, que ca gonfle ta vision d'amour globale d'une monade de plus, et calme un peu tes inquiétudes, t'es dans un endroit sain même si parfois mouvementé
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Milora le 30 juillet 2015 à 15:13:42
Je vais donc me contenter d'un +1 global avec Ben G ^^
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Ned Leztneik le 31 juillet 2015 à 08:01:30
Alan, je soumets à ta perspicacité deux points :
-Faut-il des librairies pour les gens qui ne savent pas lire ?
- Le livre -je pense aux fictions- porte les personnages. Est-ce que ceux-ci meurent lorsque le lecteur referme le livre ?
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Alan Tréard le 31 juillet 2015 à 12:33:50
Bonjour,

Que dire ? Que faut-il ajouter ?

Que dit Ned ? Trop drôle, incroyable, on est ailleurs...

Mon cher Ned, je ne sais pas quoi répondre ; tes questions me tourmentent et m'empêchent d'avoir les idées claires.

Faut-il pour autant ne rien dire de plus ? Faut-il enterrer le sujet ? Suis-je responsable de mon propre mutisme ?

Plus précisément, j'aimerais revenir sur ton commentaire sur l'humanisme, Ned, car il n'est pas du tout hors sujet. Effectivement, on fait trop souvent l'erreur de sous-entendre que le rôle d'un humaniste serait de « tout autoriser, sans limite aucune. » Or c'est une des erreurs de notre siècle, car cette définition, « tout autoriser, » est plutôt un concept anarchiste. Ah ! Ces fameux anarchistes... Ainsi tu as parfaitement raison de penser que l'humaniste ne doit pas autoriser « tous les livres. » Il y a là la continuité du sujet. On n'a pas réponse à tout décidément ! Le principe humaniste ressemble plutôt à « Il faut luter contre la censure, » pour la liberté d'expression en quelque sorte. Autrement dit, les moyens de censure sont nombreux :
Menaces de mort, ou d'enfermement (du genre, si tu dis ça, je te tue)
Stigmatisation à l'extrême (du genre, untel n'a pas d'âme et sa parole est dangereuse : il faut donc le faire taire)
Déni systématique (du genre, celui-ci est un fou, tout ce qu'il dit relève de la démence : il faut donc ignorer sa complainte)
Il est clair que, contrairement aux dires de certains, un humaniste n'autorise rien, car il ne pense pas avoir de légitimité pour cela (il n'a pas cette autorité-là), mais il combat tout ce qui pourrait relever de près ou de loin à une censure excessive. C'est une volonté d'éviter au mieux la réussite des uns sur l'échec des autres. Et c'est le principe des partis politiques qui, tout droit issus de l'ensemble des citoyens, sont sensés porter la parole de chacun. Beaucoup de concitoyens ne se sentent pas représentés par les élites, et c'est déjà un problème très grave. C'est la raison pour laquelle je suis d'accord avec toi, et que j'ai voulu aborder le sujet, me confronter au problème. La pire des censures, c'est l'auto-censure ! Il ne faut pas éviter les discussions difficiles, au risque de tout perdre. Il ne faut plus se taire : il faut parler et écrire.

Je ne regrette pas d'être ici maintenant, à parler et à entendre vos avis différents et surprenants. Vous avez une parole qui vous est propre. Parce qu'il y a là de la vie, et qu'il y a là l'opinion que je me forgerai une fois tous les éléments en main. Je bénéficie de vos mots pour me forger mes propres croyances.

Ensuite pour en revenir sur les mots de Ben, merci pour ces propos encourageants, ils sont bénéfiques. Nous avons tous encore plein d'énergie, c'est positif. Il y a effectivement un vrai sujet, ou sinon je ne me serais pas risqué sur des questions aussi déconcertantes ! Vous avez bien fait de commencer à me répondre, ça m'apporte un autre regard, une autre philosophie. Continuez à me faire part de vos sentiments, ça m'intéresse vraiment ! C'est le début d'une ouverture, même sans s'en rendre compte.

J'attends d'autres avis, différents, surprenants, mais sincères.

Pour en revenir aussi sur ce qui m'amène ici aujourd'hui, c'est justement la réalité à laquelle j'ai été confronté il y a un an. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis auteur. Auteur ne signifie pas « un passionné qui aime écrire » mais bien évidemment quelqu'un qui fait beaucoup de sacrifices pour son métier, qui souffre comme le fait un travailleur de l'ombre, et qui se tort dans tous les sens, comme un lombric, pour faire les choses bien et sérieusement. Vous avez donc devant vous quelqu'un qui se sent très concerné par l'état du tissus littéraire, de sa santé. J'y joue là toute ma vie.

Ainsi, il y a deux ans, j'ai commencé par entrer en contact avec des maisons d'éditions pour proposer un manuscrit qui appelait encore beaucoup de travail, mais qui était massif, professionnel, très valorisant. Ce devait être le début d'une belle histoire. Il ne s'agissait pas de faire le tour du monde avec mon bout de papier, mais bien évidemment de pouvoir continuer à travailler dans de bonnes conditions, avec une représentation de mon travail sur le marché du livre. Étant personnellement un auteur différent de ce que l'on trouve aujourd'hui dans les rayons de carrefour, j'aurais touché mes lecteurs peut-être demain ; or il fallait avant cela la construction d'une légitimité auprès de lecteurs plus « ouverts d'esprit » dans le sens où j'y trouverai mon premier moteur. Dans des cas comme cela, il est très déconseillé de s'adresser à des maisons dites « trop commerciales » dans le sens où elles n'ont pas toujours la capacité d'ouverture que demande un auteur différent. Elles sont trop formatées ; la vie est ainsi faite ! Ce qui est tout à fait compréhensible, c'est qu'elles aient des codes qui leur ont assuré une réussite, et qu'elles s'y accrochent désespérément dans l'espoir de garder la tête hors de l'eau. On appelle cela « l'instinct de survie. »  Loin de moi l'idée de stigmatiser les maisons d'édition « trop commerciales » ; un auteur de la contre-culture, comme moi, doit simplement trouver sa place dans ce qu'on appelle les maisons d'édition indépendantes. Il n'y a pas d'autre issue. J'ai donc trouvé une maison d'édition indépendante qui m'avait l'air fort sympathique, et dont je tairai le nom afin de ne montrer personne du doigt.

Ils ont donc parcouru mon manuscrit et ne m'ont pas répondu. Silence, aucun retour sur investissement, aucun mot d'excuse non-plus, comme happés par le silence... Quel dommage ! Très surpris, conscient de l'excellence de mon travail, et surtout obsédé par l'idée que je ne pouvais pas rester sans rien faire, j'ai fait l'effort de les contacter pour éventuellement comprendre ce qui pouvait les rendre ainsi muets. Que pouvait-il bien se passer ? Et là... surprise ! J'en perds encore la tête. Je ne pouvais aucunement m'attendre à une telle réponse. Oh ! Bien sûr, il a fallu gagner sa confiance pendant près d'une heure au téléphone pour que l'individu en question ose enfin m'avouer la vérité. C'était comme une révélation impossible. C'était comme un tabou, comme un secret terrible qui hante les maisons d'édition en ce moment. Toutes les maisons d'édition indépendantes sont en train de couler. Il n'y a plus aucun espoir pour elles : elles ne choisissent même plus ce qu'elles publient, se contentant alors de publier quelques malheureux livres qui ont été pré-commandés parce qu'il y a eu suffisamment de précommandes pour en vendre quelques bouquins, et faire vivre... non ! pardon, faire survivre le navire indépendant un mois de plus. Oui, il y a bien une crise et elle est là ! Mon objectif n'était pas de vous lancer sur le sujet des maisons d'édition indépendantes en particulier, mais d'en savoir un peu plus sur ce phénomène en général. Il s'agissait bien de « la mort des maisons d'édition indépendantes » ; c'est bien notre sujet, mais en plus élargi. Que se passe-t-il ?

Je vois bien que l'ampleur de la crise dépasse bien évidemment les auteurs de la contre-culture. Vous m'apportez des éléments inquiétants en plus, c'est vrai. Vous avez confiance en l'avenir également, et c'est tout ce qui compte.

 
[...]le livre n'est pas mort et ne mourra pas, continuons d'écrire et de proposer[...]

Il faut savoir que je ne cherche nullement à attaquer l'auto-édition, et que je pense qu'elle n'est qu'un effet déclencheur à une crise qui se profilait déjà depuis longtemps. Il faut savoir aussi pour ceux qui n'ont pas conscience de ce que signifie le mot « indépendant » qu'il signifie « les succès de demain. » Il n'y a pas de nouveauté sans indépendance ; c'est comme ça ! La contre-culture d'hier devient la culture de demain. La fin de l'indépendance, ça ne veut pas rien dire. Et lorsque le tissus contre-culturel s'effrite, se délite, c'est toute la culture qui en prend un coup. Nous sommes tous victimes de cette défaite.

Que faut-il faire selon vous ?

Ben, merci pour ton message qui est plein de vérité, et qui ne manque pas d'enseignements. Moi, c'est ce dont j'ai besoin. Il y a seulement une chose que je dois ajouter pour accompagner l'une de tes nombreuses réponses : il y aura des intellectuels et de grands écrivains demain, mais seul un tissus solide, avec une économie en forme et des lecteurs qui les soutiennent, peut les protéger. Sinon on les censure ; sinon on les enferme ; sinon on les ignore. Ce n'est pas un risque à prendre à la légère, croyez-moi ! Voilà mon inquiétude : pourquoi les voix les plus indépendantes ne se soulèvent-elles pas ? Il y en a d'autres, des crises, comme celle du secteur agricole. Voyez-vous le soulèvement des agriculteurs : ils défendent leur boulot, ils défendent leur vie... Pourquoi rester silencieux plus longtemps ? Il faut parler des problèmes, essayer de trouver des solutions. À quoi bon abandonner ?

J'ai bien conscience de ne pas connaître l'ampleur de la crise. On ne sait jamais tout. Vous m'apportez déjà les enseignements dont j'avais besoin ; or que faut-il savoir de plus ?

Reste-t-il des lecteurs ? Et des auteurs ?

Quelles sont leurs intentions ?

Quelle est leur philosophie ?
 
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Ned Leztneik le 31 juillet 2015 à 13:32:04
Il reste des lecteurs, ceux qui recherchent l'évasion par les romans, ceux qui veulent découvrir de nouveaux horizons, etc... Il resterait des écrivains (ou auteurs, peu importe cette question existentielle, le mieux c'est écrire - avant tout une rencontre avec soi même) ? Il y en à contrario de nouveaux chaque jour ! Ecrire,  c'est ensuite le partage pour celui qui l'accepte. Le partage, avec des rencontres, réelles ou virtuelles, qui permettent de s'ouvrir vers l'autre; des rencontres qui apportent des retours d'expérience, et parfois la conciliation d'opinions à priori incompatibles. 

Les intentions de ceux qui écrivent sont si différentes qu'il est impossible d'établir une liste exhaustive. Il en est ainsi des lecteurs. Un livre vendu à 10 000 exemplaires, que nous supposerons tous lus, ce sont 10 000 histoires.
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: James Scott le 25 octobre 2015 à 06:07:37
Le problème ne vient pas du livre mais de la commercialisation du livre.
Les livres existent depuis des millénaires, je doute qu'ils ne disparaissent rapidement.

Après en ce qui concerne rémunération des auteurs et des maisons d'éditions pour que chacun d'eux puissent vivre de leur ''passion'' ou  ''travail'',
là on entre dans un domaine tout autre ou être ''très bon'' ne veux pas dire devenir riche et où ''pas très bon'' peut vouloir dire riche (avec certains best seller notamment [je pense notamment à un auteur en particulier pour qui la seule façon que j'aurais d'apprécier ses livres, serait de les utiliser comme papier cul] ).

Ceci dit, ce qui définira un écrivain et un éditeur sera au final la persistance. Un écrivain n'arrêtera jamais d'écrire, un éditeur n'arrêtera jamais d'éditer.
Un ''écrivain'' médiocre ne sera jamais publié fort heureusement (et oui les best seller ne sont pas médiocre car ils restent le plus souvent bien écrit même si les histoires sont souvent très simplistes (je généralise)).
L'écrivain médiocre n'est souvent d'ailleurs pas un réel écrivain mais juste quelqu'un qui se dit que s'il racontait la vie de son chat il allait devenir riche. (suffit de voir le phénomène youtube avec tous ses gens qui pensent que leurs vidéos sont géniales quand la plupart sont ... comment dire ... jevaisévitédecommenter)

Du coup, pour ce qui est ici de la crise du livre, je pense qu'on devrait plutôt parler de crise de l'écrivain.
Trop d'écrivains, des moyens de plus en plus facile pour écrire un livre. Mise en place de l'autopublication (pour ceux qui sont motivés à lâcher 3000e), support numérique... etc
L'écrivain parvient parfois à être récompensé par une vrai publication mais publication ne veut pas dire vrai salaire.
Et vu qu'on ne peut changer le monde que part nos écrits, je pense qu'il faut juste l'accepter et laisser la chance ou pas faire le reste.
En tout cas, il serait bien dommage de voir un auteur avec un style unique se mettre à changer son style juste pour vendre par exemple, car au final l'écrivain n'est pas là pour être riche même si ça serait cool, il écrit souvent pour une raison beaucoup plus profonde qui dépasse de loin les questions d'argents. Et s'en devrait être de même pour l'éditeur (mais ça l'est moins souvent).

Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Alan Tréard le 25 octobre 2015 à 21:13:12
Bonjour James Scott,

Merci pour cette réaction sur une discussion qui est toujours d'actualité. Nous pouvons encore trouver des solutions, nous avons toutes les raisons de défendre le livre et tous ses acteurs, ton intervention l'exprime d'avantage !

Nous avons entre nos mains un sujet qui nous concerne tous, et auquel nous attachons une grande importance.

Les éditeurs ont beaucoup perdu de leur influence, malheureusement pour tous, ceux qui ont encore la chance de vivre de leur métier ne représentent donc pas la majorité. De nombreux acteurs du livre sont impactés. Il y a différents éditeurs, qui défendent chacun des valeurs qui sont les siennes, comme les auteurs. Les repères ont disparu, on ne sait plus de quoi sera fait demain. Tristement, les éditeurs n'osent plus parler, ils ne sont pas assez entendus !

Tu remarques très justement que le livre n'est plus rentable, n'est plus une source de richesse.

Nous avons encore le temps de réagir, de chercher des solutions d'avenir. Nous trouverons une issue si nous faisons preuve d'ouverture. Ce qui fait vivre le livre, ce sont les nouveautés, la solidarité et le travail. Se confronter à la réalité est source d'angoisses, mais c'est un geste nécessaire. Beaucoup de lecteurs m'ont dit qu'ils étaient déçus par la piètre qualité des livres d'aujourd'hui. C'est comme si toute la littérature était tombée d'un niveau dans cette crise ! En tant qu'auteur, je n'exprime moi-même pas un jugement aussi dur, mais je dois bien avouer que c'est une opinion fréquente. Si le livre est tombé d'un niveau, rien ne l'empêchera de se relever grâce au soutien de tous.

Et que font les lecteurs ? Vont-ils défendre des livres qu'ils considèrent comme étant mauvais ?

Comment faut-il agir pour les faire changer d'avis ? leur faire dire : "oui, j'aime le livre ! Oui, j'aime lire..."

Où commence le mouvement ? Quel est notre rôle ? Quelles sont les possibilités pour nous ? pour demain ?

Pour ma part, je crois que la meilleure issue est d'en parler, même quand on n'est pas sûr de ce qu'on veut : il faut dire les choses !

Ceux qui aiment le livre auront à cœur de défendre leur amour !

Un grand merci à toi.
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Daji le 26 octobre 2015 à 08:46:52
Bonjour,

Le livre n'est plus rentable ? Il est bien évident que Molière n'a jamais eu aucun problème d'argent de son vivant... Tout art est rentable en fonction d'un facteur chance, n'est-ce pas ce qui en fait toute la beauté ? L'art fait sortir du moule prédéfini de la société, il est sur son propre navire et vogue en fonction de l'envie des rameurs, il est subjectif et - même si peu rassurant - je trouve qu'il se porte très bien ainsi.

Honnêtement, je n'ai pas compris tout ton propos Alan alors je vais juste donner mon avis sur quelques points.
Non, le livre ne mourra pas, en tous cas pas avant un bon moment. La raison en est toute simple, à l'heure actuelle, il reste la meilleure technologie inventée par l'homme pour transmettre des savoirs. Internet, c'est super, aucun problème avec ça mais, les écrans abîment toujours notre cerveau. De même pour le numérique, nous sommes encore frileux car nous savons qu'il y a un risque pour nos yeux (et pour une fois qu'on essaie d'avoir du recul avant de se lancer à corps perdu dans une nouvelle invention, profitons en ! ).

Que pouvons-nous faire ? La même chose que pour à peu près tous les problèmes existants : transmettre à nos enfants. Lisons leur de belles histoires, avec de magnifiques images lorsqu'ils sont petits, sans pixels, sans risque pour leur santé, simplement comme cela se fait depuis que le livre s'est ouvert au grand nombre, peut-être aimeront-ils alors lire ?

Pour les Best-sellers, oui la publicité a beaucoup à voir là-dedans mais, ne critiquons pas leurs lecteurs, ils ont le droit d'avoir aimé ce que nous pouvons trouver médiocre. Et les éditeurs sont désormais des commerciaux, les métiers évoluent en fonction de la société, pour le meilleur et pour le pire.

Voilà, mon humble avis d'optimiste-née  :D
Au plaisir.
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Baptiste le 26 octobre 2015 à 10:14:35
Citer
Il est bien évident que Molière n'a jamais eu aucun problème d'argent de son vivant
Mouais,
Je suis pas sur du tout du tout que Molière ait gagné des milles et des cents avec la publication de ces pièces (en fait sa stabilité, elle venait plutot de la protection du duc d'orleans, il me semble)
Citer
Et les éditeurs sont désormais des commerciaux,
Je suis pas d'accord avec ça. Enfin l'aspect commerciale a toujours fait partie du métier de l'éditeur, mais c'est un peu réducteur de considérer que c'est la seule chose qu'il fait.

Et pour le reste du débat, je sais pas trop. Moi je crois pas tellement à la mort du livre (enfin dans les années à venir) mais va y avoir une évolution de son utilisation c'est sur.
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Daji le 26 octobre 2015 à 10:17:20
Citer
Mouais,
Je suis pas sur du tout du tout que Molière ait gagné des milles et des cents avec la publication de ces pièces (en fait sa stabilité, elle venait plutot de la protection du duc d'orleans, il me semble)
Mon propos se voulait ironique  :-[

Et je n'ai pas dit que les éditeurs n'étaient que des commerciaux mais cela fait clairement parti de leur travail, bien que j'ignore ce qu'il en était avant, je le reconnais.
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Baptiste le 26 octobre 2015 à 10:18:03
Citer
Mon propos se voulait ironique  :-[
Pardon, j'avais mal compris ^^
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Megadonut le 26 octobre 2015 à 11:48:40
Ne passe pas du côté obscur de la force  >:D
Voilà, pour moi, ce que c'est qu'un livre :
Un livre est un compagnon de chevet à la conversation inépuisable, un ami qui sait l'art de meubler les heures d'ennui et d'exciter l'imagination. C'est un mets délicat : il faut le savourer, le déguster. Après avoir terminé un livre, j'éprouve un désir irrésistible de le caresser, aussi bien de l'œil que de la main. (bon, je suis un peu extrémiste :mrgreen:)
Pourquoi le livre en format papier plutôt qu'un e-book ?
L'odeur des pages d'un livre est unique, et leur bruissement quand on les tourne est pour moi une agréable musique (qu'est ce que je vous disais ? Je suis irrécupérable  :D) J'aime bien compléter ma bibliothèque, faire de mes livres une collection unique. Un sage a dit (en fait, c'est moi qui l'ai inventé  :)) :
"Dis-moi quels livres comporte ta bibliothèque, et je te dirai qui tu es."

De plus, j'ai lu l'étude que j'ai partagée selon laquelle le livre papier entretient plus la mémoire que ne saurait le faire une liseuse. Que demander de plus ?

Un bel objet, que l'on peut avoir la sensualité de compulser (où voyez-vous un quelconque bonheur des sens à actionner une liseuse... ?), de sentir, de feuilleter, bref d'aimer....
Voili voilou...
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Alan Tréard le 26 octobre 2015 à 12:00:19
Bonjour Daji,

Merci pour ton intervention.

Ne t'inquiète pas, mon ambition n'est pas de m'attaquer au livre populaire, ou au manifeste politique, ou de juger les polémistes. Je créerai un nouveau sujet si jamais l'envie m'en vient !!  :moderation: Je suis dans une situation, en tant qu'auteur, qui me pousse à me poser les bonnes questions.

Tu sais qu'il y a sur ce forum différents CV, différents parcours, différentes ambitions, et que c'est ce qui en fait Le Monde de l'écriture.

C'est la raison pour laquelle s'expriment différentes opinions, différentes expériences, différentes certitudes.

On est soucieux de savoir ce que le livre deviendra, de savoir quelles seront les solutions d'avenir...

Nous sommes très, très loin de l'époque de Molière, la République a fait son travail : il y a vingt ans encore, ce débat n'aurait pas eu lieu. Il y a vingt ans, on ne s'attendait pas à ce qu'un secteur aussi "solide" que celui du monde du livre puisse tout d'un coup défaillir ! Mon propos, c'est parlons-en ! questionnons notre quotidien !

Nous voulons retrouver des perspectives.

Il est difficile pour chacun d'entre nous de deviner quel sera le livre de demain, celui qui portera nos idées. On est dans l'impasse... Ce manque de certitudes noie la confiance et sabote la stabilité. Ainsi, j'ai à cœur de parler de cette insécurité dans laquelle se trouvent auteurs et éditeurs depuis peu (même les gros ne tiennent plus trop le coup) ; et vous, qu'en pensez-vous ?

Quelles sont vos envies ? vos désirs ? vos espoirs ?

Avez-vous des éléments à apporter ? Votre expérience vous permet-elle de témoigner ?

C'est important pour moi de pouvoir en parler, sans condamner qui que ce soit.

C'est : tous ensemble, ou bien personne.

Il y a bien évidemment un problème de lisibilité ! On se perd dans les multiples hypothèses. Il y a vingt ans, un auteur comme moi n'aurait jamais été aussi inquiet. J'aurais pu contacter l'une des 50 ex-maisons d'édition qu'il y avait dans ma région (à échelle régionale) et trouver un certain équilibre pour continuer à faire ce que j'aime. La question ? Quel équilibre peut-on trouver aujourd'hui ? En quoi faut-il croire ?

J'ai besoin de continuer à faire ce métier dans de bonnes conditions, c'est comme ça.

Pour ma part, j'ai essayé l'auto-édition (je veux tout essayer), j'y trouve à la fois du positif et du négatif :

Je considère alors que ce n'est pas une solution d'avenir. Effectivement, le mieux serait que les éditeurs trouvent de nouveaux moyens de retrouver l'équilibre dont ils bénéficiaient avant. Par où commencer ? Tout est devenu risqué et flou. Le désertion des librairies n'y est pas pour rien, dans ces tumultes... Nous ne pouvons pas pour autant forcer les lecteurs à retourner dans les librairies (la force ne résout rien) !

C'est la raison pour laquelle j'ai besoin d'en parler. D'ailleurs nous avons tous besoin d'en parler !

Edit  : Merci pour cette intervention, Megadonut.
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: nanomag le 26 octobre 2015 à 18:17:54
Pensez-vous qu'être auteur n'a plus de sens aux oreilles de tous, tel un métier du passé, et qu'il vaudrait mieux maintenant s'orienter vers le job d'informaticien ?
J'écris (un peu) et je suis "informaticienne" (développeuse d'applications web). Les deux sont assez similaires dans le sens où il faut créer, et la plupart du temps à partir de rien.
Une idée, un objectif, un contenu qui évolue au fil du temps : c'est le cas dans les deux domaines.

Il y aura toujours (à mon sens) des gens qui ont la fibre créative, qu'ils soient manuels, intellectuels... qui créeront des choses immatériels comme des sites internet, ou des objets matériels.
Les histoires, les contes en font partie et se diffuseront de manière écrite ou orale quoi qu'il arrive :)
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Megadonut le 26 octobre 2015 à 19:15:18
Citer
Il y aura toujours (à mon sens) des gens qui ont la fibre créative, qu'ils soient manuels, intellectuels... qui créeront des choses immatériels comme des sites internet, ou des objets matériels.
Les histoires, les contes en font partie et se diffuseront de manière écrite ou orale quoi qu'il arrive :)
Entièrement d'accord avec toi !  ;)
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: James Scott le 27 octobre 2015 à 05:08:07
Personnellement, je trouve qu'il y a un problème plus profond.

Un des problèmes est d'ailleurs issu de quelque chose de très positif qui est les différents moyens de diffusion.
Il n'y a jamais eut autant de supports pour raconter une histoire.
A une époque vu que l'imprimerie coûtait cher cela se faisait dans des amphithéâtre avec le théâtre ou des conteurs.
Maintenant on a livre, cinéma, théâtre, opéra, le jeu vidéo et celui qui absorbe beaucoup je trouve : la série.
En gros la plupart des ''grands écrivains'' ou devrais-je dire des grands conteurs d'histoires sont des scénaristes.
Je trouve taré les séries car ils ont un calendrier très serré et les épisodes sont souvent bien écrits.
Du coup, il y a de plus en plus d'histoires qui sont crées ce qui fait que de plus en plus d'histoires se ressemblent d'ailleurs...

Autant dire que les ''écrivains papier'' devrait plutôt se tourner vers le scénario et les studios s'ils veulent se faire de l'argent.
Après le problème c'est que t'écris ton histoire mais au dessus y'a un réalisateur, un producteur, un directeur créatif et en gros s'ils aiment pas ce que t'as écrit, ils te font changer la majorité.
Ton bébé devient un bébé partagé entre plusieurs personnes et au final c'est le studio ou le réalisateur qui a le crédit de l'histoire plus que son réel auteur.

Après, pour ce qui est du livre papier à cause des nouveaux supports à tout va, il devient moins facile d'accès au final.
Faut aller l'acheter dans un magasin le plus souvent, tourner les pages etc, alors que le mec qui veut une histoire va le plus souvent aller vers le numérique.
En deux clics il a un jeu ou un film ou autre.

Pour ce qui est de ''très peu de bonnes histoires'' je ne suis pas d'accord. Il a justement beaucoup de bonnes histoires mais noyées dans un amas d'histoire.
Les histoires n'ont jamais eut autant de succès qu'aujourd'hui. C'est quasiment l'une des bases du divertissement.
Les gens vont désormais vers le support qu'ils préfèrent et je ne pense pas que l'on puisse y changer quelque chose.
Il faut juste se faire à l'idée qu'il y a différents auteurs pour différents supports et que le livre n'est plus le support majoritaire.
Toutefois cela ne l’empêchera pas de rester là à long terme car la valeur papier permet de durer dans le temps tandis que la valeur numérique ou dématérialisée... j'en doute.

Le seul point que je trouve dommage en France et qui est le véritable problème c'est qu'on a un peu beaucoup oublié les artistes.
A une époque on avait les Lumières, puis Hugo Zola et d'autres...
Et maintenant on estime qu'être artiste ne donne pas de travail ou pire qu'il n'en est pas un.
Quand je vois qu'en Amérique du Nord ils ont des cours de création littéraire à l'université depuis des années et qu'il n'y a quasiment que 2 écoles dans toute la France
et qu'elles ont été ouverte que très récemment... on peut se poser des questions sur la volonté politique et la mentalité française vis à vis des artistes.

Tu ouvres ta gueule en France pour dire je veux être artiste on va te sortir la fameuse phrase : ''ce n'est pas un métier''
A croire que les 600 pages retouchées 2500 fois que t'as écrit en deux ans sont tombées du ciel !
Genre c'est Dieu qui les a écrites, un peu comme il l'a fait avec la Vierge Marie, cette fois il a pris un livre blanc et pouf en 1 micro seconde il était fécondé de 600 pages !
Ça me donne franchement l'impression que pour être artiste il faut être ailleurs qu'en France car au moins ailleurs on peut se faire plus facilement encourager et c'est considéré comme quelque chose d'intéressant à être ou à faire.  La France a perdu son identité vis à vis des artistes de tout domaine alors faut pas s'attendre à ce qu'ils mettent vraiment de l'argent dans la création.
On est le plus gros budget de la création à l'échelle d'un pays mais personne n'en voit la couleur. La quasi totalité est donnée à France Télévision qui s'amuse à pondre de la merde.
Si le livre ou le cinéma ou autre avait ne serait-ce que la moitié de la somme et que les mentalités changeaient, il n'y aurait pas de problème du livre en France.
Pas non plus de problème au niveau du disque pour la musique et au niveau du cinéma...

Pour comparer rapidement il suffit de regarder vers l'Angleterre. Ils font de très bons films à la pelle, ont des gros talents musicaux, des séries et j'en passe.
En France en comparaison c'est plus la tortue contre le lièvre, c'est la tortue contre le guépard et bien entendu c'est le guépard qui gagne. 
Titre: Re : Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: James Scott le 27 octobre 2015 à 05:24:02
Pour ma part, j'ai essayé l'auto-édition (je veux tout essayer), j'y trouve à la fois du positif et du négatif :
  • J'ai au moins une plate-forme sur laquelle je peux renvoyer ceux qui veulent découvrir mon travail. J'ai proposé une édition à 2€ qui, selon moi, est un prix raisonnable et ainsi, tous ceux qui veulent participer à cette formidable aventure le font ; et encore une fois, un grand merci à eux.
  • Ce format n'aide en rien un auteur professionnel. Je ne peux pas supporter l'isolement, l'affaiblissement. C'est beaucoup moins risqué que de s'adresser à un tout petit éditeur, mais ça ne permet aucune diffusion, aucune distribution, aucune promotion ; bref, ça ne m'aide pas à faire mon travail correctement.

Je vais être cru et un peu radical mais je pense que l'auto-édition c'est de la prostitution.
Je m'explique car j'estime déjà qu'il y a deux formes d'auto-édition.

Il y a celle où ça ne passe que par toi.
En gros tu édites avec un support numérique comme sur amazon ou autre, ou tu passes toi même vers les compagnies d'impression.
Cette méthode je la juge honorable car ça permet de faire partager l'histoire et tu gardes le contrôle sur ta création.

La seconde et que je déteste particulièrement c'est les maisons d'éditions qui t'auto-édite.
En gros, ils publient ton livre sous format papier MAIS tu payes l'ensemble donc environ 3000euros.
La différence avec le système précédent c'est que t'es la bitch de la maison d'édition. Ils prennent zéro risque, tu payes tout mais tu leur doit des tunes sur tes bouquins si sa vends.


Je pense franchement qu'il faut tenter à tout prix de publier dans une vrai maison d'édition. Le travail de l'écrivain étant d'écrire et non pas d'éditer normalement.
Pourtant, je reste d'accord sur le fait d'auto éditer si les maisons d'éditions ont rejeté le livre ou si tout simplement c'est un livre que l'auteur voulait partager sans prise de tête
(tout les livres ne sont pas fait pour les maisons d'éditions par exemple, même s'ils sont très bons) car j'estime comme tu l'as dit que ça permet de partager ton histoire.
Ce serait triste de laisser son histoire sous clé et qu'au final elle ne soit pas partagée.
Je pense que le devoir d'un auteur c'est souvent de toucher quelqu'un. Ne serait-ce qu'une personne le travail est fait. Mais pour cela il faut que l'histoire sorte.
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: CaptainQ le 27 octobre 2015 à 22:39:37
Alors je vais essayer de répondre aussi simplement que possible histoire de rester le plus proche possible de l'opinion que j'ai (/ai eu) avant de lire quoi que ce soit sur ce topic.
Pour moi le livre est à la fois incassable et un chateau de cartes dans le sens ou choisir un livre, commencer un livre, accrocher à un livre, trouver le temps de lire, finir un livre, et aimer le livre sont des étapes qui peuvent être très difficile (comme facile) en fonction des livres/personnes/conditions et donc lire un livre demande de la rigueur, rigueur qui avec l'accessibilité de tout et n'importe quoi n'importe quand sous n'importe quel format, est moins sollicitée. Cependant toutes ces contraintes on tendance à s'effacer plus la qualité du livre est grande. Il y a aussi le fait que ce que l'on trouve dans un livre ne se trouve nul part ailleurs, et surtout n'est pas non plus très promu puisque le livre ne se promeut correctement que via lui-même.
Enfin bref le livre est unique et est ainsi tellement distant du reste que plus on tend vers le reste plus le livre devient fragile, mais en étant si unique il s'auto-assure son immuabilité.
Voilà, j'ai pas tout bien expliqué comme je le pense parce que j'ai la flemme et que je pense pas que j'arriverais à me faire comprendre de toute façon  >< Mais voilà :D
Titre: Re : Livre : Crise du secteur littéraire
Posté par: Alan Tréard le 27 octobre 2015 à 23:17:02
Bonjour James Scott, tu offres un point de vue particulièrement radical, et je préfère souligner qu'il s'agit avant tout d'une opinion, et non d'une parole divine ; pour autant, il est essentiel pour moi de te répondre.

Toute opinion a le droit d'être entendue, et a le droit à sa réponse !

D'abord, je veux remercier nanomag et Megadonut pour leur message d'espoir, ça fait chaud au cœur d'entendre de telles interventions.
Et merci également à CaptainQ, je cherche ce genre d'opinion.

Maintenant je vais revenir vers ton intervention qui m'a paru particulièrement inappropriée et agressive !

Pour en revenir à ton intervention, James Scott, d'abord je condamne les mots durs que tu emploies envers ceux qui éditent "à compte d'auteur." En fait, ce que tu appelles "auto-édition" n'est pas de l'auto-édition à proprement parler, mais plutôt de l'édition à compte d'auteur. Donner 3000 euros à un éditeur n'est donc pas de l'auto-édition (malgré cela, l'erreur revient souvent). Même si tu ressens une aversion pour ces auteurs-là, il est important de ne pas employer des mots comme "prostitution" qui sont des mots relativement durs.
Sache que ton message est lu par d'autres auteurs, qui ont peut-être suivi ce schéma, et qui n'ont pas à être stigmatisés, que tu le veuilles ou non !!
Ce forum est consacré à l'échange, pas à la discrimination !!
Les 3000 euros que tu donnes à la maison d'édition sont considérés comme un investissement personnel : tout investissement comportant des risques, l'auteur peut se retrouver à ne pas vendre les livres qu'il imprime, ou même à voir la maison d'édition couler et ses livres avec...
C'est donc plus un risque qu'une chance, la publication à compte d'auteur. Prendre de gros risques (=perdre 3000€), c'est courageux, voire même téméraire !! pour des auteurs qui souffrent d'une crise qui les amène parfois à faire les mauvais choix. Autrement dit, ils ne font pas un geste d'asservissement, merci.
D'autant plus que les arnaques se multiplient ! Eh ! oui, dans toute crise il y a des profiteurs... et donc des arnaqueurs...

En ce qui concerne le monde de l'édition, un éditeur est sensé proposer une ligne éditoriale. Un bon éditeur, ce n'est donc pas quelqu'un qui serait "soumis" aux lois du marché ! C'est-à-dire qu'il choisit les auteurs qu'il veut promouvoir ; tandis que dans le cas d'une "édition" à compte d'auteur, le rôle de "l'éditeur" est plutôt un rôle de commercial que de véritable éditeur (=aucune ligne éditoriale, aucun engagement).
Vois-tu la nuance !?
Je peux donc comprendre ta réticence à voir ce genre de système se développer.

Pour ma part, "auto-édition" signifie que j'ai tout fait moi-même. Je n'ai payé personne, ni 3000 euros ni même 10 € ...
C'était important pour moi d'essayer notamment le numérique (que je ne connaissais pas du tout il y a encore un an), c'est donc une édition très simple sans diffusion ni financement quel qu'il soit.
Je pense que le mieux encore est que tu consultes ce livre et que tu te fasses une opinion par toi-même ; ainsi, il n'y aura plus de secret entre toi et moi :
https://store.kobobooks.com/fr-FR/ebook/recueil-d-un-eloignement-trop-intime-1
Tu peux télécharger le logiciel suivant pour le consulter :
http://www.adobe.com/fr/solutions/ebook/digital-editions/download.html
Et surtout, le logiciel Kobo Desktop :
https://fr.kobo.com/desktop?style=onestore&store=FR&language=fr-FR

Voilà, tu ne pourras pas dire que je t'ai menti !!

Et ensuite, sache que le cinéma, la radio ou les séries TV n'ont jamais influencé les ventes de livres. Tu imagines des causes à une crise que tu considères comme définitive : es-tu sérieux ? Crois-tu vraiment qu'une situation qui s'est déclenchée il y a seulement dix ans puisse être gravée dans le marbre, comme immuable ? Et le livre mourra pour de bon ?? Ce n'est pas sérieux... Rien à voir avec le cinéma enfin... Il semble que le problème le plus récurent soit le problème "Amazon" ...
En fait, il suffit d'aller sur Amazon pour se rendre compte qu'on est vite perdu parmi la foule de propositions. On dit alors que le client est influencé. Amazon vous vendrait n'importe quoi, et c'est ce qui rend la consultation sur internet floue et alambiquée. Les libraires avaient un certain savoir, ils connaissaient bien les bouquins qu'ils vendaient. Avec Amazon, les lecteurs ont choisi un format dans lequel tout est illisible, les notations sont fausses à 80%, les conseils sont des filières ultra-sponsorisées, bref les lecteurs sont tombés dans la gueule du loup : on leur vend n'importe quoi.

 :-X

Le mieux serait donc de luter contre l'égarement des lecteurs, les prévenir des risques encourus par un achat sur Amazon. Le risque que représente ces plate-formes illisibles et manipulatrices, les dangers que représente internet en matière de désinformation...

Pour ce qui concerne le terme "raconter des histoires," il renvoie irrémédiablement au problème d'aujourd'hui : beaucoup de lecteurs ne savent même plus ce que peut apporter un bon livre...
Raconter des histoires ? comme dans les spectacles de marionnettes ? ou comme dans les dessins animés ? c'est ça que tu vois quand j'emploie le mot "livre" !?
Pour donner sens à mon propos : si tu vois une adaptation d'un livre de Victor Hugo en film, au cinéma, ou à la télévision, tu as l'impression d'avoir à faire à une belle histoire d'amour, ou qu'on va raconter l'histoire d'une vengeance... Si tu lis le bouquin, tu te rends compte alors qu'il y a mille fois plus d'informations à retenir du bouquin, un propos profondément républicain, un amour inné pour la France et sa langue, des secrets personnels que Victor Hugo aurait aimé cacher mais qui ressortent à la lecture, tu y trouveras même un peu de philosophie si tu cherches bien...

 :bouquine:

Sache que le livre dont je parle ne se restreint pas à "raconter des histoires," il est bien plus diversifié ! Et si tu crois que je défends simplement les artistes, tu te fous un doigt dans l'œil, James ! Je défends des valeurs qui sont la démocratie, l'héritage des hommes (à moins que tu veuilles abandonner les livres, qu'on reparte vivre dans les forêts ?? même au moyen-âge les sages avaient leurs bouquins...) Le livre transmet des valeurs, et donne à ses lecteurs toutes les ressources pour vivre une vie ouverte et riche.

Et si tu ne me crois pas, je t'invite à lire mon fabuleux roman intitulé Recueil d'un éloignement trop intime !


EDIT du 24 nov 2015

Ce topic est dépassé...  ;)
Je vous invite à aller consulter le sujet : Transformation de l'édition (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=19141.new#new) qui propose une analyse un peu plus poussée de la crise du livre.