La V2 se trouve là-bas (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,9952.msg209713.html#msg209713) ; la v1 est toujours disponible ci-dessous.
Tout avait commencé lors d'une simple proposition liminaire en fin de journée :
— Peut-être pourrais-je te raccompagner ?
Et elle de répondre avec un sourire en coin :
— Quel euphémisme !
Je savais tout à son sujet et elle à mon endroit. Ce point était déterminant pour l'accomplissement de notre anagogie. Sa volubile prétérition allégeait ma conscience des plus lourdes métaphores fleuries que je m'apprêtais à lui exposer en cas d'un refus poli, ou de la moindre litote dont elle était si friande.
— Je connais un bon restaurant italien pas loin de chez moi.
— J'en connais un mauvais très près de chez moi, répond-elle du tac au tac.
— T'as pas faim ? rétorqué-je surpris.
— Si, très.
J'avoue avoir perdu le fil de la conversation, furtive impression de ne pas être en phrase avec ma passagère. Je haussai un sourcil, puis les épaules. Tout en m'interrogeant sur ces propos disloqués, je me stationnais dans un espace libre.
Le repas fut excellent, mais les propos redondants débités par ma verve inépuisable refroidirent mes nouilles rapidement. Ma conquête buvait mes paroles, victime consentante de mon élocution prolixtérique. L'onctueuse sauce blanche de sa pizza aux moules s'était figée sous la tempête de mon verbe enflammé.
Conséquence d'Objet Direct : le dessert fut inexorablement subordonné au bon vouloir du temps qui avançait directement vers une fermeture imminente du restaurant, sa séquestration circonstancielle devint définitive lorsque ma carte bleue s'introduisit dans la fente adéquate. Notre repas irait nourrir la poubelle, les restes impératifs d'une division incomplète d'un besoin sustentatoire assouvi par un désir atavique imparfait.
À peine enivrés par les quelques gorgées de vin que nous avions avalées, nous rentrâmes à pied. Je la raccompagnais en la serrant par la taille, juste à titre indicatif. Une demi-heure plus tard, elle était introduite dans mon appartement. Nous nous effeuillâmes de nos pelures hivernales afin d'être plus à l'aise.
Évitant de m'embarquer dans une dissertation qui n'aurait ni queue ni tête, je lui proposais une stichomythie. Dithyrambique, elle entama le prologue pendant que j'infusais le thé au rhème :
ELLE – J'ai bien cru un instant faire une fable écrite.
MOI – Bien loin de moi l'idée de te dicter la suite.
ELLE – Tu omets ce billet glissé dans ma culotte !
MOI – Ironie de la vie, je n'ai plus de compote.
ELLE – Ne change pas de sujet ! Ta métaphore est nulle.
MOI – Mais elle est proverbiale. Autant que ma virgule.
ELLE – Mon point d'exclamation n'admet plus de copules !
MOI – Notre ponctuation est-elle ridicule ?
ELLE – Cela ne rime à rien ! Il est tard, je m'éclipse.
MOI – Je dirais qu'il est tôt ! Offrez-moi vos ellipses.
ELLE – Pour en arriver là, je veux une assonance.
MOI – Et pendant tout ce temps, l'an transcendant avance.
ELLE – Mouais, pas terrible. Et une antanaclase ?
MOI – J'écris dans le cartouche : j'te mets une cartouche.
ELLE – Quelle vulgarité !! Va-t-en prendre une douche !
MOI – Ça me convient chérie. Tu me frottes le dos ?
ELLE – C'est une conclusion qui mérite un râteau !
Conjuguant nos efforts dans un futur immédiat, nous marinâmes dans un bain moussant. Puis l'impératif pressant, nous révisâmes nos accords féminins et pluriels à grand renfort d'onomatopées adverbiales et d'interjections adjectivées. Nous composâmes une véritable allégorie du kâmasûtra ; je me perdis dans son anaphore après qu'elle se fut activée sur mon hyperbole.
Matez ma trique et évaluez mon vocabulaire, comme disait mon grand-père à sa grammaire ! Cherche mes attributs et pis tète, lui aurait-elle inévitablement répondu.
Repus de sa morphologie et de notre participe passé, nous nous assoupîmes au lever du soleil sur un jour plus-que-parfait. Quelque part au fond de mon âme endormie, une légère interrogation subsiste : une telle logorrhée ne risque-t-elle pas de me refiler un chiasme du tonnerre ?
EDIT 1 : remarques Holden5 + 2 petites fautes.
EDIT 2 : remarques Bricoman Force Jaune :D
Ci-dessous la v2 revue et augmentée. Grand merci à holden5 et mon Brico d'amour pour leur remarques et propositions.
Bonne (re)lecture :P
Rapport Textuel v2
Tout avait commencé par une simple proposition liminaire à la fin d'une journée de travail harassante :
— Peut-être pourrais-je te raccompagner ?
Et elle de répondre avec un sourire en coin :
— Quel euphémisme !
Sa volubile réticence allégeait ma conscience des plus lourdes métaphores fleuries que je m'apprêtais à lui exposer en cas d'un refus poli — ou de la moindre litote dont elle était si friande. Elle n'ignorait pas cependant l'hypothétique dénouement qui se tramait dans mes circonvolutions conjugales. C'était le point déterminant pour l'accomplissement de notre anagogie.
— Je connais un bon restaurant italien pas loin de chez moi.
— J'en connais un mauvais très près de chez moi, répond-elle du tac au tac.
— T'as pas faim ? rétorqué-je surpris.
— Si, très.
J'avoue avoir perdu le fil de la conversation, furtive impression de ne pas être en phrase avec ma passagère. Je haussai un sourcil, puis les épaules. Tout en m'interrogeant sur la dichotomie de ces propos disloqués, je me stationnais dans un espace libre.
Les hors-d'œuvres furent excellents, mais les digressions redondantes débitées par ma verve inépuisable refroidirent mes nouilles rapidement. Ma conquête buvait mes paroles, victime consentante de mon élocution prolixtérique. L'onctueuse sauce blanche de sa pizza aux moules s'était figée sous la tempête de mon verbe enflammé.
Conséquence d'Objet Direct : le dessert fut subordonné au bon vouloir du temps qui s'avançait inexorablement vers une fermeture imminente du restaurant. Corollaire de notre désir atavique imparfait, l'inutilité circonstancielle de nos restes devint définitive lorsque ma carte bleue s'introduisit dans la fente adéquate, augmentant simultanément mon passif bancaire. Afin de redresser la barre, je me promets de faire mon prochain versement en liquide.
À peine enivrés par les quelques gorgées de vin que nous avions avalées, nous rentrâmes à pied. Par chance, nul prédicat ne vint nous soûler de ses allégations avinées. Je la serrais par la taille à titre indicatif. Une demi-heure plus tard, nous étions localisés dans mon appartement. Nous nous effeuillâmes de nos pelures hivernales dans la perspective de comparer nos morphologies respectives…
Évitant de m'embarquer dans une dissertation qui n'aurait ni queue ni tête, je lui proposais une stichomythie. Dithyrambique, elle entama le prologue pendant que j'infusais le thé au rhème :
ELLE – Désirerais-tu que je te conte un vieux mythe ?
MOI – Loin de moi l'idée de t'en imposer la suite.
ELLE – Tu omets ce billet glissé dans ma culotte !
MOI – Ironie de la vie, je n'ai plus de compote.
ELLE – Ne change pas de sujet ! Ta métaphore est nulle.
MOI – Mais elle est proverbiale. Autant que ma virgule.
ELLE – Mon point d'exclamation n'admet plus de copules !
MOI – Notre ponctuation est-elle ridicule ?
ELLE – Cela ne rime à rien ! Il est tard, je m'éclipse.
MOI – Je dirais qu'il est tôt ! Offrez-moi vos ellipses.
ELLE – Pour en arriver là, je veux une assonance.
MOI – Et pendant tant de temps, l'an transcendant s'avance.
ELLE – Mouais, pas terrible. Et une antanaclase ?
MOI – J'écris dans le cartouche : j'te mets une cartouche.
ELLE – Quelle vulgarité !! Va-t-en prendre une douche !
MOI – Ça me convient chérie. Tu me frottes le dos ?
ELLE – C'est une conclusion qui mérite un râteau !
Conjuguant nos efforts dans un futur immédiat, nous marinâmes dans un bain moussant. Puis l'impératif pressant, nous révisâmes nos accords féminins et pluriels à grand renfort d'onomatopées adverbiales et d'interjections adjectivées. Entre positions antérieures et concessions postérieures, nulles conditions négatives ne s'imposèrent à notre objectif de coordination. Sens dessus dessous, nos corps en chiasme formaient l'antithèse de ces insipides amours parallèles prônées par la morale ecclésiastique.
Matez ma trique et évaluez mon vocabulaire, comme disait mon grand-père à sa grammaire ! Cherche mes attributs et pis tète, lui aurait-elle inéluctablement répondu.
À l'envers et allant droit, nous composâmes une véritable allégorie du kâmasûtra ; je me perdis dans son anaphore après qu'elle se fut activée sur mon hyperbole. Ah, ma sémantique interjection subjective révéla mon insubordination transitoire, funeste corrélation entre ma petite mort systématique et son incomplétude traditionnelle. J'ai dû m'abaisser à un long exposé lexico-linguistique afin d'assouvir sa soif de lexème. Oh, que je lemme !
Repus de notre participe passé, nous nous assoupîmes à l'aube naissante d'un jour plus-que-parfait. Alors que je tombe dans les bras de morphème, une légère interrogation subsiste : toujours coucher avec de telles figures de style ne risque-t-il pas de me refiler une logorrhée d'enfer ?
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EDIT 1 : Corrections des erreurs relevées pas MillaNox.
EDIT 2 : Suppression de la répétition du mot "liminaires " (après "Hors-d'oeuvres")