Pour ce qui est de la présentation, il y a juste à savoir que c'est mon inspiration du soir.
Les protagonistes sont deux de mes personnages d'autre histoire.
J'espère que pour mon premier texte posté ici, il sera apprécié tout de même un petit peu...
Ce jour était de ceux qu’il préférait. L’air était d’un froid claquant, mais il pouvait facilement sentir la chaleur du soleil caresser sa peau. Toutes les nuances de la nature étaient sublimées grâce à cette lumière magnifique, présente ce matin au bord du lac.
Plusieurs fois, elle avait frissonné de plaisir quand le soleil l’avait réchauffé. Que c’était bon d’être toute seule, assise sur ce banc qui l’accueillait en cette heure matinale.
Un livre à la main, elle profitait de ce moment de tranquillité, alternant sa lecture avec la contemplation du paysage.
Devant elle, l’étendue d’eau prenait place sur plusieurs dizaines de mètres. De petites volutes de brume se trouvaient encore par-ci par-là, attendant à leur tour que le soleil les fasse frissonner pour disparaitre.
Comme à son habitude, son objectif n’était pas loin. Et s’il était sorti aussi tôt ce matin, ce n’était certainement pas pour laisser son œil orphelin. Alors, il le fit fusionner avec l’objectif de son appareil photo, à peine arrivé aux abords de l’eau.
Il y avait de ceux qui le trouvaient farfelu, ne saisissant pas vraiment son engouement pour la photographie. D’autres qui avaient peur de lui, trouvant son attitude un peu trop excessive pour qu’elle soit saine. Heureusement, certains le comprenaient et même s’ils n’étaient pas nombreux ça lui suffisait. Il n’avait aucunement besoin de reconnaissance.
Elle aimait la solitude, et lui laissait de plus en plus de place dans sa vie. Fini les années à se pavaner devant son parterre de fausses amitiés, elle était seule et finalement, bien moins mal accompagnée. Et puis, ils ne la comprenaient pas. Certains avaient essayé, mais elle ne les avait pas laissé faire. Et il y avait toujours cette part d’elle qu’elle n’arrivait pas apprivoiser, celle qui avait laissé cette cicatrice à l’intérieur de son corps, celle qu’elle avait essayé de dissimuler par tous les moyens.
Il s’approcha du banc où elle se trouvait, mais trop concentré, ils n’avaient pas fait attention ni à l’un, ni à l’autre pour l’instant.
Le moment propice à leur rencontre fut celui d‘après, quand il tourna la tête dans sa direction et qu’elle releva les yeux pour contempler le lac à l’origine de ses rêveries.
Le sifflement du déclencheur s’était actionné sans retenue. La lumière effleurait sa chevelure et faisait, comme autrefois, osciller la couleur de ses yeux, entre le vert et le bleu. Il n’avait pas pu résister à figer l’image avant qu’elle ne bouge, avant même qu’il ne la reconnaisse.
Pourtant, elle était de ses visages qu’il ne pouvait oublier, même si les années passées l’avaient légèrement modifié. Il restait tout aussi mystérieux, tout aussi beau qu’à l’époque de son adolescence.
Elle était restée interdite à ce qui venait de se dérouler. Le flashback fut rapide pour elle, en quelques secondes d’immobilité tout lui était revenu.
Il n’avait pas changé, elle aussi, aurait reconnu entre mille celui qui l’intriguait, suscitait en elle des émotions qu’elle se refusait d’avoir. Pourtant, il la regardait d’un regard que personne n’avait plus jamais eu pour elle. Comme s’il la sondait au plus profond de son âme. Elle se sentait mise à nue, frêle et petite, en totale contradiction avec cette exceptionnelle sensation de sécurité quand elle se tenait devant lui.
Doucement, il abaissa son objectif, laissant apparaître le sourire qui s’était formé au coin de ses lèvres. Il inclina sa tête légèrement sur le coté, résistant cette fois-ci à capturer son image. Puis se décida à avancer vers elle.
Elle se redressa légèrement, qu’allait-elle bien pouvoir lui dire ?
-Salut…Fit-elle finalement d’une petite voix.
Il répondit à son introduction en souriant et fit de même.
-Salut.
Sa voix était légèrement plus grave que dans ses souvenirs lui concédant un air bien plus mature. Il s’approcha du banc et s’assit sur le dossier sans ajouter un mot. Elle posa son livre à côté d’elle et il fit de même en posant son appareil. Puis il brisa le silence installé après seulement quelques minutes.
-Comment vas-tu ?
-Bien. Je vois que ton appareil te suit toujours comme ton ombre...
-Oui toujours...
Il est des hasards que la vie n’attend pas et ce matin là, il avait permis d’opportunes retrouvailles. Jamais plus elle ne serait seule, jamais plus il ne la verrait exclusivement dans ses souvenirs…