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Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Miromensil le 14 Septembre 2013 à 11:14:39

Titre: Légère psychose (texte entier)
Posté par: Miromensil le 14 Septembre 2013 à 11:14:39
Bonjour,

Voilà le texte entier  ;)  Un grand merci à ceux qui ont déjà commenté, ça m'a vraiment aidé.
Après je sais que du coup il est long, donc je comprendrai qu'on ne le lise pas en entier s'il n'est pas accrocheur.

Légère psychose

Assis sur un banc dans un parc, les mains posées sur le pommeau de sa canne, il attend.
Devant lui les flâneurs du dimanche déambulent paresseusement. Un jeune couple se promène, une bande d'amis est assise en rond sur la pelouse. Les platanes séculaires, à ses côtés, surplombent ce vaste parc de la périphérie. La clameur urbaine semble à mille lieues des divagations des promeneurs, et les rangées d'immeubles se profilant au loin, un fade souvenir. Assis sur son banc, Emile Pitus soupire d'aise. En cette fin d'après-midi, il sait que le soleil d'été va faire place à la pluie.

Se levant il mêle sa balade à celle des autres marcheurs. Bien qu'il foule le gravier du même chemin qu'eux, personne ne prête attention ni n'entend le crissement de ses pas. Sa silhouette carrée se détache sur le vert des arbres mais il est invisible aux yeux de tous. Lui les voit, quand ils sortent leur manteau à la vue des nuages qui s'annoncent à l'horizon. Un petit vent s'est levé mais le parc ne se désemplit pas pour autant.

D'Emile Pitus, on ne sait rien d'autre que des histoires rocambolesques et d'autres anecdotes, dont la plupart sont imaginées. Ni homme ni dieu, il suffit que son nom se fasse entendre pour que les regards se perdent et que les sourires s'étirent. Les habitants lui ont inventé un passé, une histoire et des émotions. Il n’apparaît qu'en de rares occasions, ce qui a fait de lui une légende urbaine hantant les parcs et les squares. Il est déjà vieux, et ses épais sourcils blancs lui donnent un air aussi sage que surpris. Emile Pitus est chef d'orchestre. Son auditoire, les habitants. Ses musiciens, la pluie et la ville elle-même.

Il est à peine arrivé au bout du parc que le ciel est constellé de nuages chargés de pluie. Des petits groupes de personnes affluent joyeusement dans son dos, ils s'assoient au premier rang, au bord de la pelouse. Le vent s'est intensifié et agite désormais les feuilles des platanes. Les mains posées sur le pommeau de sa canne, il entend derrière lui le flop des parapluies qui s'ouvrent et le froissement si coutumier des capuches qu'on rabat sur la tête. Il sent aux alentours l'empressement des travailleurs qui quittent leur bureau. Les magasins qu'on ferme et l'embardée dans les métros. Les rues s'éveillent, les réverbères attendent.

Le soleil n'est pas encore tout à fait couché sur la ville. En cet instant l'ombre et la lumière se réunissent dans un dernier élan. Les lampadaires sont allumés bien que la couleur des habitants et des rues ne se soit pas encore tout à fait évanouie. C'est l'heure bleue sur la ville, et une foule hétéroclite envahit peu à peu bancs et coins d'herbe, pendant que certains s'assoient tout simplement contre un arbre. Tous, dans une impatience de plus en plus fébrile, aspirent à la venue de quelques gouttes annonciatrices du début du spectacle. Il ferme les yeux.

Alors elle arrive. Sans crier gare, elle s'abat au-dessus des têtes. Dans un mouvement presque magistral, Emile Pitus se retourne et apparaît face à son public. Il affiche un grand sourire. Certains applaudissent. Ça y est, le spectacle peut commencer.

Son allure noyée dans l'ombre grandissante est rehaussée par la lumière des lampadaires environnants, la pluie, tombant des profondeurs de la nuit, est devenue sa musicienne. Par le ballet de ses bras, il la tempère, joue sur les sons qu'elle véhicule. Les gouttes, qui sont autant de notes, font miroiter leurs sonorités en chacun des individus assis à l'écouter. Emile Pitus fait des petits pas de danse, la pluie est musique ; alors qu'il relève son menton, les yeux presque fous, elle se noie en accords mineurs.
Autour on frissonne.
La mélodie pluvieuse qui s'échappe du duo capte ce qui reste de lumière et incarne le commencement de la nuit, propageant son écho dans chaque coin de la métropole. Elle vient des tréfonds des illusions des hommes, évoquant le blues du vent et le vertige des tornades. La ville est cadence et résonne de toutes parts. Jusqu'au rebord d'une fenêtre d'un salon, où une vielle dame est accoudée, la pluie s'exhausse crescendo d'une mélodie qui lui est propre.

Emile Pitus est le musicien qui veille à l'harmonie du quotidien. La musique est un hymne universel qui fait vibrer citadins et citadines, elle adoucit leur tristesse et les accompagne les vendredis soirs. Les concerts en plein air d'Emile provoquent une vague d' enchantement sur la ville, qui déferle dans tous les cœurs. La petite musique présente en chaque personne est alors plus positive, plus vaillante. C'est grâce à lui que les lundis sont un peu moins laborieux. Il est la brise quand l'été tape sur la ville. Non, Emile Pitus n'a jamais eu la prétention de créer un monde parfait, mais de maintenir une harmonie. Celle qui plane au-dessus de la ville et dans ses habitants. Par le biais de la pluie, il orchestre l'ordre caché du monde.
Les jours qui suivent ses représentations musicales, il arrive aux gens de danser dans les rues. Les plus timides jettent un coup d’œil furtif aux alentours, s'assurent que personne ne les regardent, et se mettent à danser. Mais ce qu'on aurait pu qualifier d'étrange, c'est qu'ils dansent sans musique audible.

Dans une pièce lugubre d'une sombre impasse, des truands de la petite semaine cogitent. Ces loubards le jugent shooté de la veille, qu'il n'est qu'un vieillard tentant maladroitement de rendre ses élucubrations intéressantes, estimant que sa musique n'est qu'un somnifère qui endort et avilit les foules. Grand est leur désarroi de voir le nombre de fanatiques qu'il compte dans ses rangs. Il réfléchissent, dans l'ombre des ombres de la ville, se disant de prime abord qu'il faudrait le faire interner dans un quelconque asile pour mélomanes désaccordés. Mais Emile Pitus est connu et admiré. De plus, comment l'attraper, le faire arrêter? Son apparition est aussi transparente que la pluie elle-même.

Alors eux, les Éveillés, ayant décidé qu'il est était préférable d'agir sur l'opinion publique, envahissent les murs de la ville à coup de messages percutants. Des graffitis aux couleurs écarlates dépeignant un appel à la prudence explosent sur les portes de garage, les enseignes de magasins et les murs désaffectés.

Rendez-vous à l'évidence
Méfiez-vous des apparences
Mes amis, vous rêvez


Assis derrière le comptoir d'un bar, Emile considère un petit voilier qui tournicote à la surface de son expresso. Le fait de tourner inlassablement en rond n'a pas l'air de l'ennuyer. Emile soupire, maugrée dans sa barbe blanche. Il est conscient de ce qu'il se trame dans son dos. Ces soi-disant Eveillés ne savent pas de quoi il retourne, n'imaginent même pas quelles conséquences dramatiques la suspension de ses fonctions provoquerait. Une discorde totale de la société, puisqu'elle ne répondrait plus au nom de la musique, elle qui maintient les habitants unis dans le quotidien. Emile pourrait brouiller les ondes radios ; désynchroniser toutes sortes d'mp3, échafauder une censure médiatique anonyme. Dans sa tasse la frêle embarcation a coulé. Las, le vieux chef d'orchestre se demande s'il est lui même possédé.

Au fur et à mesure que l'été avance, d'étranges séances destinées à « réveiller » les gens s'organisent aux quatre coins de la ville, durant lesquelles les habitants sont invités à ingurgiter une substance saugrenue destinée à leur faire avouer la folie d'Emile Pitus. Tous pour un retour fracassant sur terre. Des discours démagogiques sont donnés dans les rues, les bistrots, les cafés. Pour montrer l'évident somnambulisme d'Emile Pitus, les Eveillés affirment qu'en cas de catastrophe urbaine, il ne viendra pas les aider. Dans ce contexte, des quartiers entiers, dont les immeubles sont des chefs d’œuvre d'architecture harmonique, sont dynamités. Pas de réaction de la part du petit vieux que l'on présuma occupé à nourrir les pigeons dans un parc reculé. Vous ne vivez pas, vous rêvez.

Perché à califourchon sur le dos d'une gargouille à la gueule béante et appuyé contre la pierre froide d'une tour de cathédrale, Emile Pitus, ainsi niché au sommet de l'imposante bâtisse, n'est l'empereur que de son propre mirage. Ses vieux os à peine transis par la longueur des années lui permettent encore ce genre de culbute. Le ciel est d'un bleu intense, un bleu à faire pâlir les yeux de ceux qui le contemplent. Cela fait un bout de temps qu'il demeure invisible à la population. Sans doute que, inconsciemment, il voudrait leur faire goûter la saveur d'une vie sans hymne unanime.

Aux prémices de l'automne la ville entière est troublée. De plus en plus de prospectus anti-EmilePitus jonchent le pavé mais cette mouvance n'affecte pas encore les habitants dans leurs habitudes. Même si les pubs du journal télévisé invitent avec emphase à ne plus se rendre aux récitals symphoniques, les résidents n'accordent qu'une oreille distraite à ces bavardages médiatiques. Malgré tout, les moyens de diffusion mis en œuvre par les Eveillés obligent les autorités municipales à se prononcer sur la question. Ils doivent bien reconnaître que les Eveillés, dans tout leur apparent jacassement, soulèvent une question jusqu'ici jamais soupçonnée. Est-ce que l'arrière musique laissée par le passage d'Emile Pitus est bien la cause du bon train-train de la vie ? Ou bien est-ce là une tendance humaine, de faire en sorte que tout aille pour le mieux ? Pire, est-ce que cette prétendue musique dégrade la raison de ceux qui l'écoute ? Les autorités sont perplexes. Mais il est bien difficile de s'attaquer à ce géant populaire.
Sur ce constat, un conciliabule d'experts est désigné afin d'élucider le mystère. Cependant tous ne doivent pas tergiverser bien longtemps pour arriver à l'évidence : le meilleur pour répondre à la question n'est autre que Emile Pitus lui même. Monsieur Pitus, pouvons-nous nous passer de vos services ?
Les habitants ont eu vent de ces considérations venant de l'hôtel de ville et celles-ci déteignent peu à peu sur leur humeur. Ils sont partagés. D'un côté, il y a ceux qui voudraient bien, finalement, connaître la véritable identité de l'illustre chef d'orchestre. De l'autre, il y ceux qui clament haut et fort que la musique est une magie universelle, capable d'apaiser les ennuis ; dès lors, pourquoi s'en passer ? Mais il est trop tard, la machine est déjà lancée. Dans les salles de réunion, on planche sur la façon de rencontrer Emile Pitus de manière civilisée, sans le brusquer. On commence à chercher où il habite. Des vieillards qui n'ont rien demandé à personne, et qui ont une vague ressemblance avec Emile Pitus, sont suivis sans raison. Dans un autre temps, les cadres administratifs se rendent compte qu'Emile Pitus est décidément introuvable. C'est le doute qui règne.

Gaston est un ouvrier qui travaille sur le chantier de la futur Tour des Finances. Il s'est rendu une ou deux fois à des concerts d'Emile Pitus, et s'il se souvient bien, il avait plutôt aimé. Comme les autres, il a entendu parler des questions soulevée par le vieux bonhomme. Une fois rentré de son lundi, il réfléchit lui aussi sur la manière dont il pourrait bien le rencontrer. Il se demande comment faire venir la pluie, faute de pouvoir invoquer Emile en personne. Après tout, il suit toujours son arrivée. Gaston sourit : « La danse de la pluie ! » . Bien qu'il n'ait aucune idée de la manière dont procéder, il décide quand même de tenter le coup. L'ouvrier ferme la porte de sa chambre à clef, pour être sur que personne ne vienne le déranger. Repousse les meubles contre les murs, allume le poste radio. Danse comme un dératé. Il invoque dans le secret de sa chambre un joyeux mystère. La musique est entraînante, un mélange de tango et d'électro ; Gaston, dans sa chemise un brin rococo, transcende le tempo du réel.

Un mince filet d'eau tombant sur son nez réveille Emile Pitus de bon matin. Il cligne des yeux et ne peut s'empêcher de sourire en lui même. Les bords de son chapeau sont remplis d'eau, et cela déborde de tous côtés. Son inclinaison en avant n'a fait que renforcer les ruisselets. Diantre ! Il s'est endormi assis contre un arbre. Il s'aide de sa canne pour se relever, et renverse le trop plein d'eau de son chapeau. Visiblement, il a plu toute la nuit. Une brume matinale s'est installée, dans lequel les arbres et les lampadaires émergent comme dans un décor nébuleux. Il n'est pas encore 6h du matin quand Emile Pitus se met en marche pour le quartier de Gaston. Il est rare qu'on l'appelle en invoquant la pluie. En fait, il ne s'y est jamais habitué. Ça lui fait tout drôle à chaque fois de rencontrer un des nombreux quidam de la métropole. Il les aime bien de loin, à sa manière. Mais il n'est pas un professionnel en la matière, étant plutôt acclimaté aux parcs reculés et aux hauteurs.

Devant la porte de l'ouvrier, il hésite. Il est sans doute trop tôt pour sonner, et il ne voudrait pas le réveiller. On est quand même mardi, il devrait être debout, se dit-il. Quoi qu'il en soit, la porte est ouverte et il décide d'entrer sans faire trop d'embarras. Il enlève son couvre chef et laisse choir sa canne contre le mur. Personne dans le vestibule. Alors, il lit les étiquettes de la rangées des boîtes aux lettres, sur lesquelles les locataires de l'immeuble n'ont écrit que leur prénom. Quelle drôle d'idée, se dit-il. Rachid, Nourradine, Gaston, Sven, Sabrina, Naya,...Subitement il entend une respiration. Se désintéressant des boîtes aux lettres, il se surprend à voir Gaston, bras ballants et chemise aux boutons décalés, en bas de l'escalier. Gaston le regarde avec des yeux ronds, mais Emile n'est pas un grand bavard et doit faire un effort pour se mettre à parler :
«-Bonjour Gaston.
-Bon..Bonjour Monsieur Pitus. C'est un honneur pour moi de vous rencontrer. Je ne m'attendais pas à vous voir de si bon matin. Vous voulez qu'on monte chez moi ?  Je pourrais vous servir quelque chose à boire. A moins que vous ne préféreriez d'abord que je vous débarrasse de votre manteau ? »
Pendant un moment, ni l'un ni l'autre ne dit mot, tout interloqués. Puis les secondes passent et Emile décide de se bouger un peu, ignorant ses questions.
« Venez, on va prendre la ligne 14, on ira plus vite. Je vais vous montrer, puisque vous voulez tant savoir. »
Gaston pense un moment au chantier où il ne se rendra pas, mais n'hésite pas longtemps. La Tour des Finances devra attendre un peu avant de s'ériger vers le ciel. Il est un des premier de toute l'histoire à parler avec le célèbre mélomane. Il sera dans les Annales, Gaston en est sûr. Il attrape son manteau et suit la silhouette arquée d'Emile Pitus.
Dehors, le monde est agité. Certains reviennent de la boulangerie tandis que d'autres vont à l'école en vélo. Néanmoins personne ne semble faire attention à eux, ce qui laisse l'ouvrier songeur. Devant lui, le chef d'orchestre déambule dans les rues d'une ville qui ne veut presque plus de lui. A l'arrêt de bus de la ligne 14, ils voient, au loin, un gratte-ciel s'effondrer, succombant sous les délires des Éveillés. Le temps est presque trop beau.
La ville détonne, pense Gaston.
Du coin de l’œil il considère Emile Pitus, qui regarde le décor sans rien dire et sans expression. Il voudrait dire quelque chose, mais il a peur de raconter une bêtise alors il se contente de se tenir un peu plus près du vieil homme pour témoigner son soutien. A-t-il seulement conscience de ce qu'il se passe dans les murs de la métropole ? Gaston l'ignore. Enfin le bus de la ligne 14 déboule du fond de la rue. Gaston et Emile Pitus montent avec les autres passagers. A l'intérieur, il n'y a plus qu'une place assisse, et Gaston la laisse au vieux chef d'orchestre, qu'il trouve de plus en plus humain. Il ne dit toujours rien.

Pendant ce temps là, dans le HLM de Gaston, sa voisine est offusquée. Vraiment, il a fait trop de bruit en gesticulant de cette manière. Son plafond en tremblait, impossible de regarder la télé tranquillement. Si en plus c'était pour la bonne cause...Mais non, elle le sait, son voisin est comme les autres.Il est simplement à la recherche d'une quelconque notoriété grâce aux remous provoqués par un certain personnage qui se prend pour le père Noël. Ah ! Il pense avoir trouver le moyen de se rapprocher du ciel autrement que sur des échafaudages. Quand il s'était exclamé pour lui même « la danse de la pluie ! », elle avait très clairement entendu. Et tout de suite pigé. Ni une ni deux, elle avait tout de suite téléphoné à la dirigeante du conciliabule chargé de l'affaire Pitus. Cette Jacqueline Mulier serait sûrement ravie d'entendre ce qu'elle avait découvert. Et tant pis si ce qu'a dit son voisin n'est que pur radotage, si elle peut aider à faire entrer Pitus en pension, ce ne serait pas plus mal.
«-Bonjour madame Mulier, je ne vous dérange pas ? Je crois que j'ai une info importante concernant votre bonhomme, dit-elle sur le ton de la confidence.
-Eh bien, dites moi tout, mais vite, ma réunion va commencer.
-D'accord d'accord, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais je pense qu'au lieu de chercher Emile, vous devriez faire d'abord venir la pluie.
-Ca risque d'être difficile, vous avez vu le ciel ? Les météorologues n'annoncent pas de pluie avant je ne sais combien de temps. Et puis vous en avez de bonnes, vous. On a pas encore de contrôle sur les éléments atmosphériques.
-Justement. Il faut danser pour faire venir la pluie. Si j'ai bien compris, il ne devrait pas tarder.
Jacqueline Mulier hésite. Elle en a entendu de toutes les couleurs, depuis le début de cette histoire. Des suggestions rocambolesques, qu'elle a parfois appliquées à la lettre. Elle et son équipe ont déjà fait surveiller tous les parcs et ont mis au point un dispositif de poussière censé révéler la présence d'êtres invisibles. Mais sans résultats.
Suspicieuse, elle ajoute :
-Vous êtes sûre de ce que vous dites ?
-Non madame. Je ne peux rien vous garantir.
-Bon écoutez, je dois y aller. Je vais voire ce que je peux faire. Bonne après-midi », soupire-t-elle.
En vérité, Jacqueline Mulier n'est plus très inspirée. L'affaire n'avance pas. Ses collègues, sous ses ordres, sont des spécialistes en matière de soupçon et d'espionnage, pas dans la traque d'un vieux somnambule invisible.
Ses collègues prennent place dans une salle de réunion informelle, au dernier étage d'une tour de verre, fleuron de l'architecture moderne. Quand ils se sont tous installés autour de la longue table noire et qu'elle se tient debout à sa place de tête, elle a une idée derrière la tête et ne peut pas leur mentir :
« Bien le bonjour messieurs. Écoutez, ils font vraiment que nous fassions avancer les choses. On tourne en rond. »
En parlant elle se déplace devant l'immense baie vitrée. Elle sent leurs yeux posés sur elle malgré qu'elle ne porte qu'une jupe mi-mollets.
« Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je suppose qu'aucun de vous n'a de suggestions, donc je vais aller droit au but. »
Elle balaie l’assistance du regard. Aucun ne souffle un mot.
«Nous allons danser. Je sais que certains vont rechigner, mais je vous demande vraiment de faire cet effort. »
Cette fois-ci le petit cortège en costumes bien repassés sort de son impassibilité. Ils se redressent dans leur fauteuil et se regardent bêtement les uns les autres. Ont-ils bien entendu ?
Elle a capté toute leur attention quand elle dit :
« Messieurs. Veuillez défaire vos nœuds de cravates. »

Par les vitres du bus, Emile Pitus et Gaston voient le décor décapant de la ville défilante.
Ça et là une inscription bâclée leur rappelle de ne pas trop rêver. Soudain, le temps d'un feu rouge, un saltimbanque exécute un tour alliant jonglerie et pyrotechnie. La double file de voitures contraintes à s'arrêter le regardent sans cligner du phare. Sous les yeux indifférents des conducteurs, il déploie des volutes flamboyantes s’embrasant dans le ciel. C'est sa spécialité, à lui l'artiste du macadam. Au feu vert, personne n'applaudit dans le bus. Et le voyage continue.
Le bus s'enfonce dans un festival de rues pittoresques et de bouts de ciel bleus, au fur et à mesure que le convoi se vide de ses passagers. Bientôt, aux abords de la ville et dans les abîmes de la rêverie de Gaston, ils sont seuls dans le bus. Emile Pitus semble sortir de sa torpeur. Il appuie sur le bouton Stop, et souligne le silence d'une unique phrase:
« On descend à la prochaine station. »
Il fait beau à midi, quartier de la Contredanse. Le bus les a déposés dans un véritable dédale de géants de briques rouges. Ici les grattes-ciel vouent un culte à la folie des grandeur et le silence est roi. Il règne une odeur de cake brûlé. Gaston renifle. Emile Pitus est satisfait. Pas d'âmes qui vaquent à la ronde.
Emile Pitus, le nez en l'air, s'avance dans ce labyrinthe. Ainsi il vagabondait incognito parmi nous, mais personne ne le voyait, se dit Gaston. Les gens ont énormément besoin de sa musique, ils ne le savent même pas. Et lui est resté si discret. Au détour d'une ruelle équivoque, il s'engouffre prestement dans un des titans de pierre.Gaston le suit comme un automate.
L'immeuble semble ne plus avoir été habité depuis fort longtemps. Les portes des appartements sont entrouvertes ; elles laissent entrevoir des instants de vie figées à jamais. Bien qu'ils tournicotent interminablement dans une cage d'escalier quelque peu insalubre, la ténacité d'Emile Pitus étonne l'ouvrier, lui l'habitué des escaliers en colimaçon. Au détour d'une dernière marche, il sent un petit vent virevolter aux alentours. Toujours devant, Emile Pitus s'avance dans l'appartement du dernier étage. Ses pas soulèvent de la poussière, il a la majesté d'un astronaute qui foule pour la première fois le sol lunaire.

Au moment où les deux compagnons regardent le paysage, dans une tour en verre toute proche, on s'échauffe. Les plus âgés de l'équipe de Jacqueline Mulier sont dispensés de danse et les plus jeunes sont priés de montrer l'exemple. Après avoir repoussé l'imposante table contre le mur et aligné les doyens dans leur fauteuil juste à côté de celle-ci, l'équipe de Jacqueline Mulier est enfin prête à passer à l'acte. Tous se tiennent un peu grandiloquents au milieu de la pièce. Un stagiaire prête son ipod, qu'on branche aux énormes enceintes habituellement utilisées lors des réunions. Elle les regarde, tout coincés qu'ils sont à l'idée de danser. Pourtant c'est bien pour cette raison qu'elle a obtenu ce poste de dirigeante. Pour sa capacité à innover et son esprit créatif. Elle se dit que, plus ils sont à danser, plus il y a de chances pour que Pitus fasse son apparition. Le plus jeune, qui sort toutes les nuits tout en brillant par son intelligence pendant le jour, mène le pas :
« -C'est facile, leur explique-t-il. Vous devez juste m'imiter. Je vais faire des mouvements simples, et dans la mesure du possible, on essaie d'être synchro.
-M'enfin Bryan, j'ai plus dansé depuis la fin de mes études ! Et encore, je ne dansais que si j'étais soul!
-Oui et c'est pas l'eau des distributeurs qui va nous aider, marmonne un autre.
-Toute cette mascarade est totalement stupide. »
Jean n'est pas content et, malgré ses 35 ans, décide de se ranger avec les vieux qui regardent les autres se dépatouiller.
«S'il vous plaît, c'est pour la bonne cause ! Personne ne va filmer la scène, ironise Jacqueline. »
Bryan appuie sur le bouton play. Par les fenêtres de la pièce, les colosses de verre environnant se rient de la gaucherie de ses occupants. Quelques instants plus tard, les cumulus déboulent.

Dans l'appartement désert où se tiennent Emile et Gaston, tout un pan de mur s'est volatilisé. Le panorama est saisissant, toute la ville se déploie sous les pieds d'Emile Pitus. Gaston vient se placer à ses côtés, et tous deux ont l'esprit remué par le vent l'espace d'un instant. Tout-à-coup Emile Pitus pousse un antique fauteuil à quelques pas du vide. Et s'y installe confortablement, les mains jointes et la mine comblée. Gaston s’assoit au bord du précipice. S'ils avaient eu du café, ils auraient siroté le paysage.
L'ensemble forme une carte postale insolite. Devant un paysage urbain rectangulaire sont assises deux silhouettes à contre-jour. Mais pas une ne dit un mot. Ils appartiennent déjà à un autre temps.

Sans crier gare Emile Pitus se racle la gorge, et dit :
« C'est bien joli tout ça, mais je ne nous ai pas fait sillonner monts et merveilles pour qu'on prenne racine ici. »
Étrangement, cette perspective n'aurait pas dérangé Gaston.
« Mon rôle est juste de révéler la musique présente dans chaque habitants. Je le peux grâce à la pluie. C'est une manière pour moi de donner un charme à la tristesse qu'ils éprouvent parfois, de donner des ailes à leur esprit occupé. Cela allège quelque peu leur quotidien, maintient une certaine harmonie derrière le chaos apparent de leur vie. C'est là tout le pouvoir de la musique. » Et le regard du vieil homme de se perdre dans le paysage.
Gaston écoute. Du fin fond de la périphérie une rumeur bourdonne. Emile Pitus l'a entendue lui aussi, et tend l'oreille. S'adressant une dernière fois au chef d'orchestre, Gaston dit :
« -C'est la nouvelle stratégie des Éveillés. Ils ont organisé une immense manifestation dans le but de vous faire réagir. Ils veulent vous faire avouer.
-Ainsi soit-il », répond calmement Emile Pitus.
Fin d'après-midi sur la ville.

La foule compacte, les Eveillés en tête, parade dans les rues principales. La majorité ne sont cependant que des badauds curieux de faire partie d'un tel rassemblement. Les plus véhéments clament et affichent sur des écriteaux leurs slogans anti-rêve, anti-Emile Pitus. Ils veulent la chute du chef d'orchestre, la fin du règne de l'avilissement. Dans le ciel de ce début de soirée, les nuages se rassemblement, menaçant. Les manifestants ont de plus en plus le nez levé vers le ciel. Les parapluies s'ouvrent tandis qu'un crachin humidifie l'atmosphère.
Les habitants descendent dans les rues en un flot incessant. Certains regardent, d'autres claironnent. Bientôt c'est tout une armada en anoraks qui arpentent les boulevards.

Brusquement un coup de tonnerre éclate avec fracas au-dessus des têtes ; le roulis des nuages s'empêtre dans les éclairs, l'azur entier gronde. Le chant des cors de chasse se lève. Les arbres bordant le boulevard se courbent en une révérence aux alizés toujours plus sinistres. Certains spectateurs décampent. Le vacarme aérien  n'éteint pas encore les clameurs des passants seulement armés de leur parka.
Et puis progressivement un vague mouvement de panique envahit la foule. Des frissons d'effroi gagnent les manifestants dont les yeux effarés disparaissent dans l'ambiance grisâtre. Les bassons entament leur lente litanie ténébreuse.
Subitement la tempête musicale explose. L'air des trompettes à un accent d'apocalypse sur un fond de timbales retentissantes. Des trombes d'eau s'échappent du ciel et s’abattent sans prévenir sur les épaules des passants. Les violons accompagnent leur épouvante ; des silhouettes apeurées s’éparpillent maintenant dans toutes les directions, se cachant sous les préaux et s’engouffrant dans les rares magasins ouverts. On crie au cataclysme, à la fin des fins.
Au déluge.

« Regardez, ça marche ! », hurle un des danseurs transpirant de l'équipe de Jacqueline Mulier. Tous sont soudainement plaqués contre les vitres de l'immeuble. La tempête fait rage.
« -Et maintenant on fait quoi ?
-Qu'est ce qu'ils font, tous ces gens en bas ?
-Il va venir ?»
De là où ils sont, ils voient des silhouettes fuir touts azimutes. Jacqueline espère.

Même si le fauteuil à côté de lui est vide, Gaston sait que la tempête n'est pas l'accomplissement de la colère d'Emile Pitus. Non, il n'est pas le dieu qui les ensevelira sous les eaux. Toujours perché dans l'immeuble vide, il écoute les cors et les contrebasses. En fait, Emile Pitus lui fait penser à son père.

Face à la super team de danseurs essoufflés, Emile apparaît. Juste le temps de briller dans leurs yeux fatigués. Il s'éclipse vite, sa place est ailleurs. Dans la tourmente, les habitants sous leurs abris voient l'éminent chef d'orchestre se promener allègrement, ses rares cheveux tout juste ébouriffés et les mains jointent derrière lui. Mais ils croient rêver.

Quelques instants plus tard l'émoi retombe, seule demeure la pluie. Les habitants sortent de leur cachette, tout interloqués et l'esprit embué, se demandant presque pourquoi ils étaient ainsi sortis dans la rue. Les averses ont rincé les murs et les raisons. Quelque part on entend un saxophone qui entame un duo mélancolique avec la pluie pendant que l'ombre diluvienne du chef d'orchestre miroite dans les derniers rayons du soleil.
Emile Pitus sourit.
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: Kanimp le 14 Septembre 2013 à 13:03:43
Les premières lignes contiennent des scènes extérieures et intérieures sans transition logique.
Dans la rue, on se surprend à arrêter sa course pour scruter le ciel, un ciel blanc cassé où les nuages se sont fait opaques. Même les courants d'air se sont invités là où on ne les attend pas : secouant les quelques feuilles de papiers abandonnés sur un bureau pourtant confiné, ou circulant imperceptiblement entre les passagers d'un ascenseur aseptisé.
Vu le contexte je pense lire une histoire qui se passe en extérieur, une plaine ou un parc avec un kiosque à musique.
La météo a cet endroit est mauvaise, la couverture nuageuse le montre.
Même les courants d'air se sont invités là où on ne les attend pas. Pour cause, on devrait toujours se trouver dans un environnement extérieur.
Non les papiers montrent que l'on se trouve dans un lieu de travail ou peut-être dans les maison citées dans la premières phrase.
Finalement, c'est pas ça non plus. Il y a un ascenseur.

On se trouve peut-être alors dans un centre commercial ce qui peut se justifier par la suite avec ces lignes :
Du côté des métros c'est l'embardée ; les portes claquent, les bus se vident et se remplissent.
Le métro pour moi est par défaut un transport souterrain. Je sais c'est pas forcément obligatoire.
Les bus par défaut son un moyen de transport de surface.

et par celles-ci:

Les feuilles des saules bordant les allées s'animent ; et dans leurs essais de haute voltige l'humeur des funambules devient attentive.
La météo devient mauvaise (scène extérieure), mains les funambules continuent (scène intérieure).
Les allées de Saules pouvant être dans un parc ou dans un grand centre commercial.

Bref, je n'arrive pas à situer le lieu de l'action.
Il a toujours une phrase qui contredit le décor que j'imagine.


Edit:
J'ai lu par la suite ta présentation.
Ce qui fait que le lieu de l'action que j'avais imaginé en lisant plusieurs fois ton texte est le City2.

 Ce qui est pris en défaut par la première phrase:
Les gens chez eux ont les yeux rivés à la fenêtre.

Cet endroit que tu dois connaître aussi. Peux-tu me confirmer que j'ai vu juste?

Les gens chez eux ont les yeux rivés à la fenêtre. Les visages sont observateurs.
Je trouve que les visages peuvent être la cible de l'action observer mais jamais un acteur.
Je mettrai plus "De leurs visages observateurs.". Pour montrer que c'est le propriétaire du visage qui observe.
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: Miromensil le 15 Septembre 2013 à 00:02:16
Bonsoir,

merci de t'être penché sur le texte.

Il ne s'agit d'aucune ville en particulier...il y a des métros, des ascenseurs et des rues à Bxl comme dans Paris. Je décris juste un extérieur urbain ou des intérieurs. Mais c'est vrai que je pourrais mieux les organiser en décrivant d'abord l'extérieur (métro, bus rue..), puis l'intérieur (ascenseur, bureau...), puis les visages observateurs. Ce serait mieux?
Sinon, c'est vraiment perturbant que ce qui se passe ne soit pas vu par quelqu'un?

Le lieu de l'action est juste une ville :)
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: naima06 le 15 Septembre 2013 à 02:12:52
Salut!
J'ai bien aimé ton texte, moi qui adore la pluie et les orages  :) C'est poétique, on sent le rythme dans les phrases, c'est beau et fluide et ça donne l'impression que nous aussi, en tant que lecteur, on attend quelque chose...

Quelques commentaires:

Citer
les passagers d'un ascenseur aseptisé.
Tu es sûr qu'aseptisé est le bon mot à mettre là? Dans ma tête ça sonne comme "sans bactéries" ou désinfecté...

Citer
dans leurs essais de haute voltige l'humeur des funambules devient attentive.
Très joli comme phrase, mais si j'ai bien compris les feuilles sont les funambules, et vu que tu parles d'humeur, on a l'impression que tu parles de vrais funambules pendant un instant, comme si les deux figures de style superposées s'annulent en quelque sorte.

Citer
Quelque part, un frère dit à son frangin
S'il dit quelque chose à son frangin, on sait déjà que c'est son frère, pas besoin de le préciser! C'est un homme qui parle à son frère.

Citer
dans chaque confins de la métropole.
confin

Citer
Certains s'assoit juste contre un arbre
s'assoient, et le "juste" ne semble pas cadrer avec la belle écriture du texte. Tout simplement ou quelque chose du genre ferait mieux l'affaire.

Citer
sur chaque recoins des pelouses.
recoin

Citer
ses incroyable sourcils blancs
incroyables

Citer
Aimé des habitants de la ville et haït des oiseaux
haï

J'ai bien hâte de voir la suite! Est-ce qu'il commande la pluie, les éclairs et le tonnerre, ou c'est un spectacle plus inattendu encore?

J'attends donc avec impatience, merci pour ce début agréable à lire!
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: Ned Leztneik le 15 Septembre 2013 à 08:02:44
Je suis d'accord pour le mélange des lieux, au début. Essaie de faire un plan en situant les différents endroits (tu peux t'inspirer de la réalité, même avec des éléments situés dans différentes villes). Et prends les dans l'ordre du plus lointain au plus proche, pour terminer avec celui où se déroule l'action.

Si par la suite, tu as d'autres endroits similaires (*) pour une autre action, procède de la même manière.

* Ou un endroit, par exemple une salle de spectacles, tu commences par exemple par les portes d'accès au fond et le balcon, le plafond avec les lustres, les murs avec leur déco, les rangées de fauteuils (il peut s'y passer quelque chose), et enfin la fosse d'orchestre et la scène , puis éventuellement les coulisses.
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: nanettevitamines le 15 Septembre 2013 à 08:10:33
Bonjour,


Je viens de lire ton texte. Je l'ai trouve agréable et fluide. Je rejoins Naima sur ses commentaires.  Je pense qu'il y a un peu de correction a apporter au début du texte. Il faudrait peut-être plus de concision... Je ne suis pas sûre que cela soit le meilleur terme. Peut-être sera-t-il nécessaire de concentrer idées et impressions. Côme par exemple dans la phrase qui suit ( désolée, je ne sais pas citer, mais je suis certaine de trouver un jour ...)

. Les gens chez eux ont les yeux rivés à la fenêtre. Les visages sont observateurs. Dans la rue, on se surprend à arrêter sa course pour scruter le ciel, un ciel blanc cassé où les nuages se sont fait opaques.

Je fonderai les deux premières phrases en une: les visages rivés aux fenêtres sont observateurs. Je laisserai le lecteur respirer un peu sur la description.


J'ai bien envié de connaître la suite !
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: Manon.A le 15 Septembre 2013 à 11:32:32
Bonjour Micromensil,

Tout d'abord, j'apprécie vraiment ce début. L'ambiance y est joyeusement intrigante et quelque chose de très doux s'en dégage dès que l'on comprend (à tort ou à raison ?) qu'il est question de musique. Je trouve cette entrée en matière originale et m'attends ainsi à être transportée dans une histoire qui l'est tout autant.

Concernant les descriptions du début, je rejoins Kanimp et Ned. Ce fouillis ne m'a initialement pas dérangé, me sentant projeté comme dans une introduction de film, avec plusieurs plans qui s'enchainent pour poser le décor d'une ville entièrement soumise à l'évènement que tu nous décris. Mais après lecture des commentaires, tu pourrais en effet gagner en clarté et en impact en structurant tout cela.

Pour le reste, voici des minis suggestions (toutes personnelles), sur quelques tournures de phrase :

Dans la rue, on se surprend à arrêter sa course pour scruter le ciel, un ciel blanc cassé où les nuages se sont fait opaques.
Je mettrais un "." entre les deux, pour garder le dynamisme de tes phrases courtes du début : "Dans la rue, on se surprend à arrêter sa course pour scruter le ciel. Un ciel blanc cassé où les nuages se sont fait opaques."

Citer
Même les courants d'air se sont invités là où on ne les attend pas : secouant les quelques feuilles de papiers abandonnés sur un bureau pourtant confiné, ou circulant imperceptiblement entre les passagers d'un ascenseur aseptisé. Les feuilles des saules bordant les allées s'animent ; et dans leurs essais de haute voltige l'humeur des funambules devient attentive.
Cette phrase me dérange dans sa forme. Le fond et les images que tu utilises sont très plaisantes, mais nécessiterais peut-être d'être réorganisées... Les ":" sont-ils adaptés avant "secouant" par exemple ?

Citer
Même s'il ne pleut pas encore on attrape son parapluie, on sort les imperméables et on rabat sa capuche.
Tu alternes entre article indéfini "les" et adjectifs possessifs "son", "sa". Est-ce qu'unifier le tout en choisissant l'un ou l'autre pourrait améliorer le rendu à l'oreille ?
"Même s'il ne pleut pas encore on attrape son parapluie, on sort son imperméable et on rabat sa capuche" ou "Même s'il ne pleut pas encore on attrape les parapluies, on sort les imperméables et on rabat les capuches."

Citer
Les habitants ouvrent leurs parapluies en même temps que la ville peu à peu se pare de couleurs ravivées par la pluie.
Je chipote ... (et reprécise que toutes ces suggestions n'engagent que moi).
"Les habitants ouvrent leurs parapluies en même temps que la ville se pare peu à peu de couleurs ravivées par la pluie."

Citer
Heure de pointe à 20h dans la ville.
Je ne comprends pas bien cette phrase. Est-ce que ça veut dire qu'il est 20h et qu'avec ce qui se prépare c'est exceptionnellement l'heure de pointe ce jour-ci ? Ou bien que dans cette ville c'est tout le temps l'heure de pointe à 20h et que l'agitation est juste accentuée par l'évènement ?

Citer
Certains s'assoit juste contre un arbre...
"Certains s'assoient"

Hâte de découvrir la suite en tous cas ! :)
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Miromensil le 16 Septembre 2013 à 21:12:19
Merci de vos commentaires, vous m'aidez bcp.

J'ai édité dans le premier post ^^
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: ernya le 16 Septembre 2013 à 21:48:21
C'est un peu le bordel ton premier post. Tu peux mettre dans le premier post la dernière version en date et garder en mémoire dans une "réponse" une ancienne version si tu veux. Ou faire l'inverse mais tout mettre dans le premier post, ça embrouille tout.


Citer
L'atmosphère a quelque chose de surnaturel en cette fin d'après-midi.
Elle est présente dans le ciel,  un ciel blanc cassé où les nuages se sont fait opaques.
une espace en trop après la virgule et faitS
sinon, ça fait bizarre, je trouve, de dire qu'une atmosphère est présente dans le ciel, pour moi, une atmosphère, c'est un tout

Citer
Bien que les airs soient immobiles
pareil, ça me chiffonne de parler d'air au pluriel et puis je pige pas trop l'idée en fait, soit il y a de l'air, soit il n'y en a pas mais parler d'immobilité, c'est un peu space

Citer
les feuilles des saules bordant les allées s'animent.

 :\?

Citer
Même les courants d'air se sont invités là où on ne les attend pas ;

ben y a de l'air ou y en a pas ? Faudrait savoir  ::)

Citer
secouant les quelques feuilles de papiers abandonnés sur un bureau pourtant confiné, ou circulant imperceptiblement entre les passagers d'un ascenseur aseptisé.
trop de sons en "é" (oui, ça compte aussi)

Citer
Les gens chez eux ont les yeux rivés à la fenêtre. Les visages sont observateurs.
Ah ! En ce début de soirée, la pluie est attendue.
transition ?

Citer
Du côté des métros c'est l'embardée ; les portes claquent, les bus se vident et se remplissent.

jpense que ce serait mieux de rajouter une locution prépositionnelle  (du style "du côté de" parce que tel quel on a l'impression que tu confonds les bus et les métros

Citer
La pluie s'ébat un peu plus fort maintenant. Tout ce petit monde est bientôt calme, tous leurs sens en alerte.
jpige pas le bientôt  :???:

 
Citer
Toujours, il est annoncé par la pluie.
hyper lourde cette position de toujours


Citer
Dans le clair-obscur d'une ambiance surnaturelle, la pluie devient muse et musicienne.

bof pour surnaturelle, show don't tell

Citer
Elle dessine  dans l'ombre grandissante de la nuit des arabesque dans lesquelles se perdent les cœurs.

arabesques

 
Citer
propageant son échos dans chacun des habitants assis à l'écouter.
écho

Citer
Elle vient des tréfonds des illusions des hommes, évoquant le blues du vent et le rythme d'un galop imaginaire.
pourquoi imaginaire ?

Citer
Mais ce qu'on aurait pu qualifier d'étrange, c'est qu'ils dansent sans écouteurs ni casque.
ben tu peux danser avec une sono aussi  :mrgreen:

Citer
Cependant certains drôles d'oiseaux le jugent shooté de la veille. Qu'il n'est qu'un vieillard tentant maladroitement de rendre ses élucubrations intéressantes,
faut un verbe pour ta deuxième phrase, c'est incorrect

 
Citer
Et leur furibond désarroi de voir le nombre de fanatiques qu'il compte dans ses rangs.
hm too much le furibond désarroi, même les poètes écrivaient pas ça  :noange:

Citer
Son apparition est aussi évanescente que la pluie elle-même.

mouis, pas convaincue. Ou alors faut préciser que la pluie ne dure jamais bien longtemps mais si des gamins savent le trouver alors la flicaille...

Citer
Alors eux, les Éveillés, ayant décidé qu'il est était préférable d'agir sur l'opinion public, envahissent les murs de la ville à coup de messages espérés percutants.
publique

Bon, perso, j'ai pas vraiment accroché. Je trouve que tu te répètes beaucoup (il n'y a qu'à voir le nombre de fois où tu nous annonces le fameux spectacle). Je pense que tu devrais élaguer un peu plus ce texte, aller plus vite à l'essentiel. Moins décrire et plus nous faire ressentir. Je sais même pas ce que je suis censée entendre comme musique et je crois que j'ai rien compris à ce que faisait ton chef d'orchestre. Bref, mon conseil serait d'élaguer pour dynamiser un peu tout ça. Pour le moment, jtrouve ça un peu laborieux comme démarrage.  :P
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Miromensil le 16 Septembre 2013 à 21:55:41
Oui je vois ce que tu veux dire...c'est trop abstrait et pas assez dynamique comme tu dis. Faudrait que je re retravaille le chef d'orchestre (si t'as rien compris c'est que j'écris mal) et le début. J'essaie de décrire une musique qui fait le même effet à tout le monde, et pas du classique ou du rock en particulier.

Tu entends quoi par laborieux? xd

Oui pour les airs je l'avais remarqué, mais je me suis dit que apres "immobile" il pouvait y avoir des courants d'air...ca monte de plus en plus en fait...

Quand tu dis que je me répètes trop pour le fameux spectacle, je ne vois pas où? Je dis à un moment que ca va commencer, et à la fin du paragraphe il a effectivement commencé...c'est tout il me semble...

Sinon je te sens un peu sarcastique, me trompe ?ou bien tu es juste exigeante...
Titre: Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: ernya le 16 Septembre 2013 à 22:06:43
Citer
J'essaie de décrire une musique qui fait le même effet à tout le monde, et pas du classique ou du rock en particulier.
c'est possible, ça ? On a tous notre propre sensibilité, notre histoire qui fait qu'on associe tel truc à tel truc, bref, si tu veux décrire ça, va falloir développer/approfondir, jeune homme  :noange:

Citer
Tu entends quoi par laborieux? xd
j'entends que ça galère, que ça bafouille, que ça patauge un peu quoi
mais ça viendra, pas d'inquiétude

Citer
Oui pour les airs je l'avais remarqué, mais je me suis dit que apres "immobile" il pouvait y avoir des courants d'air...ca monte de plus en plus en fait...
eh ben explicite-le alors, de façon à pas te contredire  ^^


Pour tes répétitions :

Citer
Tous, dans une impatience de plus en plus fébrile, aspirent à la venue de quelques gouttes annonciatrices du début du spectacle.

Citer
L'intrigue est routinière, et pourtant c'est la même réjouissance à chaque fois.
Alors elle arrive.
(ok, ce sont des synonymes mais globalement on parle toujours de ce fameux spectacle, y a une répétition de "l'intrigue est routinière" d'ailleurs)

Citer
Le spectacle va bientôt commencer.

Citer
Ça y est. Le spectacle peut commencer.
Pour reprendre ce que je te disais (show don't tell), tu nous répètes pas mal qu'il y une attente mais je trouve qu'on la voit pas trop cette attente

J'aime bien titiller les gens, oui. Et je suis super méga exigeante, ça, c'est sûr. Mais c'est comme ça qu'on progresse, non ?  :P
Titre: Re : Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Miromensil le 16 Septembre 2013 à 22:17:05
Citer
J'essaie de décrire une musique qui fait le même effet à tout le monde, et pas du classique ou du rock en particulier.
c'est possible, ça ? On a tous notre propre sensibilité, notre histoire qui fait qu'on associe tel truc à tel truc, bref, si tu veux décrire ça, va falloir développer/approfondir, jeune homme  :noange:

Mmh quelque soit la musique, si on l'aime, ca fait plaisir et on a des frissons, c'est ca que je veux dire. Apres je sais que j'écris un peu fantastique, et que j'aime bien associés des mots qu'on a pas l'habitude de voir ensemble. Peut etre que c'est juste une maniere d'écrire que tu aimes pas? Je crois plutôt que je manque de pratique et que oui, je bafouille...[/quote]

Citer
Oui pour les airs je l'avais remarqué, mais je me suis dit que apres "immobile" il pouvait y avoir des courants d'air...ca monte de plus en plus en fait...
eh ben explicite-le alors, de façon à pas te contredire  ^^

Sans aucun doute^^

"Pour reprendre ce que je te disais (show don't tell), tu nous répètes pas mal qu'il y une attente mais je trouve qu'on la voit pas trop cette attente"

Gné? si tu la voit pas, c'est que je la décris pas, non? tu me dis de montrer et de ne pas raconter, mais montrer c'est raconter ce qu'il se passe et donc de décrire, non? Ou alors je suis fatiguée xD (parce que oui, je suis une fille)

Franchement, ca vaut la peine que je continue?
Titre: Re : Re : Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: ernya le 16 Septembre 2013 à 22:26:11
Citer
Mmh quelque soit la musique, si on l'aime, ca fait plaisir et on a des frissons, c'est ca que je veux dire. Apres je sais que j'écris un peu fantastique, et que j'aime bien associés des mots qu'on a pas l'habitude de voir ensemble. Peut etre que c'est juste une maniere d'écrire que tu aimes pas? Je crois plutôt que je manque de pratique et que oui, je bafouille...
[/quote]
jsais pas, jpense quand même que tu résous le truc facilement
y a des musiques qui peuvent donner des frissons et d'autres non, ça dépend de la musique, des instruments, si y a des paroles ou pas, si tu y associes une image
Je pense, mais ce n'est que mon avis, que ce n'est pas forcément une façon d'écrire (on la cherche pas tous ici d'ailleurs ?  :\?) qui me déplaît, mais plutôt une sorte de, euh, de facilité ? Je sais pas, ce que fait ce mec, ça a l'air d'être un point central dans ton texte, ça ne mérite pas que tu t'y attardes un peu ?

Citer
Franchement, ca vaut la peine que je continue?
bien sûr ! c'est pas parce qu'un début me semble laborieux qu'il faut que tu arrêtes ! D'autres ont aimé et de toute façon, toute histoire, même ratée (je ne parle pas de la tienne en disant cela), mérite d'être achevée. Toujours finir ce qu'on commence disent les grands-mères  :D

Citer
Tu pouvais laisser ton message, je l'aurais relu pour changer le texte...Je l'ai plus du coup...
quel message ?


(pardon, pardon, j'étais persuadée que t'étais un mec ><)

Pour cette histoire de "show don't tell", de manière très très très schématique, il y a une différence entre dire : "elle pleure" et "des larmes coulent sur ses joues" alors que concrètement l'information donnée au lecteur reste la même. Il faudrait que je te trouve un exemple plus parlant.
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Miromensil le 16 Septembre 2013 à 22:37:53
"y a des musiques qui peuvent donner des frissons et d'autres non, ça dépend de la musique, des instruments, si y a des paroles ou pas, si tu y associes une image"

Oui tout à fait, mais dans mon cas je parle de la musique qu'on aime vraiment, et celle là donne des frissons :D Je suis d'accord pour les images, j'en parle: le galop imaginaire (j'avoue, faut que je trouve autre chose, c'est cucul), et le blues du vent.

"...résous le truc facilement...mais plutôt une sorte de, euh, de facilité ?"
Oui j'essaie de décrire facilement des trucs compliqués! Je sais, on s'emberlificote avec la pluie et la musique, du coup j'essaie de le faire clairement. Après si ca l'est pas, je dois retravailler...

"(le bonhomme)ça ne mérite pas que tu t'y attardes un peu ?"

Je l'ai fais, il a droit à tout un paragraphe. un des premiers..après je le ne le décris (*grand sourire*) sûrement pas de la manière la plus claire (pour moi elle l'est mais bon, ton avis est extérieur et donc plus pertinent).

Ce texte est fini. Il fait environ 5 pages xd Après c'est clair que je doute de mes capacités à savoir écrire (d'où ma présence sur ce forum).

Et si tu devais dire quelque chose de positif, quelle serait-il? (qu'elle...)

(tu m'excuseras ttes les fautes d'ortho très basiques que je fais dans les réponses...)
Titre: Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: ernya le 16 Septembre 2013 à 23:03:04
Citer
Je l'ai fais, il a droit à tout un paragraphe. un des premiers..après je le ne le décris (*grand sourire*) sûrement pas de la manière la plus claire (pour moi elle l'est mais bon, ton avis est extérieur et donc plus pertinent).
peut-être qu'on ne s'entend pas sur ce verbe décrire en fait. A vrai dire, perso, je m'en fous de savoir s'il est grand, maigre, chauve ou albinos. Ce que j'ai envie de savoir c'est pourquoi pas son passé, ce qu'il fait, ce qu'il compte faire mais surtout dans ton cas précisément quel effet il fait aux gens et comment lui le ressent. Mais c'est pas une phrase qui me manque, hein ? C'est un paragraphe, c'est tout un bout de texte.

Citer
Après c'est clair que je doute de mes capacités à savoir écrire (d'où ma présence sur ce forum).
c'est pas à moi de te dire si tu sais ou pas, ce serait bien prétentieux. Par contre, je peux te dire une chose : on écrit jamais bien du premier coup. C'est une chose qui demande du temps, parfois de la maturité (ça dépend de tout un chacun, c'est comme pour tout, on avance tous à notre rythme). Va voir n'importe quel de mes textes postés ici en 2008, pour moi et je pense que pour d'autres gens aussi, c'est de la merde ; pourtant à l'époque je trouvais ça bien et c'était peut-être ce que je pouvais faire de mieux à l'époque. Entre temps, j'ai fait d'autres essais plus ou moins laborieux. J'ai essayé de corriger des maladresses et j'en aurai encore. Mais j'ai affiné un peu plus dans ma tête et sur le papier ce dont je voulais parler et la forme qui me plaisait le plus.
Bref, continue, n'arrête pas et surtout pas à cause d'un de mes commentaires. Je suis exigeante et chiante, n'importe qui ici te le dira.  ^^ Ca fait quelques petites années que je traîne ici ; j'ai lu pas mal de textes, je n'aurais sûrement pas fait le même commentaire en 2008. J'ai changé et toi aussi tu changeras. Ce texte, c'est un texte parmi d'autres que t'as écrits et que tu écriras. On ne peut pas juger de tes capacités à partir d'un texte.

Citer
Et si tu devais dire quelque chose de positif, quelle serait-il? (qu'elle...)
un truc positif ? j'ai pas mal aimé cette phrase :
Citer
Les rues s'éveillent, les réverbères attendent.
(j'aurais dû le mettre dans mon relevé d'ailleurs)
et de manière plus globale, même si ton texte me semble globalement un peu lent à la détente, il est quand même plutôt fluide et tu sais alterner phrases longues et phrases courtes, ce qui est bien parce qu'en jouant encore plus dessus, tu pourras donner plus de rythme à tes prochains textes  ^^

Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Miromensil le 17 Septembre 2013 à 10:09:14
Ok ok je retravaillerai tout ca  :)  Si selon toi il manque tout un bout de texte pour décrire le vieux bonhomme, ainsi soit il.

Et pour show don't tell, il me semble que c'est important mais suis pas sure d'avoir compris:

show: "elle pleure"
don't tell: "des larmes coulent sur ses joues"

c'est bien ça?

Eh bien eh bien je vais faire preuve de persévérance xd
Titre: Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: ernya le 17 Septembre 2013 à 10:38:58

Citer
Et pour show don't tell, il me semble que c'est important mais suis pas sure d'avoir compris:

show: "elle pleure"
don't tell: "des larmes coulent sur ses joues"

c'est bien ça?
nope, l'expression signifie qu'on sépare le show du tell (et pas du don't tell ^^). Là, pour moi, mais encore une fois l'exemple était très très schématique et donc pas forcément parlant, le show serait "des larmes coulent sur ses joues" (on ne te dit pas qu'elle pleure mais tu le comprends parce que tu associes bien la vision des larmes à celle de l'action de pleurer, je te parle de "joues" et de "larmes", de quelque chose qui "coule" donc sur un mouvement, j'insiste un peu sur le visuel), le tell serait "elle pleure" (tu donnes une information brute, dégagée).
Mais bon encore une fois, c'est vraiment pas un bon exemple.

En attendant de trouver mieux, je t'invite à jeter un coup d'oeil ici (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7338.0.html), peut-être que ça te parlera plus que mes piètres tentatives d'hier soir  ;)

Eh bien eh bien je vais faire preuve de persévérance xd
[/quote]
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Moyen Moyen le 18 Septembre 2013 à 11:37:45
Attention! Je suis terre à terre  :mrgreen:,

L'atmosphère a quelque chose de surnaturel en cette fin d'après-midi.
Elle est présente dans le ciel,
Alors quand je lis ça j'ai un sourire au coin des lèvres parce que je suis déjà perdu entre l'atmosphère terrestre et l'atmosphère de l'instant.. et mon cerveau refuse que ça soit volontaire :/

les feuilles des saules bordant les allées s'animent. Les rues s'éveillent, les réverbères attendent.
Le saule est quasi absent en ville, à l'exception de quelques pleureurs au bord de la pièce d'eau d'un petit parc.
Plutôt platane, marronnier ou tilleuls.

.. mais c'est peut-être intentionnel?

Les gens chez eux ont les yeux rivés à la fenêtre. Les visages sont observateurs.
je vois l'image mais la formulation est bof bof ("visages obsrvateurs"?)

Elle s'invite, modestement d'abord, dans chaque confin de la métropole.
Là je ne comprends pas ce que tu essais de dire.

Bon puis après tu me perds complétement avec la foule dont je ne sais plus si ce sont des gens qui aiment la pluie ou les gouttes elles-mêmes..

ses incroyables sourcils blancs lui donnent un air aussi sage que surpris
Ca me plait même si je ne comprends pas qui est Emile

Désolé mais je ne t'ai tout simplement pas suivi dans le délire (j'ai essayé pourtant)
 
la pluie devient muse et musicienne
C'est joli mais "la pluie", une muse?

Elle vient des tréfonds des illusions des hommes,
Pareil, c'est joli mais je trouve que ça sacrifie trop le fond à la forme.

Ce n'est pas parce que Emile Pitus a fait son apparition que tu réussiras ton interro de math.
Là, c'est le moment où je prends conscience qu'il a une logique sous-jacente qui m'échappe (surtout quand je considère le titre  :moderation:)

Donc bon non, globalement j'ai pas adhéré parce qu'il n'y a pas d'histoire et que l'évocation est trop alambiquée pour moi.
L'écriture est jolie.. pas toujours mais il y a de belles choses.
Personnellement, si j'étais toi, je sacrifierais encore plus aux émotions et j'en ferais un poème.
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Miromensil le 18 Septembre 2013 à 16:55:31
Merci pour ton commentaire. Je vais tout retravailler (mais oui à la base j'écris des poèmes, c'est sans doute de "trop"...). Je vois bien que effectivement certaines choses ne veulent rien dire..Surement parce que je l'ai réécris un peu trop vite (genre les 2 premières lignes). Surtout émile vraisemblablement.

J'ai dis saule en pensant à platane  :/ Ceux dont l'écorce part vite, enfin je vois quel arbre oui...

Mais tu veux dire quoi par 'pas d'histoire'? Que j'écris beaucoup de prétendues jolies choses pour finalement ne rien dire?
Titre: Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Moyen Moyen le 19 Septembre 2013 à 09:01:24
Mais tu veux dire quoi par 'pas d'histoire'? Que j'écris beaucoup de prétendues jolies choses pour finalement ne rien dire?

Mouai, non ça n'est pas un jugement de valeur, c'est juste que tu sembles plus peindre un tableau que raconter quelque chose.
Evidemment on m'objectera que l'ambiance que tu dépeins raconte quelque chose en elle-même et qu'il y a des personnages mais l'absence d'unité de lieu et d'action, leur obscure identité me laisse dubitatif sans repère, loin de toute structure narrative.. et comme je te disais en préambule de mon post:
Citer
Attention! Je suis terre à terre  :mrgreen:
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Aahraz le 19 Septembre 2013 à 12:49:37
And here i am !

Bon, j'ai lu les deux versions. La deuxième étant celle que tu présentes comme issue des commentaires précédents, c'est sur cette dernière que je m'attarderais.

Je relève dans un premier temps les tournures qui me semblent maladroites, étranges.
Citer
Elle est présente dans le ciel,  un ciel blanc cassé où les nuages se sont fait opaques
J'ai vraiment du mal avec ce "elle". Qui, l'après midi, l'atmosphère? J'ai du mal avec cette exposition "l'atmosphère est présente", parce que justement, souvent, ça plane, ça s'installe, mais là, ça me coupe tout le plaisir de la ressentir peu à peu. Elle m'arrive en pleine gueule dès le départ et j'ai l'impression qu'on veut me dire comment est l'atmosphère, plutôt que je ne la ressente.
Citer
Bien que les airs soient immobiles
Le pluriel est peut-être de trop. "Bien que l'air plane lentement", ou un truc du genre. "En l'absence complète d'air ou de vent"... enfin quelque chose de moins pompeux?
Citer
Les gens chez eux ont les yeux rivés à la fenêtre.
Hmm.. Rivés sur quoi? "des yeux rivés à la fenêtre"? "chez eux les yeux", j'trouve ça maladroit aussi. ils pourraient être postés. Peut-être inverser le sujet et pourvoir les fenêtres d'yeux pour rendre la description plus froide, amplifier l'effet de "toutes les fenêtres ont des yeux qui attendent quelque chose".
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L'intrigue est routinière, et pourtant c'est la même réjouissance à chaque fois.
J'aime pas trop "l'intrigue est routinière". Une autre tournure, genre "C'est toujours le même mystère, et pourtant..."
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Tous, dans une impatience de plus en plus fébrile,
Ca, j'aime bien.
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Même s'il ne pleut pas encore on attrape les parapluies,
Virgule après "encore"?
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Elle s'invite, modestement d'abord, dans chaque confin de la métropole.
Non. Les confins, ce sont les limites, les bordures, les coins. Au singulier, c'est très rare, et super pompeux. "Recoin" suffit amplement ici, à mon avis. Les confins étendent trop ta description et perdent le "partout" pour fixer sur "au bout".
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On se demande où cela va se produire
Le cela alourdit la phrase et sort du récit. "L'évènement se déroulera", ou un truc du genre?
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Heure de pointe à 20h dans la ville.
J'aime pas cette phrase simple et un peu bancale qui clot trop vite ce paragraphe, en plus on a capté que beaucoup de gens arrivaient et qu'on tend vers la foule. Un truc un peu plus littéraire?
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tandis que des marées déjà frémissantes se posent sur chaque recoin des pelouses
Ah, tèh, les recoins... :p Non, là, j'ai l'impression que les gens vont se parquer juste dans les coins, et qu'il s'y entassent. Bon, après, c'est peut-être l'idée. Mais jongler avec l'idée des marées, qui "affluent" et occupent "la moindre parcelle de pelouse", non?
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Tout ce petit monde est bientôt calme, tous leurs sens en alerte.
Pareil, "leurs sens en alerte", j'ai du mal avec l'idée de foule. Peut-être simplement en rajoutant un verbe "et tout leurs sens sont en alerte", mais en plus, moi, quand j'ai tout les sens en alerte, je me considère pas comme calme. Calme, y'a l'idée de repos, alors que là, ils attendent le fameux moment pour dire "oufffff, ca commence." Du coup j'ai du mal avec l'association. Après, c'est ma version, tu peux laisser comme ça. Je sais qu'on peut-être calme et en alerte, mais bon. je chercherai mieux, perso.
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Que la pluie soit crachin ou tempête, l'intrigue est routinière
C'est peut-être voulu, mais déjà que j'ai pas aimé ni compris la première fois... ^^
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De lui on ne sait rien d'autre que quelques anecdotes, dont la plupart sont inventées.
"De lui, on" ? Et justement, si c'est un personnage assez "mythique", je les voyais plus "légions" ou "nombreuses", les anecdotes. Moins le peuple en sait, plus il en parle, et plus il brode !
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Il est déjà vieux, et ses incroyables sourcils blancs lui donnent un air aussi sage que surpris.
Le incroyable sonne trop fort, ça fait too much. "épais"; ou un truc qui explique l'anormalité des sourcils en enchainant sur la suite.
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Aimé des habitants de la ville et haï des oiseaux auxquels il vole la vedette, ses concerts en plein air sont des évènements très attendus. Toujours, il est annoncé par la pluie. A la même heure.
J'aime bien l'idée du paradoxe "habitants/oiseaux". Juste. "Toujours, à la même heure, il est annoncé par la pluie."
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la pluie s'envenime un peu plus.
J'ai pas compris. S'envenime? "S'intensifie"? "Perce un peu plus"? enfin, j'aime pas le envenimer parce qu'il coupe toute poésie entre la pluie et ce moment tant attendu qui semble important pour tous, ça donne l'impression de danger, de rage.
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Dans le clair-obscur d'une ambiance surnaturelle
pénombre? "Clair-obscur", ca fait trop paradoxe mal travaillé qu'on me lance en pleine face.
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Les gouttes sont des notes perceptibles par tous et en chacun.
Bon, là, ça fait bizarre. Mon cerveau a corrigé tout seul "par tout un chacun", mais en fait ce n'est pas ce que tu veux dire. Sauf que ta tournure (ça doit être voulu) joue avec et du coup, on a l'impression qu'il y a un truc raté, ou du moins qu'il faut relire la phrase deux fois pour la comprendre. A toi d'voir !
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Elle vient des tréfonds des illusions des hommes, évoquant le blues du vent et le rythme d'un galop imaginaire.
Alors, là, en tant que musicien, j'ai kiffé la première partie. Le blues du vent, ça en jette. Le galop imaginaire, ça fait petite fille... "Le blues du vent, et le rythme d'un galop" sont plus sobres et laissent davantage de place à l'imagination, justement ! Attention à la première tournure, cependant "...des...des...des..." c'est trop lourd. Pas grand chose à changer. "Venue du tréfonds des illusions"?
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Ce n'est pas parce que Emile Pitus a fait son apparition que tu réussiras ton interro de math. C'est ce qui se dit souvent à son propos. Il n'est pas créateur, mais c'est grâce à lui que les lundis sont un peu moins laborieux. Il est la brise quand l'été tape sur la ville. La petite musique présente en chaque personne est plus positive, plus vaillante Non, Emile Pitus n'a jamais eu la prétention de créer un monde parfait. Les jours qui suivent son concert en plein air, il arrive aux gens de danser dans les rues. Les plus timides jettent un coup d’œil furtif devant et derrière eux, s'assurent que personne de les regardent, et se mettent à valser. Mais ce qu'on aurait pu qualifier d'étrange, c'est qu'ils dansent sans écouteurs ni casque.
Et BAM ! là, on sent le travail, l'idée. J'aime. deux trois trucs à revoir, peut-être. Le point après "vaillante", déjà. "devant et derrière" qui pourraient devenir "autour, aux alentours, derrière" tout simplement. L'idée des gens qui restent imprégnés de ce moment-là au point de danser, forcés, j'aime. (Bon par contre le coup de l'interro de math, c'est trop centré et précis. Y'a mieux pour exprimer ce que tu cherches à faire passer).

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Cependant certains drôles d'oiseaux le jugent shooté de la veille. Qu'il n'est qu'un vieillard tentant maladroitement de rendre ses élucubrations intéressantes, estimant que sa musique n'est qu'un somnifère qui endort et avilit les foules. Et leur furibond désarroi de voir le nombre de fanatiques qu'il compte dans ses rangs. Il réfléchissent, dans l'ombre des ombres de la ville, se disant de prime abord qu'il faudrait le faire interner dans un quelconque asile pour mélomanes désaccordés. Mais Emile Pitus est connu et admiré. De plus, comment l'attraper, le faire arrêter? Son apparition est aussi évanescente que la pluie elle-même. Alors eux, les Éveillés, ayant décidé qu'il est était préférable d'agir sur l'opinion public, envahissent les murs de la ville à coup de messages espérés percutants.
ca fait deux fois que je recopie un paragraphe entier parce que ton ton d'écriture a vraiment changé. Là, y'a de bonnes choses, au niveau histoire. On sent qu'en fait, ce que tu décrivais d'une façon magique au départ est en fait une sorte de prison, surtout avec les trois lignes qui suivent ce §. Y'a matière à faire partir le texte comme il faut.

Cependant : "Et leur furibond [...] dans ses rangs" => Pas de sens. Ils le jugent... qu'il n'est qu'un... jusque là ok. La phrase d'après manque d'un verbe, elle peut paraitre logique dans la lecture mais elle n'est pas correcte. Il manque un verbe ou un rappel que ce sont "certains" qui ont un furibond désarroi de le voir...etc.

Et le coup des messages espérés, mouais. L'idée est bonne, la formulation me plait moins. "à coup de messages d'espoir percutants?".


En conclusion, et je livre ici l'avis général sur ton texte, il y a un bon fond, un style à creuser pour en faire quelque chose de vraiment attirant et intéressant. L'histoire, et le coup du contrepied "Wah, c'est beau mais en fait, ça endort et zombifie les gens", j'aime bien. On se demande qui a raison, qui manipule qui, comment, quoi; du coup ça marche pour l'intrigue. Elle doit être polie encore pour vraiment amplifier cet effet, mais y'a de l'idée et tu m'as fais m'interroger. (du coup, tu me dois la suite, j'te préviens.)

Le problème, et c'est là que le bât blesse : Ta description, au départ, se veut importante et générale. Sauf qu'elle manque un peu de structure. Essaye de travailler un effet de zoom ou de dezoom en pensant à la façon dont tu regardes un visage, inconsciemment ; d'abord l'ensemble en général, sans détails ni traits zoomés, ensuite, un ordre : de haut en bas, de bas en haut, de l'extérieur vers l'intérieur, du clair au foncé, du triste au beau... à toi d'organiser ça mais essaye de vraiment respecter les "ordres du cerveau" quand tu décris quelque chose : ton lecteur, lui, "regarde" ta description et tout doit s'imbriquer comme par magie.

Ensuite, et là c'est vraiment avis perso, tu t'étends trop au départ. J'ai vite compris que les gens attendaient ça avec impatience, avec routine (et sans intrigue stp), j'ai vite compris que la pluie dépendait du spectacle et vice-versa. Donc beaucoup de phrases un peu maladroites auraient pu être évitées en gardant les percutantes, en les lissant et les travaillant un peu pour les rendre parfaites (ou presque). Au contraire, le passage sur les gens "contre" le musicien, sur les gens qui dansent malgré eux un peu éhonté, sur la dépendance inconsciente que tout ça crée, c'est trop creux, pas assez décrit, et je reste vraiment sur ma faim (et sur ta fin, du coup).

Niveau style, quelques maladresses mais une capacité à rythmer un texte, à jouer avec la narration et à prendre à contre pied, du coup j'adhère, mais creuse encore, j'suis sur que t'as plein d'outil dont tu t'es pas encore servi sous la main.


Ps : en lisant plus haut, tout peut-être muse : la pluie, la drogue, l'amour... ca ne m'a pas choqué à la lecture.
Et j'y ai trouvé une histoire, moi, surtout sur la fin du second paragraphe : la description est trop longue et fait en effet "tableau" un peu trop garni, mais il a bel et bien une trame et une histoire. Le départ manque soit d'une description structurée qui partirait de la pluie musicale et découlerait sur la découverte de la "dépendance" et des gens contre cet événement, soit d'un fil rouge plus précis sur le musicien, son but, ses envies et ses attentes, avec peut-être un point de vue interne à Emile ponctué de ses remarques sur la ville, les gens et la pluie.
A bientôt ;)
Titre: Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Moyen Moyen le 19 Septembre 2013 à 13:49:10
Ps : en lisant plus haut, tout peut-être muse : la pluie, la drogue, l'amour... ca ne m'a pas choqué à la lecture.
Et j'y ai trouvé une histoire, moi, surtout sur la fin du second paragraphe : la description est trop longue et fait en effet "tableau" un peu trop garni, mais il a bel et bien une trame et une histoire.

Eh bien stricto sensu (http://fr.wiktionary.org/wiki/muse) non  :D
par "extension" ça peut être une personne ou un sentiment. Mais je t'accorde que je pinaille.

Pour l'histoire, c'est probablement que je ne l'ai pas compris mais dans ma tête c'est: "La pluie arrive en ville".
Titre: Re : Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Aahraz le 19 Septembre 2013 à 14:04:22
Ps : en lisant plus haut, tout peut-être muse : la pluie, la drogue, l'amour... ca ne m'a pas choqué à la lecture.
Et j'y ai trouvé une histoire, moi, surtout sur la fin du second paragraphe : la description est trop longue et fait en effet "tableau" un peu trop garni, mais il a bel et bien une trame et une histoire.

Eh bien stricto sensu (http://fr.wiktionary.org/wiki/muse) non  :D
par "extension" ça peut être une personne ou un sentiment. Mais je t'accorde que je pinaille.

Pour l'histoire, c'est probablement que je ne l'ai pas compris mais dans ma tête c'est: "La pluie arrive en ville".
Bah littéralement, non, mais, pour un artiste, c'est d'usage commun (et c'est une technique très ancienne!) que de dire "Vous êtes ma muse" aux abords d'une demoiselle vaginalement motocultable. Et nous pouvons donc étendre cet emploi à tout un tas de métaphores funkys. Parce que la pluie, ça peut évoquer autant de sentiments qu'une personne. La musique aussi. Et ouais, je contre-pinaille :p
Titre: Re : Re : Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Moyen Moyen le 19 Septembre 2013 à 14:15:15
Et ouais, je contre-pinaille :p
OK alors permet-moi de contre-contre-pinailler avec une brillante publication (http://www.bouletcorp.com/blog/2009/11/26/la-muse-ment-et-lamant-peine/) sur le sujet qui tend tout de même bien à prouver que la pluie.. ba non quoi.

Mais on va se faire goaler par la modération je te raconte pas. Moi je m'en fout, comme je joue à GTA en ce moment j'ai un esprit rebelle et les 5 étoiles de modos qui me poursuivent me font même pas frémir un poil.  :mrgreen:
Titre: Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: ernya le 19 Septembre 2013 à 14:25:01
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Elle est présente dans le ciel,  un ciel blanc cassé où les nuages se sont fait opaques
J'ai vraiment du mal avec ce "elle". Qui, l'après midi, l'atmosphère? J'ai du mal avec cette exposition "l'atmosphère est présente", parce que justement, souvent, ça plane, ça s'installe, mais là, ça me coupe tout le plaisir de la ressentir peu à peu. Elle m'arrive en pleine gueule dès le départ et j'ai l'impression qu'on veut me dire comment est l'atmosphère, plutôt que je ne la ressente.
yop, je rebondis sur ça parce que ça rejoint parfaitement ce que je te disais sur le "show don't tell"
Titre: Re : Re : Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Moyen Moyen le 19 Septembre 2013 à 14:59:38
yop, je rebondis sur ça parce que ça rejoint parfaitement ce que je te disais sur le "show don't tell"
Oui ou là (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,5197.msg88535.html#msg88535).
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Miromensil le 19 Septembre 2013 à 16:51:22
En voila des réponses constructives  ;D Merci bien en tout cas

Si je devais dire quelque chose à Moyen Moyen: c'est normal que tu résume l’histoire à "la pluie arrive sur la ville", c'est parce que ce récit fait 6 pages sur word (il est "terminé"), et que là on est à peine à la deuxième page! Je peux t'assurer qu'il se passe quelque chose, et que ca ne se résume pas à ce que tu crois.

Faut quand même que je vous dise que je n'ai écrit que des poèmes pendant un an. Enfin j'ai appris, avec un agenda: chaque jour un nouvel exercice, une nouvelle manière d'envisager les choses. Et comme il s'agissait vraiment "d'apprendre" (avec des règles, mais des règles qu'on dépasse constamment), un de ces exercices avait justement pour but d'associer des mots dont on avait pas l'habitude de les voir ensemble. Il disait (le prof, le maitre, on peut vraiment appeler ça comme ça) qu'écrire c'est aussi dépasser les expressions et les tournures que l'on voit partout (par ex, avoir le coeur qui bat à 100 à l'heure). Il insistait donc sur le fait de rapprocher 2 mots apparemment éloignés: d'où dans mon texte le blues du vent et les réverbères qui attendent. Mais ca, c'est pour les bons exemples. C'est vrai que pour le galop imaginaire c'est vraiment cucul.
Bref, tout ca pour dire que je peux concevoir que la pluie comme muse peut être difficilement acceptable. Mais c'est ca que j'aime bien justement, c'est de dépasser les sens courants pour créer quelque chose de nouveau. Après c'est sur que j'explicite mal en quoi la pluie est une muse.  Et que peut être bien comme tu dis, Aahraz, tous les mots ne peuvent s'assembler. La pluie qui s'envenime c'est bof, mais "s'anime" sans doute mieux...Mais oui tu as bien senti les passages où je savais ce que je voulais dire, et les autres comme le début, où c'est plus maladroit (je le voulais important il est vrai).

Bref je vais tout retravailler en pensant à ce fameux show don't tell, que j'ai mieux compris grâce au post que Ernya tu m'as passés. Et je vais rajouter un lieu d'action plus explicite, ainsi que développer émile (je le voulais aussi énigmatique pour les gens de l'histoire que pour les lecteurs,mais visiblement ça ne fonctionne pas. Ou peut-être que si, mais à retravailler quoi xd ). Faut aussi que j'enlève tout ce qui est pompeux et petite fille. Personne l'a relevé, mais je trouve que " il est la brise quand le soleil tape sur la ville'", c'est nul. Mais c'est ce qui décrivait le mieux ce que je voulais, faut que je change aussi...Ce que j'ai écris est fort abstrait, j'en conviens, et je vais essayer de rendre compréhensible l'idée que j'avais au départ  ^^

Je m'en occupe le week end. Quand c'est fait, je créé un nouveau post ou...? Là je demande à Ernya, car je sais que mon topic est mal foutu xd
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: ernya le 19 Septembre 2013 à 17:51:42
Autant mettre la suite dans un nouveau post dans ce même fil. Tu peux toujours mettre des liens pour renvoyer immédiatement les gens à la suite du texte sans qu'ils se tapent tous les commentaires (suffit de prendre le lien de chaque post^^).
jsais pas si c'est clair c'que je raconte, moi
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Miromensil le 19 Septembre 2013 à 18:35:36
xD c'est peut être qu'une question de vocabulaire:

"un nouveau post dans ce même fil", ca veut dire que je créé un nouveau sujet ou pas? J'ai cru comprendre que non, donc je retape tout le texte dans une réponse, c'est ca?

Enfin, fil, c'est quoi au juste? xd
Titre: Re : Légère Psychose, remix début+suite
Posté par: Aahraz le 19 Septembre 2013 à 18:42:16
Le fil, c'est le sujet que tu as crée. Un post est une réponse dans ce même fil.

En gros, tu gardes en haut du fil la version "la mieux écrite", ce qui demande, au fur et a mesure, de couper coller les versions précédentes dans les réponses si jamais quelqu'un voulait voir la progression. Autrement dit, là, ton sujet, tu peux "éditer" ton tout premier message en y mettant que la version finale, et mettre, dans une nouvelle réponse, ici, la version N°1. Ca suffira amplement. Si jamais tu réecris le texte, tu coupes colles la version qui est en tête de ce fil ici (à la suite avec Version N°2), et tu ne laisses dans le premier post qu'une version finale, la plus récente.

Fil : sujet crée. Ici, Légère psychose.
Post : Il s'agit d'une simple réponse. Il est possible de prendre le lien de n'importe quelle réponse pour en faire un résumé dans le premier post de ce fil : tu mets le texte en version finale, puis en dessous, un lien vers chaque version précédente qui traine par ci par là entre les commentaires.

Par exemple, ce lien : http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,9885.msg172843.html#msg172843
Il relie à ma réponse directement, ce qui permet de placer les versions précédentes de ton texte dans les réponses au fur et a mesure, et de mettre l'arborescence en fin du texte "principal".

C'est galère à expliquer.
Au début, ton sujet ressemble à (chaque tiret représente un message) :
-Texte V1
-commentaire A
-commentaire B.

Tu tiens compte des commentaires donc tu retouches ton texte, qui devient donc V2. Ton sujet devient donc :
-texte V2
-commentaire A
-commentaire B
- texte V1
-commentaire C

Donc, ensuite :
-Texte V3 (joker : les liens vers les anciens textes qui sont maintenant des réponses plus bas)
-commentaire A
-Commentaire B
-texte V1
-commentaire C
-Texte V2

Et ainsi de suite...
Titre: Re : Légère Psychose II
Posté par: Miromensil le 24 Septembre 2013 à 16:29:33
Voilà j'ai tout réécrit  :)
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: holden5 le 26 Septembre 2013 à 10:16:26
Hello!

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Devant lui les flâneurs du dimanche déambulent paresseusement. Un jeune couple se promène, une bande d'amis est assis en rond sur la pelouse. Les platanes séculaires, à ses côtés, surplombent ce vaste parc de la périphérie. La clameur urbaine semble à milles lieues des divagations des promeneurs, et les rangées d'immeubles se profilant au loin, un fade souvenir. Assis sur son banc Emile Pitus soupire d'aise. En cette fin d'après-midi, il sait que le soleil d'été va faire place à la pluie.
J'aime bien la description, je me suis bien imaginé l'ambiance.

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Bien qu'il foule le gravier du même chemin qu'eux, personne ne prête attention ni n'entend le crissement de ses pas. Sa silhouette carrée se détache sur le vert des arbres mais il est invisible aux yeux de tous.
Je trouve cet anonymat en contradiction avec la célébrité dont tu parles plus loin.


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D'Emile Pitus on ne sait rien d'autre que des histoires rocambolesques et d'autres anecdotes, dont la plupart sont imaginées.

La transition vers l'histoire mystérieuse d'Emile est un peu trop brutale à mon sens: rien ne justifie, dans les lignes qui précèdent, que cette explication intervienne ici.

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Il n’apparaît qu'en de rares occasions, ce qui a fait de lui une légende urbaine qui hante les parcs et les squares.
Encore une fois, si je croise une "légende urbaine" au jardin botanique, je pense que j'y prêterai attention, mais personne ne le remarque plus haut.
Pour alléger la phrase j'aurais mis "hantant" plutôt que "qui hante".


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Emile Pitus est chef d'orchestre. Son auditoire, les habitants. Ses musiciens, la pluie et la ville elle-même.
Syntaxiquement, il y a un petit problème. L'ellipse du verbe être dans les deux dernières phrases ne semble pas autorisé. 

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Il est à peine arrivé au bout du parc que le ciel est constellé de nuages chargés de pluie. Des petits groupes de personnes affluent joyeusement dans son dos, qui s'assoient au premier rang, au bord de la pelouse. Le vent s'est intensifié et agite désormais les feuilles des platanes. Les mains posées calmement sur le pommeau de sa canne, il entend derrière lui le flop des parapluies qui s'ouvrent et le froissement si coutumier des capuches qu'on rabat sur la tête. De son esprit volatile il sent l'empressement des travailleurs qui quittent leur bureau. Les magasins qu'on ferme et l'embardée dans les métros. Les rues s'éveillent, les réverbères attendent.
En voilà une description qu'elle est belle et inspirante!  Petit bémol: dans ce paragraphe poétique, "le vent s'est intensifié" sonne un peu scientifique.


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Alors elle arrive. Sans crier gare, elle s'ébat au-dessus des têtes. Dans un mouvement presque magistral, Emile Pitus se retourne et apparaît face à son public. Il affiche un grand sourire. Certains applaudissent. Ça y est, le spectacle peut commencer.
Sympa.

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Son allure noyée dans l'ombre grandissante est rehaussée par la lumière des lampadaires environnants, la pluie, tombant des profondeurs de la nuit, est devenue sa musicienne. Elle dessine dans la pénombre des arabesque variant selon les geste d'Emile Pitus. Par le mouvement de ses bras il la fait valser et tournoyer devant les yeux des habitants ébahis. Les gouttes sont des notes perceptibles par tous et en chacun. Des notes qui captent ce qui reste de lumière et qui incarnent le commencement de la nuit, propageant son écho dans chacun des habitants assis à l'écouter. Elle vient des tréfonds des illusions des hommes, évoquant le blues du vent et le vertige des tornades. La ville est cadence et résonne de toutes parts. Jusqu'au rebord d'une fenêtre d'un salon, où une vielle dame est accoudée, la pluie s'exhausse crescendo d'une mélodie qui lui est propre.

J'ai commencé à décrocher à partir de ce paragraphe là. C'est joliment écrit, pas de doute là dessus, mais
1) j'ai eu du mal à comprendre l'interaction entre le vieux et la pluie : a-t-il une véritable influence sur les éléments (ce qui est suggéré par la comparaison, plus haut, avec un dieu)? Se contente-t-il d'agiter les bras à la manière d'un chef d'orchestre pour attirer l'attention des gens sur les sons qui les environnent?
2) Si le vieil homme se contente de mimer les gestes d'un chef d'orchestre, deux problèmes se posent: comment peut-il anticiper les différents sons que produiront la pluie, le vent et la ville ? Comment expliquer l'intérêt des gens pour ce vieil homme, dont le comportement est celui d'un illuminé?


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Grâce à la pluie, il orchestre l'ordre caché du monde. Il est le musicien qui veille à l'harmonie du quotidien.
C'est pas mal, mais je ne sais pas ce que cela signifie :-D


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Il n'est pas créateur, mais c'est grâce à lui que les lundis sont un peu moins laborieux. Il est la brise quand l'été tape sur la ville. La petite musique présente en chaque personne est plus positive, plus vaillante. Non, Emile Pitus n'a jamais eu la prétention de créer un monde parfait.
"positive" me fait trop penser aux magasins Carrefour. Là encore, je m'interroge sur les pouvoir de Pitus : quand je lis: "il n'a pas la prétention de créer un monde parfait", je comprends qu'il a quand même un pouvoir créateur. Sauf que tu dis bien au début: "il n'est pas créateur".  Ma confusion est ici à son comble.
Les contradictions de ton texte révèlent sûrement que tu as une idée complexe et fine de ton personnage, ce qui est bon signe, mais la présentation est en l'état trop difficile à cerner pour un lecteur moyen comme moi.
 
 
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Les jours qui suivent son concert en plein air, il arrive aux gens de danser dans les rues. Les plus timides jettent un coup d’œil furtif aux alentours, s'assurent que personne de les regardent, et se mettent à danser. Mais ce qu'on aurait pu qualifier d'étrange, c'est qu'ils dansent sans écouteurs ni casque.
Arf, j'ai du mal à y croire à ça! ça me fait penser à une publicité pour les banques ou pour un forfait mobile, quand les gens se mettent à embrasser leur prochain dans la rue tellement ils sont content des économies qu'ils vont faire. C'est un peu too much à mon goût quoi.


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Dans une pièce lugubre d'une sombre impasse, un petit comité cogite. Ces drôles d'oiseaux le jugent shooté de la veille.
"petit comité", "drôles d'oiseaux": ces expressions sont des expressions toutes faites. L'image des oiseaux n'est pas vraiment justifié.


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Qu'il n'est qu'un vieillard tentant maladroitement de rendre ses élucubrations intéressantes, estimant que sa musique n'est qu'un somnifère qui endort et avilit les foules. Grand est leur désarroi de voir le nombre de fanatiques qu'il compte dans ses rangs. Il réfléchissent, dans l'ombre des ombres de la ville, se disant de prime abord qu'il faudrait le faire interner dans un quelconque asile pour mélomanes désaccordés. Mais Emile Pitus est connu et admiré. De plus, comment l'attraper, le faire arrêter? Son apparition est aussi transparente que la pluie elle-même.
Pas mal: un peu d'action, de jalousie, l'atmosphère du complot est bien rendue.


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Alors eux, les Éveillés, ayant décidé qu'il est était préférable d'agir sur l'opinion publique, envahissent les murs de la ville à coup de messages percutants. Des graffitis aux couleurs écarlates dépeignant un appel à la prudence explosent sur les portes de garage, les enseignes de magasins et les murs désaffectés.
Très clairement, la décision d'agir sur l'opinion publique est prise au terme de (ou quelques temps après) la phase de cogitation dans l'ombre. Le fait que tu relies cette phrase au reste du paragraphe pourrait faire penser que la décision a déjà été prise. Je te suggère de créer un nouveau paragraphe, ça devrait suffire à mieux refléter la chronologie.


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Ces soi-disant Eveillés ne savent pas de quoi il retourne, n'imaginent même pas quel conséquence dramatique la suspension de ses fonctions provoquerait. Il pourrait brouiller les ondes radios ; désynchroniser toutes sortes d'mp3, échafauder une censure médiatique anonyme. Dans sa tasse la frêle embarcation a coulé. Las, le vieux chef d'orchestre se demandant s'il est lui même possédé.
Encore une fois, je ne comprends pas en quoi de telles conséquences pourraient avoir lieu.


Bon, comme tu l'as compris, je n'ai pas réussi à entrer dans l'idée essentielle du texte (par ailleurs écrit avec élégance.) Je saisis vaguement une opposition entre rêveurs et "moldus", mais l'identité du personnage principal et son action sont évoqués de manière trop vague à mon goût. On sent que c'est un texte plein de bons sentiments, mais le sentiment domine peut-être un peu trop, aux dépens de la précision... C'est difficile à expliquer.
En tout cas, l'atmosphère est très bien rendue! 

Merci pour ce texte,
H.
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: PaulineC le 26 Septembre 2013 à 11:10:39
Bonjour!

La première impression que donne ton texte est en fait assez particulière. On se retrouve dans un endroit où la nature et les objets ont une importance capitale, une vie propre, indépendamment de l'action des hommes...
C'est un concept que j'apprécie, le rendu est assez joli dans l'ensemble. Les métaphores et personnalisations sont plutôt bien choisies mais leur multiplication, dans le mélange des descriptions des différents thèmes rend parfois un peu plus difficile à lire le texte... Car au bout d'un moment on veut savoir où tu veux en venir. Parfois j'ai eu un petit sentiment d'incompréhension... mais d'un autre côté, cela fait naître l'intérêt et la curiosité... (à laquelle il faut que tu répondes!)

J'avoue ne pas avoir trop compris le sens de ce chef d'orchestre de la pluie, même si les images sont belles. Je pense que le scénario ici n'est pas ton principal focus, c'est plutôt le style, l'envie justement de rendre une ambiance en images. Car si ton scénario est clair dans ta tête, il ne l'est pas pour nous tout autant.
Même si pour bien saisir tout cet univers un peu surnaturel, qu'on ne sait finalement plus trop où placer, entre monde réel ou imaginé, plus d'informations pratiques seraient nécessaires, je ne trouve pas extrêmement dérangeant d'être fort dans l'abstrait... Cela dit, je suis personnellement très à l'aise avec la lecture de longues descriptions, etc. mais ce n'est pas le cas de tous. Pour permettre à plus de monde de ressentir ce que tu veux faire passer, il faudrait plus de concret.
Cela peut se faire avec ton style narratif-descriptif , mais alors cela devrait être au sein d'un texte plus long...

Voilà ce que je peux dire sur ce texte tout en style :)

Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: Vivi le 26 Septembre 2013 à 15:18:02
Un texte bien poétique. On se laisse bercer par les mots. Les scène sont bien décrite et la lecture s'écoule toute seule, c'est très agréable. J'ai bien aimé le concept de "chef d'orchestre" et le fait que ce soit juste la mélodie de la pluie.
J'ai pas trop saisi ce que cacherait/impliquerait son pouvoir. Une suite de prévue ?

Merci pour ce texte, et j'attends le prochain :)


Pour les détails :

Citer
Sa silhouette carrée se détache sur le vert des arbres
on ne dit pas plutôt se détacher de qqch ? :-\

Et quelques virgules manquent à l'appel. ;)
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: Miromensil le 26 Septembre 2013 à 19:11:37
Merci pour vos commentaires, ca coince là où je m'attendais: le rôle et les pouvoirs de pitus.
Effectivement je dois avoir plus le style que le scénario en tête. Il faut vraiment que j'arrive à le rendre compréhensible, ce pitus  :???:

Je vais corriger les passages qui prêtent à confusion et expliciter le bonhomme. Après je poste la suite ici, mais je vais surement la réécrire aussi   :)

Se détacher de qqchose c'est du sens propre je dirais, mais par exemple: "un avion rose fluo se détachait sur le bleu limpide du ciel", c'est sens figuré non?

Modification faite  ^^
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: PaulineC le 27 Septembre 2013 à 23:06:16
Oui, je crois que "se détacher sur" est possible même si moins courant (on utilise "de" dans tous les cas): c'est bien dans le cas où tu as une image, où "sur" cette image, cette chose en particulier se détache car elle est particulière.
En anglais, c'est "to stand out AGAINST" ce qui montre bien l'opposition entre la chose qu'on décrit et ce qui l'entoure...
"Se détacher de" est plus physique (de quelqu'un, d'une matière...)...
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: ernya le 28 Septembre 2013 à 00:16:56
 
Citer
Les platanes séculaires, à ses côtés, surplombent ce vaste parc de la périphérie.
utile ?
jveux dire, c'est important qu'on sache qu'il y a des platanes ? Parce que tel quel, ça fait un peu "je suis en mode description donc AU FAIT il y a des arbres"

Citer
La clameur urbaine semble à milles lieues des divagations des promeneurs, et les rangées d'immeubles se profilant au loin, un fade souvenir
mille
c'est un invariable

Citer
Assis sur son banc Emile Pitus soupire d'aise
Assis sur son banc,

Citer
Se levant agilement il mêle sa balade à celle des autres marcheurs.
bof pour le début de la phrase, c'est un peu maladroit comme formule, je trouve

Citer
Un joggeur le frôle de toute sa course sans le faire tressaillir.
idem "de toute sa course" , ça ne veut pas dire grand chose
et puis "frôler" et "de toute" (qui semble indiquer une idée de force), c'est un peu antithétique :P

Citer
Un petit vent s'est levé mais le parc ne se désemplit pas pour autant.
lien avec la phrase précédente ?
Un texte est un tout, aucune phrase n'est censée être inutile ou indépendante. C'est l'ensemble qui fait sens d'où la nécessité de faire des transitions.
Essaye de trouver ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Soit la météo est importante et tu reste là-dessus, soit c'est le cadre qui est important et alors tu reste sur le cadre. Bref fais des choix mais ne pars pas dans tous les sens, un coup la météo, un coup les gens, un coup la nature. Suis un fil. C'est tel élément qui doit conduire à telle phrase.

Citer
D'Emile Pitus on ne sait rien d'autre que des histoires rocambolesques et d'autres anecdotes,

Pitus, on

Citer
Il est déjà vieux, et ses incroyables sourcils blancs lui donnent un air aussi sage que surpris.
je sais plus si cette phrase était déjà dans la V1 en tout cas je la trouve (toujours aussi) maladroite. Enfin je vois le rapport entre le blanc et la prétendue sagesse mais pas le rapport entre le blanc et la surprise. 

Citer
Des petits groupes de personnes affluent joyeusement dans son dos, qui s'assoient au premier rang, au bord de la pelouse.
le "qui" est-il vraiment utile ?

Citer
Les mains posées calmement sur le pommeau de sa canne,

hm, en même temps, quand c'est posé, c'est souvent calme une main.  :mrgreen: Si elle s'agite, elle n'est plus vraiment "posée". Ca, c'est vraiment un truc dont il faudrait te débarrasser : pas d'adjectifs ou d'adverbes mis pour faire jouli. Tout ce que tu as écrit a un impact et un sens, bref une portée sur le lecteur. Portée qu'il faut mesurer. Bref, épure. Dis l'essentiel. Il a les mains posées sur sa canne, point.

Citer
De son esprit volatile il sent l'empressement des travailleurs qui quittent leur bureau.
mouais, pas convaincu de "esprit volatile". Encore une fois, ça me paraît gratuit.

Citer
Pendant que d'autres s'assoient tout simplement contre un arbre, des marées déjà frémissantes se posent sur la pelouse.

hm y en avaient déjà sur les pelouses, tu te répètes

Citer
Alors elle arrive. Sans crier gare, elle s'ébat au-dessus des têtes.

elle s'abat :mrgreen:
s'ébattre tout seul, jsais pas si c'est possible en dehors du Moyen-Age (où existe effectivement la tournure soi esbatre).

Citer
Sous une impulsion gestuel sa tonalité devient grave.
gestuelle (un peu lourd comme formule)

Citer
relevant son menton, les yeux presque fous, elle se noie en accords mineurs.
non, le participe présent doit avoir pour "sujet" le sujet de ta proposition principale; ici, c'est pas la pluie qui relève son menton, right ?

Citer
propageant son écho dans chaque coins de la métropole.

coin

 
Citer
s'assurent que personne de les regardent, et se mettent à danser.

bug

Citer
Mais ce qu'on aurait pu qualifier d'étrange, c'est qu'ils dansent sans écouteurs ni casque.
même remarque que pour la dernière fois (tu peux danser de joie, tu peux chanter dans ta tête, tu peux répéter un pas de danse sans musique, bref la question n'a rien à voir avec le fait qu'ils dansent sans casques. Le truc c'est qu'ils dansent sans musique extérieure et qu'ils sont plusieurs à le faire)

Citer
Dans une pièce lugubre d'une sombre impasse, un petit comité cogite. Ces drôles d'oiseaux le jugent shooté de la veille.
what ? de quoi tu parles ?
"shooté de la veille", c'est une expression que je connais pas ?

Citer
Qu'il n'est qu'un vieillard tentant maladroitement

tu peux pas commencer ta phrase par "qu"il" parce qu'elle suppose que t'avais avant la structure "ils jugent QUE", ce qui n'est pas le cas. Bref, pas de cohérence syntaxique, ça va pas.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé que cette 2e version était beaucoup plus claire et qu'on voyait un peu mieux qui est Pitus. La scène d'extase ne me convainc pas encore totalement mais je pense que pour le coup c'est juste parce que je suis pas fan des descriptions, ça manque de ressenti ou de point de vue d'un personnage. Mais c'est mon goût personnel là, c'est complètement subjectif.
Y a de l'amélioration. Travaille encore tes transitions et continue d'épurer toutes les expansions inutiles (adverbes et adjectifs) pour ne garder que l'essentiel. Un conseil : lis tous tes textes à haute voix, si tu butes sur une phrase, c'est qu'elle est lourde et que quelque chose nécessite d'être enlevé ou réajusté.

Voili voilou jvais me coucher, moi  :D
Titre: Re : Re : Légère Psychose
Posté par: Miromensil le 29 Septembre 2013 à 00:27:09
Citer
Les platanes séculaires, à ses côtés, surplombent ce vaste parc de la périphérie.
utile ?
jveux dire, c'est important qu'on sache qu'il y a des platanes ? Parce que tel quel, ça fait un peu "je suis en mode description donc AU FAIT il y a des arbres"

Ben je décris l'endroit quoi...Sans les arbres, tu aurais eu la même image de la scène?

Quant aux autres remarques, je suis d'accord. Y a juste pour l'histoire des danseurs sans casque, oui l'idée c'est qu'ils dansent sans musique, mais faut que je trouve comment mieux l'exprimer quoi xd
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: ernya le 29 Septembre 2013 à 00:30:19
Oui, je pense que j'aurais eu la même image.
Tu sais, le lecteur imagine des tas de choses tout seul. Tu peux lui dire que ton personnage est brun, s'il veut en faire une belle blonde, tu pourras rien y faire :mrgreen:
Bref, la mention des platanes entre les deux autres phrases me semble superflue ^^
Titre: Re : Re : Légère Psychose
Posté par: Miromensil le 29 Septembre 2013 à 00:40:01
Surement, mais même si c'est superflu, jl'aime bien  :-[

Citer
Sous une impulsion gestuel sa tonalité devient grave.
gestuelle (un peu lourd comme formule)

Oui c'est même plus que lourd..Du coup je sais pas du tout comment le dire autrement. L'idée c'est que il fait un mouvement de bras brusque et du coup le ton devient grave. Comment tu dirais ca...? Le mot mouvement et le mot bras je les utilises déjà  :/

J'ai trouvé ca: "Dès que ses mains fendent l'air avec emphase, sa tonalité devient grave." Mieux?
Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: ernya le 29 Septembre 2013 à 11:46:09
C'est toujours aussi lourd, je trouve...
On comprend que Pitus agit comme un chef d'orchestre et que du coup ses mouvements correspondent à des indications pour la pluie. Fais confiance à ton lecteur, il est capable de comprendre ou de voir beaucoup de choses sans que t'aies besoin de décrire le moindre fait et geste du personnage.

Si on reprends ton paragraphe, tu peux très bien supprimer purement et simplement ta phrase:
Citer
Son allure noyée dans l'ombre grandissante est rehaussée par la lumière des lampadaires environnants, la pluie, tombant des profondeurs de la nuit, est devenue sa musicienne. Par le ballet de ses bras, il la tempère, joue sur les sons qu'elle véhicule. Sous une impulsion gestuel sa tonalité devient grave. Les gouttes, qui sont autant de notes, font miroiter leurs sonorités en chacun des individus assis à l'écouter.

Titre: Re : Légère Psychose
Posté par: Miromensil le 29 Septembre 2013 à 13:12:49
Voilà c'est fait, j'ai remodifié en supprimant aussi la phrase.

Je pensais déjà poster la suite mais je pense que je vais déjà bien relire et retravailler avec les commentaires déjà faits...Par contre il devient vachement long ce post  |-|
Titre: Re : Légère psychose (la totale)
Posté par: PaulineC le 04 Octobre 2013 à 15:09:13
Salut!

Bon j'étais en train de répondre en notant toutes mes petites remarques quand mon navigateur à buggé donc... avant de m'étendre en belles phrases, je vais commencer par noter les points que j'ai relevés, y compris dans la première partie (que j'ai pourtant lue deux fois):

Citer
bien que la couleur des habitants et des rues ne se soit pas encore tout à fait évanouie
La couleur? Ou une affaire d'ombres et de contrastes?

Citer
C'est l'heure bleue sur la ville, et une foule hétéroclite envahit peu à peu bancs et coins d'herbe, pendant que d'autres s'assoient tout simplement contre un arbre
ici "d'autres" se réfère à la foule, ce qui n'est pas logique je crois. Utilise peut-être "certains" ou "quelques personnes" qui se détacheraient de la foule...

Citer
elle se noie en accords mineurs
J'aime!

Citer
Les concerts en plein air d'Emile provoque une vague d' enchantement sur la ville
provoquent

Citer
Mais ce qu'on aurait pu qualifier d'étrange, c'est qu'ils dansent sans musique apparente
Musique.. apparente? En vrai, "audible" serait juste... mais dans ton texte, la musique a quelque chose de particulier donc on sait jamais...

Citer
Ces loubards le jugent shooté de la veille, qu'il n'est qu'un vieillard tentant maladroitement de rendre ses élucubrations intéressantes, estimant que sa musique n'est qu'un somnifère qui endort et avilit les foules.
"le jugent... qu'il n'est" je rajouterais un verbe: pensent, estiment, croient...

Citer
Il est conscient de ce qu'il se trame dans son dos.
J'ai un doute... ce qui se trame, j'aurais dit mais ap plus je réflechis, au plus j'hésite.

Citer
n'imaginent même pas quel conséquence dramatique la suspension de ses fonctions provoquerait
quelle conséquence. Par contre après tu cites plusieurs conséquences, non? A moins que ce n'en soit qu'une, triple action.

Citer
Il pourrait brouiller les ondes radios ; désynchroniser toutes sortes d'mp3, échafauder une censure médiatique anonyme.
qui pourrait, Emile lui-même? Ou le fait d'arrêter Emile? C'est plutôt flou...

Citer
Las, le vieux chef d'orchestre se demandant s'il est lui même possédé
participe?

Citer
Pas de réaction de la part d'un petit vieux que l'on présuma occupé à nourrir les pigeons dans un parc reculé.
pas "du petit vieux", comme on sait qui c'est?

Citer
Début automne la ville entière est en émoi, quoique discret.
économie de préposition et autres conjonctions? Je trouve que la formule "début automne" est pas super musicale...

Citer
Sur ce constat, un conciliabule d'experts est désigné afin d'élucider le mystère.
J'aime cette phrase, musicale à souhait :)

Citer
Il se demande comment faire venir la pluie, au lieu de Emile Pitus
je sais pas, la formulation se semble maladroite, le "au lieu de". Je trouverais cela mieux avec un "Faute de pouvoir faire venir Emile, ..." ou quoi...

Citer
Gaston, dans sa chemise un brin rococo, transcende le tempo du réel.
Il est beau, le Gaston  :P Ca me fait penser à celui de Disney...

Citer
Il s'est endormi en étant assis contre un arbre. Il s'aide à se relever grâce à sa canne, et renverse le trop plein d'eau de son chapeau.
en étant assis > c'est un peu lourd comme formulation
s'aide à se relever > encore heureux  :P "s'aide de sa canne pour se relever"?

Citer
On est quand même mardi, il devrait être debout, se dit-il.
Je mettrais des guillemets comme tu retranscris la pensée de Emile

Citer
des yeux rond
ronds

Citer
Puis les secondes passent et Emile décide de se bouger un peu, ignorant ses questions.
Je joue l'exigeante, oui! "de se bouger un peu" c'est pas digne de toi :D

Citer
la journée de travail où il n'ira pas
aller à la journée de travail?

Citer
C'est sur, il sera dans les Annales, Gaston en est sur.
Sûr avec accent... et il y en a un des deux à supprimer, c'est sûr!

Citer
Néanmoins personne ne semblent faire attention à eux
ne semble

Citer
A l'arrêt de bus de la ligne 14, ils voient, au loin, un gratte-ciel s'effondrer.
Pourquoi? Il doit y avoir un lien avec
Citer
La ville détonne, pense Gaston.
. Mais pourquoi?

Citer
Il voudrait dire quelque chose, mais il a peur de dire une bêtise alors il se contente de se tenir un peu plus près du vieil homme pour lui dire qu'il est là, avec lui.
3x "dire" dont une occurence que je remplacerais par un terme moins "physique" > lui signifier sa présence, lui témoigner son soutien sonneraient mieux...

Citer
Ah ! Il pense avoir trouver le moyen de se rapprocher du ciel autrement que sur des échafaudages.
;D J'aime, j'aime!
Par contre, la transition est un peu brusque, de Gaston vers sa voisine...pense à une petite éllipse géographique et/ou temporelle: "pendant ce temps là, dans le HLM de Gaston, la voisine..."  ^^

Citer
Et tant pis si ce qu'a dit son voisin n'est que pure radotage, si elle peut aider à faire interner Pitus en pension, ce ne serait pas plus mal.
pur radotage
interner + en pension ca fait redondant à mon humble avis...

Citer
Ils ont déjà fait surveiller tous les parcs et ont mis au point un dispositif de poussière censé révéler la présence d'êtres invisibles.
Qui "ils"?

Citer
Ses collègues, sous ses ordres, sont des spécialistes en matière de soupçon et d'espionnage, pas dans la traque d'un vieux somnambule invisible.
Je connaissais pas le métier de "spécialiste du soupçon". Ca m'a fait sourire je t'avoue... ::)

Citer
Elle sent leurs yeux posés sur elle malgré qu'elle ne porte qu'une jupe mi-mollets.
Il y a plein de raisons pour qu'ils la regardent, tu ne crois pas? A moins que les regards de ces hommes soient tous pervers? A préciser, je crois, si tu veux garder ça... ce petit clin d'oeuil féministe  :P

Citer
La double file de voitures contraintes à s'arrêter le regardent sans cligner du phare.
Joli!

Citer
Soudain, le temps d'un feu rouge, un saltimbanque exécute un tour alliant jonglerie et pyrotechnie. La double file de voitures contraintes à s'arrêter le regardent sans cligner du phare. Sous les yeux indifférents des conducteurs, il déploie des volutes flamboyantes s’embrasant dans le ciel. C'est sa spécialité, à lui l'artiste du macadam. Au feu vert, personne n'applaudit dans le bus. Et le voyage continue.
J'ai déjà vu ca quelque part, à la sortie du Bois de la Cambre, notamment.. ::)

Citer
Dans la tour en verre, les plus âgés sont dispensés de danse et les plus jeunes sont priés de montrer l'exemple.
Même remarque que plus haut: "hein, quelle tour?" J'ai du revenir au début de paragraphe quand je me suis rendue compte qu'on était de retour chez Jacqueline... J'ai cru que Pitus vivait avec des autres comme lui, un moment :p

Citer
Après avoir repousser l'imposante table contre le mur et alignés les vétérans dans leur fauteuil juste à côté de celle-ci
repoussé la table, aligné les vétérans (de la guerre?) > les doyens ou les plus âgés serait plus naturel je crois.

Citer
tous coincés qu'ils sont
Je sais pas, je dirais "tout coincés qu'ils sont"

Citer
M'enfin Bryan, j'ai plus danser depuis la fin de mes études ! Et encore, je ne dansais que sous certaines conditions, lance un collègue depuis le fond de la pièce.
-Oui et c'est pas l'eau des distributeurs qui va nous aider, marmonne un autre.
dansé
sous certaines conditions? pourquoi ne pas les dire simplement: "Et encore, seulement quand j'avais repéré une belle paire de fesses sur la piste"  :P
Quoi, l'eau des distributeurs? Lien avec la pluie, ok mais c'est bizarre je trouve.

Citer
Par les fenêtres de la pièce qui résonne, les colosses de verre environnant se rient de la gaucherie de ses occupants
Je vous ce que tu veux dire, mais j'ai dû relire cette phrase à plusieurs reprises...

Citer
tous deux ont l'esprit remuer par le vent
remué

Citer
S'ils avaient eu du café, ils auraient siroté le paysage
J'aime bien ca :)

Citer
je ne nous ai pas fait sillonnés monts et merveilles
silloner

Citer
La foule compacte, les Eveillés en tête, parade dans les rues principales. La majorité ne sont cependant que des badauds curieux de faire partie d'un tel rassemblement.
"la majorité ne sont" > il faut que ce soit une majorité de quelque chose de précis. Ou la majeure partie de la foule... mais faut qu'il y ait une concordance: la majorité + singulier

Citer
Ils veulent la chute du chef d'orchestre, la fin du règne de avilissement
de l'avilissement, faute de frappe

Citer
Les parapluies s'ouvrent tandis qu'un crachin fait son apparition.
"fait son apparition" ne va pas avec "une crachin"... trop brusque, trop irréel, je sais pas...

Citer
Par myriades les habitants descendent dans la rue en un flot incessant
myriades + flot incessant ca fait trop je crois

Citer
Bientôt c'est tout un armada en anoraks qui arpentent les boulevards.
une armada, non? et arpente du coup, comme singulier.

Citer
Brusquement un coup de tonnerre éclate avec fracas au-dessus des têtes ; le roulis des nuages s'empêtre dans les éclairs, l'azur entier gronde. Le chant des cors de chasse se lève. Les arbres bordant le boulevard se courbent en une révérence aux alizés toujours plus sinistres. Certains spectateurs décampent. Le vacarme aérien  n'éteint pas encore les clameurs des passants seulement armés de leur parka.
Et puis progressivement un vague mouvement de panique envahit la foule. Des frissons d'effroi gagnent les manifestants dont les yeux effarés disparaissent dans l'ambiance grisâtre. Les bassons entament leur lente litanie ténébreuse.
Subitement la tempête musicale explose. L'air des trompettes à un accent d'apocalypse sur un fond de timbales retentissantes. Des trombes d'eau s'échappent du ciel et s’abattent sans prévenir sur les épaules des passants. Les violons accompagnent leur épouvante ; des silhouettes apeurées s’éparpillent maintenant dans toutes les directions, se cachant sous les préaux et s’engouffrant dans les rares magasins ouverts. On crie au cataclysme, à la fin des fins.
Au déluge.
:coeur: J'ai juste adoré cette partie. Un beau crescendo, bien écrit et tout. Bravo, sérieux! Les métaphores, les rappels de la musique sont vraiment réussis!
"l'air des trompettes a un accent..."... sans acent :P

Citer
ils voient des silhouettes fuir tous azimutes
touts azimuts

Citer
Face à la super team de danseurs essoufflés, Emile apparaît.
super team, yeah!

Citer
Les averses ont rincé les murs et les raisons
J'aime bien ça aussi!

La fin est vraiment bien écrite, j'ai vraiment aimé.
Globalement je trouve que l'amélioration apportée à la fin est vraiment bien. C'est plus long oui, mais ca vaut la peine. J'aime les détails qui tirent en longueur, et font bien ressentir les choses et c'est bien réussi. Maintenant je dis pas, quelqu'un d'autre que moi trouveras cela peut-être trop lourd car très détaillé mais comme ton écriture est fluide et très stylée c'est agréable à lire!

Bravo pour ce texte, je trouve qu'il est vraiment bon :)
Désolée pour le roman, j'ai été très pointilleuse, mais c'est parce que globalement il n'y a rien de plus à dire que ça... alors autant aller vers le détail...
Titre: Re : Re : Légère psychose (la totale)
Posté par: Miromensil le 04 Octobre 2013 à 17:50:54
Coucou,

Merci pour les corrections, j'ai déjà changer toutes celles que je pouvais, mais il y en a pour lesquelles j'hésite:
Citer
bien que la couleur des habitants et des rues ne se soit pas encore tout à fait évanouie
La couleur? Ou une affaire d'ombres et de contrastes?

Ben quand il fait jour les couleurs sont vives. Quand il fait noir tu vois tout comme en délavé, tout est noir...J'essayais d'écrire la transition en fait humhum. Donc il s'agit bien de couleur, non?

Citer
Mais ce qu'on aurait pu qualifier d'étrange, c'est qu'ils dansent sans musique apparente
Citer
Musique.. apparente? En vrai, "audible" serait juste... mais dans ton texte, la musique a quelque chose de particulier donc on sait jamais...

Ah oui cette phrase, qu'est-ce que je l'aurai réécrite...Au départ c'était "Mais ce qu'on aurait pu qualifier d'étrange, c'est qu'ils dansent sans écouteurs ni casque."
C'est ça l'idée...Donc par apparente, je voulais dire que ils n'ont ni casque ni baladeur ni ipod ni rien du tout pour danser, ils sont juste sous l'effet du concert d'émile...Donc audible ca va aussi, j'ai changé, mais j'espère que pour le sens ça passe aussi  :/

Citer
Ces loubards le jugent shooté de la veille, qu'il n'est qu'un vieillard tentant maladroitement de rendre ses élucubrations intéressantes, estimant que sa musique n'est qu'un somnifère qui endort et avilit les foules.
Citer
"le jugent... qu'il n'est" je rajouterais un verbe: pensent, estiment, croient...

Oui tu as raison. Le problème c'est que j'ai déjà "estimant" juste après...Donc je sais pas trop comment tourner la phrase...

Citer
Il est conscient de ce qu'il se trame dans son dos.
Citer
J'ai un doute... ce qui se trame, j'aurais dit mais ap plus je réflechis, au plus j'hésite.
Humm ça dépasse mes compétences grammaticales  :\?

Citer
n'imaginent même pas quel conséquence dramatique la suspension de ses fonctions provoquerait
Citer
quelle conséquence. Par contre après tu cites plusieurs conséquences, non? A moins que ce n'en soit qu'une, triple action.
Ah oui, merci bcp. J'ai rajouté la conséquence juste après: "Une discorde totale de la société, puisqu'elle ne répondrait plus au nom de la musique, elle qui maintient les habitants unis dans le quotidien." Ca fait peu redondant, mais si c'est pas clair, heureusement que tu me le dis  :o

Citer
Il pourrait brouiller les ondes radios ; désynchroniser toutes sortes d'mp3, échafauder une censure médiatique anonyme.
Citer
qui pourrait, Emile lui-même? Ou le fait d'arrêter Emile? C'est plutôt flou...
Oui Emile, désolé, mauvaise compréhension du paragraphe. J'ai corrigé :)

Citer
Pas de réaction de la part d'un petit vieux que l'on présuma occupé à nourrir les pigeons dans un parc reculé.
Citer
pas "du petit vieux", comme on sait qui c'est?
Oui j'ai mis "du", on sait que c'est émile du coup?

Citer
Début automne la ville entière est en émoi, quoique discret.
Citer
économie de préposition et autres conjonctions? Je trouve que la formule "début automne" est pas super musicale...
J'ai changé "Au préambule de l'automne", mais ca me semble un peu cucul non?

Citer
On est quand même mardi, il devrait être debout, se dit-il.
Citer
Je mettrais des guillemets comme tu retranscris la pensée de Emile
J'ai mis de l'italique, mais globalement j'ai du mal avec les dialogues et les pensées je crois  :relou:

Citer
Puis les secondes passent et Emile décide de se bouger un peu, ignorant ses questions.
Citer
Je joue l'exigeante, oui! "de se bouger un peu" c'est pas digne de toi :D 
Ouch c'est vrai que...xD Mais je sais vraiment pas quoi mettre à la place...je vais y réfléchir  :o

Citer
la journée de travail où il n'ira pas
Citer
aller à la journée de travail?
J'ai changé en "au chantier où il ne se rendra pas, mais n'hésite pas longtemps."

Citer
A l'arrêt de bus de la ligne 14, ils voient, au loin, un gratte-ciel s'effondrer.
Citer
Pourquoi? Il doit y avoir un lien avec
Citer
La ville détonne, pense Gaston.
. Mais pourquoi?
J'ai rajouté: "A l'arrêt de bus de la ligne 14, ils voient, au loin, un gratte-ciel s'effondrer, succombant sous les délires des Éveillés. " Plus clair? Ils font exploser les immeubles pour montrer que émile ne fout rien, quoi.

Citer
Ils ont déjà fait surveiller tous les parcs et ont mis au point un dispositif de poussière censé révéler la présence d'êtres invisibles.
Citer
Qui "ils"?
Jacqueline Mulier et son équipe. J'ai changé, mci bien^^

Citer
Ses collègues, sous ses ordres, sont des spécialistes en matière de soupçon et d'espionnage, pas dans la traque d'un vieux somnambule invisible.
Citer
Je connaissais pas le métier de "spécialiste du soupçon". Ca m'a fait sourire je t'avoue... ::)
Normal, c'est inventé xD

Citer
Elle sent leurs yeux posés sur elle malgré qu'elle ne porte qu'une jupe mi-mollets.
Citer
Il y a plein de raisons pour qu'ils la regardent, tu ne crois pas? A moins que les regards de ces hommes soient tous pervers? A préciser, je crois, si tu veux garder ça... ce petit clin d'oeuil féministe  :P
Ben oui, à la base c'était l'idée (tous pervers), mais maintenant que tu le dis je me dis que ca le fait moyen moyen  :-¬? Ca fait un peu cheveu dans la soupe ^^'

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Soudain, le temps d'un feu rouge, un saltimbanque exécute un tour alliant jonglerie et pyrotechnie. La double file de voitures contraintes à s'arrêter le regardent sans cligner du phare. Sous les yeux indifférents des conducteurs, il déploie des volutes flamboyantes s’embrasant dans le ciel. C'est sa spécialité, à lui l'artiste du macadam. Au feu vert, personne n'applaudit dans le bus. Et le voyage continue.
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J'ai déjà vu ca quelque part, à la sortie du Bois de la Cambre, notamment.. ::)

Oui moi aussi, au centre-ville de Bxl  :mrgreen:

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Dans la tour en verre, les plus âgés sont dispensés de danse et les plus jeunes sont priés de montrer l'exemple.
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Même remarque que plus haut: "hein, quelle tour?" J'ai du revenir au début de paragraphe quand je me suis rendue compte qu'on était de retour chez Jacqueline... J'ai cru que Pitus vivait avec des autres comme lui, un moment :p
J'ai changé en "Au moment où les deux compagnons regardent le paysage, dans une tour en verre toute proche, on s'échauffe." Plus clair?

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M'enfin Bryan, j'ai plus danser depuis la fin de mes études ! Et encore, je ne dansais que sous certaines conditions, lance un collègue depuis le fond de la pièce.
-Oui et c'est pas l'eau des distributeurs qui va nous aider, marmonne un autre.
dansé
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sous certaines conditions? pourquoi ne pas les dire simplement: "Et encore, seulement quand j'avais repéré une belle paire de fesses sur la piste"  :P
Quoi, l'eau des distributeurs? Lien avec la pluie, ok mais c'est bizarre je trouve.
Humhum, j'ai changé:

"M'enfin Bryan, j'ai plus dansé depuis la fin de mes études ! Et encore, je ne dansais que si j'étais soul!
-Oui et c'est pas l'eau des distributeurs qui va nous aider, marmonne un autre."
Compréhensible? :D

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quelqu'un d'autre que moi trouveras cela peut-être trop lourd car très détaillé mais comme ton écriture est fluide et très stylée c'est agréable à lire!
Ah ben si tu dis ca, j'ai réussi mon pari, car c'était le but :p Rendre simple et facile à lire une idée bizarre, c'est vraiment ce que je voulais écrire (idée bizarre: pluie musicale aide les gens car musique langage universel + vieux chef d'orchestre).

Un tout grand merci, et désolé, j'ai un peu du mal avec les citations e.e
Titre: Re : Légère psychose (texte entier)
Posté par: Lafrites le 05 Octobre 2013 à 23:29:10
Personnellement, j'ai bien aimé malgré quelques problèmes déjà largement évoqués.

En fait, ce qui est à la fois positif et négatif, c'est la richesse du texte. Il faudrait bien plus de pages pour donner toutes les explications utiles. Le sujet est sympa mais compliqué. Le personnage d'Emile Pitus est pour moi une belle trouvaille. C'est un peu l'allégorie du bonheur via la nature. Une sorte de "Joséphine ange gardien" qui rend le sourire au travers d'un pouvoir pluvieux et musical. Une sorte de Pan moderne... Après, encore une fois, il y a beaucoup de contenu qui demande explication et/ou précision (même si j'admets que l'auteur est seul maitre dans son oeuvre et crée les effets qu'il désire...quelque part, on peut toujours ergoter dans un sens ou dans l'autre  -gouts et couleurs changeant selon les personnes).

Pour moi l'histoire est plus symbolique que surréelle non ?

Cette histoire, dans son rythme, m'a beaucoup fait penser au début du film "le fabuleux destin d'Amélie Poulain". On est entrainé, pris dans un tourbillon dont on ne peut se décrocher. Le hic pour moi est peut-être qu'il faudrait un peu de temps morts. Genre la petite musique dans le film suscité où les choses ralentissent un tant soit peu après qu'on ait subis l'effet du tourbillon. Parce que bon, 7 pages word de tourbillon ce n'est pas simple à encaisser. Donc peut-être casser cela, en incorporant un dialogue ? Et celui-ci peut nous apporter des explications aux multiples questions qu'on se pose.

Ce que j'aurai surtout aimé, ce sont des associations linguistiques assez neuves et fraiches. On sent une belle recherche, parfois ça passe moins bien (cf les différents commentaires ci-dessus) mais souvent ça donne envie de prendre une note sur un post-it et de conserver ça en tête. Ou simplement des petites phrases qui viennent comme en contre pied de ce qu'on attendrait et qui donne une belle idée de l'atmosphère ("Il règne une odeur de cake brulé"...ça sort un peu de nulle part mais justement, moi, je trouve que ça varie bien les choses tout en posant une idée agréable).

Pour moi, beaucoup de bonnes choses et de potentiel dans une histoire que j'ai aimé lire sous cette forme (apparemment une v2 si j'ai bien suivi). C'est perfectible mais ça me plait déjà (et tout est toujours perfectible non ^^).
Titre: Re : Légère psychose (texte entier)
Posté par: Miromensil le 06 Octobre 2013 à 10:29:03
Merci d'être passé :)

" Après, encore une fois, il y a beaucoup de contenu qui demande explication et/ou précision"

Je croyais avoir corrigé ça au fur à et mesure que je corrigeais l'histoire...Me demande ce qui reste comme zones d'ombre, vu que selon moi il n'y avait que le rôle d'émlie qui posait problème. Enfin je sais pas me mettre dans la peau du lecteur comme ci je découvrais tout  :-\ Ou peut être que si, avec le temps...Quelles questions tu te poses?

Quant aux temps morts, je croyais aussi en avoir mis. Par exemple quand il boit du café ou quand il est au sommet de la cathédrale. Mais c'est vrai qu'ils n'apportent pas spécialement d'explication^^ Et puis comme les persos principaux sont un peu des endormis, j'ai cru que ca ralentirait un peu l'effet "tourbillon"

C'est marrant que tu parles d'Amélie Poulain, c'est un de mes films préférés. Mais j'y ai pas pensé du tout en écrivant.

Je crois que tout a été dit. Je vais essayer de faire un effort pour comprendre ce qui cloche encore. Merci bcp  :)
Titre: Re : Légère psychose (texte entier)
Posté par: Lafrites le 06 Octobre 2013 à 10:33:33
Je précise bien que c'est juste mon impression et non pas une vérité absolue. Je ne fais que livrer mon ressenti...et ça ne veut pas dire que "ça cloche".

On peut toujours changer quelque chose et il n'y a aucun moment où ça plaira à tout le monde ! Bref, il faut surtout retenir le positif je pense.

 
Titre: Re : Légère psychose (texte entier)
Posté par: Miromensil le 06 Octobre 2013 à 10:39:27
C'est vrai c'est vrai.

Je veux juste dire que j'ai encore des progrès à faire !

Mais oui le côté positif m'a bien plu ^^
Titre: Re : Légère psychose (texte entier)
Posté par: Milora le 29 Août 2014 à 18:50:08
Remontaaaage !

Dans le détail :

Citer
Se levant il mêle sa balade à celle des autres marcheurs.
Je pense qu'il faut une virgule après "se levant", sinon c'est très étrange et pas super clair


Citer
D'Emile Pitus, on ne sait rien d'autre que des histoires rocambolesques et d'autres anecdotes, dont la plupart sont imaginées. Ni homme ni dieu, il suffit que son nom se fasse entendre pour que les regards se perdent et que les sourires s'étirent. Les habitants lui ont inventé un passé, une histoire et des émotions.
histoires/histoire : répétition

Citer
Ses musiciens, la pluie et la ville elle-même.

Il est à peine arrivé au bout du parc que le ciel est constellé de nuages chargés de pluie.
Pluie x2

Citer
Les magasins qu'on ferme et l'embardée dans les métros.
Je suis pas sûre que tu donnes son vrai sens à embardée (http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/embard%C3%A9e/28529) (à moins que ce soit un sens belge ?). Si une embardée c'est un écart brusque effectué par un véhicule, je vois pas trop comment Emile peut le sentir, ni comment ça peur s'appliquer au métro :/

Citer
C'est l'heure bleue sur la ville
C'est joli ! :) (par contre, y avait "ville" juste au-dessus alors ça fait un peu répétition)

Citer
Il ferme les yeux.
Je trouve que ce "il" fait bizarre, parce qu'il n'a pas d'antécédent immédiat dans la phrase qui précède

Citer
Dans un mouvement presque magistral, Emile Pitus se retourne et apparaît face à son public.
J'ai un petit souci de visualisation : a lieu la scène ? Jusqu'ici, tu as décrit la ville dans son ensemble, pour planter l'ambiance. Sauf qu'Emile est forcément à un endroit précis, mais tu ne nous dis pas où, et on a du mal à situer géographiquement le décor (il pourrait être sur une place, dans une rue, sur un toit, etc.)

Citer
La mélodie pluvieuse qui s'échappe du duo capte ce qui reste de lumière et incarne le commencement de la nuit
Une mélodie qui incarne un commencement, je pense que c'est un peu trop abstrait pour donner l'impression d'une métaphore maîtrisée : on voit pas trop comment c'est possible, enfin moi personnellement, ça m'a fait tiquer :/

Citer
Emile Pitus est le musicien qui veille à l'harmonie du quotidien. La musique est un hymne universel qui fait vibrer citadins et citadines, elle adoucit leur tristesse et les accompagne les vendredis soirs. Les concerts en plein air d'Emile provoquent une vague d' enchantement sur la ville, qui déferle dans tous les cœurs.
Par moments, le texte nous livre plusieurs fois la même information (ici, entre la première et la dernière phrase citées, par exemple), du coup ça donne une vague impression de redondance, ces répétitions d'informations pourraient être élaguées

Citer
s'assurent que personne ne les regardent
regarde

Citer
Mais ce qu'on aurait pu qualifier d'étrange, c'est qu'ils dansent sans musique audible.
C'est un peu lourd, la première partie de la phrase

Citer
Ces loubards le jugent shooté de la veille, qu'il n'est qu'un vieillard tentant maladroitement de rendre ses élucubrations intéressantes, estimant que sa musique n'est qu'un somnifère qui endort et avilit les foules.
Je trouve que "ces loubards" ça fait pas très sérieux, par rapport au reste du texte ; et il y a un problème de syntaxe dans cette phrase

Citer
Il réfléchissent, dans l'ombre des ombres de la ville, se disant de prime abord qu'il faudrait le faire interner dans un quelconque asile pour mélomanes désaccordés. Mais Emile Pitus est connu et admiré.
J'ai pas bien compris pourquoi les méchants en veulent à Emile :/ Quelle est leur motivation ?

Citer
quel conséquence dramatique
quelle

Citer
Une discorde totale de la société, puisqu'elle ne répondrait plus au nom de la musique, elle qui maintient les habitants unis dans le quotidien.
Les "elle" n'ont pas tous le même antécédent, je trouve que ça rend la phrase peu claire

Citer
à leur faire avouer la folie d'Emile Pitus.
J'ai l'impression que "avouer" n'est pas le verbe que tu cherchais, ici ; si ?

Citer
des discours démagogiques sont donnés dans les rues
Je suis pas sûre qu'on puisse donner un discours  :-X Tenir, à la rigueur ?

Citer
qu'en cas de catastrophe urbaine
Je comprends pas bien ce qu'on entend ici par catastrophe urbaine...

Citer
Dans ce contexte, des quartiers entiers, dont les immeubles sont des chefs d’œuvre d'architecture harmonique, sont dynamités. Pas de réaction de la part du petit vieux que l'on présuma occupé à nourrir les pigeons dans un parc reculé.
J'avoue que je ne comprends pas du tout pourquoi les Eveillés se mettent à dynamiter les beaux immeubles :/ (et pourquoi passer au passé-simple, alors que le texte est au présent ?)

Citer
Le ciel est d'un bleu intense, un bleu à faire pâlir les yeux de ceux qui le contemplent.
C'est très joli, ça !

Citer
les habitants dans leurs habitudes.
habitants/habitudes, je trouve que ça fait un peu répétition ^^

Citer
de ceux qui l'écoute
écoutent

Citer
le meilleur pour répondre à la question n'est autre que Emile Pitus lui même
J'ai l'impression que "le meilleur" fait un peu maladroit, c'est pas l'expression la plus appropriée. Et c'est "lui-même", avec un tiret ^^

Citer
Monsieur Pitus, pouvons-nous nous passer de vos services ?
Qui dit cette phrase ? Dans quel contexte ? Dans quel cadre, où ?

Citer
D'un côté, il y a ceux qui voudraient bien, finalement, connaître la véritable identité de l'illustre chef d'orchestre.
Je ne comprends pas bien où s'insère la question de l'identité d'Emile, dans la polémique soulevée plus haut (qui se limitait, en gros, à : a-t-il besoin de la musique d'Emile pour être heureux ? si j'ai bien compris :) )

Citer
Bien qu'il n'ait aucune idée de la manière dont procéder
manière de procéder

Citer
L'ouvrier ferme la porte de sa chambre à clef, pour être sur que personne ne vienne le déranger. Repousse les meubles contre les murs, allume le poste radio. Danse comme un dératé. Il invoque dans le secret de sa chambre un joyeux mystère.
chambre x2

Citer
s'empêcher de sourire en lui même.
lui-même

Citer
Les bords de son chapeau sont remplis d'eau, et cela déborde de tous côtés.
bords/déborde (répétition)

Citer
Il s'est endormi assis contre un arbre. Il s'aide de sa canne pour se relever, et renverse le trop plein d'eau de son chapeau. Visiblement, il a plu toute la nuit. Une brume matinale s'est installée, dans lequel les arbres
arbre x2

Citer
il se surprend à voir Gaston
Je vois pas trop comment on peut se surprendre à voir =/

Citer
« Venez, on va prendre la ligne 14, on ira plus vite. Je vais vous montrer, puisque vous voulez tant savoir. »
Je comprends pas pourquoi Emile dit ça :/

Citer
Gaston pense un moment au chantier où il ne se rendra pas, mais n'hésite pas longtemps.
Vu l'étrangeté de la situation et de la proposition d'Emile, je pense que Gaston pense à plein d'autres choses que ça !

Citer
qui regarde le décor sans rien dire et sans expression. Il voudrait dire quelque chose
dire x2

Citer
Il pense avoir trouver le moyen
trouvé

Citer
Je vais voire ce que je peux faire.
voir

Citer
Ses collègues, sous ses ordres, sont des spécialistes en matière de soupçon et d'espionnage, pas dans la traque d'un vieux somnambule invisible.
Ses collègues prennent place dans une salle de réunion informelle
"ses collègues" x2

Citer
Elle sent leurs yeux posés sur elle malgré qu'elle ne porte qu'une jupe mi-mollets.
Malgré que, ça se dit paaas ! :P En plus, formulé comme ça, on dirait qu'elle ne porte en tout et pour tout qu'une jupe - on pourrait alors comprendre que les yeux se posent sur elle, mdr :mrgreen:

Citer
Elle a capté toute leur attention quand elle dit :
« Messieurs. Veuillez défaire vos nœuds de cravates. »
Mdr, jolie conclusion à cette scène  :D

Citer
Bientôt, aux abords de la ville et dans les abîmes de la rêverie de Gaston, ils sont seuls dans le bus.
C'est pas très clair, à qui renvoie ce "ils"

Citer
Le bus les a déposé dans un véritable dédale de géants de briques rouges.
déposés
et je trouve que "dédale DE géants DE briques rouges", ça fait lourd :/

Citer
Tous se tiennent un peu grandiloquents
Je crois pas qu'on puisse se tenir grandiloquent

Citer
Elle les regarde, tout coincés qu'ils sont à l'idée de danser.
c'est pas du tout clair que le "elle" renvoie à Jacqueline

Citer
-M'enfin Bryan,
J'aime pas du tout ce "m'enfin" très très oral, que ni le ton global du texte ni le langage de l'entourage de Jacqueline ne justifient

Citer
tout un pan de mur s'est volatilisé. Le panorama est saisissant, toute la ville se déploie sous les pieds d'Emile Pitus.
tout/toute

Citer
Ils veulent vous faire avouer.
Mais avouer quoi...?  :-\

Citer
Face à la super team de danseurs essoufflés
"super team", ça ne colle pas du tout au ton poétique du passage


Alllooooors.
J'aime bien le fond, les thématiques et le personnage d'Emile. En revanche, je trouve qu'il y a quelques problèmes au niveau des enjeux de l'histoire. Mais avant, deux petites remarques sur la façon dont c'est écrit :
- je trouve qu'on manque d'informations visuelles pour situer les scènes. Souvent, on ne sait pas où ça a lieu, ce qui entour les personnages, on n'a aucune information sur le cadre (par exemple, dans la chambre de Gaston, ou là où Emile est sur une gargouille, ou quand il fait son spectacle). ça donne une impression de flou et ça nuit à la clarté et à la visualisation de la scène
- quelques éléments flous : je n'ai pas compris, lors du premier spectacle, si on entendait réellement la musique ou si c'était métaphorique (ou si seuls les spectateurs l'entendent). Un peu plus loin, on dirait que ce n'est pas une vraie musique, étant donné que tu évoques un personnage qui voit les autres gesticuler sans raison. Je pense que ça demande à être clarifié
- comme je relevais dans les détails, y a des moments (dans le premier tiers, grosso modo) où tu donnes plusieurs fois la même information, ce qui donne une impression de redondance

Mais je parlais des enjeux de l'histoire. A mon sens, il y a quelques problèmes :
- le principal, c'est que je n'ai pas du tout compris les motivations des Eveillés, ni vraiment leur identité. Au début, on dirait que ce sont des petits malfrats, mais 1) pourquoi se soucient-ils de l'action d'Emile ? 2) Pourquoi utilisent-ils comme moyen d'action la manipulation de l'opinion publique ? (c'est pas très typique des petits malfrats !) Ensuite, on a l'impression qu'ils sont devenus un gros lobby, mais qui sont-ils ? Sont-ils "légaux" ou clandestins ?
Et surtout : qu'attendent-ils réellement d'Emile ? Lorsqu'ils apparaissent, on dirait qu'ils veulent le mettre hors d'état de nuire ; mais vers la fin, ils veulent, au choix, le trouver, ou lui faire avouer quelque chose. Mais quoi ?
A mon sens, c'est le principal point à corriger, parce que du coup on ne dégage pas trop les enjeux de l'histoire :/
- Autre petit couic au niveau de la structure : je n'ai pas compris le rôle de Gaston. En gros, dès que quelqu'un invoque la pluie en dansant, Emile arrive et fait un spectacle. Mais je n'ai pas compris pourquoi une relation s'établit entre les deux. A mon avis, il faut développer beaucoup plus la scène de leur rencontre et nous donner beaucoup plus accès à l'intériorité de Gaston. Qu'est-ce qui l'a poussé à danser comme ça ? Cherchait-il Emile ? Que pensait-il de lui avant de le voir arriver ? Quel est son rapport à la musique, à la danse ? Que ressent-il lorsqu'il reconnaît Emile ?
- Sinon, y aussi un petit déséquilibre au niveau de la tension, dans le texte, je crois. En gros, sa structure c'est : au début on nous décrit la ville/premier élément de tension : le mystérieux spectacle de pluie mené par Emile/noeud de l'intrigue : entrée en scène des ennemis (les Eveillés)/nouvel ingrédient : Gaston entre en jeu => arrivée d'Emile/ retournement de situation : la voisine les dénonce à la mairie / montée en tension : les employés de mairie dansent pour attirer la pluie tandis que Gaston et Emile s'approchent du lieu de la résolution / élément de résolution : le gros orage et le retour de l'harmonie dans les coeurs. C'est ça ?
Sauf que je trouve que tu ne mets pas assez en valeur les segments importants de ton histoire. L'entrée en scène des Eveillés est pas mal expédiée (du coup, on ne saisit pas bien leurs motivations), et l'entrée en scène de Gaston n'est pas vraiment justifiée dans le texte (pourquoi nous parler de lui ? Qu'a-t-il se spécial ? Pourquoi est-il, finalement, l'élément qui va précipiter la fin ?). De même, la fin semble organisée comme une montée en tension finale (le "suspense" de Gaston qui est traqué par les gens de la mairie, qui se dévoile, et en même temps l'arrivée de la manifestation (les ennemis) et de l'orage (ta dam final). Je pense qu'il faut beaucoup plus mettre ça en valeur, pour que le fil rouge ressorte bien tout au long du texte, que le lecteur lise en se posant les bonnes questions et pas en attendant juste de voir ce qui va arriver.

Sinon, sur un texte de cette longueur, je pense que tu ne peux pas faire l'économie de personnages principaux un peu travaillés. Là, tu as travaillé Emile, pour le rendre mystérieux et insaisissable. J'aime bien cette espèce de Père Noël urbain que tout le monde cherche.
Mais Gaston et Jacqueline ne sont que des silhouettes, on ne sait rien d'eux, tu ne nous donnes pas leur caractère. Du coup, ça n'aide pas à entrer dans le texte, tout semble lointain.

Je suis d'accord aussi avec le commentaire de je sais pas qui, plus haut, qui relevait que c'était très intéressant, ce paradoxe "ça nous rend heureux mais ça nous zombifie : comment prendre position ?". Sauf que du coup, tu ne le développes pas dans ton texte, tu n'en fais pas un enjeu. En gros, il y a toujours les Eveillés d'un côté, et Emile de l'autre, mais tu ébauches ici une ambiguité et une question assez intéressantes, sauf que tu ne la mets pas en valeur et tu n'en fais pas un thème de ton intrigue - je trouve que ça pourrait en être un, et un chouette !


Voilà, désolée pour la tartine, je développe parce que tu m'as dit que tu pensais peut-être en faire quelque chose. Je trouve que tu as une très jolie base au niveau de l'intrigue, au niveau du personnage d'Emile ; mais qu'il faut clarifier la structure de l'histoire, ses enjeux, et ses étapes, pour que ça ne donne pas l'impression d'être brouillon. Les pistes que j'ai évoquées sont subjectives, hein, tu peux faire comme tu veux, y a pas UNE bonne façon de corriger ! Mais je trouve que ce qui pèche, c'est que sur une telle longueur, et vu la structure (des antagonistes, des retournements de situation, etc.), c'est clairement une histoire à intrigue. Or, il faut que l'intrigue soit nette pour le lecteur, sinon ça donne une impression de flou. Tu as tout à fait matière à en tirer une très jolie nouvelle fantastique, si tu clarifies tout ça ! :)
Titre: Re : Légère psychose (texte entier)
Posté par: Loïc le 22 Juillet 2015 à 16:09:09
Je remonte celui-ci aussi.

Citer
une bande d'amis est assis

Bande est sujet, ça devrait donc être assise

Citer
surplombent ce vaste parc de la périphérie.

J'suis pas sûr que de la périphérie comme ça soit très juste.

Citer
Ces loubards le jugent shooté de la veille, qu'il n'est qu'un vieillard tentant maladroitement de rendre ses élucubrations intéressantes,

Je crois qu'il y a un souci de syntaxe ici.

Citer
quel conséquence dramatique

Citer
puisqu'elle ne répondrait plus au nom de la musique,

Je ne comprends pas

Citer
Bonne-après midi

ton trait d'union est mal placé

Citer
sur elle malgré qu'elle

:vaurien:

Citer
« Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je suppose qu'aucun de vous n'a de suggestions, donc je vais aller droit au but. »

répétitions pas forcément cool

Citer
Le bus les a déposé

déposés

Citer
l'équipe de Jacqueline Mulier

répétition

Citer
Emile Pitus le fait penser à son père.

lui ?

Oh j'ai aussi beaucoup aimé ce texte. Il faudrait encore le retravailler un poil pour qu'il soit parfait, mais l'histoire est vraiment sympa.
Merci pour la lecture.
Titre: Re : Légère psychose (texte entier)
Posté par: Miromensil le 23 Juillet 2015 à 12:02:54
Merci pour ton remontage Loïc, qui est l'occasion pour moi de dire que le ô combien utile commentaire de Milora n'est pas tombé aux oubliettes, que je l'ai même enregistré dans mon ordinateur et le ressortirai en septembre/octobre, quand je continuerai la réécriture de ce texte.

Du coup :

Citer
Il faudrait encore le retravailler un poil pour qu'il soit parfait
Je pensais plus à une refonte assez importante, pour prendre en compte toutes les remarques. J'ai commencé à le réécrire l'année passée, et le passage où on apprend l'existence des Eveillés est bcp plus développé.

Et sinon : j'ai corrigé les coquilles (le trait d'union xD), merci pour le relevé. Et je suis contente que l'histoire t'ait plu!