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Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: holden5 le 22 Août 2013 à 16:51:17

Titre: L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 22 Août 2013 à 16:51:17




Au matin de mon tout premier jour à la Kristal Klear Company, je trouvai sur mon bureau une liste de mes tâches pour la matinée :

—   Calculer le taux superfétatoire à progression z sur la base des indexations nulles
—   Faire la proposition au T.G.S.I.
—   Constituer maquette ornithocondrique


Je lus et relus cette étrange liste avec perplexité. L’annonce pour le poste d’ « employé polyvalent » m’avait certes préparé à toutes sortes de menues corvées, mais j’étais loin de m’attendre à des missions de ce genre. Qu’est-ce que tout cela voulait bien dire ? J’étais d’autant plus contrarié que mon patron devait se présenter en fin de matinée dans mon bureau pour vérifier l'état d'avancement du travail.
     J’ingurgitai un tranquillisant et lus à nouveau l’intitulé du premier objectif : « Calculer le taux superfétatoire à progression z sur la base des indexations nulles. » Cela ressemblait à quelque chose que pouvait faire un comptable. La grosse calculatrice posée sur mon bureau allait sans doute m'être de quelque utilité.
    Considérant l’objet avec plus d’attention, je ne fus pas peu surpris de n’y trouver que des touches parfaitement  hiéroglyphiques : en dehors des signes de division, addition, et multiplication, un être normalement constitué n’aurait pu reconnaître le moindre symbole mathématique sur l’appareil. J’écarquillai grand les yeux devant ce qui ressemblait à un mélange d’idéogrammes égyptiens et de lettres alphabétiques de l’ère araméenne.
    Il me fallait demander de l’aide à un collègue. Appeler le comptable, peut-être ?
    Une fiche contact était à ma disposition, où je cherchai en vain l’intitulé « comptable » :

—   Agent d’interception affable des éléments extérieurs…………..55 24 32
—   Technicien de frictionnage intensif des surfaces horizontales et verticales………55 24 33
—   Préposé à l’intimidation et à l’expulsion des perturbateurs………… 55 24 34
—   Responsable du calcul dépensier et bénéficiant………..55 24 35
—   Sommité respectable à fonction directrice………………55 24 36

Estimant que « responsable du calcul » devait correspondre peu ou prou à mon concept de comptable, je m’emparai du combiné de téléphone et composai le numéro correspondant.
    Après deux ou trois sonneries, un vague grognement interrogatif se fit entendre à l’autre bout du fil. Il pouvait d’agir d’une forme minimale de salutation ou d’une interrogation très elliptique. Je me lançai :
— Bonjour, pourriez-vous vous m’expliquer comment calculer le taux superfétatoire à progression z sur la base des indexations nulles ? osai-je.
    Après un silence inconfortable, mon interlocuteur inspira longuement comme si ma question ne pouvait pas être plus ennuyeuse, puis retomba dans le silence. 
— Allo ? fis-je timidement pour vérifier qu’on n’avait pas été coupé.
— Oui, oui, je vous ai entendu ! gronda enfin une voix masculine au bout du fil. Mais le taux superfétatoire, comme vous le savez,  c’est une variable. On ne peut pas le calculer sans l’indice de progression z…A moins de faire le calcul sur la base des indexations nulles.
— Mais je dois faire le calcul sur la base des indexations nulles ! m’écriai-je, un peu échauffé, et sans comprendre un traitre mot à ce que je disais moi-même.
— Ah, vous m’aviez dit « nulles » ? J’avais compris « non-nulles ». Faites attention à bien articuler quand vous abordez ce genre de sujet.
    Je m’excusai platement pour ne pas faire d’histoire. Mon sympathique interlocuteur reprit de sa voix traînante et ennuyée :
— C’est pourtant évident : il vous suffit de taper le code Gix du jour et de le multiplier par le code P.T.A. mensuel.
— Sur la calculatrice ?
— Non, sur l’encodeur de progression MAD.
— Est-ce que ça ressemble à une grosse calculatrice ?
 C’était la question de trop. L’homme grommela qu’il n’avait pas de temps à perdre avec des plaisanteries et raccrocha. J’allais devoir me débrouiller sans son aide. 
     Voyant l’heure tourner et comprenant que je ne pouvais pas m’improviser mathématicien, je tapai une touche au hasard sur ce qui était soit un encodeur MAD, soit la calculette d’un écolier extraterrestre, et multipliai la première donnée par une autre, choisie au petit bonheur. Un étonnant résultat s’afficha sur le petit écran monochrome : non pas un chiffre, mais le mot « DERISOIRE ». J’eusse préféré voir s’afficher un nombre compliqué, mais c’était déjà quelque chose que je pouvais prendre en note pour la visite de mon patron.
    Je m’emparai d’une feuille de papier vierge et du seul stylo qu’on avait mis à ma disposition et m’apprêtai à griffonner ce résultat aléatoire pour créer une apparence de travail en temps voulu. Ma surprise fut grande lorsque je constatai que mon stylo ne présentait pas de mine, ses deux extrémités s’achevant par un petit morceau de gomme. Commençant à m’impatienter, je marmonnai quelques jurons dans ma barbe et sortis pour emprunter un stylo digne de ce nom au collègue qui travaillait dans la pièce voisine. 
    Sans relever la tête de son encodeur MAD, l’homme répondit à ma demande par un « ahah » ironique, comme si la présence d’un stylo en ces lieux était la chose la plus inconcevable qui fût. Comprenant que je n’étais pas venu pour plaisanter, il finit par m’adresser une grimace de surprise, et sa gorge s’anima d’un gloussement de dédain :
— C’est la meilleur de l’année, celle-là. Seriez-vous donc stupide ? On n’écrit pas ici, on gomme !
    Pour illustrer son propos, il me présenta une double gomme semblable à celle qu’on m’avait attribuée. 
— Je vois, fis-je sans rien voir du tout. Pendant que je suis là, sauriez-vous par hasard comment calculer le taux superfétatoire à progression z ?
— Bien sûr que non, vous voyez bien que je m’occupe de la progression x, répondit sèchement mon aimable collègue en replongeant dans ses calculs martiens. 
    Il n’y avait plus rien à tirer de lui.
    De retour à mon bureau, je pris conscience de la présence d’une feuille sur laquelle avait été écrit au crayon à papier un ensemble d’adjectifs qualificatifs : « Inquiétante », « Considérable », « Pas bien méchante », « Minimale », « Liliputienne », « Dérisoire », « Satisfaisante » etc.
     Retrouvant le mot « dérisoire » dans le listing, je présumais qu’il s’agissait peut-être, pour l’employé polyvalent que j’étais, d’effacer tous les termes qui ne correspondaient pas au résultat du calcul sur le MAD. Puisque j’avais décidé de m’en tenir à mon premier résultat, je m’appliquai à gommer les autres propositions, faisant voltiger des copeaux de gomme sur toute la surface de mon bureau.

     Quand j’en eus terminé avec ce gommage intensif, je relus attentivement l’intitulé de la deuxième tâche : « Faire la proposition au T.G.S.I. » Cette mission soulevait deux questions majeures : quelle genre de proposition étais-je censé faire ? Et qui pouvait bien être ce maudit T.G.S.I. ? A nouveau, j’allais avoir besoin de renseignements. L’ « agent d’interception affable des éléments extérieurs » saurait peut-être m’informer sur ce sujet. Je composai le 55 24 32.
    Après deux sonneries, je fus mis en attente et dus subir un message publicitaire de la Compagnie, accompagné d’une étrange musique expérimentale mêlant percussions industrielles et contrebasse mélancolique : « Kristal Klear offre à vos placements une envergure sinusoïdale de croissance incomparable dans un contexte d’obsolescence fixe. Calculés sur la base des progressions x, y, et z par nos meilleurs éléments, les taux superfétatoires garantis par Kristal Klear gonfleront vos portefeuilles d’inaction de façon spectaculaire et ornithocondrique. Notre équipe saura vous accueillir chaleureusement et vous renseigner avec la plus grande patien-
    Le message publicitaire fut brutalement interrompu par un nouveau grognement interrogatif, féminin cette fois-ci. Je décidai d’interpréter ce grognement comme une invitation chaleureuse à formuler ma requête :
— Bonjour madame. Je suis employé polyvalent au 47ème étage. Je me permets de vous déranger car je rencontre une légère difficulté dans la réalisation de mon planning. Auriez-vous l’amabilité de m’indiquer la signification du sigle T.G.S.I. et la localisation éventuelle de cette…personne dans le bâtiment.
— Rappelez demain, fit mon interlocutrice d’un ton impatient. Je remplace Mme Troublé, c’est elle qui sait ce genre de chose.
— Vous n’avez aucun moyen de me renseigner ? insistai-je d’une voix presque suppliante. Je suis censé faire ce travail aujourd’hui et mon patron devrait passer me voir dans moins d’une heure…
—Mais enfin, monsieur, ce n’est pas le courrier du cœur ici, je ne suis pas là pour écouter les misères des uns et des autres. Vous auriez dû vous renseigner auprès de votre chef ce matin.
     Remerciant mon informatrice pour son amabilité, je raccrochai. Il n’y avait plus qu’à aller circuler dans les couloirs de l’étage dans l’espoir de trouver le T.G.S.I.
    Après quelques minutes de déambulation infructueuse, je trouvai enfin une porte sur laquelle le mystérieux sigle était inscrit.
    Je frappai, n’obtins pas de réponse, frappai à nouveau puis, impatient, poussai la hardiesse jusqu’à ouvrir la porte.
    A l’intérieur, un employé à grosses lunettes, portant une chemise blanche dont les manches étaient relevées jusqu’aux coudes, était occupé à jeter des blocs de paperasse dans ce qui ressemblait à une sorte de poêle ardent élaboré : le papier traversait d’abord un système de découpage et, une fois en lambeaux, se consumait dans le foyer. Une épaisse fumée grise emplissait la sale, rendant l’air âcre, irrespirable. Le poêle-déchiqueteur faisait un bruit métallique tonitruant à chaque fois que l’homme jetait un dossier dans sa gueule, si bien que mon entrée et mes premiers appels passèrent totalement inaperçus. Quand il me vit enfin, l’employé s’époumona :
— Qu’est-ce que vous voulez ?
— Je suis ici pour faire la proposition, gueulai-je, presqu’étourdi par l’absurdité de la situation.   
— La quoi ?
— La PRO-PO-SI-TION !
— D’accord. Alors : Blanc, bleu, orange, ou triangle ?
— Comment ?
— J’ai dit : BLANC, BLEU, ORANGE, ou TRI-ANGLE?
 Dans quel cauchemar avais-je encore atterri ? Etait-ce là une sorte de jeu de « chassez l’intrus » ? Ne pouvant pas imaginer autre chose, je finis naturellement par répondre « triangle ». L’employé roula des yeux comme si c’était la réponse la plus stupide que l’on pouvait lui faire.
— « Bleu » était bien meilleur, mais tant pis, commenta-t-il, résigné, avant de se remettre à son étrange processus de destruction.
    J’en avais semble-t-il fini avec le T.G.S.I., l’homme ne prêtant plus aucune attention à ma présence. Eberlué, je sortis de cette chaufferie infernale et partis me réfugier dans le silence de mon bureau. M’affalant sur mon siège, je fus saisi d’un instant de panique en considérant que cet univers tordu ferait désormais parti de mon quotidien. Je respirai un grand coup pour me redonner courage, mais retombai dans un océan de perplexité en relisant la troisième tâche du jour : « Constituer maquette ornithocondrique ».
    Il n’était plus question à cet instant d’appeler qui que ce soit pour demander un renseignement : j’avais vu ce que cela m’avait rapporté jusqu’ici. Plus question non plus de faire un carton plein, après l’échec de mes deux premiers travaux. Alors autant me faire plaisir : décidant que le terme « ornithocondrique » devait avoir quelque rapport avec nos amis les oiseaux, je me saisis d’une feuille de papier vierge et fabriquai une de ces petites figurines en papier à l’effigie d’une bête ailée. Cela suffirait. Monsieur Sedlex n’avait qu’à venir se payer ma tête et me limoger s’il le souhaitait, je n’étais décidément pas fait pour le job. 
     Sedlex m’avait dit qu’il passerait vers onze heures : plus que dix petites minutes à tuer.
    J’étais en train de me dégourdir les jambes devant la fenêtre donnant sur un mur gris fissuré quand j’entendis murmurer derrière moi : « Regardez, c’est le type qui voulait un stylo ! » Je me retournai brusquement. Trois hommes hilares, dont l’un était le collègue du bureau voisin, m’épiaient par l’entrebâillement de la porte. Tous se mirent à ricaner bêtement, et l’un d’eux suggéra en s’esclaffant : « On devrait l’appeler Monsieur Stylo, ça lui irait bien ! » Les rires reprirent de plus belles. « Au revoir, Monsieur Stylo ! » gueulèrent-t-ils tous en chœur en avant de déguerpir en claquant la porte.
    Abasourdi, j’allai me rasseoir et me massai longuement le crâne, soudain assailli par une grosse migraine. 
    Lorsque l’horloge au-dessus de la porte marqua enfin l’heure fatidique, Sedlex entra sans frapper, avec un de ces airs à la fois très pressé et très serein : je n’étais qu’une étape ennuyeuse dans son planning. Il contourna mon bureau et regarda par dessus mon épaule.
— Je viens vérifier vos données comme prévu, m’informa-t-il d’une voix atone, en contemplant le fruit impressionnant de mon travail : une cocotte en papier boiteuse et une feuille pleine de copeaux de gommes où n’apparaissait plus que le mot « Dérisoire ».
     Confus, je secouai la tête en signe d’excuses, m’attendant à recevoir la rossée du siècle.
    Je me trompais : pendant ses deux longues minutes d’inspection, Sedlex ne fit aucun commentaire, pas même la moindre moue suggestive. Impossible de deviner ce qu’il pouvait bien penser de ce désastre.
    Quand il finit par ouvrir la bouche, mon cœur se mit à battre, croyant que la spectaculaire engueulade allait commencer. 
— Vous avez fait la proposition au T.G.S.I. ? demanda-t-il simplement, avec une glaçante neutralité.
— Oui, je l’ai fait.
   Sedlex enfonça un regard suspicieux dans le mien, mais n’en demanda pas plus.
—Bien, je vais donc vous apporter votre nouvelle liste pour l’après-midi.
Ce disant, il tira un post-it de sa poche et le consulta avec gravité. Le jetant en boulette dans ma corbeille à papier, il se retira enfin. Par curiosité, je me précipitai sur le post-it et le dépliai. C’était une liste de tâches, dont la dernière était : « vérifier l’effort productif de l’employé polyvalent n°7683G  et lui demander s’il a fait la proposition au T.G.S.I. »

Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Vivi le 22 Août 2013 à 17:05:32
L'absurde total est rondement mené, avec un vocabulaire très élaboré et des tournures bien ciselées. C'est excellent. Merci pour ce texte. :)

Par compte, j'ai pas trop capté la fin, et ça m'a un peu déçu. Autant, j'y vois à peu près une sorte de critique de la société ou des boulots inutiles ; autant je ne comprends pas le comportement du personnage. Il n'y a pas grand chose dans le texte qui le pousserait à continuer une telle activité "débile" où lui même est réfractaire (il veux partir à un moment). Bref, cette fin me semble pas trop cohérente avec le personnage tel qu'il est décrit dans ses pensées. A voir ce que vont en penser les autres... ^^
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 22 Août 2013 à 17:22:56
Merci Viviane pour ton commentaire! Je vais réfléchir à ta remarque concernant la fin. Je ne voulais pas suggérer que le narrateur était très enthousiaste à l'égard de son boulot, mais qu'il s'y accrochait à cause de la considération sociale qu'il pouvait en retirer. Mais merci d'avoir attiré mon attention là-dessus!
Titre: Re : Re : L'employé polyvalent
Posté par: Vivi le 22 Août 2013 à 17:27:18
Dans ce cas là, ce n'est pas dans le cadre que tu as décris que ça risque de se produire ;)
Il faudrait peut-être rajouter des remarques/considérations par rapport à l'entourage du personnage principal en dehors du boulot, de façon à ce qu'on comprenne qu'effectivement il préfère faire un truc abscons plutôt que d'être au chômage et être la risée de son entourage (ou se sentir inutile/dévalorisé).

Fin de la consultation :D
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 22 Août 2013 à 17:30:31
Merci docteur! Je vous dois combien?  :D
C'est une bonne idée, je pense que ça pourrait rendre le propos un peu plus claire.
A+
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Aquarelle le 22 Août 2013 à 20:10:32
Salut !

Citer
—   Agent d’interception affable des éléments extérieurs…………..55 24 32
—   Technicien de frictionnage intensif des surfaces horizontales et verticales………55 24 33
—   Préposé à l’intimidation et à l’expulsion des perturbateurs………… 55 24 34
—   Responsable du calcul dépensier et bénéficiant………..55 24 35
—   Sommité respectable à fonction directrice………………55 24 36
J'aime beaucoup :), surtout les deux premiers.

Citer
« Au revoir, Monsieur Stylo ! » gueulèrent tirent tous en chœur en avant de déguerpir en claquant la porte.
Il y a un petit bug.
Je suppose que c'est "gueulèrent-ils" et ensuite il y a un "en" en trop ("en avant de déguerpir").

Citer
Je me trompais : pendant ses deux longues minutes d’inspection, Sedlex ne fit aucun commentaire, pas même la moindre mou suggestive.
moue

Citer
Parce que cela fait trois ans l’on m’adresse des mous admiratives quand j’évoque le nom prestigieux de mon entreprise à mes connaissances,
des moues

Ton texte m'a bien fait rire, j'ai beaucoup aimé. Je vois que la fin a été modifiée et dans la version actuelle, ça ne me choque pas que le narrateur choisisse de garder cet emploi, par contre l'explication me paraît un chouilla rapide, mais je chipote sans doute. Je suis peut-être influencée par votre discussion précédente : du coup je la vois un peu comme la clé de lecture qui arrive avec ses sabots (pas si gros que ça, les sabots, mais...).
Enfin en tout cas j'ai visualisé la scène de l'inspection de la cocotte en papier et ça m'a plu ! :)
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: voile59 le 22 Août 2013 à 21:12:21
Bonsoir

Texte absurde mais avec une logique (à laquelle on ne comprend rien d'accord) mais j'adore.
Merci pour ce moment de plaisir.
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 22 Août 2013 à 22:22:05
@Aquarelle:
merci de ta lecture et de ton com'. Je suis content que ça t'aies plu, j'ai longtemps hésité à poster cette bizarrerie. :-) Je corrige tout ça au plus vite.

@Voile
Merci beaucoup! Content que tu aies apprécié!
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Aléa le 22 Août 2013 à 22:33:33
Citer
—   Bien, je vais donc vous apporter votre nouvelle liste pour l’après-midi.
Ce disant, il tira un post-it de sa poche et le consulta avec gravité. La jetant en boulette dans ma corbeille en papier, il se retira enfin.
hm, je chipote, mais est-ce que tu pourrais faire une precision comme quoi il donne la liste pour l'aprem? Simple remarque hein mais j'ai cru un instant qu'il lui avait jeté dans la corbeille, enfin avec un peu d'attention y'a pas de souci, je pense, mais c'est le seul truc qui m'a sorti de ma lecture de tout le texte alors je trouvais ca dommage pour la fin...
Citer
des mous admiratives
moues

Sinon j'ai aimé ce texte, la vision totalement aliénée sur le travail en entreprise, la vision reciproque société/narrateur sur l'inutilité et compréhension (dit avec superfétatoire en plus x) )
Enfin bref chouette et etrange lecture  ^^
Je trouve peut etre juste dommage les moqueries des employés, et la fin, en fait ca fait de cette entreprise l'exeption absurde dans un vrai monde, sans le préciser, je pense que le texte gagnerait en construction (et les idées que tu veux faire passer derriere se préciserait) et le perso en cohérence, si il voulait y rester simplement parce que c'est une entreprise prestigieuse et avec une sureté de l'emploi, et qu'il passait sur les étrangeté simplement pour cela, parce que l'argument social, bon il peut etre valable, mais dans ce cas il manque une vrai réaction quand les autres employés se moquent de lui, enfin je pense que les deux ne sont pas compatibles

Voilà c'est tout je pense, au plaisir!  ^^
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 23 Août 2013 à 10:41:29
Merci beaucoup Ben G pour ce commentaire. Ta remarque sur le rapport avec les autres employés est intéressante. Si je te suis bien, le narrateur ne pourrait pas supporter l'exclusion dans l'entreprise et garder son boulot pour se sentir intégré dans la société au sens large... Ca demande réflexion effectivement!  Je crois que je voulais surtout mettre en scène le genre d'isolement total que auquel on redoute tous d'être confronté.
A+
Titre: Re : Re : L'employé polyvalent
Posté par: OliveDuWeb le 23 Août 2013 à 10:55:48
Je crois que je voulais surtout mettre en scène le genre d'isolement total que auquel on redoute tous d'être confronté.
On peut très bien se sentir isolé tout en étant très entouré.

J'ai bien aimé le côté absurde, paroxysme de ce que pourrait devenir notre société.
Je n'ai pas été perturbé par le fait que le narrateur souhaite ardemment rester dans cette entreprise, je trouve que ses raisons sont suffisamment claires. On ne fait pas toujours ce qu'on veut, dans la vie !

Merci pour ce texte rafraîchissant.
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Sophonax le 24 Août 2013 à 14:11:27
Je trouve ça excellent  :)

Tu connais la websérie Les Opérateurs? Ton texte m'y fait vraiment penser.
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 24 Août 2013 à 15:02:07
@Oliveduweb:
Merci, je suis très content que ça t'aie plus. C'est drôle, je ne pensais pas qu'on pourrait trouver ce texte "rafraîchissant", je craignais qu'il ait l'air un peu trop désespéré :-)

@Sophonax
Merci beaucoup de ta lecture. Je ne connais pas du tout cette série, mais effectivement, la présentation wiki est drôlement ressemblante!
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Thérébentine le 24 Août 2013 à 15:08:54
J'ai beaucoup aimé ton texte, qui reflète bien, on l'a déjà dit plus haut, le monde de l'entreprise, les tâches répétitives sans intérêt que l'on fait par habitude, enfin l'administration pure et dure.
Le titre est très bien choisi aussi et ça le fait penser à tous ces métiers dont le nom a été modifié afin de donner l'illusion a l'employé qu'il a eu une sorte de promotion :  technicien de surface, hôtesse de caisse, adjoint administratif...
Le côté aussi : je garde un emploi qui ne m'épanouit pas et auquel je ne comprends rien pour avoir une certaine reconnaissance sociale/l'approbation de l'entourage.
L'absurde est magnifiquement traité.
Le seul truc qui m'a un tout petit peu gênée c'est " la moue admirative"... Je ne sais pas si c'est le terme qui convient. Pour moi moue et admiratif ne peuvent aller ensemble.

Voilà, en tout cas bravo pour ce texte!
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 24 Août 2013 à 15:22:10
@Thérébentine
Merci beaucoup pour ta critique! Content que ça t'aies parlé. Tu as raison pour le terme de "moue", je viens de vérifier la signification!  Je vais voir ce que je trouve de mieux.
A+

 
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Mogdhorel le 25 Août 2013 à 15:28:15
Salut,

J'ai beaucoup apprécié ton texte. J'adore le côté absurde et je trouve qu'il est bien traité (vocabulaire, situations...).
Au niveau de la forme, rien à redire, c'est bien écrit.

Je suis un peu moins convaincu par la fin. J'aurais préféré rester dans cet univers loufoque que tu as créé, et ne pas avoir ce paragraphe terre-à-terre et un peu critique-de-la-société-à-2-balles.


Citer
Ce disant, il tira un post-it de sa poche et le consulta avec gravité. Le jetant en boulette dans ma corbeille en papier, il se retira enfin. Par curiosité, je me précipitai sur le post-it et le dépliai. C’était une liste de tâches, dont la dernière était : « vérifier l’effort productif de l’employé polyvalent 752 et lui demander s’il a fait la proposition au T.G.S.I. »

Perso, ça m'aurait fait marrer qu'il soit écrit "Jeter ce post-il à la poubelle" sur ledit post-it.  :D
Et en plus ça collerait bien avec ton univers.

A+
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Sophonax le 25 Août 2013 à 15:37:36
Perso je trouve la fin absolument nécessaire. Le fait que le narrateur soit finalement conservé par l'entreprise et même promu alors qu'il ne comprend rien renforce l'absurdité de la chose.
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Eveil le 26 Août 2013 à 00:25:42
Citer
Il pouvait d’agir
d se tape l'incruste

"je vois, fis-je sans rien voir", j'aime beaucoup !

et puis le passage avec le travail impressionnant qu'il a fait, cocotte boiteuse etc... :D (désolé apparemment on peut pas citer quand ya plus d'une page de comm)

Enfin la dernière phrase que j'ai adorée, le coup du post-it qui lui disait quoi faire, tout aussi insensé ! :D

Voilà, c'est maîtrisé et drôle, pas ennuyant, et j'étais vraiment curieux de voir la réaction du boss, du tout bon ! (la réflexion de fond aussi, hein) ^^
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: chriscar le 26 Août 2013 à 05:32:30
J'ai beaucoup aimé, ça me rappelle mes cours de compta en fac!!
Plus sérieusement, il y a un côté Kafka qui est bien tourné, sur le mode du travail inutile, idiot, aliénant.
L'écriture est fluide, et franchement au niveau de la forme, il n'y a pas grand chose à dire d'autre que bravo!

bon, il faut que j'y aille. Je dois récolter mes horloges, avant que mon patron ne s'aperçoive que je traîne sur le web.  ><
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Moyen Moyen le 26 Août 2013 à 14:12:37
Je cherche le pouce levé de Facebook parce que je ne sais pas trop quoi dire de constructif mais j'ai vraiment bien aimé ton histoire.

Peut-être, enfin c'est mon sentiment, que l'ensemble aurait été plus sympa si tu avais éventé moins vite l'exposition absurde.
Tu vois en laissant un peu plus le temps au lecteur (5 ou 6 phrases suffiraient) de planter le décor rationnel pour mieux semer le doute à l'irruption des tâches matinales.

Mais c'est très subjectif, j'ai vraiment pris mon pied à la révélation du contenu du post-it pense-bête du patron.  ^^
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 26 Août 2013 à 16:16:37
Merci à tous pour vos réactions et suggestions. Ca me fait vraiment très plaisir.

Citer
Je dois récolter mes horloges, avant que mon patron ne s'aperçoive que je traîne sur le web.
:-D

Citer
Je suis un peu moins convaincu par la fin. J'aurais préféré rester dans cet univers loufoque que tu as créé, et ne pas avoir ce paragraphe terre-à-terre et un peu critique-de-la-société-à-2-balles.

Je comprends ce que tu veux dire, mais plus qu'une critique de la société, j'étais surtout attaché à la question de la respectabilité... En tout cas, c'est vrai qu'il y a une rupture de ton qui pourrait sûrement être atténuée.

Citer
Plus sérieusement, il y a un côté Kafka qui est bien tourné, sur le mode du travail inutile, idiot, aliénant.
C'est vrai que l'atmosphère est très kafkaienne, même si ce n'était pas mon modèle au départ!

Citer
Tu vois en laissant un peu plus le temps au lecteur (5 ou 6 phrases suffiraient) de planter le décor rationnel pour mieux semer le doute à l'irruption des tâches matinales.
Merci pour ta suggestion Moyen Moyen!

Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: clivermountain le 28 Août 2013 à 07:26:43
Bonjour Holden5,

J'ai commencé ton texte et dès le début le nom de la société m'a fait rire. Elle porte bien son nom. Tout ton texte s'articule autour du thème de l'absurdité. Le personnage se retrouve face à un certain nombre de situations incongru pour ne pas dire aberrantes. Je ne sais pas si je serai resté après le premier appel téléphonique...

On est happé par le récit, et on veut comprendre ce qui se passe dans cette société.

L'écriture est fluide et très agréable. Tout est bien construit : les situations, les dénominations (MAD), Mme Troublé (je n'en doute point)...

Pourquoi choisit-il le triangle ? Y-a-t-il quelque chose de caché ou est-ce au hasard ?

« J’écarquillai grand les yeux » : le grand me semble de trop.

On voit que du haut en bas de l'échelle, nous sommes le pion de quelqu'un. Excellente l'idée du post-it ! Et, comme bien souvent, le salaire à 4 chiffres fait rester notre héros (car à ce stade, on peut lui délivrer ce titre), 3 ans dans la compagnie.

Merci pour ton texte !

(P.-S. Hum, il y a un peu de vécu n'est-ce pas ? En moins exagéré, je l'espère...)
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 29 Août 2013 à 12:03:23
Merci Clivermountain pour ta lecture et ce commentaire détaillé.
Rien de mystique dans le choix du triangle, mais mon inconscient a peut-être parlé! Sinon, c'est moins du vécu que du cauchemardé, heureusement. :-)

Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Bricoman le 19 Décembre 2013 à 02:40:06
Salut Holden !

Le texte est extraordinaire, comme toujours ; et la fin un peu frustrante comme souvent. Mais j'ai eu beau ruminer ton épilogue depuis des heures, je ne suis pas parvenu à lui trouver de substituts. D'habitude, quand il s'agit de critiquer le script, c'est ma grande gueule qu'on entend en premier ; mais cette fois-ci... j'avoue, je sèche.

Déjà l'histoire est trop fumée du rideau pour qu'on puisse la réaiguiller vers un dénouement rationnel. Si on voulait twister façon Shutter Island, en révélant que la boîte dans laquelle le narrateur débarque ressemble à un asile de fous pour la bonne raison que c'en est un, il faudrait s'assurer que tous les faits relatés soient à géométrie variable, compatibles avec la vision du fou qui se prend pour un employé polyvalent, en même temps qu'avec la vision de ses collègues co-internés, ainsi que celle de son directeur toubib. Mais dans l'état, ton texte ne se prête pas du tout à l'exercice. Tu fais donc bien de conclure en restant dans le registre de l'absurde. Tout compte fait, ta chute actuelle n'est pas si mal : la motivation du narrateur à rester dans son entreprise dépasse en absurdité tout ce qu'il y subit.  ^^

Une autre possibilité serait peut-être d'inverser, à la fin, son rapport à l'absurdité : il en deviendrait l'acteur après l'avoir subie. L'agent 752 se trouverait être l'un des ricaneurs de l'affaire du stylo. Fort de ses nouvelles prérogatives, le narrateur se vengera en inventant des trésors d'absurdité dans le seul but de pourrir les journées de son collègue, entretenant ainsi une dynamique de la bêtise qui l'entrainera dans les strates les plus crasses de l'illogisme, jusqu'au poste de directeur. Moralité : au royaume des cons, le méchant est roi.  ;D

Mais à choisir, je préfère ta chute quand même.

Voilà. Désolé de ne pas t'aider davantage.

Bonne chance avec ton texte !

A +

P.S: quelques fautes :

Citer
Bonjour, pourriez-vous vous m’expliquer comment calculer le taux superfétatoire à progressionz

progression

Citer
C’est la meilleur de l’année, celle-là.

meilleure

Citer
quelle genre de proposition étais-je censé faire ?

quel

Citer
Une épaisse fumée grise emplissait la sale,

salle

Citer
Je suis ici pour faire la proposition, gueulai-je, presqu’étourdi

presque étourdi. Le e de presque ne s'élide que dans le mot presqu'île.

Citer
considérant que cet univers tordu ferait désormais parti de mon quotidien.

partie

Citer
Les rires reprirent de plus belles.

belle, invariable.

Citer
gueulèrent-t-ils tous en chœur

gueulèrent-ils

Citer
Il contourna mon bureau et regarda par dessus mon épaule.

par-dessus


EDIT : Je viens de lire les autres coms, j'ai carrément compris de travers le truc du post-it. Je pensais que c'était sa liste de l'après-midi. Donc, ne tiens pas compte de ma suggestion pour les nouvelles prérogatives, c'est tout faux. Sorry !  :D



Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Fable le 20 Décembre 2013 à 11:34:59
Salut!

 :coeur: :coeur: :coeur: J'ai tellement aimé ce texte! Je ne fais que le relire et le conseiller à mes proches XD. Bref, j'ai adoré l'absurdité du texte, l'intrigue très bien menée... Jusqu'à la fin, bien que celle-là m'ait semblé un peu étrange enfin bon, c'est subjectif.
Merci beaucoup pour ce texte! Je tiens à ajouter que le titre est bien choisi.
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Nialacram le 20 Décembre 2013 à 20:42:39
Texte incongrus. j'ai bien rit et j'ai aimé l'absurde. Comme Sophonax je l'ai trouvé très ressemblant avec la série "Les opérateurs". Au plaisir de te relire.
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Sennar le 20 Décembre 2013 à 20:50:37
Héhé, décidément j'aime ce que tu fais. Merci pour cette lecture agréable et amusante ! C'est de l'absurde maîtrisé et "cohérent"... cool
à plus !
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 20 Décembre 2013 à 23:05:49
Merci d'avoir fait grâce de si favorables commentaires à ce petit cauchemar littéraire!  La fin est en cours de réparation, comme toujours dans mon cas!  :D
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: MillaNox le 15 Janvier 2014 à 22:31:19
Bonsoir !
Voici donc la nouvelle fin de ton texte :)
Je le trouve très sympathique ce dialogue, tout à fait dans le ton du reste du texte. J'ai bien aimé la petite chute finale.
Toutefois...
Je sais pas, ça monte tellement crescendo dans l'accumulation de "j'suis chez les fous" que j'aurai aimé une chute plus vertigineuse ! Limite découverte qu'on se trouve dans un hôpital psy encore que c'est déjà pas mal usé et pas si vertigineux que ça...  |-|
Bon, je fais mon éternelle insatisfaite mais je trouve tout de même que ton texte est une belle réussite, et cette nouvelle fin est bien :)
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 18 Janvier 2014 à 12:08:56
Merci beaucoup millanox pour ton retour! Je partage ton avis sur le problème de gradation dans la folie, mais je n'ai pas réussi à trouver mieux... Je concevais plus ce texte comme la mise en scène de tout ce qui pourrait créer un sentiment d'isolement et d'inadaptation, du coup la fin me paraît cohérente avec le reste de ce point de vue là, bien que moins inspirée que le reste!
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Malo_o le 18 Janvier 2014 à 13:24:20
Whaaa 2 pages de comm' ça doit valoir me détour - dis-je à moi-même, parce que je suis un peu schyzo, en voyant le sujet sur la page des Textes Courts. Je regard le premier commentaire, et comprend qu'il s'agit d'absurde, parfait ! Je dévore le texte texte et adore ! Le non-sens du travail que le personnage principal doit effectuer est très bien rendu, aussi bien que l'absence de réaction chez ses collègues qui semblent tous trouver ça normal.

Le "Ici on écrit pas, on gomme !" m'a vraiment fait beaucoup rire, tout comme le "Je viens faire la proposition. -Très bien, blanc, bleu, orange, ou triangle ?". J'aurais bien imaginé voir écrit sur le post-it du patron "Jeter ce post-it dans la corbeille de l'employer polyvalent 7683G." ^^

Un défaut, la fin m'a un peu laissé sur ma faim. (Lol.) Je ne sais pas, quand on arrive au "tribunal" on imagine tout une suite, avec une chute tout aussi absurde que le reste du texte, mais là... Dommage, tout le reste de la nouvelle étant très bien mené.
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Aahraz le 18 Janvier 2014 à 13:47:57
Ah, la suite, enfin !

J'avais pas grand chose à dire sur la première version, qui finissait "ouverte".

Là, c'est encore mieux, parce que c'est une chute à facepalm. Je veux dire, on est au summum de l'absurdité, et ça amène vraiment un coté plus précis au récit, il s'en dégage une impression bien plus forte.

Une légère impression de "changement de style" entre les deux parties (la deuxième me semble plus riche, plus littéraire); mais je préfère ton texte avec cet ajout-là.
Chapeau, et bonne édition ! ;)

Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 18 Janvier 2014 à 14:00:48
@Aarak et CaptainCook
Eh oui, pas évident de remodeler un texte dans le même esprit/style après plusieurs mois. Content que ça passe quand même! Merci pour vos commentaires développés!
H.
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Verasoie le 01 Avril 2014 à 20:46:31
Salut !

J'suis assez mitigée, autant j'ai trouvé qu'il y avait quelques trucs vraiment sympas dans l'absurde (la double-gomme, la liste de tâches du "patron"...) mais y'a des choses "faciles" je trouve (le vocabulaire supra-mathématique, la question à l'ouest du TGSI...). Du coup je sais pas trop quoi en penser, je pense que j'aurais aimé plus de rebondissements de situation, la façon dont ça se passe est assez linéaire. Mais y'a des trucs vraiment cool : )
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Milora le 02 Mai 2014 à 21:37:57
Citer
quand vous abordez ce genre de sujet.
sujets

Citer
que cet univers tordu ferait désormais parti de mon quotidien.
partie

Citer
— Je viens vérifier vos données comme prévu, m’informa-t-il d’une voix atone, en contemplant le fruit impressionnant de mon travail : une cocotte en papier boiteuse
J'ai franchement ri  :D

Citer
Sa voix me parvint d’ haut-parleur grésillant,
bug

Citer
Je crus déceler un sourire gêné se former sur le visage de mon juge.
— Vous avez bien conscience qu’un taux superfétatoire tout court serait une absurdité pure et simple? Je veux dire…on voit mal ce que cela pourrait même signifier.
Mon Dieu, j'ai cru entendre ma directrice de thèse en rendez-vous  :o
:s

Citer
La question de la motivation. Impossible d’invoquer la moindre miette de vérité : c’était la certitude d’être dénué de tout talent et de toute vocation qui m’avait conduit à postuler à la Kristal Klear. Je n’avais plus qu’à recourir à ma formule passe-partout.
Je suis déçue : j'espérais en attendre un chouia sur l'intériorité du narrateur, qui est resté très neutre jusqu'ici !

Citer
Les regards s’interrogeaient mutuellement, visiblement embarrassés par mon cas. Le porte-parole m’observait gravement en se mordant la lèvre supérieure. Après un long moment de silence, il inspira profondément et me délivra son verdict.
ça fait quand même beaucoup d'adverbes pour ce seul bout de phrase, je trouve qu'ils alourdissent un peu le récit...

Citer
    C'est ainsi que, sans autre explication, je fus remercié par la prestigieuse Kristal Klear Company et que mon matricule fut définitivement retiré de leur registre.
    Gommé, cela va sans dire.
Quoi ? Mais non ! C'est trop abrupt ! On en était arrivé au summum de l'absurde, on attend la chute, on l'attend, et... hop, quatre lignes et c'est réglé...  :-\ Je suis déçue en tant que lectrice, je trouve que la chute manque de tension et d'effet dramatique, dans la façon dont elle est amenée !

Je vois que j'arrive après moult commentaires ! Sur la forme, comme d'habitude, j'ai absolument rien à redire. Ah si, je le redis : tu écris très bien ^^
Sur le fond, j'ai beaucoup aimé ton texte, j'ai souri de bout en bout :) J'ai trouvé que la gradation dans l'absurde était bien menée, et que les péripéties s'arrêtent juste avant d'en faire trop, donc c'est chouette ! :)
Par contre, je suis mitigée pour la fin. Je crois comprendre que c'est pas la première version, mais comme je disais plus haut, j'ai l'impression qu'elle est trop abrupte. J'aime bien son idée, mais à mon avis il faudrait davantage la mettre en scène, pour qu'elle ait vraiment son impact de fin. Là, elle est un peu un cran en-dessous du reste du texte, je trouve. Et :
Citation de: Bricoman
Une autre possibilité serait peut-être d'inverser, à la fin, son rapport à l'absurdité : il en deviendrait l'acteur après l'avoir subie.
Oui, je m'attendais à ce type de fin, moi aussi ! Une sorte de paroxysme dans l'absurde ^^

Sinon, le deuxième bémol, ce serait sur le caractère du narrateur : on ne sait rien de lui, même pas ses traits de caractère. Je serais bien en peine de dire ce qu'il pense de la situation, pourquoi il a postulé, pourquoi il reste à ce poste, et quel impact la fin a sur lui. Je pense que le texte aurait eu une dimension supplémentaire s'il avait été un tout petit peu plus caractérisé. L'absurde aurait mieux marché, et la chute aurait pu avoir plus de poids.

Voilà, mais ça reste un chouette texte ! :)

Au plaisir de te lire à nouveau, holden ! ^^
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 03 Mai 2014 à 11:17:12
@Verasoie
Merci de ton passage. Oui, je suis assez mitigé aussi à l'égard de ce texte, pour les  raisons que tu as évoquées, mais c'est le genre de texte qui m'a procuré un plaisir d'écriture"immédiat" (enfin, je veux dire que c'est sorti tout seul et que ça m'a fait du bien...) et que je pense que je ne pourrais pas en faire grand chose de plus. J'ai essayé de modifier la fin, mais sans prendre autant de plaisir que pour le premier jet. Comme disait Huxley : "se rouler dans la fange n'est point la meilleure manière de se nettoyer".  :D

@Milora :
Merci de ta lecture. Les erreurs que tu soulignes m'ont déjà été signalé par AOC, mais je n'ai pas encore eu le temps de faire les corrections ici. D'accord avec toi pour la fin. L'un des problèmes de ce texte est que je ne l'ai pas conçu en fonction d'une intrigue avec rebondissement et chute, mais plutôt comme une plongée dans un univers destabilisant et castrateur...Du coup, faire une fin rigolote dans lequel le narrateur devenait "acteur" de l'absurde ne pouvait pas me satisfaire, même si c'était la chute la plus évidente. Pour l'absence de consistance du narrateur, je plaide coupable, oui, mais c'était voulu. Je voulais expérimenter avec un "je" un peu vide dans lequel chaque lecteur pourrait éventuellement se projeter. Une sorte d'identification à la Tintin ?  ><
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: Anlor le 05 Mai 2014 à 00:53:01
Alors, après trois pages de commentaires, c'est un peu dur de trouver quelque chose d'utile à dire, surtout que, au final, j'ai beaucoup aimé ton texte.
Le style est vraiment chouette, l'absurde bien maitrisé, enfin bref, j'ai pas éprouvé le besoin de relever des phrases où des passages à corriger.

Le seul truc qui m'a gênée (enfin, tout est relatif hein, c'est une petite gêne, une gênillette) c'est la fin. En fait, dans ton texte, on a à la fois tous les collègues qui se moquent de lui et le supérieur qui a un post-it incompréhensible, du coup, on ne sait jamais vraiment si tout le monde est dans la situation de ton narrateur ou si eux aussi ne comprennent rien à ce qu'ils font mais le font quand même en essayant de se donner de l'assurance. Avec cette fin, je trouve qu'on penche plus du côté "le narrateur est le seul pas vraiment adapté" et je trouve ça un peu dommage, je crois que tu aurais pu aller encore plus loin dans l'absurde.

En tout cas, ça reste un très bon texte pour moi. Un grand bravo et au plaisir !
 ^^
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: holden5 le 05 Mai 2014 à 21:29:15
C'est vrai, Anlor, ce texte ne manque pas de bizarreries et d'incohérences. Accouché spontanément et comme par accident, j'ai longtemps hésité à le poster, et je suis bien incapable de l'améliorer sans perdre l'esprit de départ! 
Merci beaucoup pour ton retour en tout cas!
H.
Titre: Re : L'employé polyvalent
Posté par: céline le 05 Mai 2014 à 23:41:21
Vraiment excellent, un beau moment de lecture. Concernant les remarques, idem que Ben.G
J'ajouterai une fin un pouillème décevante. On est dans l'absurde et je m’attendais à un dénouement dans le même jus.