Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Salamandre le 31 Mars 2008 à 15:47:28
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Voici le dernier texte terminé que j'ai écrit, fin juillet. Il était pour un concours (perdu) dont le thème était "la colère".
Il s'appelle Atteindre le sommet
« On ne permet de dire qu’à celui qui ne peut rien » Denis Diderot
L’eau va être chaude. Celle-là, Colère, je n’y ai jamais goûté. Il paraît que c’est différent des autres produits. C’est la plus chère du marché en ce moment.
Je sors la seringue.
La drogue vermillon glisse dans la cuillère et se dissout dans l’eau chaude. Je n’en ai jamais vu de cette couleur.
L’aiguille d’argent transperce ma peau. Mon pouce appuie. Le liquide couleur sang plonge dans mes veines. Je le sens jaillir, bondir et glisser le long de mon bras gauche, puis de ma poitrine, de mes jambes et de ma tête.
Ma gorge brûle, mes poumons éclatent et le bout de mes doigts me picote.
Un flux d’énergie pure me traverse, tous les atomes de mon corps sont en ébullition, sensibles. Colère me possède.
Une bouffée de violence monte en moi. De désir, de rage, de force.
Mes yeux ne voient que du rouge, de grands éclairs, des jets de lumière, et encore du rouge.
J'hurle. Mes vêtements m’irritent, le coton pourtant fin devient urticant. Qu’à cela ne tienne, je les arrache. J’ai un goût de sang dans la bouche, comme si une pierre raclait mon œsophage. Une boule dure et chaude grossit dans mon estomac. Il faut que je l’expulse, qu’elle puisse croître librement.
Je pousse un cri. Chaque pore de ma peau irradie de douleur.
Un milliard d’aiguilles incandescentes s’enfonce en moi.
Et tout s’arrête.
C’est fini. Je ne ressens plus aucune souffrance. Un grand froid envahit mon corps, engourdissant mes membres. Mon esprit, lui, reste affûté et tranchant. Je sais bien que ce n’est pas terminé. Bientôt Colère redeviendra maître de mon esprit. Bientôt, bientôt…
Mais tout à changé. Je ne ressens plus la puissance rouge, ni la douleur pure qui me dominaient. Mon cerveau semble froid et figé, ma respiration ralentit et mon crâne se remplit du bleu glacé des lacs enneigés.
Le cours du temps se modifie. Après la crise, le calme revient, mais l’émotion est inchangée : Je suis encore sous l’empire de la Colère.
Tout est net en moi. Mais cet état de force paisible, de pouvoir brut et de détermination, va bientôt me quitter. Il faut agir. Maintenant.
Je sors de chez moi, marchant vers un point précis. Mon temps est compté. Moins d’une heure. Une cinquantaine de minutes pour accomplir la tâche dont, inconsciemment, j’ai toujours rêvé. Rendre justice.
Mes pas m’ont conduit jusqu’au siège du pouvoir. Des dizaines de caméras scrutent le palais et ses environs. Je suis sur le point d’entrer dans leur champ.
Ça y est. Pas de panique. Mon esprit contrôlé par la drogue sait ce qu’il doit faire.
Me voici dans l’entrée, comme par enchantement.
Mon envie de vengeance prend le pas sur toutes mes considérations.
L’homme qui maintenant me fait face, le chef du pouvoir, est le pire monstre que la Terre n’ai jamais porté.
C’est en son nom qu’ont été commis tous les crimes de notre siècle.
C’est lui qui effaça le passé, qui annihila toutes les libertés de son peuple pour mieux le tenir en main.
Il avait tout prévu, sauf une chose : Le pouvoir des drogues !
Et il payerait de sa vie cet oubli.
L’homme se retourne à mon arrivée. Il m’accueille avec un franc sourire. Son regard d’émeraude paraît si amical, si innocent.
Mais le bleu de la drogue, le bleu de mes yeux, voit au travers de cette mascarade. Lorsqu’il me serrera la main droite, je l’étranglerai de la gauche.
Ma main ne fait qu’effleurer le col de sa chemise.
Le processus de sécurité se déclenche.
Me voici expulsé à l’autre extrémité de la pièce, alors que mon interlocuteur, indemne, éclate de rire.
« Pourquoi ne m’aimez vous pas ? Cela ne vous apporte que de la souffrance. Voyez à quoi vous en êtes réduit ! Tenter de me tuer ! Alors que je suis le maître, et que, ne l’oubliez pas, j’agis pour le Bonheur de tous. »
Les mots tombent de sa bouche, tranchants comme des glaives. Je ne sais que répondre. Il poursuit.
« Suivez mon conseil : oubliez votre haine, et admirez- moi. Tout ira pour le mieux. Ayez confiance »
Le bleu qui emplissait ma tête vire au rouge. Colère à tout prévu. J'hurle à pleins poumons. Une boule de feu grossit dans mon ventre. Des éclairs traversent mon champ de vision. Mon corps entier bouillonne, rempli d’énergie pure.
Ma volonté est trop grande, il n’y arrivera pas.
J’ai réussi à m’enfuir.
Mon corps est envahi de tremblements. Des larmes coulent sur mes joues.
Mes dents claquent. Le feu de ma gorge s’éteint. Le rouge et le bleu entremêlé s’évaporent. Mes pensées retrouvent leur opacité originelle.
C’est fini.
Colère est partie.
Pourtant, la petite voix dans ma tête ne s’est pas tue.
Colère ne coule plus dans mes veines, mais je ne me soumettrai pas, et jamais je n’admirerai l’homme aux yeux d’émeraudes. Un jour, je serai libre.
J’ai eu tort. Il avait tout prévu, en fait.
« Pourquoi ne m’aimez vous pas ? Cela ne vous apporte que de la souffrance. »
Pourtant, impossible de me résigner. C’est au-delà de mes capacités, de ma volonté. Il ne reste qu’une solution.
Rester pour l’éternité dans les bras de ma bien-aimée, de l’autre côté du miroir.
L’eau est chaude. La drogue rouge coule directement dans la plus grosse seringue. Elle est pleine à ras bord. Délicatement, l’aiguille d’argent pénètre dans ma veine. Mon pouce appuie. Un feu d’artifice remplit ma tête.
Et tout s’arrête.
Enfin.
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Alors, quelques tous petits détails : "courS du temps", "aux yeux d'émeraude".
C'est original de traiter le sujet de cette manière, mais... je n'ai strictement rien compris à la fin. Donc, primo, tu peux m'l'expliquer ? :P Et deuzio, je crois que tu vas trop vite... le tyran, tout ça... il faudrait éclaircir un peu, développer ici et là pour que ça n'arrive pas comme un cheveu sur la soupe. Mais explique-moi, que je comprenne quelque chose...
Ah, et sinon, j'aime bien le côté haché ;)
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et bien Lo, à la fin, le perso se suicide d'une overdose, car il a compris que sa rébellion était inutile, tout en sachant qu'il était trop déterminé pour renoncer.
Sinon, moi aussi, c'est la partie de la rencontre que j'aime le moins, mais j'ai beaucoup réfléchi, et à chaque fois que je rallongeais, ça devenait trop long, ou trop lent, ou plus assez "rouge" si tu vois ce que je veux dire...
Donc j'ai laissé tel quel, même si j'adore pas...
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moi aussi je trouve que la rencontre est un peu trop rapide et assez étrange , mais le côté mystérieux passe très bien, ça permet d'intriguer le lecteur ^^
et j'aime bien l'idée de "s'injecter" un sentiment, surtout celle de s'injecter de la colère...
et j'aime bien la fin
"Et tout s'arrête.
Enfin."
Je trouve l'effet très réussi ^^
bref, beaucoup de positif, juste le passage de la rencontre à revoir si jamais tu trouves L'Idée
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Colère ne coule plus dans mes veines, mais je ne me soumettrai pas, et jamais, je n’admirerai l’homme aux yeux d’émeraudes.
La virgule après "jamais" est je trouve mal placée.
Sinon ... très bien écrit, en quelques lignes j'étais déjà aux cotés du personnage, à suivre ses actions et ses émotions ; de ce coté là, vraiment rien à redire.
J'aime également beaucoup l'idée de la drogue "Colère", d'autant plus que tu trouves les mots juste pour la décrire. Le dialogue avec le tyran ne m'a pas du tout choquée. C'est plutôt la fin (à partir de "J’ai eu tort. Il avait tout prévu, en fait. ") que j'aime moins, qui arrive un peu trop comme ça on ne sait pas trop comment. Ce n'est pas forcément à rallonger (si c'est trop long, c'est plus une chute) mais peut-être à reformuler, jsais pas ...
Mais sinon, très bonne lecture :)
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merci kai' ! ça me va droit au coeur !
effectivement, la virgule fait vraiment bizarre, je me demande ce qu'elle fait là ! je la supprime sur le champ.