Blablabla bla bla blabla.
« Porte-elle un nom ? »
Le cerveau de Phil avait atterri là-dessus, et il n’avait pas pu s’empêcher de mettre un point d’interrogation. Bien évidemment qu’elle portait un nom. Toutes les aires d’autoroute en sont pourvues. Exactement au même titre que n’importe quel autre lieu de leur époque, d’ailleurs, époque caractérisée par ce désir d’étiquette, une pulsion plus ou moins refrénée consistant à définir absolument tout est n’importe quoi, gelant l’être et l’état dans une boite ; un mot, une sonorité, quelques caractères ainsi que des sens aux histoires profondes.
Il n’éprouva aucun besoin de s’enquérir d’une telle information, ne fut-ce par l’habitude qu’il avait du mal à contenir, celle qui le poussait encore, quelques temps auparavant, à se tenir assuré, quelle que soit la situation, que lui et son environnement entraient dans la quiétude de la définition, la droiture de l’attendu par le savoir.
« Rien à foutre de son nom. »
Avec les noms propres, ces foutus latinos n’étaient pas ramollis du bulbe, mais bien du monde se gardait de se forger un avis sur les méthodes quasi traditionnelles de choix de ceux-ci. L’invention garde sa part de poésie, et ce ne sont pas les noms-valises des saxons et autres sinos qui allaient détrôner cet élan de créativité. Non, ces derniers pays voulaient un sens accessible à leurs noms, dans une optique des plus efficaces, d’un point de vue communication. On y trouvait alors des descriptifs du genre à figurer dans des comptines pour enfant, des mots empruntés et cousus ensemble pour forger un nom et son contexte.
Au contraire, ici, Phil aurait eu à déchiffrer les délires syllabiques du patelin. Pourtant ancrés de la même manière, à ceci près que leurs références linguistiques se trouvaient obsolètes et inconnues du bataillon, les noms d'Europe sentaient comme un concert improvisé de gueules édentées, vociférant par défaut le plus ample contraste de décoctions verbales, toutes les plus abstraites les unes que les autres, qu’un conseil de jury aurait spécialement triées pour en extraire les perles qui auraient à orner les panneaux et les cartes.
« Pourquoi, au fond ? »
Phil connaissait la réponse. Il la connaissait, mais sa mauvaise foi l’avait forcé à se poser la question sur un ton ironique et acide. Il préféra penser à autre chose. Au fond, il était certain que pas une des quelques caisses de touristes garées sur le parking ne contenait de gens qui se souviendraient du nom passé trente kilomètres. D’une part parce qu’il n’y a généralement rien à raconter, en retour de vacances, à propos des aires d’autoroutes, qui ne soit déjà dit et redit. Et d’autre part, parce que celle-ci était pourvue du strict minimum réservé à la définition d’une aire, à savoir des voies d’insertion, une route, un parking, et des sanitaires. Point. Pas besoin donc de lire la publicité du panneau d’entrée pour savoir ce qu’il y aurait à choisir, le luxe d’une boutique hors de prix, d’une station d’entretien auto ou autre : il n’y avait rien, pas même de panneau de publicité.
Phil termina sa cigarette philosophique, puis reprit la route.
Je crois que la rubrique revers de plume du forum est toute indiquée pour ce genre de texte, d'après ton introduction.
« Porte-elle un nom ? »
Le cerveau de Phil avait atterri là-dessus, et il n’avait pas (je pense que le "pas" est de trop) pu s’empêcher de mettre un point d’interrogation. Bien évidemment qu’elle portait un nom (et ici, un point d'exclamation pourrait accentuer le ton (de plus, je ne suis pas fan du "bien" initial)). Toutes les aires d’autoroute en sont pourvues. Exactement au même titre que n’importe quel autre lieu de leur époque, d’ailleurs, époque caractérisée par ce désir d’étiquette, une pulsion plus ou moins réfrénée (refrénée (pas d'accent sur le premier e) consistant à définir absolument tout est n’importe quoi, gelant l’être et l’état dans une boite ; un mot, une sonorité, quelques caractères ainsi que des sens aux histoires profondes.
Il n’éprouva aucun besoin de s’enquérir d’une telle information, ne fut-ce par l’habitude qu’il avait du mal à contenir, celle qui le poussait encore, quelques temps auparavant, à se tenir assuré, quelle que soit la situation, que lui et son environnement entraient dans la quiétude de la définition, la droiture de l’attendu par le savoir. (personnellement, je trouve qu'il y a un peu trop d'adverbes et de sonorités en "ent/ant" dans ce paragraphe)
« Rien à foutre de son nom. »
Avec les noms propres, ces foutus latinos n’étaient pas ramollis du bulbe, mais bien du monde se gardait de se forger un avis sur les méthodes quasi traditionnelles de choix de ceux-ci. L’invention garde sa part de poésie, et ce ne sont pas les nom-valises (peut-être que je me trompe, mais j'aurais bien vu un "s" à "nom" aussi) des saxons et autres sinos qui allaient détrôner cet élan de créativité. Non, ces derniers pays voulaient un sens accessible à leurs noms, dans une optique des plus efficace (là, j'en suis sûr, après "des plus" signifiant "très", l'adjectif se met toujours au pluriel), d’un point de vue communication. On y trouvait alors des descriptifs du genre à figurer dans des comptines pour enfant, des mots empruntés et cousus ensemble pour forger un nom et son contexte.
Au contraire, ici, Phil aurait eu à déchiffrer les délires syllabiques du patelin. Pourtant ancrés de la même manière, à ceci près que leurs références linguistiques se trouvaient obsolètes et inconnues du bataillon, les noms d’europe (Europe (majuscule)) sentaient comme un concert improvisé de gueules édentées, vociférant par défaut le plus ample contraste de décoctions verbales, toutes les plus abstraites les unes que les autres, qu’un conseil de jury aurait spécialement trié (le COD étant placé avant l'auxiliaire avoir... on accorde : triées) pour en extraire les perles qui auraient à orner les panneaux et les cartes. (plus fluide et percutant que les deux premiers paragraphes, celui-ci est mon préféré)
« Pourquoi, au fond ? »
Phil connaissait la réponse. Il la connaissait, mais sa mauvaise foi l’avait forcé à se poser la question sur un ton ironique et acide. Il préféra penser à autre chose. Au fond, il était certain que pas une des quelques caisses de touristes garées sur le parking ne contenait de gens qui se souviendrait (les gens se souviendraiENt) du nom passé trente kilomètres. D’une part parce qu’il n’y a généralement rien à raconter, en retour de vacances, à propos des aires d’autoroutes, qui ne soit déjà dit et redit. Et d’autre part, parce que celle-ci était pourvue du strict minimum réservé à la définition d’une aire, à savoir des voies d’insertion, une route, un parking, et des sanitaires. Point. Pas besoin donc de lire la publicité du panneau d’entrée pour savoir ce qu’il y aurait à choisir, le luxe d’une boutique hors de prix, d’une station d’entretien auto ou autre : il n’y avait rien, pas même de panneau de publicité.
Phil termina sa cigarette philosophique, puis reprit la route.
Tu es un peu dur avec ton texte (ou toi-même ?).
Il ne s'agit que d'une réflexion ponctuelle. Une petite divagation sans conséquence et sans prétention.
Tu n'es pas parti assez loin, tu aurais pu développer beaucoup plus. C'est le seul reproche que je vois sur le fond.
Merci.