Le Monde de L'Écriture
Salon littéraire => Salle de lecture => Romans, nouvelles => Discussion démarrée par: holden5 le 04 Août 2013 à 15:07:43
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Clichés de Florence
Robert Langdon, prof d’histoire de l’art et de symbolologie à Harvard, est dans de beaux draps. Des draps d’hôpital pour commencer : le livre s’ouvre sur son réveil douloureux dans un hôpital de Florence. Salement blessé à la tête, amnésique, il n’a aucune idée de ce qu’il fout là, lui qui se croyait encore aux States. En plus, dès qu’il ferme les yeux et se rendort un poil, des visions macabres et mystérieuses — toujours les mêmes — viennent lui donner la chair de poule : il voit un fleuve couleur sang, des cadavres dans de drôles de positions, une belle femme aux cheveux argentés qui lui dit « Cherche et tu trouveras. »
Par chance, l’hôpital florentin compte dans son personnel une jeune docteur américaine, la belle Sienna, qui explique à Langdon qu’il est arrivé aux urgences la veille, la tête en sang, et qu’il murmurait des phrases bizarres comme « I’m sorry » et « La vérité se trouve dans les yeux de la mort. »
Langdon n’a pas trop le temps de se poser des questions : au même moment, une tueuse à gage avec des cheveux en brosse gare sa mob’ en bas de l’hôpital, et sort un gun de son sac. En plus de ça, elle lève les yeux vers la fenêtre de Langdon de façon menaçante — elle est bien informée, la bougresse (Il faut savoir qu’il y a une sorte de super-espion sur un yacht qui lui donne plein d’infos pour buter le pauvre Langdon).
Quelques instants plus tard, Langdon assiste abasourdi à l’irruption de la méchante dame tueuse dans sa chambre, mais Sienna, ouf, l’aide à s’enfuir in extremis et le conduit dans son appartement à elle…Et ce n’est que le début d’une très longue journée pour ce sacré Robert.
Si vous aimez l’action non-stop et les courses-poursuites improbables, si vous partez à Florence et n’arrivez pas à mettre la main sur le Guide du Routard 2013, si les personnages complexes et réalistes vous donnent la nausée, vous serez peut-être séduit par ce best-seller de l’été.
Ce qui est dommage :
— Un méchant qui s’appelle « Brüder ». Non mais franchement…
— Une héroïne trop parfaite avec une faiblesse un peu trop grosse : enfant prodige, belle, grande actrice shakespearienne à cinq ans, meilleure médecin de l’univers…mais atteinte d’un cancer.
Ce qui est pas trop mal :
— Contient une réflexion minimale sur les conséquences possibles de la surpopulation
— On dirait un film hollywoodien qui se lit.
— On apprend des trucs sur les tableaux du XVeme siècle et sur Dante aussi. (C’est un peu plaqué tout ça, mais ça ne fait pas de mal)
Ce qui est génial:
— Dan Brown arrive à décrire les cheveux en brosse de la méchante tueuse quand elle porte son casque de mob'.
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Lol, sympa la présentation. Sûrement meilleure que le livre. :D
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Lol, sympa la présentation. Sûrement meilleure que le livre. :D
J'avoue que j'ai bien rigolé à lire ta présentation !
(Mais pour lire des romans à la Indiana Jones, je vais en rester à Matilde Asensi, je pense... :-X)
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:) Merci. Bon, il faut que je réussisse à le lire jusqu'au bout, maintenant...
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Lol, sympa la présentation. Sûrement meilleure que le livre. :D
C'est vache, mais j'aurais aussi peur d'être déçu!
Un héros amnésique? Ils se concertent avant d'écrire les écrivains? Je viens de finir un roman avec un héro amnésique, je ne vais pas en entamer un autre!
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Ah tiens, je l'ai fini il y a quelques temps. Je pense que si tu veux lire un Dan Brown Da Vinci Code c'est quand même mieux.
Sinon, l'avantage d'Inferno c'est que ça se lit en deux-deux. Avec des chapitres très courts et des mini cliffhangers à la pelle, on enchaine les pages à vitesse grand V et ça c'est assez sympa, c'est sûr que c'est pas prise de tête. Il faut dire aussi que sinon, ce n'est pas forcément faramineux. Avec des personnages principaux plats comme des limandes dont la course effrénée est entrecoupée de notes de guide touristique (peut-être que Dan Brown a reçu une commande des villes de Florence, Venise et Istanbul ?) et des flash-back on ne peut plus artificiels, l'intrigue avance petit à petit, plus ou moins tirée par les cheveux et résolue de façon plus ou moins heureuse. On voit toutes les grosses ficelles mais bon, on savait à quoi s'attendre alors finalement c'est pas une surprise.
Sinon j'aime bien la nonchalance de Langdon à la fin. Elle fait un peu peur.
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J'ai lu trois livres de DB.
Le premier parlait d'une femme belle, sexy, haut placée qui se retrouve prise dans un complot dont l'instigateur est en fait le grand chef.
Le deuxième racontait la même chose.
Le troisième aussi, voilà...
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Je trouve ça un peu facile de critiquer... qui parmis vous a déjà écrit et publié un livre ?
:o
J'ai jamais construit de maison, mais si j'en vois une qui s'effondre quand on ouvre la porte, je me sens quand même en droit de dire qu'elle était ratée...
C'est pas la capacité à faire quelque chose qui donne ou non la capacité de l'apprécier ! ;)
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Pour un toi un bon auteur est celui qui en vend le plus ?
Pour moi celui qui en vend le plus est celui qui a la maison d'edition la plus "marketeuse". C'est triste, je manicheise Mais ça revient malheureusement à ça.
Je n'ai pas encore lu Dan Brown. Inferno m'attend mais il n'est pas en tête de ma liste. Il fait partie de ces figures de la littérature qui me laissent pantois.
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Je déteste cet argument stupide. Ce n'est pas parce qu'on n'a rien publié qu'on n'est pas capable de juger...
Bref.
En général, Dan Brown ce n'est clairement pas de la grande littérature, mais ça se laisse lire. J'ai le bouquin chez moi mais je ne l'ai pas encore commencé.
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Le marketing ne fait pas tout... si un livre est nul il se vendra peut etre tres bien au début puis ne se vendra plus. Le bouche à oreille est un outil puissant : un client ou lecteur mécontent ça en fais au final six de perdu. Donc oui les chiffre compte.
Ensuite si ce livre etait vraiment un navet, mal construit, fade, etc je pense que la maison d'édition et donc l'éditeur, ici Jason Kaufman, le lui aurait dit. Ils ont quand même un certain niveau littéraire à respecter.
Ou pas. Pour un éditeur, ce qui compte avant tout, ce sont les chiffres. Faut arrêter de vivre chez les bisounours, une maison d'édition est une entreprise comme une autre. Sinon, comment expliquer que les Marc Lévy, Higgins Clark et autre Musso nous vendent les mêmes merdes depuis des dizaines d'années ? (car en les lisant, on voit bien que c'est toujours la même histoire, ils changent juste les noms...)
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Je rejoins Kerena. Les éditeurs (enfin pas tous j'espère) voient surtout le fric qu'ils peuvent tirer d'un bouquin. Des trucs comme Twilight plaisent aux ados et ça se vend bien. Mais qu'on ne vienne pas me dire que c'est de la grande littérature... Donc si, on peut dire que c'est médiocre si ça l'est. Après ça ne t'empêche pas, toi, d'aimer, hein.
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Ce débat est certes très intéressant, mais je pense qu'il vaut mieux aller le traiter au petit salon. Merci d'en revenir au sujet et de rester courtois-es.