Voici la lettre qu'a écrite mon personnage à son petit-ami... Je vous laisse comprendre par vous-mêmes.
Le 12/05/09 dans un hôpital de Paris
Mon cher Jonathan,
Parfois je me surprends encore à me demander comment ai-je bien pu atterrir ici. Je m’assois sur le rebord de mon lit, car je ne peux pas aller plus loin à cause de tous ces fils branchés sur moi, je tourne la tête pour apercevoir quelques parcelles de verdures, aussi rares soient-elles sur Paris, et je pense. J’agrippe mes draps blancs et je pense à toutes les horreurs que tu m’as dites il y a quelques mois. Je ne pleure habituellement pas encore, mais cela va venir. Les mots passent et repassent dans mon esprit et je n’arrive pas à m’y habituer. Tout est confus et tout le sera éternellement, je le sens. Je ne sais même pas si je quitterai un jour ces draps dont je ne supporte plus ni la couleur, ni l’odeur, ni la texture. Peut-être pourrirai-je ici, gardant mon nom de jeune fille, sans aucune visite de ta part, et je n’en veux pas. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, tout ce que je sais, c’est que je ne veux pas t’y voir. Ni toi, ni ta stupide fille… même si, merveilleuse en la comparant à son père. Parfois je m’imagine dans cette robe blanche que tu m’avais promise. Dans ce monde imaginaire, je marche le long d’une allée de pétales de roses, je souris aussi, ce qui est relativement étonnant… Les regards des invités sont braqués sur moi, avec quelques larmes découlant de certains. Je me sens importante et c’est à cet instant précis que je pleure. Tout ce beau paysage se réduit en cendres et la réalité me revient. J’agrippe ces draps insupportables un peu plus à chaque fois qu’une goutte salée se détache de mon organisme pour mouiller mes vêtements. Puis je pense à toi, à tes yeux qui m’ont faite frémir auparavant. Je me dis et me répète que rien n’est de ma faute mais je ne peux m’empêcher de culpabiliser. Je n’aurais jamais dû te téléphoner, peut-être aurais-je été plus vigilante, serais-je encore en pleine possession de tous mes moyens et serions-nous encore ensemble. Mon humeur change à nouveau et cela me rappelle que tu m’aurais jetée lorsque mes premières rides seraient apparues. Donc peut-être est-ce mieux ainsi. Je peux refaire ma vie, comme une femme de quarante ans après un divorce difficile. C’est idiot, comme si tu étais tout pour moi alors que tu ne vaux plus rien et qu’au final tu n’as jamais rien valu. J’arrête enfin de penser et de souffrir, il en a fallu des étapes, puis je couche ces mots sur une feuille de papier, mots que ne liras probablement jamais. Tu aurais dû rester loin de moi comme cette lettre devrait rester blanche. Je bouche mon stylo, m’allonge dans mon lit, ferme les yeux et m’endors. Et bien tant pis.
Adieu.
Lois.