Voici le début de ma nouvelle-roman. J'ai préféré commencer par un stade avancé de l'histoire. Peut-être pour titiller l'envie du lecteur de connaître ce qu'il s'est passé.
Une jeune femme était assise dans un fauteuil roulant à fixer, depuis une chambre d’hôpital, la vie qu’elle devrait chérir. Ses poings se serraient sur les accoudoirs, l’on ne pouvait pas encore voir son visage. Ce dernier était impassible et quelques égratignures y figuraient, notamment sur ses lèvres, en dessous de ses sourcils et sur les joues, ses yeux verts avaient perdu la lumière qu’ils possédaient auparavant, elle était presque effrayante. Même ses longs cheveux roux étaient ternes… Parfois elle se faisait craquer la nuque, sans s’en rendre compte. Elle pouvait rester des heures dans cette position, l’esprit démuni de toute pensée, elle n’en avait pas conscience. Sa solitude l’accompagnait, c’était déjà ça. De temps à autres, elle avait la dangereuse impression que son cœur, littéralement broyé, cessait de battre; comme si sa vie s’arrêtait dans cette chambre d’hôpital, seule et sans rien.
« Mademoiselle Lennors ? héla une jeune infirmière responsable des visites de la jeune femme.
La demoiselle en question émit un léger mouvement de tête vers la gauche, en direction de la porte.
-Oui… ? répondit-elle de sa voix rendue fébrile par le désarroi.
-Quelqu’un est là pour vous. Il me semble que c’est votre fiancé.
La jeune femme passa une main tremblante sur son front. Elle ricanait d’un air sarcastique avant de hurler:
-DEHORS ! FOUTEZ-MOI LE CAMP ! Laissez-moi tranquille… »
L’infirmière s’exécuta en sursautant, refermant calmement la porte. Plus personne n’entra pour le moment. La jeune femme tremblait et blêmissait à une vitesse inquiétante. Personne ne croirait le personnel médical si ce dernier expliquait que c’était quotidien. Les larmes de la rouquine ruisselaient sur ses joues pâles, elle criait des prénoms, des insultes qui n’avaient pas leur place ni leur sens dans cette pièce. Le bout de ses doigts s’agitait sans qu’elle ne pût se contrôler. Tout l’hôpital profitait de ses cris de colère et de désespoir. Si elle continuait ainsi, elle allait se déchirer les poumons et les cordes vocales.
Un médecin, alarmé par les cris de sa patiente et l’inactivité de ses collègues, entra dans la chambre de la jeune femme et se précipita à ses côtés. Sans aucune douceur, il l’attrapa au-dessous de la taille pour la porter et la faire s’allonger de force dans son lit. Il lui dictait de se calmer, que tout allait bien se passer, que ce n’était pas grave… encore un incompétent sentimental. La demoiselle ne se laissait pas faire bien que seul le haut de son corps pouvait tenter de se défendre.
« Amenez-moi quelqu’un ! Qu’on l’endorme et qu’on la place en psychiatrie ! ordonna l’homme dépassé par la situation.
-LÂCHEZ-MOI ! J’ai pas besoin de vous ! Lâchez-moi ! »
Sans attendre plus de temps, le médecin injecta des calmants à la jeune femme bien trop résistante. La dose fit rapidement effet. La demoiselle se calma, son regard verdoyant devenait vitreux et figé. Avant de s’endormir, une énième larme coula le long de sa joue et elle murmura tristement:
« J’étais sa parfaite petite danseuse… »
C’était si saisissant que la plus insensible des personnes ne pourrait s’empêcher d’en être touché.
Salut !
Une jeune femme était assise dans un fauteuil roulant à fixer, depuis une chambre d’hôpital, la vie qu’elle devrait chérir.
Je trouve la phrase maladroite. J'ai du relire pour comprendre que "fixer" ne se rapportait pas au "fauteuil" mais à la femme.
Ses poings se serraient sur les accoudoirs, l’on ne pouvait pas encore voir son visage.
Je ne comprends pas le "on ne pouvait pas encore voir son visage", alors que tu le décris la phrase suivante.
Pourquoi on ne pouvait pas le voir ? Il était bandé ? Dans l'ombre ?
Ce dernier était impassible et quelques égratignures y figuraient, notamment sur ses lèvres, en dessous de ses sourcils et sur les joues, ses yeux verts avaient perdu la lumière qu’ils possédaient auparavant, elle était presque effrayante. Même ses longs cheveux roux étaient ternes… Parfois elle se faisait craquer la nuque, sans s’en rendre compte. Elle pouvait rester des heures dans cette position, l’esprit démuni de toute pensée, elle n’en avait pas conscience. Sa solitude l’accompagnait, c’était déjà ça. De temps à autres, elle avait la dangereuse impression que son cœur, littéralement broyé, cessait de battre; comme si sa vie s’arrêtait dans cette chambre d’hôpital, seule et sans rien.
J'aime bien cette description, elle est poignante.
« Mademoiselle Lennors ? héla une jeune infirmière responsable des visites de la jeune femme.
La demoiselle en question émit un léger mouvement de tête vers la gauche, en direction de la porte.
-Oui… ? répondit-elle de sa voix rendue fébrile par le désarroi.
-Quelqu’un est là pour vous. Il me semble que c’est votre fiancé.
La jeune femme passa une main tremblante sur son front. Elle ricanait d’un air sarcastique avant de hurler:
-DEHORS ! FOUTEZ-MOI LE CAMP ! Laissez-moi tranquille… »
Pour la forme, le dialogue commence par un tiret long (—) suivi d'un espace. Et je crois qu'on ferme les guillemets avant une phrase de description indépendante ("La jeune femme poussa...hurler").
L’infirmière s’exécuta en sursautant, refermant calmement la porte. Plus personne n’entra pour le moment. La jeune femme tremblait et blêmissait à une vitesse inquiétante. Personne ne croirait le personnel médical si ce dernier expliquait que c’était quotidien. Les larmes de la rouquine ruisselaient sur ses joues pâles, elle criait des prénoms, des insultes qui n’avaient pas leur place ni leur sens dans cette pièce. Le bout de ses doigts s’agitait sans qu’elle ne pût se contrôler. Tout l’hôpital profitait de ses cris de colère et de désespoir. Si elle continuait ainsi, elle allait se déchirer les poumons et les cordes vocales.
Le "pour le moment" me gêne dans un texte au passé. Je verrais plutôt "pendant un moment".
Sinon, on ressent bien son désarroi.
Un médecin, alarmé par les cris de sa patiente et l’inactivité de ses collègues, entra dans la chambre de la jeune femme et se précipita à ses côtés. Sans aucune douceur, il l’attrapa au-dessous de la taille pour la porter et la faire s’allonger de force dans son lit. Il lui dictait de se calmer, que tout allait bien se passer, que ce n’était pas grave… encore un incompétent sentimental. La demoiselle ne se laissait pas faire bien que seul le haut de son corps pouvait tenter de se défendre.
Je ne suis pas médecin (même si j'ai déjà bossé comme brancardier dans ma jeunesse), mais j'ai du mal à me représenter un médecin saisir une femme "en dessous de la taille" alors qu'elle est assise dans un fauteuil et qu'elle se débat. Je le verrai plutôt la saisir sous les aisselles. A moins que le médecin ne soit Schwarzy (dans ses jeunes années, bien sûr).
« Amenez-moi quelqu’un ! Qu’on l’endorme et qu’on la place en psychiatrie ! ordonna l’homme dépassé par la situation.
-LÂCHEZ-MOI ! J’ai pas besoin de vous ! Lâchez-moi ! »
Pourquoi le médecin veut qu'on lui "amène" quelqu'un ? Il ne devrait pas se contenter de "faire venir" de l'aide, ou "faire appeler" quelqu'un ?
"Amener" me fait penser qu'on va lui apporter ce quelqu'un dans un autre fauteuil roulant, si tu comprends ce que je veux dire.
Sans attendre plus de temps, le médecin injecta des calmants à la jeune femme bien trop résistante. La dose fit rapidement effet. La demoiselle se calma, son regard verdoyant devenait vitreux et figé. Avant de s’endormir, une énième larme coula le long de sa joue et elle murmura tristement:
Le médecin demande à ce qu'on endorme la patiente, mais il s'occupe déjà de lui administrer de puissants calmants (qui l'endorment apparemment) ? Les deux choses sont contradictoires.
« J’étais sa parfaite petite danseuse… »
Voilà qui attise la curiosité !
C’était si saisissant que la plus insensible des personnes ne pourrait s’empêcher d’en être touché.
Alors cette précision est totalement inutile.
Tu ne dois pas le dire, mais le faire ressentir. C'est le lecteur qui doit penser ça. Si tu te sens obligé de le dire toi-même, c'est que tu n'es pas assez confiant des sentiments que tu génères avec ton texte.
Je pense que ton texte serait plus fort si tu terminais par le murmure de la femme.
Ohayo !
Une jeune femme était assise dans un fauteuil roulant à fixer, depuis une chambre d’hôpital, la vie qu’elle devrait chérir. Ses poings se serraient sur les accoudoirs, l’on ne pouvait pas encore voir son visage.
Là, juste comme ça, je m'imagine Marion Cotillard dans De rouille et d'os.
Ce dernier était impassible et quelques égratignures y figuraient, notamment sur ses lèvres, en dessous de ses sourcils et sur les joues, ses yeux verts avaient perdu la lumière qu’ils possédaient auparavant, elle était presque effrayante.
Des égratignures dans le visage c'est assez parlant, pas besoin de préciser.
Evite les "presque" dans les descriptions, un truc est effrayant ou ne l'est pas, s'il l'est mais pas tant que ça, rien ne t'empêche d'utiliser un mot moins fort.
De temps à autres, elle avait la dangereuse impression que son cœur, littéralement broyé, cessait de battre; comme si sa vie s’arrêtait dans cette chambre d’hôpital, seule et sans rien.
Le littéralement broyé n'apporte aucune information qu'on ne puisse deviner tout seul, on comprends bien qu'elle est mal là.
Tu pourrais donner plus d'impact à sa solitude en jouant sur le rythme. Genre : chambre d'hopital. Seule.
-Oui… ? répondit-elle de sa voix rendue fébrile par le désarroi
Là encore, pas besoin de préciser, on le devine bien.
-DEHORS ! FOUTEZ-MOI LE CAMP ! Laissez-moi tranquille… »
Definitely Marion Cotillard dans De rouille et d'os :D
L’infirmière s’exécuta en sursautant, refermant calmement la porte.
Mmmm pas fan...
On ne peut pas s'executer en sursautant, sursauter puis s'exécuter, oui.
Et puis si elle est si surprise, ça m'étonne qu'elle referme calmement la porte, doucement serait plus adéquat.
Les larmes de la rouquine ruisselaient sur ses joues pâles
Rousse, rouquine c'est familier.
Si elle continuait ainsi, elle allait se déchirer les poumons et les cordes vocales.
Show, don't tell.
C’était si saisissant que la plus insensible des personnes ne pourrait s’empêcher d’en être touché.
Pareil, montre nous la réaction du médecin face à cette réplique, ne nous dit pas "oueh c'était tellement triste que même Sade il verserait une larme".
Voilà, sinon, pour répondre à ta question, oui j'aimerai bien lire la suite, je veux savoir ce qui lui est arrivé (même si je m'en doute un peu...)
Au plais'