Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: jake07 le 25 juillet 2013 à 03:47:14
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L'envie de hurler, là, maintenant. Impossible, évidemment, en tout cas pas en l'écrivant. Si ce n'est un manque d'inspiration certain lorsqu'il s'agit de me poser quelques minutes pour tenter d'entamer un récit, je crois que le temps de latence entre le début et la fin d'un texte est ce qui me freine le plus. Alors je chope ma guitare, et bim, bam, boum.
Pas besoin de réfléchir, je me laisse simplement aller. Les notes résonnent, les accords claquent. Dix minutes ou une demi-heure, peu importe c'est à ma convenance et l'effet, à chaque fois, est immédiat. Aucune attente entre l'instant je frappe une corde et l'instant ou le son fait résonner mes tympans. Pourtant, j'aimerais écrire. De longues histoires, qui parleraient d'un tas de choses que j'ai sur le cœur à longueur de journée, à longueur d'années.
Pas un jour sans que j'y pense, mais jamais je n'arrive à commencer sérieusement. Au point que j'en suis réduit à écrire ces quelques lignes sans calculer, sans réflexion, car c'est tout ce que j'arrive à produire. Je laisse les mots s'enfuir puisqu'il n'y a qu'ainsi qu'ils y arrivent. Une dizaine de lignes et déjà je sens le soufflet retomber. Suis-je donc si vide ? Ai-je si peu à raconter qu'en cinq minutes à peine mes doigts ralentissent et les mots se cachent ?
Quand je me prends à rêver éveillé, j'imagine pourtant des choses, des choses qu'il me plairait de développer, d'écrire pendant des heures, de travailler pendant des semaines. Les idées naissent, me tourmentent ou me fascinent, je les imagine achevées, je me dis que je vais commencer, et je les laisse là. Elles finissent par fermenter, manquant d'air et de mouvement, crevées.
Les unes après les autres, jour après jour, formant le limon puant de mon imagination. Cimetière des éléphants, mes éléphants, dont l'odeur âcre me prend chaque fois un peu plus les narines et me soulève le cœur à mesure que j'en constate l'étendue croissante. Mortes-nées, mes idées n'auront jamais la chance d'un essai, fut-il navrant et inconsistant, et leurs cadavres blafards me fixent à chaque fois que j'y pense. Momifiées, dévitalisées, et immobiles. Je sais déjà que pour les plus anciennes, un effleurement les achèverait, elles tomberaient en poussière et n'auraient plus aucune espèce d'utilité ni ce seraient plus source d'aucune espèce d'inspiration. Alors je les laisse dans les limbes, gigantesque tombeau qu'aucune malédiction ne protège, qu'aucune intrusion ne menace.
Je vous laisse là, défuntes folies, fleurs du passé. Je vous laisse là, vous qui sombrez,
dans le cimetière des éléphants.
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Un texte assez touchant, noir. La souffrance de la créativité bloquée est bien ressentie.
On a envie de dire à cet auteur : marie tes deux arts, écris tes chansons ! Paroles et musique chasseront les cadavres.
Sur la forme, je te conseille d'aérer en allant à la ligne, plusieurs paragraphes.
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salut,
Alors je chope ma guitare
pourquoi choper sa propre guitare?
les accords claquent
riment peut être!
qui parleraient
qui raconteraient!
les mots se cachent
et ma mémoire se tarit!
Elles finissent par fermenter, manquant d'air et de mouvement, crevées.
Elles finissent par fermenter, par pourrir, manquant d'air et de mouvement, elles crèvent.
l'odeur âcre me prend chaque fois
l'odeur putride me prend chaque fois!
Je vous laisse là, défuntes folies, fleurs du passé. Je vous laisse là, vous qui sombrez
Je vous laisse là, momies ensevelies, souveraies du passé. Je vous laisse là, vous qui sombrez!
Si ton personnage souffre d'inspiration ce qui est étonnant vu les métaphores et les idées qu'il dédaigne, son texte par contre, inspire beaucoup. Il faut juste le secouer pour l'aérer et lui enlever le moisi du sarcophage.
Au plaisir.
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Sans vouloir être vexante Babataher, je préfère le texte original de Jake07, sans les modifications que tu voudrais y apporter. Les mots qu'il a utilisé au début, je trouve que ça fait plus sincère, que ça colle mieux au personnage qui parle. Après c'est à l'auteur lui-même de voir ce qu'il préfère. Je trouve que dans ce texte on sent bien la frustration du personnage, ses sentiments devant ces mots "qui se cachent". Moi je dis beau travail :)
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salut,
Je ne vois pas pourquoi ton commentaire serait vexant(e).
L'auteur l'a écrit pour nous demander notre avis. J'ai donné, selon ma lecture, le mien. C'est tout.
C'est à lui de juger. Nous sommes là pour apprendre les uns des autres.
Au plaisir.
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Un beau texte, de ceux qui nous font sentir bien, moins proches de la solitude.
Un texte qui respire la vérité, la sincérité.
Un de ces textes qui, par la frustration, apporte l'apaisement.
Merci...
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Déjà merci d'avoir lu ;D Pour vous répondre un peu,
Lordius : ouaip, en fait j'écris de la musique, mais sans paroles. Je ne me vois pas écrire des chansons, ça ne m'intéresse pas (même si j'adore écouter des chansons), et je n'y arriverais même pas. J'aimerais faire une espèce de mélange musique-texte, comme on peut trouver chez certains groupes qui utilisent des samples, enfin je me dirige vers ça. J'aime écrire des bribes, même si j'aimerais écrire une vraie nouvelle voire un roman un jour (je désespère pas) et que parfois j'écris court par défaut, d'autres fois je le fais parce que j'aime bien. La musique à un potentiel dramatique qui me plait.
Babataher : est-ce que ta première remarque est une blague salace ? :mrgreen: Si c'est pas le cas j'ai pas capté haha. Pour la forme, c'est vrai que je galère à aérer. J'écris une brique et quand c'est finit j'essaie d'aérer un peu mais pas assez, faudrait que j'y pense plus sur le moment.
Timiddo et Murphy, je suis content qu'il vous ait plu. La frustration, ouaip, c'est ça.
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Bonjour
D'ou-tu me connais toi? :o Comment as-tu savoir aussi bien se qui m'arrive si souvent? Ma tête est un cimetière d'histoires morte-nées.
Donc, je l'ai lu d'une traite sans respirer, abasourdi...et admiratif. Bravo
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un petit texte (par la taille) bien poignant comme il faut, nul doute qu'il touche certainement beaucoup d'entre nous. Merci.
Moi je me méfie de ces grandes idées qui me paraissent extras. Elles peuvent être un peu trop imposantes, les bougresses, inhibantes, à m'en décourager de m'y mettre.
Puis faut pas les regretter, tant qu'elles n'ont pas passé l'épreuve du papier, on sait pas ce qu'elles ont dans le bide. Alors chassons ces fantomes qui ricanent, à chaque fois qu'on se met au clavier, l'air de dire "alors mon coco tu penses me faire croire que cette fois tu vas tu vas faire sortir quelque chose, hein ?"
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Pareil que mes prédécesseurs (sauf Babataher lol), joli texte, plein de belles images.
Juste une question : c'est voulu le retour chariot dans la dernière phrase :\? ?