Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Linu le 23 Juillet 2013 à 15:38:03
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Ben voila, c'était moi, et personne n'a deviné je crois :P
Mes deux seules contraintes auto-imposées ici étaient des phrases courtes (d'habitude, je m'étends un peu trop, c'était un bon exercice), limitées au nombre de 60 (une pour chaque seconde de cette "dernière minute").
1er jet :
Des larmes derrière la fenêtre. Là dehors le tonnerre gronde. Il pleut à l’intérieur aussi. Ses joues sont couvertes de pluie. Le ciel pleure et elle aussi. Ses pas résonnent sur le plancher. Talons hauts sur bois vieilli. Elle se rapproche de la vitre. Rayons de lune sur son minois. Ses mains effacent les pleurs, à défaut d’effacer la peine. Le sol est jonché de papiers. Des dessins au feutre, au fusain. Sous ses vêtements, un sofa est caché. Et en surface, les souvenirs s’attardent. Pas moyen de les enfouir, pas question de les fuir. Il est parti. La tristesse déborde. Comme la rivière, il y a deux ans. Le salon sous les eaux. Elle et lui, bottes et seaux. Ce jour-là, leur maison a souffert. Une inondation, ça vous détruit un monde. Les meubles ont flanché. Les tissus se sont noyés. J’ai connu un arrêt momentané. Mais pas eux. Eux, ils étaient deux. Ils ont continué. Comme cette fois où le tapis a pris feu. Une bougie, une maladresse. Colère dans l’âme. Mais elle a fait mourir les flammes. Et l’incendie disparu, son ire s’est tue. Elle s’approche de la cheminée. Des photos la toisent. Spectres d’un passé heureux. Dorénavant, ne reste plus que le présent. Qui accouchera d’un futur gâché. Sans lui, elle n’en veut pas. Ephémères de vie, papier glacé. Son premier fou rire. Ses premiers pas. Les moments joyeux sont trop courts. La douleur s’installe au long cours. Je suis là pour le rappeler. Elle se retourne. Me regarde. Ne veut plus m’entendre. Pourtant le silence est impossible. Ses yeux à la fois vides et pleins. Vides d’espoir. Plein de chagrin. Elle s’approche de moi. Lentement, fantôme de vie. Je crains le pire, et le pire arrive. Elle brise mon cadran. Arrache mes aiguilles. Maltraite mon pendule. Elle veut détruire sa peine. Alors, elle détruit le temps.
Version 2, en tâchant de suivre vos conseils :-[
Dernière minute
Des larmes derrière la fenêtre. Là dehors le tonnerre gronde. Il pleut aussi à l’intérieur. Ses joues sont couvertes d’eau. Le ciel sanglote et elle l’accompagne. Ses pas résonnent sur le plancher. Talons hauts sur bois vieilli. Elle se rapproche de la fenêtre. Rayons de lune sur son minois. Ses mains effacent les pleurs, à défaut d’effacer la peine. Le sol est jonché de feuilles mortes. Une collection de dessins au feutre, au fusain. Un sofa se dissimule sous des vêtements d’enfant. En surface, les souvenirs s’attardent. Elle voudrait pouvoir les enfouir ou les fuir : en vain. Il n’est plus là. Et la tristesse déborde. Comme la rivière, il y a deux ans. Le salon sous les eaux. Elle et lui, bottes et seaux. Ce jour-là, leur maison a souffert. Une inondation, ça vous détruit un monde. Les meubles se sont noyés. Les tissus ont été meurtris. J’ai connu un arrêt provisoire. Mais pas eux. Eux, ils étaient deux. Ils ont poursuivi leur route, sans interruption. Comme cette fois où le tapis a pris feu. Une bougie, une maladresse. Son âme était colère. Mais d’une couverture humide, elle a fait mourir les flammes. Et l’incendie disparu, son courroux s’est éteint. Elle s’approche de la cheminée. Des photos la toisent. Spectres d’un passé heureux. Désormais, seul le présent demeure. Il accouchera d’un avenir stérile. Elle n’en veut pas, de ce futur. Ephémères de vie sur papier glacé. Son premier fou rire, ses premiers pas. Il est parti. Les moments joyeux sont trop courts. La douleur, quant à elle, s’est installée pour de bon, durable, éternelle. Je suis là pour le rappeler. Elle se retourne. Me regarde. Elle ne veut plus m’entendre. Pourtant le silence m’est impossible. Ses yeux à la fois vides et pleins. Vides d’espoir. Plein de chagrin. Elle s’approche de moi, accusatrice. Lentement, fantôme de vie. Je crains le pire, et le pire arrive. Elle brise mon cadran. Arrache mes aiguilles. Maltraite mon pendule. Elle veut détruire sa peine. Alors, elle détruit le temps.
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Salut !
Je savais pas trop quoi dire mais comme je vois que tu n'as pas de réponse je vais essayer...
Bon en fait j'ai pas spécialement accroché. Pas que j'ai trouvé ça mauvais ou autre, juste que ça m'a pas trop parlé, et ça m'a paru un peu obscur. Trop court pour s'attacher peut-être... Du coup je sais pas quoi dire, ça se lit bien...
Voilà :-[
En plus comme je connais aps ce que tu écris d'habitude ça m'aide pas ^^
Bonne continuation !
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Salut
J'ai beaucoup aimé et je tire mon chapeau pour la contrainte...
Juste un ou deux truc :
Pas moyen de les enfouir, pas question de les fuir.
Je sais pas pourquoi, je trouve que ça ne sonne pas très bien.
La tristesse déborde.
Comme la rivière, il y a deux ans.
J'ai trouvé étrange le reour à la ligne
Par contre l'idée est très chouette
son ire
Ire ça fait hyper précieux quand même
Elle veut détruire sa peine. Alors, elle détruit le temps.
Juste waaaah :coeur: :coeur:
J'ai beaucoup aimé le rythme saccadé, ça mùarche bien je trouve. Pis ça donne un coté très poétique.
Bravo pour ce texte
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J'ai bien aimé les deux dernières phrases, la chute. Mais après, j'avoue que j'ai pas trop trop accroché au texte :-[ L'idée des 60 phrases pour faire la dernière minute, je trouve ça chouette, mais pas très justifié dans le texte. Je veux dire que si tu l'avais pas dit, je l'aurais pas remarqué, j'aurais même pas pensé à regarder le texte sous cet angle, parce que finalement, ce qui est mis en avant c'est la tristesse plus que la thématique du temps. Du coup voilà, je suis pas trop trop rentrée dans le texte, je l'ai pas trouvé assez insolite, je crois, par rapport à l'idée de départ :-X
Et au niveau du rythme, j'ai eu du mal avec le premier paragraphe :
Des larmes derrière la fenêtre. Là dehors le tonnerre gronde. Il pleut à l’intérieur aussi. Ses joues sont couvertes de pluie. Le ciel pleure et elle aussi. Ses pas résonnent sur le plancher. Talons hauts sur bois vieilli. Elle se rapproche de la vitre. Rayons de lune sur son minois. Ses mains effacent les pleurs, à défaut d’effacer la peine. Le sol est jonché de papiers. Des dessins au feutre, au fusain.
Les phrases font presque toutes le même nombre de syllabes, avec le même rythme. Du coup, j'ai eu une impression de répétition, un peu lassante. Par la suite ça va mieux : ça reste des phrases courtes mais il y a un rythme qui s'instaure. Là pour le début, j'ai trouvé ça trop répétitif...
Voilà, désolée, c'est juste un avis, hein... :-[
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Merci pour vos avis, tous :-[ (si ma chute est efficace, c'est déjà beaucoup ^^)
@Baptiste : il ne devrait pas y avoir de retour à la ligne, j'ai fait une erreur en copiant-collant ! Le texte est d'un seul bloc.
"Pas moyen de les enfouir, pas question de les fuir" : je pense que la rime est trop pregnante, du coup après une Nième relecture, je trouve aussi que ça ne sonne pas top.
@Milora : en fait, la thématique du temps se retrouve dans les souvenirs, le temps qui passe mais qui n'efface rien, le contraste entre passé - joyeux - et présent mélancolique, et... par le fait que le personnage qui raconte est la pendule du salon ;) mais il est vrai que je n'ai pas non plus trop poussé la personnification. Ce n'était pas vraiment mon objectif.
Pour les contraintes il est clair qu'on ne s'amuse pas - côté lecteur - à compter le nombre de phrases ! Mais en l'occurrence je l'ai juste signalée parce que ça m'a amusé d'écrire un texte aussi ramassé et saccadé. En terme de rythme, je pense que l'absence totale de virgule dans les premières phrases doit faire ressortir le côté "lassant" que tu as ressenti :-[ je tâcherai de modifier ça.
Et en plus ce post a été lu 42 fois. Donc vous perdez, forcément. :huhu:
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Là dehors le tonnerre gronde
Virgule à dehors ? D'ailleurs, le là est-il vraiment nécessaire ?
Je trouve que les phrases sont trop courtes, du coup, ça nous sort tout le temps de l'ambiance qu'il faudrait un peu lourde, mélancolique. Certaines phrases en viennent jeter et ça en brise le sens.
En fait je suis assez d'accord avec Ambriel.
Mais quelques phrases sont plutôt réussies, je ne les ai pas relevées.
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Salut, moi c'est un de mes préférés ^^
J'ai bien senti la mélancolie, beaucoup de phrases qui résonnent bien, un étrange sentiment, comme si chaque petits morceaux avait un double sens. Je sais pas trop rentrer dans les détails, donc je te donne juste mon ressenti sur le texte hein ^^. Et la fin, oui, mention spéciale, vraiment, superbe ! ;D Idem pour le toute première phrase.
Voilou, j'ai aimé, merci !
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Coucou !
Alors, l'idée des soixante phrases, pourquoi pas, même si je ne l'aurais pas deviné sans que tu le dises. Par contre, les phrases courtes, ça laisse pas le temps de connaître le personnage et ses sentiments. Là on a l'impression d'aborder une tempête où tout va dans tous les sens, sans direction précise.
Du coup, bah j'ai pas bien accroché non plus :-[
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La douleur s’installe au long cours.
J'ai pas trop saisi cette phrase ???
Sinon chapeau pour la contrainte, tu t'en sors avec une belle prose, je t'avoues que je suis aussi mitigé, j'adore la fin qui est juste géniale, mais le deroulement avec inondation/incendie j'ai pas réussi à suivre ou accrocher, ca reste un peu chaotique, des phrases trop hachées, tu pourrais peut etre te défaire de la contrainte de 6 mots en une pharse, qui rend une impression un peu monotone dans le milieu, pas pour rallonger enormement les phrases, mais un chti peu les faire plus complètent, parce que pour le coup peut etre que les phrases courtes rendent pas justice à la mise en place... Ca reste un bon texte, mais améliorable je pense -ce qui en ferait un superbe texte-! (désolé de pas pouvoir t'aider plus :( )
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Vous inventez de ces truc, sérieux :P
Je suis assez d'accord avec les autres, l'idée est sympa mais le fait que faire que des phrases courtes me laisse sceptique. Chaque seconde ne se vaut pas, je crois. Du coup, je pense que tu pourrais quand même allonger certaines de tes phrases. Pour créer plus de rythme.
Là dehors le tonnerre gronde. Il pleut à l’intérieur aussi.
mettre "aussi" avant 'à l'intérieur" me semble plus agréable rythmiquement parlant
Ses joues sont couvertes de pluie. Le ciel pleure et elle aussi.
Non. Tu fais des phrases courtes, soit, mais ne mets pas les mêmes mots. Pluie, pleure, pleut et deux fois "aussi", tu lasses ton lecteur
Les meubles ont flanché. Les tissus se sont noyés. J’ai connu un arrêt momentané.
hiiiiii
les rimes en "é" c'est la plaie des poèmes en prose, à éviter comme la peste !
Mais pas eux. Eux, ils étaient deux. Ils ont continué. Comme cette fois où le tapis a pris feu. Une bougie, une maladresse. Colère dans l’âme. Mais elle a fait mourir les flammes.
un peu de la même façon, je trouve assez maladroit de vouloir à tout prix avoir des rimes dans un poème en prose. Y EN A PAS BESOIN. Désolée pour les majuscules mais ça gonfle au bout d'un moment et il fait très lourd dehors aujourd'hui. Bref, t'as pas besoin de ça, tu fais de la prose pas de la poésie versifiée.
Et l’incendie disparu, son ire s’est tue.
pas convaincue de l'emploi de ce mot ancien, il fait un peu tache dans le paysage, je trouve
Les moments joyeux sont trop courts. La douleur s’installe au long cours.
nan mais juste non quoi
Je suis contente que t'aies fait un poème en prose et globalement, il m'a pas déplu. Mais, pour moi, il reste quelques maladresses, maladresses qui expliquent sûrement le fait que d'autres n'aient pas du tout réussi à accrocher. J'ai essayé de t'indiquer ce que je ferais à ta place comme changements (que tu es tout à fait libre de ne pas suivre) ; je pense que ça peut donner quelque chose de très bien si tu le corriges un peu ^^
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Voila, corrections effectuées :-[ (j'ai tout mis dans le 1er post)
Vous me direz ce que vous en pensez !
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Bon, j'accroche pas du tout sur cette succession de phrases courtes. La lecture a été un vrai calvaire. J'ai tenu à aller au bout, malgré tout, faut dire que c'est pas très long. Si j'admire l'exercice de style, je ne suis pas fan du résultat. J'ai l'impression de m'essouffler (même si j'ai lu dans ma tête) et du coup je perds rapidement le fil.
Comme cela a été dit, les secondes ne se valent pas. Les phrases non plus, à mon sens. Certaines, plus descriptives, pourraient être plus longues sans pour autant nuire au texte.
Sur la forme, donc, je n'aime pas. Ce qui est dommage, car le fond et nettement plus intéressant et poétique. Et triste aussi. C'est le deuxième texte triste que je lis dans la foulée, mais le tien m'a quand même un peu plus touché, bien que ça ne soit pas du tout mon état d'esprit aujourd'hui.
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Je remonte, même s'il y a peu de chances que tu repasses par là u_u
Mon avis depuis que j'ai commenté la première fois il y a longtemps n'a globalement pas changé et se rapproche de celui des autres commentateurs : de belles phrases, d'autres plus laborieuses et surtout un certain nombre sont à allonger. La succession de phrase très courtes est vraiment nuisible, je trouve.
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Oh, c'était pour l'AT avec l'image de Dixit ça, non ?
J'ai trouvé que c'était vraiment plein de très belles images. Et que même au niveau de l'écriture, c'est bien écrit, y'a pas un mot de trop. Ce qui me chiffonne, c'est le format : un gros bloc... C'est trop dommage. Comme il y a pas de sens "narratif" dedans, limite je le verrais bien sous forme de poème (vers libres ou prose), mais plus espacé, quoi. Laisse nous le temps de respirer et d'apprécier les images : D
Edit : ah ben oui ben on est en poésie *abrutie*. Ça manque d'assumage pour moi, alors :/ pourquoi un gros bloc ? : p
Mais chapeau, sinon. J'aime vraiment ce genre d'ambiance. Très mélancolique, et tout.
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Wahou, c'est magnifique, bravo.
J'ai adoré le rythme, le son.
La lecture de Baptiste sur le Mumble fut génial :)