Je pense que c'est la bonne section, au pire on déplacera.
Avec Deuxième sexe, Mémoires d'une jeune fille rangée est sans doute l'oeuvre la plus connue de Simone de Beauvoir. Elle y raconte son enfance jusqu'à ses vingt-et-un ans, le cheminement qui l'a poussée à passer l'agrégation et à rejeter l'héritage de ses parents - voire qui l'a menée au féminisme, même si le livre n'aborde pas cette partie.
Et je dois dire que c'est plutôt bien raconté. Bien écrit, peut-être quelques longueurs sur la dernière partie du livre mais personnellement j'ai bien accroché. Évidemment, il ne faut pas s'attendre à de gros rebondissements, même si à sa manière, Simone de Beauvoir sait en amener. Il faut aussi pouvoir bien retenir les noms parce qu'il y en a pas mal.
La première page (édition folio):
"Je suis née à quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. Sur les photos de famille prises l'été suivant, on voit de jeunes dames en robes longues, aux chapeaux empanachés de plumes d'autruche, des messieurs coiffés de canotiers et de panamas qui sourient à un bébé : ce sont mes parents, mon grand-père, des oncles, des tantes, et c'est moi. Mon père avait avait trente ans, ma mère vingt et un, et j'étais leur premier enfant. Je tourne une page de l'album ; maman tient dans ses bras un bébé qui n'est pas moi ; je porte une jupe plissée, un béret, j'ai deux ans et demi, et ma sœur vient de naître. J'en fus, paraît-il, jalouse, mais pendant peu de temps. Aussi loin que je me souvienne, j'étais fière d'être l'aînée, la première. Déguisée en chaperon rouge, portant dans mon panier galette et pot de beurre, je me sentais plus intéressante qu'un nourrisson cloué dans son berceau. J'avais une petite sœur : ce poupon ne m'avait pas."