Le Monde de L'Écriture
Salon littéraire => Salle de débats et réflexions sur l'écriture => Discussion démarrée par: Cauzart le 06 Juillet 2013 à 20:07:57
-
J'ai pas trouvé de sujet correspondant, je me permet de le poster ici.
Parlons de la mort, l'influence de la mort par rapport à l'écriture.
Peut-on écrire sans avoir un peu de mort dans un coin de conscience ou d'inconscience ?
Est-ce pour une recherche d'immortalité que nous écrivons ?
Pour dompter la mort ? La peur de mourir ?
Cette main froide est souvent sur l'épaule des poètes et des auteurs.
Est-ce systématique ?
C'est quoi votre rapport à la mort ?
-
:o
Ah, j'aurais jamais pensé à établir un lien entre l'écriture et l'idée de la mort, j'avoue ! :D Je crois pas que ça soit relié (du moins chez moi) ^ ^
Est-ce pour une recherche d'immortalité que nous écrivons ?
Pour dompter la mort ? La peur de mourir ?
Euh, non, pas du tout...
Enfin bon, je ne parle que pour moi, bien sûr...
-
Jamais, vraiment ?
Pour moi, elle a toujours été là ^^
Et on la retrouve dans beaucoup de texte...
Il n'y a pas de règles, bien sûr, mais la Mort tout de même, enfin... La mort !
-
J'ai fait une nouvelle (non finie) sur la mort. Mais contrairement à ce que tu dis, je n'ai pas peur d'elle. Justement, dans mes textes je la met au centre. Je ne peux m’empêcher de rabâcher les mêmes choses : L'homme n'est pas bon et la mort n'est pas mauvaise.
Pour ma part, la mort est donc profondément ancrée dans mes pensées. (Ayant, en plus, étudié Épicure au cours de l'année écoulée, je n'ai pu que me rendre compte que mon avis est très proche du sien.)
Je ressens l'envie, voir le besoin, d'écrire sur la mort pour mieux la comprendre et je souhaite que grâce à (ou à cause de) mes textes les gens se rendent compte qu'avoir peur de la mort n'est, au final, qu'un empoisonnement de la vie que l'on a. Vivre en ayant peur de la mort, ce n'est plus vivre.
A l'inverse, la vie aussi est au centre des pensées d'un écrivain car écrire c'est faire vivre les mots, les personnages, les paysages,... . Je pense donc (vu que tu demandes) que la vie et la mort sont deux concepts présent à l'esprit d'un grand nombre d'écrivain passés, présents et à venir.
Qu'elle en est son influence ?
Chacun détermine à quel degré il souhaite être imprégné d'une idée, d'un concept. Tu peux partir dans l'optique d'écrire sur la mort, pour la mort (ou la vie). Ou tout simplement te retrouver malgré toi à phraser sur ce concept. L'influence se choisie et se subie contrairement à ce que l'on peut penser.
Tout ceci n'est que mon humble avis, il peut vous paraître faux ou vrai mais ce n'est pas cela qui importe.
-
Je suis tout à fait d'accord avec toi Ludo. Quand on écrit, on parle de la vie et comme la mort est à priori son point final, on parle aussi forcément de la mort, parlant de la vie.
Quand je parle de peur de la mort, je ne penses pas qu'il faut en avoir peur. Il faut, comme tu dis, se débarrasser de cette peur. Et écrire aide à comprendre la mort, l'appréhender. Et si on recherche tant à l'appréhender, n'est-ce pas que quelque part, nous en avons peur ? Celui qui n'a vraiment aucune peur face à la mort, est un Homme libre. L'écrivain cherche aussi la liberté à travers son écriture (peut-être pas tous, mais la plus part tout de même) et pour être complètement libre, il faut avoir vaincu la mort.
Mais qui est prêt, à mourir demain ? Le sommes nous seulement un jour ?
Ecrire, c'est aussi être en-dehors du monde. C'est être seul. On est seul face à une page pendant que d'autres font la fête, ou passent le temps devant la télé. Ecrire, c'est aussi mourir, je pense.
-
Ne pas être prêt à mourir ne signifie pas que l'on a peur. On ne peut rien face à la mort, ce n'est pas une absence de peur ou non qui nous fait écrire sur la mort, c'est la résignation. Tout homme doit être résigné à mourir car tout homme ne peut y réchapper.
L'écriture n’empêche pas les fêtes :mrgreen:
Blague à part. Les questions de ce qu'est un écrivain, quel rapport il entretient avec l'écriture et d'autres sont des questions qui ne trouveront surement jamais de réponses. D'une part, parce que tous les écrivains n'écrivent pas dans le même but. D'autres part, parce qu'il est presque impossible de quantifier les rapports que l'écriture entretient avec l'âme de l'écrivain.
La seule chose dont je sois sur est la suivante : On écrit mieux lorsque notre âme est tourmentée de quelques manières que ce soit. Personnellement écrire avec une âme sereine n'aboutit qu'à un ramassis de phrases niaises et à une écriture insipide, un amoncellement de clichés et finalement aucune profondeur dans le texte.
-
On peut écrire et faire la fête, oui, mais pas en même temps.
Et écrire demande du temps.
-
L'écriture ne demande que le temps que l'on lui donne.
-
Et la sensibilité, vous en faites quoi ? A trop tourner en rond, on ne rencontre que son nombril, et c'est rarement ce qui donne les meilleurs textes. Je ne suis pas d'accord, on ne doit pas nécessairement être torturé pour écrire, on peut "faire la fête" et écrire.
Y a des écrits qui peuvent donner l'impression d'agir comme une thérapie, qui servent à cracher tout le noir qu'on a à l'intérieur. Pour autant, la création, j'trouve que c'est un processus plutôt heureux, et que c'est pas parce qu'on est joyeux qu'on est niais.
(justement, pour moi, c'est plutôt le poète maudit dans son bouhouhou que la vie est dure et pourrie et moche et heureusement que j'ai mon clavier pour le dire que bouhouhou la vie est quand même vachement dure et pourrie et moche, qui est dans le cliché)
bref. C'est tout pour moi. J'ai le cerveau d'un bulot ce soir. Désolée. (et désolée aussi pour les bulots que je ne voudrais pas offenser par cette dernière phrase)
-
Et la sensibilité, vous en faites quoi ? A trop tourner en rond, on ne rencontre que son nombril, et c'est rarement ce qui donne les meilleurs textes. Je ne suis pas d'accord, on ne doit pas nécessairement être torturé pour écrire, on peut "faire la fête" et écrire.
Heureusement qu'on peut faire la fête et écrire ! La littérature ne manque pas d'exemple.
"Faire la fête" était un mauvais exemple et je me suis mal fait comprendre. Je m'excuse.
Au reste j'aime beaucoup tes phrases : " A trop tourner en rond, on ne rencontre que son nombril" c'est génial ça.
Il faudrait aussi définir "torturer". Un torturé est un passionné. L'être Humain est paradoxale, les plus heureux portent une grande tristesse, et Baudelaire riait beaucoup, j'en suis sûr. (ses poésies sur la Belgique sont à mourir de rire). Mais je penses qu'il faut être "habité" par quelque chose. Il faut aller chercher dans la profondeur, et profondeur ne veux pas dire lamentation de la vie.
La mort est un grand sujet.
On écrit sur la vie, donc sur la mort.
Je suis moi-même très heureux. Rien n'empêche de se tenir la tête et de se "torturer" l'esprit pendant des heurs. Est-ce nécessaire pour écrire ? Je ne crois pas, mais ça va tout de même assez souvent ensemble. Ecrire soulève des questions en sois. Questions souvent existentielles.
-
Je parle personnellement Anlor pas la peine de dénigrer ainsi ce que je dis. Si tu penses que tu écris mieux en étant de bonne humeur libre à toi, moi c'est pas le cas. Et je n'ai pas non plus dis qu'il fallait nécessairement être torturé pour écrire non plus. Je ne suis pas torturé quand j'écris mais généralement c'est qu'il s'est passé un truc "pas cool" dans ma vie. Pas la peine d'avoir frôlé la mort pour écrire bien. Je pense qu'il y a une nuance que tu n'as pas compris.
"A trop tourner en rond, on ne rencontre que son nombril" Tu es gentille mais j'ai dis que c'était personnel, pas la peine de te mettre dans cet état non plus. Il pose une question, je réponds par ce que je connais, c'est tout.
"(justement, pour moi, c'est plutôt le poète maudit dans son bouhouhou que la vie est dure et pourrie et moche et heureusement que j'ai mon clavier pour le dire que bouhouhou la vie est quand même vachement dure et pourrie et moche, qui est dans le cliché)" Encore une utilisation détournée du mot, ce n'est pas un cliché de faire comme certains ou de se démarquer d'autres. Si tu pars comme ça, tout dans la vie est un cliché. Et je pense que ce n'est pas le cas, tu es d'accord ?
-
J'ai rien compris à la question de départ (la mort et l'écriture), ou alors ce que j'en ai compris, c'est que c'est pas une question hyper intéressante. le rapport entre la mort et l'écriture, c'est que y a des fois faut se dépêcher d'écrire parce que si on attend trop il sera trop tard parce qu'on sera mort. ça ok. mais pour le reste, je vois pas...
Le sujet du lien entre bonheur et écriture ça me parle +.
à mon avis pour écrire il vaut mieux qu'il y ait un problème quelque part. l'adage qui dit que les gens heureux n'ont pas d'histoire ne me semble pas complètement débile. l'écriture va avec la réflexivité, la honte peut-être. la spontanéité et la légèreté, ça va assez bien avec le bonheur, et assez mal avec l'art à mon avis.
il me semble qu'il y a un lien étroit entre inquiétude et création. pas d'inquiétude, pas de création.
si on n'a pas de problème avec le monde, on ne le refait pas, on le prend tel qu'il est, on s'y meut tranquillement, on en jouit, et certes on agit dessus, mais tranquille ; écrire c'est un peu créer un monde, 'refaire le monde' en quelque sorte ; et se prendre la tête à faire ça n'a de sens que si on a (ou - note d'espoir :--) - si on a eu) un problème avec le monde. sinon il vaut mieux faire des choses plus immédiatement agréables je pense (prendre un bain, se promener, faire du sport...)
(et sinon j'ai pas compris ce que le nombril venait faire dans la conversation - parce qu'on peut être torturé et ne pas parler de soi, et être heureux/pêchu/en mode teuf et parler de son nombril, donc bon - mais c'est parfois les auteurs qui parlent de leur nombril qui touchent à l'universel et sont le plus émouvants, et les auteurs qui prétendent faire des grandes fresques où ils embrassent le monde entier qui sont les plus fades et les plus stéréotypés.
bref, parler de son nombril à mon avis, en soi, c'est ni bien ni mal ; ça peut donner de la merde ou des chefs-d'oeuvre.
(je serais tenté de dire que partir de son nombril (dans tous les sens de l'expression) ça peut être très bien, mais ce serait + pour l'amusement de l'ambiguité de l'expression "partir de" que pour éclairer la discussion :mrgreen: )
-
Oula, Ludo, je ne t'attaque pas hein ! Moi je réagissais juste à ça :
La seule chose dont je sois sur est la suivante : On écrit mieux lorsque notre âme est tourmentée de quelques manières que ce soit. Personnellement écrire avec une âme sereine n'aboutit qu'à un ramassis de phrases niaises et à une écriture insipide, un amoncellement de clichés et finalement aucune profondeur dans le texte.
Qui n'est finalement pas présenté comme ton avis, mais comme une généralité ("la seule chose dont je sois sûr c'est...") et qui utilise le terme "cliché" que j'ai repris.
C'est vrai que j'ai une façon brutasse d'exprimer mon point de vue, mais c'est que j'aime bien que mes idées passent et ne pas m'entortiller dans des explications nuancées qui seront de toute façon mal interprétées.
à mon avis pour écrire il vaut mieux qu'il y ait un problème quelque part. l'adage qui dit que les gens heureux n'ont pas d'histoire ne me semble pas complètement débile. l'écriture va avec la réflexivité, la honte peut-être. la spontanéité et la légèreté, ça va assez bien avec le bonheur, et assez mal avec l'art à mon avis.
je trouve quand même ça bizarre comme idée. Pour moi la création ne vise pas à refaire le monde mais à l'exprimer à sa façon. Je ne saisis pas bien pourquoi quelqu'un qui se sent bien dans ce monde et qui le trouve chouette n'aurait pas besoin/envie de l'exprimer aussi ?
(et sinon j'ai pas compris ce que le nombril venait faire dans la conversation - parce qu'on peut être torturé et ne pas parler de soi, et être heureux/pêchu/en mode teuf et parler de son nombril, donc bon - mais c'est parfois les auteurs qui parlent de leur nombril qui touchent à l'universel et sont le plus émouvants, et les auteurs qui prétendent faire des grandes fresques où ils embrassent le monde entier qui sont les plus fades et les plus stéréotypés.
je sais pas. C'est dur d'être torturé sans penser à soi... Pour moi les deux vont ensemble, si tu ne peux pas t'accrocher au monde parce qu'il ne te convient pas, tu te trouves nécessairement seul avec toi-même, non ? Et si le problème vient de l'intérieur de toi (c'est chelou ce que je raconte, je suis pas sûre qu'on me suive...) c'est encore pire, tu vois ce que je veux dire ?
bref, parler de son nombril à mon avis, en soi, c'est ni bien ni mal ; ça peut donner de la merde ou des chefs-d'oeuvre.
oui, bien sûr, on peut dire ça avec tous les thèmes. C'est juste que l'expression du soi qui se sent mal et ne trouve pas sa place dans le monde, je trouve ça vu et revu, surtout à notre époque.
(mais vous inquiétez pas hein, je sais qu'il faut pas que j'aille dans la section des questions existentielles parce que je ne sais pas argumenter :mrgreen: )
-
J'ai rien compris à la question de départ (la mort et l'écriture), ou alors ce que j'en ai compris, c'est que c'est pas une question hyper intéressante. le rapport entre la mort et l'écriture, c'est que y a des fois faut se dépêcher d'écrire parce que si on attend trop il sera trop tard parce qu'on sera mort. ça ok. mais pour le reste, je vois pas...
Je trouves ça très surprenant que la plus part d'entre vous ne trouve aucun rapport entre l'écriture et la mort. C'est comme l'amour et la mort. C'est complètement lié. Enfin, ce n'est pas moi qui le dis, mais un très grand nombre d'auteur (que ce sois Céline ou Bukowski, en passant par Genet etc, etc...). La Faucheuse est celle qui inspire l'art en général. S'il n'y avait pas de mort au bout de la vie, il n'y aurait, je pense, très peu de chef d'oeuvre, et très peu de vie aussi...
je trouve quand même ça bizarre comme idée. Pour moi la création ne vise pas à refaire le monde mais à l'exprimer à sa façon. Je ne saisis pas bien pourquoi quelqu'un qui se sent bien dans ce monde et qui le trouve chouette n'aurait pas besoin/envie de l'exprimer aussi ?
Ah ! Oui, oui, oui, tout le monde peut s'exprimer ! Bien sûr ! Tout le monde a le besoin de s'exprimer, ça c'est certain. C'est pas pour autant que tout le monde dit quelque chose d'intéressent. Et quelqu'un qui se sens très bien dans ce monde, n'a pas la nécessité de le changer, donc de l'inventer, et de le réinventer, et donc de créer. La création est une nécessité je pense. Ca ne veux pas dire qu'il faut être malheureux, mais être légèrement torturé, ou fou, c'est primordiale je pense. Si on veux écrire quelque chose d'intéressent en tous cas.
Les histoires niaises où tout va bien.... Enfin, voilà quoi.
Des auteurs profondément à l'aise dans le monde, avoué qu'il y en a peu (je parle de bons auteurs)
-
J'ai pas trouvé de sujet correspondant, je me permet de le poster ici.
Parlons de la mort, l'influence de la mort par rapport à l'écriture.
Je te conseille de lire ''La Mort cette Inconnue.'' de Francis Razorbak qui possède toutes les réponses :mrgreen:
Peut-on écrire sans avoir un peu de mort dans un coin de conscience ou d'inconscience ?
Perso, je y pense pas, sauf si c'est le thème du texte. Pour les autres, ça peut juste être un formidable accélérateur de motivation :D
Est-ce pour une recherche d'immortalité que nous écrivons ?
Je crois que l'immortalité, on peut s'asseoir dessus :huhu:. Très peu d'élus au panthéon de la littérature (j'entends avoir une oeuvre qui transcende les siècles et la mémoire collective).
Pour dompter la mort ? La peur de mourir ?
Cette main froide est souvent sur l'épaule des poètes et des auteurs.
Est-ce systématique ?
Là, je vois pas trop de lien avec l'écriture, à part pour un névrosé morbide suicidaire... :-¬? (ou un type atteint d'une longue maladie et qui tente d'échapper à ladite mort par son écriture)
C'est quoi votre rapport à la mort ?
M'en occupe pas, viendra quand elle viendra. Moi c'est plutôt Carpe Diem, si tu vois ce que je veux dire. :cendrillon:
-
:o
Je vais pas trop argumenter sinon je vais m'emporter comme Anlor, mais je suis d'accord avec elle. Je vous trouve vachement réducteurs, sérieux. Depuis quand seul ce qui est torturé est bien ? On pourrait citer une foultitude de textes qui sont géniaux et qui ne sont pas torturés, ni eux ni leurs auteurs, et ce tant dans les classiques que dans les récents. Je sais pas, citer Céline et Bukowski comme références pour étayer l'idée, c'est quand même pas super représentatif... :-¬?
Enfin bref, je trouve que c'est un peu une posture, de se dire torturé et artiste. (Le prenez pas mal, je parle en général, pas pour vous spécifiquement). Un peu comme la mode du "ce qui est moral c'est planplan", on a son versant "ce qui est joyeux est niais" (sauf que ça c'est pas récent).
Des auteurs profondément à l'aise dans le monde, avoué qu'il y en a peu (je parle de bons auteurs)
Euh, au contraire, je trouve qu'il y en a plein. Enfin, évidemment, ça dépend de ce que tu appelles "profondément à l'aise", mais jusque ici tu l'as défini comme : mal dans sa peau, un truc douloureux au fond, etc. etc.
J'en sais rien, au hasard : Voltaire, Stendhal, Alexandre Dumas, Corneille, Shakespeare, Jane Austen, Balzac, JK Rowling, Jasper Fforde, Paul Beorn, Tolkien, Mendoza, Jonathan Stroud, Pratchett, Prévert, Chrétien de Troyes (je fais exprès de mélanger des récents et des classiques), etc. etc. etc. ;)
-
J'ai rien compris à la question de départ (la mort et l'écriture), ou alors ce que j'en ai compris, c'est que c'est pas une question hyper intéressante. le rapport entre la mort et l'écriture, c'est que y a des fois faut se dépêcher d'écrire parce que si on attend trop il sera trop tard parce qu'on sera mort. ça ok. mais pour le reste, je vois pas...
Je trouves ça très surprenant que la plus part d'entre vous ne trouve aucun rapport entre l'écriture et la mort. C'est comme l'amour et la mort. C'est complètement lié. Enfin, ce n'est pas moi qui le dis, mais un très grand nombre d'auteur (que ce sois Céline ou Bukowski, en passant par Genet etc, etc...). La Faucheuse est celle qui inspire l'art en général. S'il n'y avait pas de mort au bout de la vie, il n'y aurait, je pense, très peu de chef d'oeuvre, et très peu de vie aussi...
c'est où et dans quoi que genet parle du lien entre littérature et mort ? ;) (et qu'est-ce qu'il en dit en gros ?) ;)
-
J'ai pas trouvé de sujet correspondant, je me permet de le poster ici.
Parlons de la mort, l'influence de la mort par rapport à l'écriture.
Peut-on écrire sans avoir un peu de mort dans un coin de conscience ou d'inconscience ?
Est-ce pour une recherche d'immortalité que nous écrivons ?
Pour dompter la mort ? La peur de mourir ?
Cette main froide est souvent sur l'épaule des poètes et des auteurs.
Est-ce systématique ?
C'est quoi votre rapport à la mort ?
Salut,
C'est un sujet mort-né si tu restes dans des questions floues de cet ordre. Donne au moins quelques citations d'auteur, histoire de catalyser les interventions.
Peut-on vivre sans avoir un peu de mort dans un coin de conscience ou d'inconscience ?
:huhu:
Il est vrai que pour les poètes, en particulier, écrire c'est aussi rechercher la mort, autrement dit un réel plus profond. Une fois ceci admis, on peut enlever les questions d'immortalité, et de peur de la mort, qui sont secondaires.
Par ailleurs, plusieurs courants de pensées nient la mort, qui ne serait qu'une illusion, mais cela ne contredit pas les phrases précédentes.
En bref, faudrait commencer par définir la mort. Sinon, le sujet se bornera à "La mort, ça tue" d'un côté, et "La vie est belle" de l'autre, en sachant que tout un chacun passe d'une impression à l'autre en moins de temps qu'il ne le faut pour dire "ouf".
Arf. Et aussi, c'est le genre de topics où tu te sens bête après y avoir participé, comme au lendemain d'une cuite.
:ronchon:
-
:o
Je vais pas trop argumenter sinon je vais m'emporter comme Anlor, mais je suis d'accord avec elle. Je vous trouve vachement réducteurs, sérieux. Depuis quand seul ce qui est torturé est bien ? On pourrait citer une foultitude de textes qui sont géniaux et qui ne sont pas torturés, ni eux ni leurs auteurs, et ce tant dans les classiques que dans les récents. Je sais pas, citer Céline et Bukowski comme références pour étayer l'idée, c'est quand même pas super représentatif... :-¬?
Enfin bref, je trouve que c'est un peu une posture, de se dire torturé et artiste. (Le prenez pas mal, je parle en général, pas pour vous spécifiquement). Un peu comme la mode du "ce qui est moral c'est planplan", on a son versant "ce qui est joyeux est niais" (sauf que ça c'est pas récent).
Des auteurs profondément à l'aise dans le monde, avoué qu'il y en a peu (je parle de bons auteurs)
Euh, au contraire, je trouve qu'il y en a plein. Enfin, évidemment, ça dépend de ce que tu appelles "profondément à l'aise", mais jusque ici tu l'as défini comme : mal dans sa peau, un truc douloureux au fond, etc. etc.
J'en sais rien, au hasard : Voltaire, Stendhal, Alexandre Dumas, Corneille, Shakespeare, Jane Austen, Balzac, JK Rowling, Jasper Fforde, Paul Beorn, Tolkien, Mendoza, Jonathan Stroud, Pratchett, Prévert, Chrétien de Troyes (je fais exprès de mélanger des récents et des classiques), etc. etc. etc. ;)
Moi j'ai pas tout à fait dit ce que Milo dit qu'on a dit hein.
je pense que là où y a pas (ou pas eu) de problème, pas (ou pas eu) d'inquiétude, y a peu de chances qu'il y ait de la réflexivité ;
et je pense que la réflexivité est presque indispensable à la création. ;)
la réflexivité, c'est à dire se regarder vivre, se regarder écouter de la musique, se regarder lire, etc. avoir du style, ça passe forcément à mon avis par le fait de se demander, quand on est ému par quelque chose, pourquoi on est ému, comment on est ému, etc. et ça ça impique d'examiner ses émotions ; et examiner ses émotions, on le fait moins quand on prend la vie comme elle vient, qu'on se trouve tout de suite quand on se chercher, etc.
en ce sens, oui je pense que s'il n'y a pas, a minima, des problèmes/inquiétudes au départ (pour lancer la machine à pondre l'originalité) et peut-être de la solitude ensuite (pour l'entretenir), y a peu de chances qu'on écrive bien.
Pas un hasard si les gens s'intéressent un peu à l'enfance des artistes, puisque c'est de là que ça part. on est neuf et inquiet - situation éminemment fertile. 8)
Si on est neuf mais pas inquiet, bof. on cherche moins quand on n'est pas inquiet. on attend tranquillou, sans trop se biler. pas l'idéal pour interroger le monde, interroger ce qu'on est, interroger ce qu'on exprime.
et par ailleurs si on est inquiet mais pas neuf, c'est un peu tard aussi, on ne changera pas forcément des masses son style. donc pas forcément utile ni souhaitable d'entretenir ses problèmes quand on est grand :--) (d'autant qu'il vaut sans doute mieux réussir sa vie et rater son oeuvre que l'inverse :--)).
bon mais dire tout ça, ce n'est pas forcément mettre la barre très haut d'ailleurs, puisque des inquiétudes d'enfance ou d'adolescence tout le monde en a eu plus ou moins.
après, un "texte torturé", je ne sais pas ce que c'est. je pense qu'un beau texte, souvent, c'est fluide, etc. moi j'ai jamais dit qu'il faut qu'un texte soit torturé
et j'ai jamais dit qu'un texte où l'auteur dit "je suis torturé", c'est chouette.
(bon et des non-torturés y en a pas beaucoup - par ailleurs dans la liste de milo y a pas un seul auteur que j'aime bien lol -bon et sinon moi avant de découvrir un auteur je ne plante pas mon torturomètre dans la chair de l'auteur pour savoir s'il a été suffisamment torturé pour bien écrire. par contre quand j'ai fini un livre et que ça m'a plu, je me dis "tiens voilà quelqu'un qui a une vision du monde et une manière d'être au monde qui originale et excitante. il a trouvé des réponses intéressantes à des questions que sans doute il s'est posées (qui suis-je, où vais-je, la vie vaut-elle d'être vécue, pourquoi suis-je ému par telle chose de telle manière, qu'est-ce qui est beau, qu'est-ce qui ne l'est pas)". et le fait qu'il se soit posé ces questions nombrilistes ne se voit pas à ce qu'il parle de lui, hein.
quand on lit Yourcenar, on se dit qu'à sa richesse intérieure correspondent des questions lourdes longuement mâchées remâchées et ruminées - donc un travail sur soi poussé (c'est ça en somme quand on dit "torturé"). et Yourcenar c'est à mille lieues de bouhouhou regardez comme je suis malheureux).)
;)
-
Je pense pas qu'être torturé fasse de qui que ce soit un meilleur écrivain. N'oublions pas aussi que ce sont des textes. C'est-à-dire des créations, y a une bonne part de pose dans ce qu'écrit Musset par exemple. La littérature fonctionne aussi à partir de codes, de thèmes-clés, le poète maudit, on pourrait faire remonter son origine à Orphée. Qui est un mythe. :-¬?
Après je suis plutôt d'accord avec Gide (pour citer des auteurs pour HB ;)) lorsqu'il dit que les bons sentiments font de la mauvaise littérature et que dans toute oeuvre d'art il faut collaborer avec le démon. Pour qu'il y ait histoire, en effet, ça peut être bien qu'il y ait un problème, un obstacle, une rupture. Mais c'est pas pour autant qu'on est torturé. Collaborer avec le démon, c'était aussi pour Gide ne pas biaiser avec des sujets sensibles comme l'homosexualité par exemple.
Quant au rapport évident littérature/amour, nan, je ne le vois pas. On peut dépasser les codes qui ont régi pendant des années les thèmes d'écriture. Toute écriture n'est pas vouée à parler de mort ou d'amour.
Et la mort, elle plane sur tout le monde, pas plus sur les écrivains que les autres. Ce sont les écrivains qui ont en fait un thème récurrent. Je veux dire, c'est NOUS qui créons ce lien. Rien que nous. Donc il n'appartient qu'à nous de faire une écriture qui soit autre. Bref, jsuis à jeun.
-
Anlor, j'ai mis dans chaque commentaire posté que ma vision ne concernait que moi pour ne pas qu'il y ait d'amalgame de ce genre là. Et tu me sors exactement ça, il y a de quoi en être étonné. :-) Ayant déjà discuté avec toi, j'aurais dû m'attendre à ta brutalité :mrgreen:
Pour en revenir au sujet, bien sur que non il ne faut pas forcément être torturé, en proie a un doute profond et vital pour bien écrire. Mais je dis seulement que les petits problèmes font les bonnes histoires ( et puis de toutes façons raconter une histoire heureuse à un mec qui en chie dans la vie c'est bizarre -l'inverse est vrai aussi-). De plus, je pense qu'il faut éprouver une forte émotion (bonne ou mauvaise) pour pouvoir transmettre à son texte une énergie et ces mêmes émotions (bonnes ou mauvaises). Et, je suis forcé de reconnaître que les soucis sont plus nombreux que les sourires. (Sans toutefois avoir la vie d'une personne torturé). J'en conclue (personnellement) que les soucis forment les histoires.
Après il n'y a pas que des rapport entre littérature et mort/amour/vie. Il y en a plein d'autres mais ce sont les plus récurrents des thèmes littéraires, et plus généralement, artistiques. Je pense que sa question est assez pertinente ( aussi maladroitement posé qu'elle soit :mrgreen: ).
-
Milora :
Euh, au contraire, je trouve qu'il y en a plein. Enfin, évidemment, ça dépend de ce que tu appelles "profondément à l'aise", mais jusque ici tu l'as défini comme : mal dans sa peau, un truc douloureux au fond, etc. etc.
Encore une fois, je m'excuse, je me suis mal fait comprendre. "Torturer" n'est pas le bon mot je pense. Je ne parle pas de mal dans sa peau, ni de douleur. Mais de mal face au monde d'avantage. Une incompréhension dans les habitudes des Hommes, dans le mal des Hommes. Ce mal là, Prévert l'exprime très bien par exemple ! Corneille aussi ! Voltaire aussi ! Shakespeare encore d'avantage ! Tolkien écrivait en parti pour la mémoire de ses amis morts à la guerre (enfin je crois, j'avais vu un documentaire sur sa vie, après je connais mal et peut-être ce documentaire était pourri). Après pour les autres je n'en dis rien je ne les connais pas assez. J'ai pris Céline et Bukowski parce qu'ils me passaient par la tête, mais ce que je dis ne s'applique pas qu'à eux ^^
Meilhac :
c'est où et dans quoi que genet parle du lien entre littérature et mort ?
Pas forcément littérature, mais de l'art en général à travers la figure du Funambule, dans le Funambule. L'acteur doit être pauvre et mort dans sa vie pour resplendir dans son oeuvre. C'est en tous cas une des idées que j'en ai retenu mais il faudrait que je le relise pour être plus précis ^^
HB :
En bref, faudrait commencer par définir la mort. Sinon, le sujet se bornera à "La mort, ça tue" d'un côté, et "La vie est belle" de l'autre, en sachant que tout un chacun passe d'une impression à l'autre en moins de temps qu'il ne le faut pour dire "ouf".
Oui je le vois bien, cette discussion divague sur l'idée de bonheur ou de malheur par rapport à l'écriture, alors que la mort est plutôt neutre et absolu je pense. Le sujet était mal présenté, je l'ai fait à la va vite. J'aurais dû prendre plus de temps. En même temps, j'avais peur d'enfermer la question avec une citation, mais là, elle est tout de même trop ouverte ^^
Ernya :
Quant au rapport évident littérature/amour, nan, je ne le vois pas. On peut dépasser les codes qui ont régi pendant des années les thèmes d'écriture. Toute écriture n'est pas vouée à parler de mort ou d'amour.
Toute écriture n'est pas vouée à en parler. Mais... enfin, quand on parle de littérature ! Enfin, comment dire, je trouves pas mes mots tant la chose me semble évidente ! La mort et l'amour. Je sais pas, toutes les personnes que je connais et qui écrivent sont sensible à ces sujets. Ce sont les grands sujets de la littérature et ce sont les grands sujets de la vie ! Ce n'est pas une question de code, d'avantage une question de beauté, de poésie et de ce qui anime les Hommes dans leur vie, dans leur action, ce sont les sentiments qui guident l'Humanité. Alors forcément, un écrivain, il va refléter ça. C'est ce qui va le nourrir. Je pense qu'un auteur qui n'a aucune idée, aucune sensibilité, quant à l'amour et/ou la mort, va écrire des textes terriblement ennuyant. D'un point de vu littéraire en tous cas.
Et la mort, elle plane sur tout le monde, pas plus sur les écrivains que les autres. Ce sont les écrivains qui ont en fait un thème récurrent. Je veux dire, c'est NOUS qui créons ce lien.
Oui et ce n'est pas pour rien que nous créons ce lien, je pense. Parce que ce lien existe aussi malgré nous. Ce sont les grandes questions qui nous animent depuis l'aube des temps. C'est pas maintenant que ça va changer. On trouvera d'autres façons d'en parler, mais au fond, même dans une histoire d'aventure fantastique ou science fiction ou peu importe, mais quelque chose de bien écrit (je bannis tous les Eragons et Harry Potter - excusez moi) ; ces thèmes là on les retrouve, et on les retrouvera toujours, au centre du récit ou en bordure. Mais ça sera là.
Après peut-être je suis fou.
J'en ferais un sujet existentielle ça aussi, la folie.
C'est important la folie !
-
Je me suis fait la réflexion en lisant le sujet, et c'est vrai que pas mal de mes écrits ( poèmes surtout ) touchent à la mort, sans que ce soit jamais le sujet principal, d'ailleurs.
-
Vu l'travail aux champs, la pénibilité et tout, j'dirais que mon rapport à la mort voire, euh, mon lien entre elle et moi, c'est l'cancer dans que'ques années.
-
hum...
je rejoins en partie Mil/Anlor et Ernya ^^
Les gens écrivent sur des sujets qui leur parlent, j'imagine. ça n'a aucun rapport avec l'écriture, mais avec l'auteur (en ça je rejoins Ernya). Il y en a qui parlent toujours d'amour et qui en déduiront "l'écriture et l'amour, c'est indissociable", ok, mais pour lui, c'est tout. On ne peut pas généraliser. Pour moi par exemple, c'est l'amitié ou l'attachement mon thème sous jacent assez récurrent.
Et puis les gens écrivent des histoires de gens.... ça comprend pas mal de choses dont la mort, l'amour, la maladie, la souffrance, la foi etc. Que l'humain soit indissociable de l'écriture, allez, pourquoi pas. Mais juste la mort... :-\
Je ne pense jamais à la mort quand j'écris, sauf à la rigueur si j'envisage de tuer un perso (mais souvent je le fais s'en sortir quand même :-[)... et là je songe à la mort non philosophiquement mais pratiquement : mettre en scène une belle mort :lecon: (à savoir que cela peut signifier beaucoup de choses comme héroique ou drôle et ridicule).
D'un point de vue littéraire, j'aime bien la mort selon Pratchet, ça me convient bien cette désacralisation à travers un perso amusant.
Je pense qu'il y a un souci, dans le sujet du fil, sur thème de l'auteur et thème de l'histoire.
Disons que je ne me pose pas plus de questions que ça sur la mort, ça ne m'empêchera pas d'en parler dans un texte. Le thème d'un texte n'est pas le thème de l'Ecriture. C'est le thème d'un texte juste :-\... Mais je suis d'accord qu'il y a des auteurs qui mettent le même thème partout. Mais pas tous... et pas forcément la mort...
Tu dis que tu ne parlais pas de tourments de l'auteur, Cauzart, mais dans certains posts tu exprimes une sorte de... thérapie ou exorcisation par l'écriture.
Est-ce pour une recherche d'immortalité que nous écrivons ?
il faudrait que tu ailles dans la section sur le pourquoi écrire. Peut-être est-ce vrai pour certains, mais c'est pas une vérité de tous. Déjà pour ma petite part, c'est absolument pas ça du tout.
Quand je parle de peur de la mort, je ne penses pas qu'il faut en avoir peur. Il faut, comme tu dis, se débarrasser de cette peur. Et écrire aide à comprendre la mort, l'appréhender.
lire aussi, en discuter, aller au cimetière, regarder un haricot pousser, regarder de vieilles photo etc. A chacun sa façon de se confronter au sujet de la mort. ça n'en fait pas un thème à décortiquer absolument dans ses écrits.
Rien n'empêche de se tenir la tête et de se "torturer" l'esprit pendant des heurs. Est-ce nécessaire pour écrire ? Je ne crois pas, mais ça va tout de même assez souvent ensemble. Ecrire soulève des questions en sois. Questions souvent existentielles.
soulever des questions existentielles ne relève pas de la torture. Mais je crois que plus loin tu le dis toi-même que le terme n'était pas approprié. Sans doute est-ce-ce l'impression que tu sous-entends que c'est LE thème de l'histoire, ces questionnements, qui me fait un peu tiquer. Je veux bien que sur les 500 pages d'épopée fantastique, le héros se pose des questions sur sa destinée, le fatalisme, le libre arbitre, l'issue, la mort etc., mais ça ne fera jamais un ouvrage philosophique dessus. Juste des questions sensées et logiques qui arrivent face à une situation sujette à dilemme ; ou révélations traumatisantes ("quowa, le méchant est en fait mon père que je croyais mort ? Damned !")
et même tu parles quand même de l'état de l'auteur pour l'écriture :
C'est pas pour autant que tout le monde dit quelque chose d'intéressent. Et quelqu'un qui se sens très bien dans ce monde, n'a pas la nécessité de le changer, donc de l'inventer, et de le réinventer, et donc de créer. La création est une nécessité je pense. Ca ne veux pas dire qu'il faut être malheureux, mais être légèrement torturé, ou fou, c'est primordiale je pense. Si on veux écrire quelque chose d'intéressent en tous cas.
Mais non :-\... je trouve que les histoires les plus imaginatives ne sont absolument pas torturées. Je n'ai pas l'impression que Pullman ou Fforde soient torturés... après ils cachent peut être bien leur jeu :\?, mais du moins rien ne s'en ressent dans leurs oeuvres, que je trouve lumineuses et géniales (dans le vrai sens, avec génie). La folie, pourquoi pas, mais c'est parce qu'entre la folie et le génie, il y a des frontières communes :mrgreen:.
Ah et puis perso, je me sens très bien dans ce monde, je pense être l'opposé du torturé, et ce que je préfère, c'est imaginer des histoires impossibles dans la réalité. (mais on est d'accord que je n'écris pas des choses intéressantes :huhu:).
Les histoires niaises où tout va bien.... Enfin, voilà quoi.
là ça n'a rien à voir. Je suis obligée d'intervenir :vaurien:. ça n'existe pas les histoires où tout va bien. A la rigueur un poème... mais une histoire, non, je ne vois pas. Même Tchoupi a des problèmes, pour ranger sa chambre ou trouver sa gomme :huhu:. Dans une histoire il y a toujours un élément "embêtant" tout du moins, pour le héros, un problème qu'il doit résoudre.
Oui et ce n'est pas pour rien que nous créons ce lien, je pense. Parce que ce lien existe aussi malgré nous. Ce sont les grandes questions qui nous animent depuis l'aube des temps. C'est pas maintenant que ça va changer. On trouvera d'autres façons d'en parler, mais au fond, même dans une histoire d'aventure fantastique ou science fiction ou peu importe, mais quelque chose de bien écrit (je bannis tous les Eragons et Harry Potter - excusez moi) ; ces thèmes là on les retrouve, et on les retrouvera toujours, au centre du récit ou en bordure. Mais ça sera là.
oui, comme les repas |-|.
Je suis d'accord que la mort fait partie du quotidien donc on le retrouve dans la littérature, mais comme beaucoup d'autres choses. Ton sujet semblait sous entendre une portée quasi philosophique ou métaphysique. Or non, là, non, tous les auteurs n'ont pas ce rapport à la mort dans leur écriture. Beaucoup s'en servent comme d'un élément déclencheur pour le héros, ou d'un "coup dur", en cela, oui, ça apparaît dans de nombreux écrits, mais c'est pas à chaque fois qu'on tombe sur un monologue sur être ou ne pas être.
Un souci aussi je pense dans ce sujet, c'est qu'on ne s'entend pas sur "bien écrit", ou "bons récits" :\?.
Par exemple, même si je ne suis pas fan de Harry Potter, je trouve ça bien écrit. Et dans harry potter il y a des héros qui meurent, pas des persos, des héros. ça sert beaucoup plus ton sujet que tu ne le penses. Harry est confronté à la mort depuis le premier chapitre du premier tome jusqu'au dernier du 7eme tome, et pas la mort de son cochon d'inde. Parents, mentor, ami, ennemi. Très étrange que tu exclus du coup cette histoire.
La mort est peut-être un des thèmes universels dans l'écriture (et ailleurs), mais alors ce n'est pas un moteur d'écriture, sens généralisé, je pense.
voilà ma conclusion parce que je sens que ma clarté fut laborieuse. :huhu:
minute perso sur le sujet malheur/bonheur de l'auteur : j'écris mieux quand je suis de très bonne humeur, qu'il fait beau et que je suis en vacances, et si j'essaie d'écrire quand j'ai le moral dans les tongues, ça donne quelque chose de supprimé deux jours plus tard pour rejoindre le Puits des Histoires Perdues. Et mes thèmes sont généralement joyeux.
Je crois que l'immortalité, on peut s'asseoir dessus
huhu viviane :mrgreen:
-
mouais, dans le fond, la mort, personne ne sait ce que c'est
je crois qu'une manière simple de l'appréhender (en tant qu'écrivain) est de se demander si elle nous laissera le temps de finir notre travail actuel
après, tout le reste n'est que littérature
-
mouais, dans le fond, la mort, personne ne sait ce que c'est
Si si on sait. C'est la fin de la vie. Ce qu'on sait pas, c'est s'il y a quelque chose après (moi, je vote "pour se faire bouffer par les vers" :-¬? )
-
mouais, dans le fond, la mort, personne ne sait ce que c'est
Si si on sait. C'est la fin de la vie. Ce qu'on sait pas, c'est s'il y a quelque chose après (moi, je vote "pour se faire bouffer par les vers" :-¬? )
pas de crémation pour viviane, donc
c'est noté :mrgreen:
PS : et puis... on sait mais on ne sait pas = on ne sait pas, viviane :-¬?
-
Épicure dis que la mort est l'absence de sensations. Plutôt bien résumé je trouve.
-
Tomoyo :
Hum... Je vois ce que tu veux dire. Je te l'accorde pour Pullman et Harry Potter ^^
Je te l'accordes aussi sur la définition de "bons écrits".
Quand je parles d'histoire où tout va bien c'est que justement ce n'est pas possible, ne t'offusque donc pas, nous sommes du même avis sur ce point ^^
Je vais essayer de m'éclaircir rapidement : je penses que d'un point de vu métaphysique, si on se pose la question de : "pourquoi l'être Humain écrit (ou fait de l'art en général - peinture, sculpture, architecture, film, peu importe) ?" Une des réponses possibles serait : il écrit parce qu'il a peur de mourir.
C'est inconscient chez beaucoup.
Et comme je l'ai dit aussi plus haut : la peur est neutre. On peut avoir peur de mourir et être très heureux dans sa vie.
Je parle pas de peur de mourir dans le sens : j'ai peur de sortir de chez moi car un bus va m'écraser. J'en parle de façon métaphysique. Nous avons tous peur de la mort.
Et écrire, ou créer de façon général (faire un enfant est aussi une création par exemple) ; nous aide à vaincre la mort.
-
Ben quand tu joues du violon chez toi, je vois pas trop le rapport avec la peur de mourir. :mrgreen:
A moins qu'on ne parte dans la réflexion pascalienne sur le divertissement.
Pareil pour écrire. Ecrire n'est pas publier. Y a des gens qui écrivent et qui ne montreront jamais aux autres ce qu'ils ont fait. Là encore, jvois pas trop le lien. Inconsciemment, on y pense ? Peut-être, c'est pas prouvable du coup. :P
Jpense que ça dépend de tout un chacun. ^^
En tout cas, perso, si j'ai écrit, c'est pas pour la postérité, c'est parce que je croyais en avoir besoin, ou que j'en ai eu besoin à ce moment-là (j'aurais pu avoir envie d'une glace, mais non, ça a été d'écrire pour me défouler/ me sortir une idée de la tête/ pour plaire aux autres/ pour d'autres raisons sûrement), au fond dans un but assez égocentrique/égoïste. Envie qu'on s'occupe de moi à un moment X peut-être. :-X
-
" Nous avons tous peur de la mort. "
" Accoutume-toi à considérer que la mort n'est rien pour nous, puisque tout bien et tout mal sont contenus dans la sensation ; or la mort est absence de sensation. Par suite, la sûre connaissance que la mort n'est rien pour nous fait que le caractère mortel de la vie est source de jouissance, non pas en ajoutant à la vie un temps illimité, mais au contraire en la débarrassant du regret de ne pas être immortel. En effet, il n'y a rien de terrifiant dans le fait de vivre pour qui a réellement saisi qu'il n'y a rien de terrifiant dans le fait de ne pas vivre. Aussi parle-t-il pour ne rien dire, celui qui dit craindre la mort, non pour la douleur qu'il éprouvera en sa présence, mais pour la douleur qu'il éprouve parce qu'elle doit arriver un jour ; car ce dont la présence ne nous gêne pas ne suscite qu'une douleur sans fondement quand on s'y attend. Ainsi le plus effroyable des maux, la mort, n'est rien pour nous, étant donné, précisément, que quand nous sommes, la mort n'est pas présente ; et que quand la mort est présente, alors nous ne sommes pas. Elle n'est donc ni pour les vivants ni pour ceux qui sont morts, étant donné, précisément, qu'elle n'est rien pour les premiers et que les seconds ne sont plus.
Mais la plupart des hommes, tantôt fuient la mort comme si elle était le plus grand des maux, tantôt la choisissent comme une manière de se délivrer des maux de la vie. Le sage, pour sa part, ne rejette pas la vie et il ne craint pas non plus de ne pas vivre, car vivre ne l'accable pas et il ne juge pas non plus que ne pas vivre soit un mal. Et de même qu'il ne choisit nullement la nourriture la plus abondante et la plus agréable, il ne cherche pas non plus à jouir du moment le plus long, mais du plus agréable.
Quant à celui qui recommande au jeune homme de bien vivre et au vieillard de bien achever de vivre, il est stupide, non seulement si l'on tient compte des satisfactions que la vie procure, mais aussi parce que c'est par un seul et même soin que l'on parvient à bien vivre et à bien mourir. Et il est encore bien pire, celui qui dit que c'est une belle chose que de ne pas être né, et une fois né franchir au plus vite les portes de l'Hadès. En effet, s'il est convaincu de ce qu'il affirme ainsi, comment se fait-il qu'il ne quitte pas la vie ? De fait, c'est à sa portée, pourvu qu'il soit fermement déterminé. En revanche, si c'est une plaisanterie de sa part, il parle pour ne rien dire sur des questions qui ne l'admettent pas.
Il faut en outre garder en mémoire que ce qui va arriver n'est pas en tout point sous notre gouverne, et qu'il n'y échappe pas non plus en tout point, afin que nous ne l'attendions pas comme s'il devait infailliblement se produire, et que nous ne nourrissions pas non plus l'espoir qu'il ne se produise absolument pas. "
Lettre à Ménécée, Épicure (paragraphe 6 à 9). -Recopier avec l'aide de mon clavier. Aie mes doigts :mrgreen:-
Il est donc futile d'avoir peur d'une chose qui arrivera et souffrir de la peur de la voir arriver. Donc, non tout le monde n'a pas peur de la mort.
-
Encore une fois je ne me suis pas fait comprendre... C'est lassant... C'est peut-être moi qui n'utilise pas les bons mots.
Très belle lettre cependant Ludo.
ernya : navré de te le dire mais tu te répète, je ne répondrais donc pas, j'ai déjà dit mon point de vu sur la question.
On tourne un peu en boucle, c'est dommage.
Sans importance
Je vous embrasse
-
Mais ta question est pertinente de mon point de vue. Heureusement nous n'avons pas tous le même.
-
ernya : navré de te le dire mais tu te répète, je ne répondrais donc pas, j'ai déjà dit mon point de vu sur la question.
euh je t'ai fait au moins tout le dernier paragraphe où y a que du nouveau mais bon...
Peut-être que c'est moi qui tourne en rond mais c'est juste que je pige vraiment pas pourquoi tu fais toujours le lien vers la mort. Je t'ai aussi parlé de Pascal, qu'est-ce tu en penses ? Est-ce que ça te parle ce qu'il dit sur le divertissement ? Vraiment, je veux bien débattre, c'est juste que je ne comprends pas ton point de vue. :-\
-
Moi, cette idée de lien entre mort et écriture ça me rappelle un peu Nietzsche et ces histoire de passions triste et de passions gai
Enfin, c'est peut être pas le débat.
Juste j'interviens
@cauzart
Quand je parles d'histoire où tout va bien c'est que justement ce n'est pas possible, ne t'offusque donc pas, nous sommes du même avis sur ce point ^^
Ben moi je vous recommande la lecture de Chat (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,5912.0.html)de Xeraphia, qui raconte une histoire où les gens sont heureux. Et ça fait du bien.
@Ernya
Ben quand tu joues du violon chez toi, je vois pas trop le rapport avec la peur de mourir. :mrgreen:
ça dépends de ton niveau au violon et de la violence de tes voisin :mrgreen:
réflexion pascalienne sur le divertissement.
En deux mots; c'est quoi ?
-
Bon de vue rapide, la question est éternelle, on pourrait y passer des erreurs.
Céline : "La grande inspiratrice, c'est la mort."
Buk : « Oh et puis merde, sans la mort, le moteur à rêves ne tournerait pas rond. On a besoin d'elle. Moi, le premier. Et vous aussi. On saloperait l'ouvrage en s'éternisant. »
De mon côté, je ne pense pas que ce soit la mort qui m'inspire. Cela dit, c'est peut être tellement inconscient qu'il est possible que je ne m'en rende pas compte. Pour moi, c'est surtout la volonté de créer qui est l'inspiratrice de l'oeuvre, peut être aussi la volonté d'exister à travers l'oeuvre (pas d'une manière éternelle en prenant en compte que l'oeuvre me survivra, mais d'une manière directe, un peu comme un "je crée, donc je suis), mais ça a peut être à voir avec la Mort, va savoir, avec la conscience d'une mort certaine. La volonté de se voir exister sachant qu'un jour on mourra. La question n'est pas évidente. La volonté de se transcander artistiquement, de voir son empreinte se décalquait sur le néant. Est ce la conscience de la mort ? Dur... On pourrait se poser la question. Est ce qu'on ferait la même chose si l'on était immortel ? Impossible à répondre, vu que personne ne peut saisir réellement la conscience de l'immortalité, il peut tout au plus l'imaginer et extrapoler. ça ne sera qu'extrapolation et non réalité perceptible.
Ernya, c'est différent de la vision pascalienne du divertissement. Pascal dit plutot que l'homme cherche à se divertir pour fuir la pensée de la mort (et je dirais de la vie aussi, mais soit), ici on serait plus dans une vision artistique que divertissante, dans laquelle on dirait l'homme crée pour sublimer la vie (et donc sa certitude de mourir). C'est une question très très intéressante. Mais qui demanderait une réelle profondeur de questionnement et d'ailleurs beaucoup de philosophes en ont déjà parlé. après c'est peut être tout aussi bien une espèce de vision romantique de l'art !
Du coup, l'exemple de jouer du violon est un peu hors sujet. La plupart des gens qui jouent du violon ou autre, le font comme moi j'ai jouer du clairon. On fait un peu de musique, on s'instruit, on se divertit. Il n'y a pas un réel désir de créer. Par contre, composer une pièce musicale pour violon serait plus proche de "faire de la littérature". Je pense qu'ici il faut vraiment distinguer écrire pour se divertir, par loisir / écrire pour créer, en artiste.
Pour Nietzsche, je ne pense pas qu'il accréditerait la thèse de la conscience de la mort comme désir de création (c'est pas le domaine nietzschéen que je connais mieux ^^ ), mais je pense qu'il dirait plutôt que la vie elle même, la force vitale même de l'individu, conscient ou non de la mort, est la source créatrice même (cela dit, la force vitale de l'invidu est peut être enrichi par la conscience d'une mort certaine. "Je vais mourir donc je veux vivre" "Je vis, donc je crée" "Je crée, donc je suis" Haha). Mais je peux me tromper !
PS : un petit article un peu sur le sujet : http://www.arcane-magazine.com/Archives/DossiersMauriceSaltano/DuelAvecLaMort/DuelAvecLaMort.html
-
"Je vais mourir donc je veux vivre"
oui, moi je crois que ça se résume à ça.
à part dire ça... je trouve la question (lien entre mort et écriture) assez loufoque, et suis supris de la phrase de céline.
à moins qu'il parle de la mort des autres. mais le fait de savoir qu'on va mourir, ça booste ("vite, parce qu'un jour je serai mort") mais c'est tout quoi. 8)
édit : ah ben je viens de lire le doc de kasprzak ; et apparemment céline enchaîne e disant "si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n'avez rien", "je serai content quand je mourrai".
bref il ne parle pas du lien entre mort et écriture, mais du lien entre souffrance et écriture - ce qui, là, par contre, est un sujet sérieux je pense. 8)
-
Baptiste, je crois que Kas a pas trop mal résumé ! En "gros", l'homme ayant peur de penser à la mort se trouve toujours des occupations, des divertissements, pour ne plus avoir à y en penser. Les hommes sont incapables de demeurer seuls sans rien faire dans une chambre parce que ce serait se confronter à penser à la mort.
Un rapport différent de Cauzart mais où tout reste pensé en fonction de la mort.
Je pense qu'ici il faut vraiment distinguer écrire pour se divertir, par loisir / écrire pour créer, en artiste.
totalement d'accord avec toi !
Peut-être qu'on se prend à tort pour des artistes et pour des créateurs 8)
-
"Je vais mourir donc je veux vivre"
édit : ah ben je viens de lire le doc de kasprzak ; et apparemment céline enchaîne e disant "si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n'avez rien", "je serai content quand je mourrai".
bref il ne parle pas du lien entre mort et écriture, mais du lien entre souffrance et écriture - ce qui, là, par contre, est un sujet sérieux je pense. 8)
Salaud ! haha, non en fait j'avais enlevé exprés la suite, parce que dans l'interview, il me semble qu'il répond à deux questions différentes ! et que la phrase du coup est une réponse à deux questions ! Faudrait revoir ça. J'ai pas trop le temps moi haha
-
juste, @Baptiste
Quand je parles d'histoire où tout va bien c'est que justement ce n'est pas possible, ne t'offusque donc pas, nous sommes du même avis sur ce point
Ben moi je vous recommande la lecture de Chat de Xeraphia, qui raconte une histoire où les gens sont heureux. Et ça fait du bien.
Que les gens soient heureux, que l'esprit soit joyeux, n'a rien à voir avec le fait que tout aille bien ou non. Dans ce récit tout ne va pas bien : l'héroine voit un chat "invisible", elle se pose des questions, crise, va chercher sa cousine, etc. Il y a bien un "problème" dans l'histoire ::) c'est de ça dont on parlait avec Causart ^^
et je rejoins Kasp et Ernya pour l'histoire création VS divertissement.
Ceci dit Causart, ne te lasse pas d'expliquer ce que tu penses :), on se rend bien compte qu'on ne parle pas forcément des mêmes choses, donc n'hésite pas à préciser ou gratouiller o/
-
Que les gens soient heureux, que l'esprit soit joyeux, n'a rien à voir avec le fait que tout aille bien ou non. Dans ce récit tout ne va pas bien : l'héroine voit un chat "invisible", elle se pose des questions, crise, va chercher sa cousine, etc. Il y a bien un "problème" dans l'histoire ::) c'est de ça dont on parlait avec Causart ^^
Oui, oui, c'est vrai, c'est vrai.
l'homme ayant peur de penser à la mort se trouve toujours des occupations, des divertissements, pour ne plus avoir à y en penser. Les hommes sont incapables de demeurer seuls sans rien faire dans une chambre parce que ce serait se confronter à penser à la mort.
Va savoir pourquoi, ça me rappelle un roi sans divertissement. Pas souvenir que ma prof de seconde et parler de divertissement pascalien. Faudrait que je voit le rapport entre les deux
-
La lecture de Pascal m'a soigné d'la mort. Un tour de Pensées et pis c'est bon, t'es brament calé dans ta bouète, prêt à partir sans proublème ! Merci mon gars ! 8)
-
l'homme ayant peur de penser à la mort se trouve toujours des occupations, des divertissements, pour ne plus avoir à y en penser. Les hommes sont incapables de demeurer seuls sans rien faire dans une chambre parce que ce serait se confronter à penser à la mort.
Va savoir pourquoi, ça me rappelle un roi sans divertissement. Pas souvenir que ma prof de seconde et parler de divertissement pascalien. Faudrait que je voit le rapport entre les deux
TL de 2004-2005 en force ! :D
Nous si, elle nous en avait parlé ; c'est là qu'on avait abordé le concept de divertissement pascalien (elle avait expliqué le titre comme ça : le héros (j'ai oublié son nom ; Langlois ?) est obsédé par la mort depuis qu'il a tué le méchant au début du roman, et passe donc le reste du livre à imaginer des moyens d'assouvir cette envie de meurtre par procuration, à s'occuper pour ne pas y penser (d'où le divertissement pascalien...)
juste, @Baptiste
Quand je parles d'histoire où tout va bien c'est que justement ce n'est pas possible, ne t'offusque donc pas, nous sommes du même avis sur ce point
Ben moi je vous recommande la lecture de Chat de Xeraphia, qui raconte une histoire où les gens sont heureux. Et ça fait du bien.
Que les gens soient heureux, que l'esprit soit joyeux, n'a rien à voir avec le fait que tout aille bien ou non. Dans ce récit tout ne va pas bien : l'héroine voit un chat "invisible", elle se pose des questions, crise, va chercher sa cousine, etc. Il y a bien un "problème" dans l'histoire ::) c'est de ça dont on parlait avec Causart ^^
Oui, je suis d'accord. Dans une histoire, j'ai aussi l'impression qu'il y a toujours un problème qui la sous-tend, un peu comme une problématique en dissertation (*je sors :mrgreen: *). Et effectivement, ce problème en est un pour les personnages mais peut ne pas du tout faire souffrir ni le lecteur ni l'auteur ; enfin, quand Superman se retrouve enfermé avec de la kryptonite, on est plutôt contents/intéressés par l'histoire/pris par le suspense, que torturés ou en état de souffrance... ::)
'fin bref, intervention inutile pour dire que j'étais d'accord avec vous deux (j'avais pensé à Chat aussi :D Et au Château de Hurle, dans les romans publiés).
et je rejoins Kasp et Ernya pour l'histoire création VS divertissement.
Juste pour casser les pieds, je dirais que je suis moyennement d'accord :-[ Enfin, dans mon propre cas (oh oui, un peu de nombrilisme !), je vois pas trop l'écriture comme un divertissement de la même façon que manger une glace ou faire de la broderie ; je déteste tout ce qui est "posture artiste", mais je dois reconnaître que, personnellement, c'est plus important que ça pour moi, c'est un truc qui me mobilise quasiment en permanence. Pour autant, je vois pas du tout les choses de la même façon que toi, Causart. Ecrire, c'est juste s'investir dans une activité qui est importante pour soi, c'est s'y appliquer et essayer de l'améliorer, bref, c'est pas mal de choses, mais je pense pas que ça ait un rapport avec l'idée de la mort ou de la finitude humaine.
Ou alors, c'est un divertissement pascalien pour m'empêcher de penser inconsciemment à ma thèse ? :mrgreen:
*je resors*
Mais, Causart, je pense que j'ai toujours pas vraiment compris là où tu établissais le lien. Tu veux dire qu'en fixant les mots qui définissent une histoire (ou un poème, etc. etc.), tu les "fixes" et tu en fais un petit bout d'éternité, ce qui contraste avec l'idée constante que nous-mêmes ne sommes pas éternels mais destinés à mourir...?
Ou encore parce que ça fait référence à un plan d'existence (je sais pas comment appeler ça, bref, l'imagination, qui est impalpable et qui n'est nulle part sinon dans nos têtes) qui est par définition différent de notre vie de tous les jours, qui se situe à un autre niveau, et que donc s'y consacrer est une façon de se détourner d'une existence concrète qui est destinée à la mort...?
(j'ai l'impression d'être encore moins claire :D )
-
je vois pas trop l'écriture comme un divertissement de la même façon que manger une glace ou faire de la broderie ; je déteste tout ce qui est "posture artiste", mais je dois reconnaître que, personnellement, c'est plus important que ça pour moi, c'est un truc qui me mobilise quasiment en permanence.
sans doute ne mettons-nous pas les mêmes choses sous le terme "divertissement".
J'apporte énormément d'importance à cela, s'amuser et se divertir, mais ils sont de plusieurs sortes ces divertissements. Même si souvent c'est un passe-temps agréable, c'est surtout quelque chose qui me rend heureuse, profondément, et pour lequel je consacre du temps, de l'attention, et parfois des intentions ou sentiments. L'écriture est un combo de tout ça. Très certainement parce qu'il y a production de quelque chose, mais je le sors quand même de la création telle qu'évoquée auparavant, parce que ce n'est que pour moi généralement.
Bref tout ça pour dire que "divertissement" ne veut pas dire manque de mobilisation ou d'attachement à la chose, pour ma part. C'est surtout une activité pour moi-même qui me rend heureuse o/
Hors sujet magistral :D.
Pour revenir au thème un petit peu quand même, je crois que le post de Holden rejoint ce que dit Causard, pas sure de moi.
Et comme Mil, je veux bien que tu (Causard) expliques le cheminement qui te fait conclure "l'homme écrit (ou peint-sculpte etc.) parce qu'il a peur de mourir". De toute évidence tu dis que l'art et la conscience de la mort sont liés, mais je veux bien savoir pourquoi ::).
-
je veux bien que tu (Causard) expliques le cheminement qui te fait conclure "l'homme écrit (ou peint-sculpte etc.) parce qu'il a peur de mourir". De toute évidence tu dis que l'art et la conscience de la mort sont liés, mais je veux bien savoir pourquoi ::).
lol je plussoie : depuis le début, c'est censé être le thème de ce fil, et y a pas eu un seul argument à ce sujet mdrrrr :D
(si on rebaptisait ce fil "écriture et souffrance", "bonheur et expression artistique", ou que sais-je?)
-
édit : ah ben je viens de lire le doc de kasprzak ; et apparemment céline enchaîne e disant "si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n'avez rien", "je serai content quand je mourrai".
bref il ne parle pas du lien entre mort et écriture, mais du lien entre souffrance et écriture - ce qui, là, par contre, est un sujet sérieux je pense. 8)
Il faut voir la véritable interview de Céline où il dit ces phrases là. Je l'ai poste il y a quelques temps "Ce qu'ils disent" ; pour moi, il parle bien du lien entre mort et écriture. Après, le "je serai content quand je mourrai" est d'avantage une réponse à une question personnelle et qui ne concerne donc que lui.
Ceci dit Causart, ne te lasse pas d'expliquer ce que tu penses :), on se rend bien compte qu'on ne parle pas forcément des mêmes choses, donc n'hésite pas à préciser ou gratouiller o/
Je suis là, je suis là, je vous lis, mais je ne réponds pas d'avantage par peur de me répéter dans ce que j'ai déjà dit plus haut. La flemme de tout reprendre avec les mêmes mots. Si une nouvelle idée me vient sur le sujet, vous l'entendrez, soyez sans crainte ;)
Entre autre, par exemple, je suis bien d'accord avec Pascal, et ses idées sur le divertissement. L'homme qui s'ennuie est face à la mort (ou peut-être aussi face à lui-même, mais d'un certain point de vu, c'est exactement la même chose) donc il s'active et se diverti.
Après Kas a bien résumé tout ça aussi.
Mais, Causart, je pense que j'ai toujours pas vraiment compris là où tu établissais le lien. Tu veux dire qu'en fixant les mots qui définissent une histoire (ou un poème, etc. etc.), tu les "fixes" et tu en fais un petit bout d'éternité, ce qui contraste avec l'idée constante que nous-mêmes ne sommes pas éternels mais destinés à mourir...?
Ou encore parce que ça fait référence à un plan d'existence (je sais pas comment appeler ça, bref, l'imagination, qui est impalpable et qui n'est nulle part sinon dans nos têtes) qui est par définition différent de notre vie de tous les jours, qui se situe à un autre niveau, et que donc s'y consacrer est une façon de se détourner d'une existence concrète qui est destinée à la mort...?
(j'ai l'impression d'être encore moins claire :D )
Outch, outch, outch....
Pour faire simple disons que je suis convaincu qu'il y a un lien très fort entre mort et création. Après, où est-ce qu'il se situe exactement, je suis incapable de le dire avec certitude, et c'est pour ça que j'ai posé la question. Pour avoir vos avis sur la question. Et c'est pour ça que ça m'a déplus quand en guise de première réponse j'ai eu : "il n'y a pas de lien".
Je penses qu'il y a une idée de l'éternité. Pas que tous les auteurs recherchent la postérité (moi-même je n'y crois qu'à moitié). La postérité est dans tous les cas une chose qui nous échappe. Je penses que nous avons tous notre mort en nous. La mort fait parti de la vie. Nous portons notre mort, quelque part, dans notre âme (là, on rentre dans mes théories mystiques aussi). Donc, la mort est en sois. Sois est une grande chose. Ecrire, c'est se rapprocher de sois. Pour bien écrire, il faut bien se connaitre. D'un point de vu sensitif en tous cas. C'est apprendre à se renifler (et pas que les aisselles). La mort est une grande partie de sois (là, après, ça dépend des gens. Y a des gens qui sont plus plein de mort que d'autre) ; en tout cas, écrivant pour se rapprocher de sois, on se rapproche aussi de la mort.
Il y a aussi le fait d'extérioriser ce qu'on a en sois. Il se passe des choses (d'avantage dans nos sens que notre tête, je pense), choses que nous réfléchissons du coup (avec la cervelle) et que nous finissons par transcrire avec des mots. On extériorise ce qu'on a en sois. (quand je n'écris pas pendant longtemps, j'ai la sensation d'avoir trop de truc dans mon bide, et je me sens mal, comme si j'allais exploser).
...
Et je sens que je suis en train de m'emmêler les pinceaux. C'est un grand sujet, c'est très vaste (déjà 4 pages !!) et on a pas encore finit d'en parler. On s'égare aussi très vite. La preuve, mes dernières phrases sont presque HS, et en même temps, non. La mort est abstraite (vu que nous sommes tous vivants, elle est pour la plus part d'entre nous rien d'autre qu'une idée ; je n'ai personnellement encore jamais frôler la mort). C'est dur de fixer concrètement, les limites de son influence. Peut-être que toutes nos actions viennent de la mort. On s'agite sur terre parce que nous ne sommes pas immortel. On mange, on bois, on travail, on aime, tout ça, tout ça, parce qu'on a peur de mourir (et j'emmerde Epicure qui a bien raison de dire qu'il ne faut pas avoir peur de mourir, et je ne crois pas moi-même avoir "peur" de mourir, mais au fond, parce qu'on est vivant, on a tous peur de mourir). Après, avec l'art, dans le phénomène de création en général, l'influence de la mort est plus forte que lorsqu'on décide de faire une balade dans une prairie. C'est peut-être rien que ça, au fond.
PS. CauZart ^^
Pour revenir au thème un petit peu quand même, je crois que le post de Holden rejoint ce que dit Causard, pas sure de moi.
Et comme Mil, je veux bien que tu (Causard) expliques le cheminement qui te fait conclure "l'homme écrit (ou peint-sculpte etc.) parce qu'il a peur de mourir". De toute évidence tu dis que l'art et la conscience de la mort sont liés, mais je veux bien savoir pourquoi ::).
Je ne sais pas si j'ai répondu à la question du coup...
Je pense que l'homme crée parce qu'il a peur de mourir... Peut-être que là encore, il y a aussi un problème de vocabulaire au fond. Peut-être que "peur de mourir" n'est pas le bon mot. Pour éclaircir, je dirais plutôt que les plus grandes œuvres sont crées sous influence de la mort. (même si elles n'en parlent pas).
PS. CauZart, s'il vous plait ^^
-
Bon, je vous préviens, ce qui suit est une réflexion de bas étage que je viens de me faire, qui n'apporte sans doute rien au débat et qui est probablement à côté de la plaque ou pas assez pensée, mais je voulais la dire quand même.
Alors voilà. Finalement, ce qui m'embête un peu dans certaines des choses que j'ai pu lire dans le sujet, c'est le fait que la mort est considérée la plupart du temps comme quelque chose d'invariable, et en cela, d'au-dessus de tout, capable à elle seule d'influencer voire de conditionner les comportements. Bon, pour l'instant vous voyez sans doute pas où je veux en venir, mais laissez-moi trente secondes pour organiser mes pensées XD.
En fait, j'étais juste en train de me dire que dans ce que j'ai lu, certains d'entre vous disent que tout se rapporte à la mort. Que tous nos regards, nos expériences, nos envies, désirs, volontés, sentiments, etc. sont conditionnés, modifiés, changés et conçus par notre mort prochaine, inéluctable et inchangée. Parce que comme la mort sera toujours là, elle ne pourra jamais changer, et comme c'est la seule invariable, la seule certitude de notre vie, elle est au centre de tout et tout tourne autour d'elle.
Oui mais. Si la mort ne change pas, la vision que chacun a de la mort est susceptible d'évoluer. D'être changée, modifiée par nos regards, expériences, envies etc. un peu de manière rétro-activve. La vision de la mort influence la vie ; et la vie influence la vision de la mort ; et ainsi de suite dans un cercle en perpétuel renouvellement. Ainsi si la mort - qui est un état - reste toujours la même, la vision de la mort - qui est plus une pensée - est en constant changement au même titre que tout le reste (disons, la pensée de l'amour, par exemple).
Et dans ces conditions, ce n'est pas la mort elle-même qui nous influence, mais la vision, la pensée de la mort. On ne peut pas expérimenter la mort - enfin, on ne l'expérimente qu'une fois, et à priori, on peut pas partager cette expérience. Du coup cette pensée est certes l'une des pensées au centre de nos réflexions, car la mort est un moment important de la vie. Mais à mon avis comme elle est influençable et qu'elle influence, elle est à mettre sur le même pied que nos réflexions sur l'amour, ou la solitude, ou la confiance, ou le conflit, ou toutes les autres réflexions de ce type. C'est une pensée importante mais ce n'est pas LA seule pensée au centre de tout. Elle sera plus importante à certains moments, chez certaines personnes - et à d'autres moments, et chez d'autres personnes, c'est la pensée de l'amour qui sera plus importante. Car l'amour est aussi, souvent, un "passage obligé" de la vie. Et comme on ne peut pas non plus penser à l'un sans penser, de manière plus ou moins sous-jacente à l'autre, on peut penser qu'ils s'entre-influencent et possèdent une importance à peu près équivalente.
Voilà, je sais pas si j'ai été très compréhensible, mais c'est sur cette idée de la mort centrale que je voulais intervenir. La seule caractéristique de la mort qui pourrait la rendre vraiment centrale, c'est le fait qu'elle soit commune à tous - et alors, la mort peut-être vue comme centrale si l'on considère l'humanité en général. Mais lorsqu'on se penche sur un individu en particulier, suivant sa vie, son histoire, ses influences, ses rencontres et ses réflexions, je ne pense pas que la mort soit un thème plus central que les autres. Du coup, il vaut bien sûr le coup qu'on se penche sur lui, mais à mon avis, il ne faut pas l'élever au dessus de tout le reste. La mort, finalement, n'est que l'un des aspects du changement - le plus ultime, sans doute, mais néanmoins pas le seul.
(Mais ne faites pas attention, j'ai sans doute dit qu'un gros tissu de bêtises :-[)
-
Non, non, non, Rain, c'est au contraire très intéressant !
Et je pourrais presque être d'accord avec toi. Je penses que pas mal de personne vont l'être.
Je veux juste dire (et ça ne vas pas plaire à tout le monde) que pour savoir aimer, il faut savoir mourir.
(ouha mais c'est HS ! pourquoi il dit ça ?) C'est Rain qui m'y a fait penser.
Après je pense aussi que oui, les visions de la mort change. Selon les cultures aussi, les époques, les pays (que ce sois l'egypte antique, les mayas, les indiens, les chinois, les tibétains, les grecs, bref les exemples de rapports différents de manques pas). Cependant, depuis toujours, peu importe l'angle de vu, la mort reste importante, et elle influence énormément ce qu'on fait. Puisque sans elle, il n'y aurait pas de vie en fait...
-
Je veux juste dire (et ça ne vas pas plaire à tout le monde) que pour savoir aimer, il faut savoir mourir.
Je ne suis pas intervenu jusque là, mais je trouve un peu stupide ton idée…
Rien que le concept de savoir mourir.
À part en mourant je ne vois pas bien comment apprendre mourir ? Tu sais quelque chose, toi, de ce que ça fait de mourir ?
Mon pauvre ami, avec une idée comme celle-là, tu n'es pas prêt d'aimer.
Évidement je force le trait, moi aussi, mais reconnais que la formulation est maladroite.
Nous sommes quand même sur un forum d'écriture, les gens qui postent ici sont censés avoir une idée de l'importance du choix des mots, de leurs significations, de l'importance également des tournures, etc.
Et, si tu veux quand même aimer un peu avant d'être mort, tu peux commencer par là (http://www.youtube.com/watch?v=g-gh2hIRhkc) si tu veux :mrgreen:
-
Le savoir mourir de Cauzart, est en réalité un savoir appréhender la Mort, donc son expression n'est pas si idiote que ça. Il ne parle pas de l'acte de mourir en lui même, mais de l'acte de vivre en ayant conscience de la mort. c'est peut être un raccourci un peu rapide, mais compréhensible tout de même, surtout dans le contexte
-
Je me permets de livrer ici mon expérience personnelle, à défaut de réflexion.
Dans ma présentation, j'ai indiqué que je n'écris que depuis un an.
Quand je dis j'écris que depuis un an, j'exprime en fait l'idée que je ne conserve ce que j'écris que depuis un an. J'écrivais bien sûr avant. Professionnellement, amicalement, amoureusement, administrativement... bref uniquement à l'adresse de l'autre. Jamais pour moi, pour moi seul, pour l'écrit et juste l'écrit, comme si mes écrits me tendaient un miroir que je peinais à regarder les yeux dans les yeux... Seule solution, les adresser aux autres et surtout ne plus jamais les revoir...
J'écris pour moi donc que depuis un an.
Qu'est ce qui a provoqué ce déclic? Comment cela est il arrivé?
C'était le 26 août 2012. Étourdissant que je me souvienne de la date... quelques jours auparavant, j'avais acheté un carnet de feuilles blanches épaisses sein dans un écrin couvert de cuir. L'appel à l'écrit me taraudait inconsciemment. Je ne la savais pas. Ce jour là, ce 26 août, je me trouvais à Paimpol. J'allais dans quelques heures embarquer pour une semaine de voile autours de ma bien aimée Ile de Bréhat. Je cherchais un restaurant, pour me faire ce petit plaisir de gastronomie avant une semaine de repas style étudianto-boîte-de-courserve. Il n'y a guère que cela de possible sur un bateau....
J'ai vu un petit resto routardisé qui donnait sur le premier bassin du port. Ayant mal lu les menus à l'extérieur, j'ai dépensé presque le triple de ce que j'avais prévu... mais alors, je ne fus pas déçu: un gueuleton mémorable! J'ai encore dans la bouche les sensations des cocos de Paimpol.
Ce n'était pas le premier plaisir solitaire que je m'offrais. Et pourtant, le soir venu, sur ma couche océano-oscillante, j'ai décrit dans les moindres détails ce moment inouï...
Pourquoi écrire ce plaisir là plutôt qu'un autre? Pourquoi écrire à partir de cela?
La bonne question n'est pas pourquoi... mais quand.
A l'été 2012, je sortais peu à peu d'une dépression qui m'avait occupé depuis presque deux ans. Nul besoin de vous décrire ces moments-là... chacun devinera qu'il fut beaucoup question de "stop ou encore?"... la mort insidieuse ne m'a pas quitté pendant deux ans, avec ses appels au repos de l'âme, seule issue envisageable alors pour moi...
Puis l'espoir est revenu, par différents moyens. J'ai appris à être bien avec moi-même, à m'accepter tel que je suis... je me suis forgé une certaine estime de soi. Ce qui m'avait manqué jusqu'alors, et qui m'avait précipité dans les nadirs dépressifs... J'en étais là, en août 2012... vous me suivez? Non? J'entends quelques uns me dire: Alors et dans tout ça monsieur Fabian, l'écriture et la mort?
De par cette expérience, et par le travail que j'ai fait sur moi pour prendre conscience, pour prendre confiance, la mort n'a plus été l'issue fatale et inacceptable... et l'écriture est devenue possible. Commencer à écrire pour moi, ce fut donc commencer à accepter la vie telle qu'elle est, m'accepter tel que je suis... et faire le deuil de l'immortalité. Accepter que je suis mortel. Et que je ne survivrai pas.
Je pense que l'écriture n'est possible que lorsqu'on accepte que l'on va mourir... c'est en cela que la mort et l'écriture sont, du seul point de vue de mon expérience, intimement et profondément liée.
-
À part en mourant je ne vois pas bien comment apprendre mourir ? Tu sais quelque chose, toi, de ce que ça fait de mourir ?
Mon pauvre ami, avec une idée comme celle-là, tu n'es pas prêt d'aimer.
Pour ce qui est de l'amour, merci, je suis servis :)
Et merci aussi de cette musique honteuse qui m'a massacré mes enceintes et mes oreilles (je n'ai jamais fait résonner quelque chose d'aussi mauvais dans ma chambre depuis mes 14 ans...)
Kasprzak répond très bien à ma place au reste, donc je n'insisterais pas :)
Ah les joutes verbales sur les forums, c'est drôle tout de même...
letrehumaine : merci pour le partage de cette expérience... Je ne sais pas quoi dire d'autre. En même temps, il n'y a rien de plus à dire.
-
Je pense que l'écriture n'est possible que lorsqu'on accepte que l'on va mourir... c'est en cela que la mort et l'écriture sont, du seul point de vue de mon expérience, intimement et profondément liée.
ce qu'a l'air de décrire ton expérience, c'est que a/écrire parfois ça fait du bien quand on souffre b/c'est souvent parce qu'on sait que nos jours sont comptés qu'on agit (qu'on écrit, ou qu'on voyage, ou d'autres choses).
certes pas des grands scoops
mais après tout why not ;)
-
Réponse à Meilhac.
Manifestement, la description de mon expérience n'est pas claire... Car la compréhension que tu en retranscris est tout juste à l'opposé de ce que je cherchais à exprimer.
Certes, l'écriture aurait pu être pour moi un moyen d'évacuer ma souffrance. Je suis persuadé que si cela avait pu avoir cette utilité thérapeutique, ce qui en aurait découlé n'aurait eu aucun caractère littéraire, ni même artistique.
Ce que j'écris et qui me paraît digne d'être conservé apparaît pour moi après... pas pendant... après la souffrance. Et ce que j'écris ainsi que l'apparition de l'écriture chez moi n'ont pas de lien en prise direct avec la souffrance. Ils sont la conséquence d'une nouvelle compréhension de ma réalité.
De même, écrire parce que l'urgence de la mort est là n'est absolument pas ce qui m'anime. Pas du tout. Je ne voyage pas et n'agis pas de façon générale du simple fait de l'imminence de la mort. Si je faisais ainsi, je continuerai, de mon strict point de vue, à vouloir nier l'existence de la mort.
J'ai lu récemment deux biographies d'artistes très hauts dans mon panthéon personnel. Ils doivent être à l'avant-dernier étage, juste au-dessous du penthouse grassement occupé par le nonchalant Hugo qui se pavane de suffisance et d'assurance, tant il se sait indétrônable chez moi... Il s'agit de Faulkner et de Pollock. Ces deux messieurs étaient parmi les plus grands alcooliques de tous les temps. Chacun a ses références d'artistes dit "maudits" friands de tous les excès. Moi ce sont eux.
Je vois leur excès alcooliques d'un certain regard: je pense que le monde tel qu'il est leur était tout simplement insupportable, et la mort en particulier. Je vois leur excès alcooliques comme des moyens de nier cette réalité... et effectivement, dans les profondeurs de l’éthylisme, je doute que l'on soit préoccupé par l'imminence insidieuse de la mort. On s'oublie... On transforme la réalité.
Pour ma part, à des années lumières du talent de ces deux messieurs, je n'ai pu écrire que quand la mort fut acceptable. Alors que l'on est la possibilité de le faire comme moi par un travail sur soi, ou comme William et Jakson en s'étourdissant pour croire l'oublier, je pense que la création est un travail d'acceptation consciente ou inconscient de la mort.
-
je pense que la création est un travail d'acceptation consciente ou inconscient de la mort.
à ton aise, blaise :D
tu crois ce que tu veux ^^
-
(pssst, Meilhac ! Te connaissant, je pense que ton ton est celui de la boutade, mais une fois lu il peut avoir l'air un tantinet méprisant ;) 'ttention à l'impression qu'on peut donner à l'écrit !)
-
Je pense qu'on pourrait même parler de la sincérité dans l'écriture en rapport avec la mort. Plus on a conscience de la mort, plus on devient sincère. Bon à développer tout ça. Et je pense que la conscience de la mort n'est pas quelque chose de si facile à appréhender. Je pense que beaucoup de monde croit avoir conscience de la mort, mais qu'en réalité ils n'ont même jamais effleuré l'idée. Suffit de voir les comportement quotidiens de chacun pour voir que la mort n'est pas une donnée si assimilée que ça !
Il y a une différence entre croire que l'on sait et savoir !
-
En lisant ce que dit letrehumaine, je suis assez d'accord avec lui.
Il faut rentrer dans un "temps" pour l'écriture. Ce n'est pas forcément "le temps qu'il reste", ou "le temps que je prends", même si c'est un bon début, puisqu'il faut bien le lui consacrer, ce temps, à l'écriture.
Il faut de la présence à soi. Cela renvoie beaucoup à " l'ici et maintenant ", et pour certains, ce peut-être la conscience de la mort qui est en jeu ...
J'ai lu deux choses là - dessus, mais c'était un langage à part entière :
L'espace littéraire, de Maurice Blanchot.
Construction d'un château, de Robert Misrahi.
J'essaierai de retrouver des phrases parlantes sur le thème.
Il y a un tout un chapite du premier qui s'intitule "L'oeuvre et la mort".
Enfin, s'il est une chose à rajouter, c'est que je m'apprête à faire un barbecue, je ne sais pas si on peut relier cela, d'une façon ou d'une autre, avec le présent sujet.
-
Salut!
Je voudrais vous apporter mon expérience moi aussi, pas vraiment sur comment je suis venue a l'écriture, mais plutôt comme la Mort ( et aussi les petites morts ont pu m'influencer artistiquement).
L'idée de la mort, aussi loin que je m'en rappelle, s'est imposée à moi quand j'avais 7 ans, j'ai subi une intervention chirurgicale à la main gauche et l'on m'a injecté une trop forte dose d'anesthésiant et j'ai fait une expérience de mort rapprochée.
( on peut voir ça de manière chimique ou spirituelle, n'empêche que je me rappelle très bien aujourd'hui encore toute la scène et autant vous dire qu'a cet âge je n'en avais encore jamais entendu parler)
Suite à cela, ma vision du monde a changé, j'ai eu pleine conscience de ma mortalité.
Certains me diront que c'est vers cet âge que l'on prend conscience de la mort, je dirais que c'est quand même différent.
Disons que pendant cette " expérience" c'est comme si j'avais eu un choix a faire, vivre ou mourir, et le fait de savoir qu'on avait le choix a été quelquechose de plutôt rassurant pour moi, alors que j'imagine, ce doit être source d'angoisse pour un petit enfant.
C'est au collège que j'ai pris conscience que la mort était quelquechose qui était indissociable de mon ecriture, j'ai souvenir que certains camarades de classes m'avaient surnommée Morticia à cause de cela, quand la prof de français lisait mes rédactions a haute voix à la classe car elle les trouvait remarquables, ces élèves ne retenaient qu'une chose, la mort était toujours présente dans mes écrits.
Jamais de mort violente, plutôt quelquechose de doux et de libérateur.
C'est a cette époque également que j'ai vécu les décès de ma grand-mère et de mon arrière grand-mère, je ne pleurais pas. Elles n'ont pas souffert, elles sont bien la ou elles sont maintenant. J'étais triste pour ceux qui restaient et souffraient de leur départ.
Je n'ai jamais eu peur de la mort, j'ai même des facilites pour en parler, dans mon métier j'ai été amenée maintes et maintes fois à parler de la mort a des proches ou a des gens qui allaient mourir. J'ai vu des morts dignes, d'autres qui sont partis dans des conditions atroces.On est toujours seul a ce moment là.
Sans être gothique, les univers empreints de mort comme la fête d'Halloween, Tim Burton, la nouvelle Orléans, Poppy Z Brite, le monde des esprits m'ont toujours interressée.
Mais ce qui me donne vraiment l'inspiration pour créer c'est la souffrance, pas la mort, et n'allez pas croire que je m'inflige quelque automutilation, ce serait impensable pour moi.
C'est d'ailleurs pour ça que j'aime autant Frida Kahlo ( qui a su utiliser sa souffrance physique et morale pour creer) ,mais je dirais que si la mort apparaît dans une de mes " œuvres" ça sera juste parcequ'elle fait partie du cycle de la vie, en revanche la souffrance, elle, agit comme un révélateur.
Je peux créer sans ça mais c'est beaucoup plus profond et précis avec.
Après, j'ai envie de dire, en bonne fan de Vian, on sent bien l'influence de la mort dans son œuvre, cette épée de damoclès qu'il avait au dessus de la tête , additionné à une mère qui elle aussi avait peur pour son fils qui avait le cœur fragile...toute son œuvre en est empreinte, il a profité de chaque instant, mené sa vie comme s'il pouvait mourir le lendemain et même le moment de sa mort fut symbolique.
J'aime beaucoup son poeme : " pourvu qu'ils me laissent le temps".
Voila, désolée si c'est un peu fouilli...
-
J'aime beaucoup son poeme : " pourvu qu'ils me laissent le temps".
L'évadé (http://www.poetica.fr/poeme-425/boris-vian-temps-de-vivre/)? :coeur:
-
Oui, l'évadé pardon! ::)
-
Bien le bonjour à vous tous,
Elle trainait au hasard sur le forum afin de l'apprivoiser quand elle est tombé sur ce sujet qui a piqué sa curiosité. Elle trouve intéressant de chercher s'il existe un lien entre nos écrits et la mort.
Elle pense que pour chacun la conception et l'appréhension de cette chose inévitable varie. En fonction de nos expérience, ou de celle de nos proches et de notre personnalité. Pour sa part, depuis l'adolescence elle entretien un rapport d'attirance-rejet avec la mort. Elle ne la craint pas, a su la provoquer parfois, et la fuit à la fois. Dans son cas, la mort est un sujet qui revient souvent dans ses écrits, parce qu'elle aime à imaginer la multitude de réaction qu'on peut avoir face à cela. Elle pense que c'est un sujet riche, dans lequel on peut inclure à la fois des éléments de l'imaginaire ( la réincarnation, les esprits, la vie dans l'au-delà ...) et des éléments réaliste (la souffrance, le deuil ...). Il existe aussi foules de manières de présenter la chose (maladie, suicide, assassinat, accident). Et puis il lui semble que c'est un sujet inépuisable puisque justement on y inclue souvent des éléments autobiographiques.
De plus l'univers de la mort renferme encore des secrets et c'est donc un univers vierge. On peut donc imaginer ce que l'on veut. Elle pense que c'est un excellent sujet d'écriture pour les auteurs à l'imagination fertile et débordante.
Elle te rejoint, Cauzart, quand tu dis :
Est-ce pour une recherche d'immortalité que nous écrivons ?
L'écriture n'est-elle pas un moyen de laisser une trace de nos réflexions, de nos mondes intérieurs mis en lumière sur le papier. Si elle n'aspire pas particulièrement à être lu un jour, elle s'amuse à imaginer que peut-être, un jour, quelqu'un tombera pas hasard sur ses écrits. En ce qui la concerne, l'écriture est avant tout un partage, un partage avec elle-même, puis avec les autres.
Voilà pour sa petite intervention du jour ...