Le Monde de L'Écriture

Sous le soleil des topics => Discussions => Le petit salon => Discussion démarrée par: Baptiste le 28 Juin 2013 à 14:59:27

Titre: Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Baptiste le 28 Juin 2013 à 14:59:27
Alors euh, je sais pas si c'est très pertinent, mais  je souhaiterais échanger des petits contes, histoire drôle ou non à porté plus ou moins absurde ou philosophiques. Je me dis qu'il y a bien des gens qui doivent en connaître et j'en recherche des nouveau.
Donc je commence


Raconter, c’est laisser des traces de pas dans l’air…

Sur une plage…
Une tortue, à pas lent, se promène. Tout d’un coup, un jaguar surgit devant elle :
-   Bonjour, cher déjeuner.
-   Jaguar, jaguar s’il te plaît accorde-moi une faveur avant de me dévorer.
-   Qu’est-ce que tu veux ?
-   Laisse-moi un peu de temps pour me préparer à ma mort.
-   D’accord, dit le jaguar, tu n’es pas bien rapide, tu ne pourras pas t’échapper. Prends le temps qu’il te faut mais fais vite, j’ai faim.
-   
A ces mots, la tortue se rue sur le sol, commence à frapper le sable de sa patte, se tourne dans un sens puis dans l’autre, secoue la terre dans tous les sens. Puis elle se calme, vient se placer devant le jaguar et lui dit :
-   C’est bon, je suis prête
-   Mais qu’est-ce qu’il t’a pris, je ne comprends pas
-   Aujourd’hui, tu me manges et contre ça, je ne peux rien. Mais demain, les hommes vont passer par ici et ils verront les traces du combat acharné d’un jaguar et d’une toute petite tortue. Alors, peut-être, ils auront le courage de venir t’affronter …
-   
Raconter, c’est laisser des trace de pas dans l’air…   
Rapporté par le conteur Dan Yashinsky, dans Soudain on entendit des pas

Et une petite autre

Un homme se réveille un matin avec l’espoir de changer le monde. Il va sur la place du marché, grimpe sur une caisse en bois et commence à raconter des histoires. Des histoires qu’il espère si belle, qu’elles toucheront les gens, qu’elles les feront changer d’attitude. Au début, certains écoutent, attentivement. Puis rapidement, tout le monde s’en désintéresse. Il ne se décourage pas pour autant. Tous les jours, il retourne sur la place du marché et continue à raconter ces histoires.
Le temps passe, les gens se sont habitué à ce vieux fou. Sa barbe a poussé, sa voix n’est plus qu’un faible murmure. Il ne lui reste pour tout public qu’un chien et un enfant.
Un jour, l’enfant vient voir le conteur
-   Et le vieux pourquoi tu contes ? Tu vois bien que personne ne t’écoute, alors pourquoi tu contes ?
Le vieux eu un sourire triste
-   Avant, je racontais pour changer le monde.
-   Ben tu vois bien que ça ne marche pas. Que personne ne t’écoute. Alors pourquoi tu continues ?
-   Maintenant, si je raconte, c’est pour que le monde ne me change pas…
Rapporté par plein de gens, notamment Jean-claude carrière dans le cercle des menteurs

Voilà, si vous en avez aussi n'hésitez pas ( si vous pouvez mettre des références aussi c'est cool)
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Thérébentine le 28 Juin 2013 à 22:44:41
Il y a bien celle du colibris...une légende amérindienne.

Un jour, un grand incendie se déclare dans la forêt…

Tous les animaux, terrifiés, observaient impuissants ce désastre.

Seul le petit colibri, aussi frêle que déterminé, s’active en allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec, qu’il jette sur le feu, recommençant son manège sans relâche.

Au bout d’un moment, le tatou agacé par cette activité à ses yeux inutile, lui dit :
- « Colibri ! Tu n’es pas un peu fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? »
- « Je le sais, répond le colibri, mais moi, au moins, je fais ma part. »

Sans quoi, j'écoute souvent radioouistiti  ( j'ai 2 ouistitis) a la maison, c'est une chouette radio suisse ou ils racontent des histoires qui ont toujours une visée philosophique. Je pense que ça pourrait t'intéresser.
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: El_ChiCo le 01 Juillet 2013 à 11:33:02
Hello Baptiste,
Sympa comme initiative.
J'aurais probablement deux ou trois contes pour toi.

En attendant, j'ai déjà pris ton premier conte (j'avais déjà entendu le second) ainsi que celui de Thérébentine.

Je repasserai un peu plus tard, avec un peu plus de temps pour vous dire quelques contes ;)
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Thérébentine le 04 Juillet 2013 à 08:45:45
Tiens hier en cherchant un livre dans ma bibliothèque avec ma fille je suis tombée sur "l'opéra de la lune" de Prévert. Un bouquin que j'ai chiné sur une brocante y'a une dizaine d'années.
Dans la forme ça fait penser un peu au Petit Prince de Saint  Exupéry.
Tu connais?
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Ambrena le 05 Juillet 2013 à 21:07:28
Un petit conte zen que j'aime beaucoup...

C'est l'histoire d'un très vieux maître zen accompli, et de son jeune disciple, peu patient et assez fou-fou.
Le disciple demande au maître : "Dites, ô grand maître, dans combien de temps deviendrai-je un maître accompli de la philosophie zen ?"

Là, le maître réfléchit un bon moment, et puis lâche froidement : "Trente ans."
L'élève, très gêné, lui répond : "Ah... Euh, mince, alors, ça en fait, un bout de temps ! Et si je m'acharne, que j'y pense jour et nuit, que je m'entraîne intensément à la méditation et tout, ça fera combien de temps ?"

A ce moment, le maître réfléchit encore plus longtemps, puis lui assène sa réponse : "Dans ce cas... Cinquante ans."

La philosophie zen, c'est pas les Jeux Olympiques, ce n'est pas grâce à l'acharnement qu'on y gagne !! :)
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Baptiste le 06 Juillet 2013 à 13:29:38
Un de mes conte zen favori

Dans le village de mon conte, il y avait un homme très très riche qui possédait tout, absolument tout. Il avait un fils et tout les dimanche soir ils montaient tout les deux en haut de la colline qui surplombait le village et ils regardait le coucher de soleil, la ville la foret, les champs de blé et l'horizon la bas loin. Le riche disait alors à son fils :
-Regarde mon fils, regarde la ville, la foret, les champs de blés et l'horizon, là bas loin. Un jour, tout ça, ce sera à toi.

Et dans ce village, il y a aussi un homme pauvre qui n'a absolument rien. Lui aussi, il a un fils et tout les dimanche soir ils monte tout les deux en haut de la colline qui surplombz le village et ils regarde le coucher de soleil, la ville la foret, les champs de blé et l'horizon la bas loin. Il dit alors simplement :

- Regarde


Edit :
Citer
Tiens hier en cherchant un livre dans ma bibliothèque avec ma fille je suis tombée sur "l'opéra de la lune" de Prévert. Un bouquin que j'ai chiné sur une brocante y'a une dizaine d'années.
Ahhhh l'opéra de la lune, bien sur, je suis hyper fan
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Cauzart le 06 Juillet 2013 à 20:58:31
J'aime beaucoup ces petits contes ^^
J'aimerais bien vous en dire, mais je n'en connais pas des courts. Alors je les lis. (Andersen est fantastique par exemple)
Merci du partage ^^
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Godot le 06 Juillet 2013 à 21:29:36
Ah je trouve ça génial, les deux premières et la dernière surtout ! :)
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Baptiste le 12 Août 2013 à 18:14:23
Trouvé aujourd'hui dans les Paroles vagabonde de Eduardo Galeano

Quand leur enfant atteint l'âge de raison, ce couple décidèrent de lui offrirent trois cadeaux.
D'abord, ils lui offrirent un coquillage.
-Ainsi tu apprendras à aimer la mer
Ensuite ils ouvrirent la cage d'un oiseau enfermé
- Ainsi tu apprendra à aimer l'air
Enfin, ils lui offrirent une petite bouteille fermé
- A ne jamais, jamais ouvrir. Ainsi tu apprendras à aimer le mystère.


Et un autre ( une vrai)

Sur le mur d'une auberge à Madrid, il y a une pancarte qui dit : Défense de chanter
Sur le mur de l'aeroport de Rio de Janeiro, il y a une pancarte qui dit : Défense de jouer avec les chariots porte-bagages

Autrement dit : Il y a encore des gens qui chantent et qui jouent
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Aléa le 12 Août 2013 à 18:21:35
Citer
Sur le mur d'une auberge à Madrid, il y a une pancarte qui dit :  Défense de chanter
Sur le mur de l'aeroport de Rio de Janeiro, il y a une pancarte qui dit : Défense de jouer avec les chariots porte-bagages

Autrement dit : Il y a encore des gens qui chantent et qui jouent
Oh j'aime bien ça comme morale  :) C'est positif
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Baptiste le 25 Décembre 2013 à 02:41:11
Je sais pas trop où le poster donc je le mets là.

Si vous avez une heure à perdre, je vous conseille vivement d'écouter ce très très beau conte de Anne Gael Gauducheau
Celui qu'on appelait Chico Rei (http://www.youtube.com/watch?v=eNJoCo09mss)

Un conte sur l'esclavage, une épopée un peu moderne, avec en bonus des chant en portugais qui me font réver un peu...
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Ambrena le 25 Décembre 2013 à 18:18:53
Oui ! Je connais, je l'avais quand j'étais petite...

Une petite précision cependant : on appelle couramment cela un conte, mais il s'agit en fait d'une histoire vraie !
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Baptiste le 25 Décembre 2013 à 20:49:04
Citer
mais il s'agit en fait d'une histoire vraie !
Oui enfin, c'est pas mal romancé quand même. Notamment la légende de sa naissance
( je trouve ça très beau comme idée d'ailleurs
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
)

Mais c'est vrai que c'est tiré de la vie d'un vrai mec
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Lilly le 05 Mai 2014 à 22:16:26

Il est sympa ce sujet :)

Moi je partage ce petit conte ""zen" :

Un fermier reçoit en cadeau pour son fils un beau cheval blanc.
Son voisin vient vers lui et lui dit : « Vous avez beaucoup de chance. Ce n'est pas à moi qu’on offrirait un si beau cheval blanc ! »
Le fermier répond : « Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose ».

Plus tard, le fils du fermier monte le cheval qui se rue tout à coup et éjecte son cavalier. Le fils du fermier se brise la jambe.
« Oh, quelle horreur ! » dit le voisin. « Vous aviez raison de dire que cela pouvait être une mauvaise chose. Votre fils est estropié maintenant! ».
Le fermier répond : « Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose ».

Là-dessus, la guerre éclate et tous les jeunes hommes du village sont mobilisés, sauf le fils du fermier, avec sa jambe brisée.
Le voisin revient alors et dit : "Votre fils est le seul du village à ne pas partir à la guerre, assurément, il a beaucoup de chance!"
Et le fermier de répéter: "Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose."

Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Cauzart le 17 Octobre 2014 à 15:45:08
J'aime bien le fermier et son fils, je le connaissais déjà.

J'adore les petits contes philosophiques mais je n'en connais pas alors je me permet de remonter le sujet au cas où d'autres personnes possèdent quelques histoires à raconter
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Rain le 17 Octobre 2014 à 23:46:13
Je sais pas trop si beaucoup d'entre vous sont familiers des histoires amérindiennes (si oui, moi je suis toujours ravi d'en apprendre). En tout cas, il y en a une que j'aime bien et qui n'est pas forcément très connue, c'est celle qui raconte comment les capteurs de rêves sont nés.



Ça se passe il y a longtemps, quand le monde était encore jeune, et c'est l'histoire d'un homme qui est parti à la chasse pour nourrir son village. A l'époque, quand on partait à la chasse, on revenait avec de quoi se nourrir pour plusieurs jours, voir plusieurs semaines. C'est pour ça que l'homme s'est préparé longuement, ses armes et de quoi voyager en forêt, et puis il est parti chasser l'orignal.
Il a marché longtemps, longtemps sans jamais trouver de proie. Pas de cerfs, ni d'élan près du village. Pas d'orignal le long des rivières. Pas même un petit lapin à ramener pour le ragoût du soir. Il a parcouru les monts et les vallées en quête de nourriture, il a été jusqu'à la source d'eau pure qui jaillissait au pied de la montagne. Mais même là, alors qu'il s'attendait à trouver des animaux en train de s'abreuver, il n'y avait ni orignal, ni aucune autre créature.
L'homme a pris une décision. Il fallait ramener à manger au village. Aussi a-t-il commencé à s'enfoncer dans la montagne.
Finalement, il est tombé sur une grotte. C'était une caverne immense, profonde et noire ; il aurait pu y trouver n'importe quoi. Il a inspiré bien profondément, il a projeté tous ses espoirs dans la grotte et il s'est avancé.
En temps normal tout se serait bien passé : il avait effectivement trouvé la maison de l'esprit de l'orignal, et il serait reparti avec de quoi manger pour son village pour peu qu'il ait montré le respect approprié. Mais l'esprit de l'orignal n'était pas là. A la place, c'est un esprit malveillant qui habitait la grotte. Il surgit d'un coup, quand l'homme s'y attendait le moins. C'était une créature au coeur noir comme les ténèbres dans lesquelles elle vivait, avec le poil couleur de nuit, les yeux couleur de sang, les crocs couleur de neige. Elle avait les babines retroussées et elle était prête à mordre la chair.
L'homme a paniqué. Il a jeté ses armes à terre, s'est débarrassé de ses affaires pour aller plus vite, et puis il a tourné les talons et s'est enfui jusqu'au village. Il est rentré les bras vides. Sans nourriture pour les autres, sans arc pour retourner chasser et la terreur au creux du ventre.
Cette nuit-là il n'a pu fermer l’œil, et il en fut de même tous les soirs suivants. Chaque fois qu'il tentait de s'endormir, la bête aux yeux gorgés de sang apparaissait dans le noir de ses paupières closes. Nuit après nuit, lune après lune, elle continuait de le hanter sans faillir, prête à lui sauter dessus dès qu'il relâcherait son attention.
Finalement, une nuit, après un cauchemar aussi horrible que les autres, l'homme a décidé de s'enfuir à nouveau. Il a quitté le village et s'est enfoncé dans la forêt jusqu'à ce que l'épuisement le rattrape et qu'il s'écroule sans force. Alors seulement il s'endormit.
Lorsqu'il se réveilla à l'aube, il s'aperçut que l'esprit malveillant ne l'avait pas visité. Il était heureux, bien sûr, mais très étonné qu'il l'ait laissé tranquille ainsi, après toutes ces nuits de tourmente. Il a regardé partout autour de lui pour voir ce qui pouvait avoir changé les choses, et puis son regard s'est posé sur les branches d'un arbre juste au dessus de lui. Là, luisante sous les gouttes de rosée qu'éclairait le soleil du matin, se trouvait une petite toile d'araignée. Au milieu des perles d'eau et des fils de soie s'agitait l'esprit mauvais, et avec lui tous les cauchemars de l'homme.
Depuis ce jour, l'homme s'est endormi chaque soir près d'une toile d'araignée, et les cauchemars ne l'ont plus jamais visité.
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Sally le 18 Octobre 2014 à 00:18:29
Oh, c'est vraiment touchant, j'adore !

J'aimerais bien avoir un filet pour retenir les mauvais esprits moi aussi...  ^^
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Rain le 18 Octobre 2014 à 01:40:36
Hé bien, justement, après cette histoire les amérindiens ont commencé à tisser les capteurs de rêve (http://s4f5815988e3b3.img.gostorego.com/809E82/cdn/media/s4/f5/81/59/88/e3/b3/catalog/product/cache/2/image/370x/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/p/_/p_dc2-p.jpg). Tu dois pouvoir en trouver un peu partout, ou en fabriquer un toi-même assez facilement. C'est vraiment le but de l'objet : t'empêcher de faire des cauchemars en retenant les mauvais esprits prisonniers de la toile.
Celui que je présente est monté en collier, mais habituellement, ils sont un peu plus grand (la taille d'une main environ) et s'accroche au dessus de ton lit (ou, en tout cas, dans ta chambre).
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Sally le 18 Octobre 2014 à 01:48:51
Aaaaah, mais c'est comme dans twilight en fait !!  :D

(oui, on a la culture qu'on mérite, que voulez-vous.)
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Ambrena le 19 Octobre 2014 à 01:26:28
J'en ai un ! Acheté au musée du quai Branly.  :)

C'est un très joli conte, Rain. ^^
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Sally le 19 Octobre 2014 à 01:27:50
Tu t'en sers aussi comme capteur de rêves ?
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Ambrena le 19 Octobre 2014 à 01:32:21
Hélas non, je n'ai pas de support au-dessus de mon lit pour l'y mettre ! Mais avant, oui.

Bon. Pour ne pas totalement flooder, voici un conte chinois sur les rêves.


Dans un petit village de Chine, non loin de la ville de Nankin, vivait un jeune homme prénommé Tao. Il était très pauvre, mais cela ne l'empêchait pas d'être généreux et toujours prêt à aider son prochain. Personne ne s'adressait à lui en vain. Un jour, alors que le soleil brillait déjà très haut dans le ciel, Tao, qui dormait sur une paillasse à l'ombre d'un arbre, fut réveillé assez brutalement par un inconnu. Surpris, il ouvrit les yeux et vit devant lui un homme tout de gris vêtu.
« Réveille-toi, Tao, lui dit l'inconnu. La reine t'attend !
— La reine ? s'étonna Tao. Mais je ne connais pas de reine !
— Elle, en revanche, te connaît, poursuivit l'homme en gris, et elle m'a envoyé te chercher de toute urgence. Viens, suis-moi !
— Mais qui êtes-vous donc ? demanda Tao au messager, je ne vous ai jamais vu ! »
L'inconnu haussa les épaules : « À quoi cela t'avancerait-il de m'avoir déjà vu et de savoir qui je suis ? La reine a besoin de ton aide. Tu es bien Tao, celui qui ne refuse jamais son aide à personne ? »
Tao n'osa plus poser de question. Il replia rapidement sa paillasse, et suivit l'inconnu. Ils marchèrent un long moment. À l'instant où Tao crut atteindre les dernières maisons du village, il découvrit devant lui une ville immense dont toutes les habitations, massées les unes contre les autres, présentaient une forme assez étrange, qui lui sembla vaguement familière.
L'inconnu pénétra dans l'une d'elles, plus vaste et somptueuse que les autres. Tao le suivit. Ils arrivèrent dans une salle immense, où une très belle femme était assise sur un trône majestueux. Elle portait dans les cheveux un diadème, qui scintillait de mille feux.
« Merci d'être venu, murmura-t-elle. Mon royaume court un grand danger et tu es le seul à pouvoir le sauver. » Tao se courba dans un profond salut. « Ce sera un honneur pour moi, Votre Majesté », balbutia-t-il.
« Je vais te présenter à ma fille, poursuivit la reine d'une voix douce. Je considère tous mes sujets comme mes propres enfants, mais je tiens à ma fille bien plus qu'à moi-même. »
Tao crut entendre des milliers de clochettes d'or, et une jeune fille, également très belle, entra dans la pièce. Son visage était pâle comme le lys, et ses cheveux de jais coulaient en cascade le long de son dos. L'air infiniment triste, elle alla s'asseoir à côté de la reine, sur une chaise en or.
À peine se fut-elle installée qu'une dame de la cour entra, tout essoufflée, en hurlant : « Le monstre, le monstre ! » La reine se leva. « Voilà le malheur dont je viens de te parler. Je t'en supplie, Tao, aide ma fille. Elle a pour mission de reconstruire une capitale, mais sans toi, jamais elle n'y parviendra. »
Tao, sans hésiter une seconde, prit la jeune fille par la main et, ensemble, ils quittèrent le palais discrètement. Pendant des heures, ils coururent sans prendre le temps de retrouver leur souffle. Ils empruntèrent mille et une petites rues tortueuses, et parvinrent finalement au village de Tao. Là, ils purent souffler un peu.
« Comme c'est calme, ici, soupira Fleur-de-Lotus, car c'est ainsi que la jeune princesse s'appelait.
— Nous sommes loin de tout danger, à présent, dit Tao.
— Où allons-nous bâtir la nouvelle capitale ? demanda la princesse.
— Une capitale ? » demanda Tao, qui n'avait pas très bien compris lorsque la reine lui avait parlé dans son palais. « Mais je ne pourrai jamais construire une capitale. C'est impossible ! Je ne suis qu'un pauvre paysan. Je n'ai ni pouvoir ni argent. »
La princesse le regarda, et de grosses larmes roulèrent sur ses joues. « Mais tu es pourtant bien Tao, celui qui est toujours prêt à aider son prochain, gémit-elle. Toi seul es capable de le faire…
— Non, je… » s'apprêtait-il à dire lorsqu'il s'éveilla.
Il avait dû dormir longtemps, car le soleil se trouvait maintenant fort bas sur l'horizon. Bien qu'éveillé, Tao entendait encore la voix suppliante de Fleur-de-Lotus, qui semblait s'éloigner.
En vérité, il s'agissait d'un essaim d'abeilles.
Elles semblaient perdues et tournaient dans tous les sens autour des fleurs du jardin. « Pauvres bêtes, pensa Tao, elles n'ont pas de ruche ! Je vais leur en faire fabriquer une. » Et il se rendit immédiatement chez un charpentier. « Je me demande d'où peuvent bien venir toutes ces abeilles ? » pensa-t-il, lorsqu'il vit que les insectes acceptaient avec empressement leur nouveau refuge. Il partit se promener dans le village. Arrivé à hauteur de la dernière maison, il découvrit dans un jardin une ruche abandonnée.
« J'ai trouvé des abeilles chez moi, dit-il à l'homme qui vivait là. Ne sont-elles pas à vous ?
— C'est possible, répondit l'homme. Elles ont dû fuir, ajouta-t-il en ôtant le couvercle de la ruche. Comme il se penchait, il y découvrit un serpent. « Oh, le monstre de mon rêve ! », se dit Tao.
De retour chez lui, il installa dans son jardin toute une rangée de belles ruches semblables. De tous les côtés, des abeilles arrivèrent. Elles se mirent à butiner ses fleurs et lui offrirent tellement de miel en échange de sa protection que Tao, le généreux, devint bientôt riche.
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Cauzart le 20 Octobre 2014 à 04:31:29
J'aime bien ces deux petits contes :)

Les rêves sont une belle chose.
Je connais aussi un conte Asiatique avec toute une histoire étrange pleine d'aventure où à la fin, le héros se réveille également, pour découvrir que tout n'était qu'un rêve.

Sinon, j'ai retrouvé un vieux conte amérindien un peu triste et pessimiste mais au final, plein de bon sens :

L'Homme était assis seul, plongé dans une profonde tristesse.
Les animaux se sont approchés, et on dit :
« Nous n'aimons pas te voir si triste. Demande ce que tu veux et tu l'auras. »
L'Homme a dit : « Je veux de bons yeux. »
Le vautour à répondu : « Tu auras les miens. »
Puis l'Homme a dit : « Je veux être fort. »
Le jaguar a dit : « Tu auras ma force. »
Puis l'Homme a dit : « Je veux connaître les secrets de la terre. »
Le serpent a répondu : « Je te les montrerai »
Ainsi ont répondu tous les animaux.
Après avoir obtenu tous les dons qu'ils pouvaient lui donner, l'Homme est parti.
Et le hibou a dit aux autres animaux : « Maintenant l'Homme sait tout et il peut faire beaucoup de choses. Soudain, j'ai peur. »
Le chevreuil a dit : « L'Homme a tout ce dont il a besoin. Il ne sera plus triste. »
Mais le hibou a répondu : « Non. J'ai vu un vide dans l'Homme, immense comme une faim impossible à rassasier. C'est ce qui le rend triste et vorace. Il va prendre et toujours prendre. Jusqu'à ce qu'un jour, le Monde dise : « Je ne suis plus et je n'ai plus rien à donner. »

Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Sally le 20 Octobre 2014 à 15:59:22
Les Yakari, par exemple, sont très bien faits, je trouve.
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: LeBossu le 21 Octobre 2014 à 11:11:26
Un des rares contes zen dont je me souvienne :


Un matin, un chaton est trouvé devant les portes du monastère.
La nouvelle se répand vite, et le chat devient en un rien de temps l'attraction du jour : tous les jeunes moines veulent le voir, on en vient à se disputer pour savoir qui pourra le toucher ou le prendre en premier ; c'est le bordel.
Entendant le désordre, un maître arrive, prend l'animal, et déclare que ce dernier appartiendra à celui qui saura le convaincre qu'il est le plus méritant.
S'élève alors un brouhaha d'argumentations, de plaidoiries, de plaintes, de suppliques, comme quoi on est bien celui à qui il faut le donner. Le maître écoute, emmène le chaton, et sort lui tordre le cou sur le perron.

Plus tard dans la journée, son élève favori vient lui rendre visite. Le maître lui raconte la scène, quand soudain, l'élève se lève, enlève une chaussure et part, la grolle posée sur la tête.
Alors le maître soupire : « Si seulement tu avais été là ce matin, le chaton aurait été sauvé. »

 :mrgreen:
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Smicky le 21 Octobre 2014 à 11:30:24
 :noange:
Titre: Re : Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Cauzart le 21 Octobre 2014 à 12:34:28
Un des rares contes zen dont je me souvienne :


Un matin, un chaton est trouvé devant les portes du monastère.
La nouvelle se répand vite, et le chat devient en un rien de temps l'attraction du jour : tous les jeunes moines veulent le voir, on en vient à se disputer pour savoir qui pourra le toucher ou le prendre en premier ; c'est le bordel.
Entendant le désordre, un maître arrive, prend l'animal, et déclare que ce dernier appartiendra à celui qui saura le convaincre qu'il est le plus méritant.
S'élève alors un brouhaha d'argumentations, de plaidoiries, de plaintes, de suppliques, comme quoi on est bien celui à qui il faut le donner. Le maître écoute, emmène le chaton, et sort lui tordre le cou sur le perron.

Plus tard dans la journée, son élève favori vient lui rendre visite. Le maître lui raconte la scène, quand soudain, l'élève se lève, enlève une chaussure et part, la grolle posée sur la tête.
Alors le maître soupire : « Si seulement tu avais été là ce matin, le chaton aurait été sauvé. »

 :mrgreen:

Ouha

J'adore ce genre d'histoire.

Maintenant on peut essayer de la comprendre

Moi j'ai pas compris....
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: LeBossu le 21 Octobre 2014 à 13:07:01
Perso,
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Ambrena le 21 Octobre 2014 à 13:10:20
Je n'avais pas compris non plus l'histoire avec le chaton (pauvre petiiit :'( ) mais avec ton deuxième post, LeBossu, je crois que oui.
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: LeBossu le 21 Octobre 2014 à 13:12:18
je sais pas, hein, c'est juste mon interpretation, faudrait l'avis de qqn qui s'y connait dans cette pensee pour etre "sur".
Titre: Re : Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Sally le 21 Octobre 2014 à 15:15:10
Perso,
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Ah ouais... c'est fort quand même ! Moi non plus j'avais rien compris...  :'(
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Baptiste le 26 Octobre 2014 à 14:34:53
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faudrait l'avis de qqn qui s'y connait dans cette pensee pour etre "sur".
Oui enfin, les contes zen, je suis pas sur qu'il y ait une lecture unique c'est un peu la force du truc

deux petites que j'aime bien :

Rodin est en train de travailler un bloc de marbre dans son jardin pour sa nouvelle sculpture. Curieux , un enfant le regarde faire.
A force de travail; il finit par sculpter un magnifique etalon.
L'enfant s'approche de lui et lui dit :
- C'est beau, mais comment savais tu qu'il y avait un cheval à l'intérieur


Et une petite de Nasr Eddin :

Nasr Eddin prends la mer a bord d'une frêle esquisse et en compagnie d'une dizaine de voyageurs. Soudain une tempête. Le bateau prends l'eau. Tout le monde se mets à écoper sauf Nasr Eddin qui prends l'eau de la mer pour le mettre dans le navire.
- Mais Nasr Eddin que fais tu ? Tu es devenu fou ?
- Non non, c'est simplement que dans ma vie, on m'a toujours appris à me ranger du coté du plus fort






Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Moi le 30 Novembre 2014 à 15:48:05
Petite histoire trouvée dans "Le Vent dans les Sables", de Michel Plessix :

Un ermite déguenillé, les pieds ensanglantés à force de courir le désert, crie à l'infini :
"J'ai une réponse ! J'ai une réponse !
Quelqu'un a-t-il une question ?"
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: Ambrena le 30 Novembre 2014 à 19:06:50
Très beau conte !  ^^
Titre: Re : Petit conte philosophique, zen, absurde ou drôle
Posté par: extasy le 10 Mai 2015 à 15:32:40
Voici une petite histoire que j'ai lu il y a de cela des années :

Moise, Jésus et un petit vieux barbu jouent au golf.

Moise prend son club et d'un swing élégant envoie sa balle. Elle monte en l'air d'un superbe mouvement parabolique et tombe directement...dans le lac ! Moise ne se perturbe pas, lève son club et à ce moment les eaux s'ouvrent, lui laissant le passage pour faire un nouveau coup.

C'est maintenant au tour de Jésus. Il prend son club et, également d'une parabole parfaite, (rappelez-vous : la parabole c'est sa spécialité !), il envoie la balle dans...le lac, ou elle tombe sur une feuille de nénuphar. Sans s'énerver, Jésus se met à marcher sur l'eau jusqu'à la balle, et donne le coup suivant.

Le petit vieux prend son club et, d'un geste affreux de qui n'a jamais joué au golf de sa vie, envoie sa balle sur un arbre. La balle rebondit vers un camion puis à nouveau sur un arbre. De là, elle tombe sur le toit d'une maison, roule dans la gouttière, descend le tuyau, tombe dans l'égout d'où elle se trouve lancée dans un canal qui l'envoie...dans le lac mentionné ci-dessus.

Mais, en arrivant dans le lac, elle rebondit sur une pierre et tombe finalement sur la berge ou elle s’arrête. Un gros crapaud, qui se trouve juste à coté, l'avale. Et soudain, dans le ciel, un épervier fond sur le crapaud et l'attrape ainsi bien sur que la balle. Il vole au-dessus du terrain de golf, et le crapaud, pris de vertige, finit par recracher la balle ....juste dans le trou !

Moise se tourne alors vers Jésus et lui dit : "J'ai horreur de jouer avec ton père!"


Voilà un petit conte qui rappelle qu'à force de vouloir reposer sa foi sur des miracles grandioses, on passe à côté du miracle qu'est la vie.