Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Gros Lo le 20 Février 2008 à 18:24:19
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Titre tout sauf définitif, d'autant que ce n'est que le début d'une nouvelle policière. Et que je ne sais pas du tout où ça va me mener. Si ça me mène quelque part.
Le texte est particulièrement court, une raison parmi d'autres (euh...) de ne pas le survoler ^^
Enfin voilà, commentaires acerbes à la clef ? ;) Je sais bien que je donne très peu d'éléments, qu'on ne sait presque rien des tenants et aboutissants, donc plutôt des critiques concernant le style... ? J'ai essayé d'écrire d'une manière assez particulière... pour le paragraphe central, surtout. D'ordinaire, je déteste ce genre de réalisme contemporain... mais bon, j'ai tenté de l'atténuer. Trève de longs discours : vous en pensez quoi ? :P
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Il arriva avec plus de retard qu’à l’ordinaire, rasé de près, de grands cernes noirs sous les yeux. Il pleuvait, ce jour-là. C’était une matinée brumeuse.
« Le chat est revenu. » Il avait lancé ses mots comme à son habitude, hésitant, cherchant une contenance.
Dans la petite pièce saturée de fumée, les discussions se carambolèrent, les mots se perdirent, on reposa prudemment les cafés. Clavelin avait brandi son arme calmement, il avait pesé sa phrase, l’avait tournée et retournée entre ses dents depuis le petit matin. Comme à son habitude. On s’affaira, on chercha un nouvel ordre aux dossiers étalés sur les bureaux, les stylos cliquetèrent. Un bellâtre, vague sourire et mine changeante, osa une question, qui flotta un instant et s'évanouit dans l’air électrique.
« Il est revenu », reprit Clavelin pour lui-même, en délivrant de sa sacoche quelques photographies noir-et-blanc. Peu s’approchèrent. Certains y jetèrent un rapide regard, puis, comme pris en faute, sombrèrent à nouveau dans leurs dossiers. La pluie pilonnait les vasistas ; on n’entendait qu’elle. Le torrent continu étouffait le grattement des stylos et le ronronnement éraillé de la machine à café. Quelqu’un pianota un numéro, sortit. Clavelin se curait les ongles avec son critérium. Aux fenêtres, les coups pleuvaient ; la gouttière menaçait de déborder. La matinée s’écoula lentement. Vint la pause-déjeuner ; les esprits concentrés, tout à leur affaire, persévéraient dans leur mutisme assidu. Vers quinze heures, quelques gouttes toquaient encore aux vitres embuées depuis longtemps. Clavelin arracha un liquide noirâtre de la machine ronflante, joua quelques minutes avec la touillette. De temps à autre, on l’entendait murmurer. « Il est revenu, ce salaud de chat est revenu. »
Le soir arriva vite ; tous furent aspirés par le siphon "exit" au fond de la pièce. Bientôt, Clavelin resta seul, avachi sur son bureau, le regard perdu. Une liasse de clichés était éparpillée devant lui. Des heures durant, il les avait ordonnés, dérangés, rassemblés, ré-agencés, sans que le jour ne se fasse. Chaque cadavre avait été immortalisé sous son angle le plus odieux. Le plus intéressant. Les contrastes faisaient ressortir chaque détail, chaque mutilation sautait aux yeux, s’imposant dans sa monstruosité. Clavelin reposa les photographies, il resta figé plusieurs minutes. Respirait à peine, de peur de chasser les déductions ténues qu’il entrevoyait, se gardant de briser les filaments diaphanes de son intuition. Une foutue mascarade. Pire que d’habitude, peut-être. Quand avait-elle commencé ? Quel fêlé avait prémédité ces horreurs ? La nuit risquait d’être courte, la téléphone le réveillerait encore ; un nouveau cadavre, une nouvelle mise en scène. Et toujours ce putain de fil rouge qui manquait. Les souris ne dansaient plus.
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Niveau scénario, je demande à voir la suite. Pour l'instant, je trouve le "chat et la souris" intéressant : on ne sait pas trop où ça mène, mais c'est intriguant et donne envie de lire la suite.
Pour les détails :
les discussions se carambolèrent,
C'est personnel, mais je n'aime pas le verbe "caramboler" ici.
Le soir arriva vite ; petit à petit, la salle se vida.
Encore très personnel : je trouve l'expression "petit à petit" pas très jolie ici, elle casse le rythme, je lui préfèrerais "peu à peu" au niveau de la sonorité même si je trouve que c'est également loin d'être parfait >< j'sais pas, à toi de voir, "petit à petit" n'est pas si mal ^^
Le plus intéressant, aussi.
Là aussi, c'est sans doute possible de trouver une formulation plus "belle", qui aille mieux avec le reste, mais je sais pas, c'est juste mon opinion du moment ^^
Les contrastes faisaient ressortir chaque détail, chaque mutilation sautait aux yeux, s’imposant dans sa monstruosité.
Je n'aime pas trop les deux "chaque" côtés à côtes, mais c'est vraiment un détail infime que je n'aurais pas relevé dans une lecture normale et un peu moins tatillonne.
C'est tout. Je trouve que c'est très bien écrit et que cela donne une très forte envie de connaitre la suite. Les détails que j'ai relevés sont vraiment infimes et il est possible que je ne les aurais pas relevé à un autre moment de la journée ^^ Je ne les ais cité que parce que ce qu'il y avait à coté semblait vraiment réfléchi et que je me suis dit "autant faire le plus parfait possible" :P
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Mais j'aime ton côté tatillon, Kai' :noange:
les discussions se carambolèrent,
C'est personnel, mais je n'aime pas le verbe "caramboler" ici.
Ah ? Arf, zut. J'y avais longuement réfléchi pourtant.
Le soir arriva vite ; petit à petit, la salle se vida.
Encore très personnel : je trouve l'expression "petit à petit" pas très jolie ici, elle casse le rythme, je lui préfèrerais "peu à peu" au niveau de la sonorité
Oui j'suis d'accord ;) Peut-être, heum... attends voir que j'réfléchisse...
"Le soir arriva vite ; un à un, les bureaux furent désertés." ? J'suis toujours pas convaincu. J'vais y réfléchir ; est-ce que les fauteuils de bureau qui ont des roulettes et qui tournent, ont un nom particulier ?
Le plus intéressant, aussi.
Là aussi, c'est sans doute possible de trouver une formulation plus "belle", qui aille mieux avec le reste, mais je sais pas, c'est juste mon opinion du moment ^^
Oui, pareil, faut que je cherche un peu, mais j'suis d'accord.
Les contrastes faisaient ressortir chaque détail, chaque mutilation sautait aux yeux, s’imposant dans sa monstruosité.
Je n'aime pas trop les deux "chaque" côtés à côtes, mais c'est vraiment un détail infime que je n'aurais pas relevé dans une lecture normale et un peu moins tatillonne.
Comme j'l'ai dit, j'préfère que tu sois trop tatillonne que pas assez... peut-on être trop tatillon ? Enfin bref, là le problème me choque moins mais j'vais quand même cogiter deux s'condes.
C'est tout. Je trouve que c'est très bien écrit et que cela donne une très forte envie de connaitre la suite. Les détails que j'ai relevés sont vraiment infimes et il est possible que je ne les aurais pas relevé à un autre moment de la journée ^^ Je ne les ais cité que parce que ce qu'il y avait à coté semblait vraiment réfléchi et que je me suis dit "autant faire le plus parfait possible" :P
J'ordonne que tu ne commentes ce topic qu'entre 16h10 et 16h25 :noange:
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J'aime beaucoup l'aspect contemporain, l'intrigue à l'air sympa et le Clavelin me plait assez :) C'est bien écrit et on veut savoir la suite : Bravo :P
Clavelin reposa les pièces à conviction, il resta figé plusieurs minutes.
Cette phrase me parrait bizare... En remplaçant le "il" par un petit "et" peut être ? Ou bien séparer les deux parties de la phrase ? ......
Respirait à peine, de peur de chasser les déductions ténues qu’il entrevoyait, se gardant de briser les filaments diaphanes de son intuition.
Là aussi, quelque chose me chiffonne... ça doit être l'utilisation de la forme conjuguée "respirait" et ensuite de l'adverbe "se gardant"... Peut être que l'ajout du "il" en début de phrase me plairait plus... Mais ce n'est qu'à titre personnel ^^
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Clavelin reposa les pièces à conviction, il resta figé plusieurs minutes.
Cette phrase me parrait bizare... En remplaçant le "il" par un petit "et" peut être ? Ou bien séparer les deux parties de la phrase ?
Justement, je voulais éviter le "et", qui est attendu dans une telle syntaxe... peut-être que je vais remplacer la virgule par un point.
Respirait à peine, de peur de chasser les déductions ténues qu’il entrevoyait, se gardant de briser les filaments diaphanes de son intuition.
Là aussi, quelque chose me chiffonne... ça doit être l'utilisation de la forme conjuguée "respirait" et ensuite de l'adverbe "se gardant"... Peut être que l'ajout du "il" en début de phrase me plairait plus... Mais ce n'est qu'à titre personnel ^^
Ah ;D J'ai fait exprès d'élider le pronom, histoire de ruer dans les brancards de Dame Grammaire la Coincée ^^ Encore une fois, peut-être que ça passerait mieux si je remplaçais la seconde virgule par un point. Histoire de détruire une fois pour toutes ces fichus brancards avec le participe en tête de phrase.
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Je n'aime pas beaucoup le genre que tu appelles toi-même "réalisme contemporain", mais ici c'est plus pour les éléments évoqués (machine à café, se curer les ongles avec son critérieum, etc.) que pour la façon de l'écrire, parce que je trouve que c'est... remarquablement écrit.
Les détails relevés ne m'ont pas du tout gênée (mis à part le "caramboler", peut-être, qui fait un peu bizarre), et même, je trouve le "il" au lieu du "et", ou encore les deux "chaque" côte à côte très bien comme ils sont...
Quant au contenu, c'est difficile à dire en si peu de lignes, alots... j'attends la suite !
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Je connais quelqu'un qui s'est remis au policier...
cherchant une contenance
Je ne saurais trop dire pourquoi, mais l'expression me gêne. L'article peut-être? "Cherchant contenance" sonnerait peut-être mieux.
les discussions se carambolèrent
Je suis d'accord avec Kailiana, l'expression fait un peu trop... "routière".
l’effet était immédiat
Tu as sans doute voulu dire que cela s'était déjà produit, mais je pense quand même que l'usage du passé simple serait plus approprié.
Un bellâtre, vague sourire et mine changeante, osa une question, qui flotta un instant dans l’air électrique avant de retomber, abattue d’un regard.
Je vois mal l'intérêt de cette phrase... On a l'impression qu'elle essaie à la fois de donner des détails sur un personnage, une question précise et l'ambiance générale... mais c'est vague, et cela casse un peu le rythme.
J'ai adoré le dernier paragraphe! Très dense, très intense.
Le texte tout entier est très "visuel". On sent très bien le gris, le flou, le mouvement du début, puis la pause et le "zoom" sur le bureau de Clavelin.
Oh, hum, dernière chose : les photos ne sont pas des pièces à conviction, et la frontière ne semble pas établie dans ta formulation.
Mais un excellent texte dans l'ensemble, tu as un très bon style polar ^^
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Tempérance :
Euh, ça rejoint la remarque de Kai'... donc même réponse ;) Rien d'autre ? ???
Kei :
Merci d'avoir commenté ^^
Arf, décidément je vais devoir ranger mon carambolèrent...
Ah oui tiens, j'ai complètement zappé le fait que les pièces à conviction... arf, t'as un autre terme sous la main ? :noange: comment on dit, dans ces cas-là... Pour la "phrase du bellâtre", si j'ajoute à la fin quelque chose comme "L'heure n'était plus au miel." ou "L'heure n'était plus à la complaisance.", ça passerait mieux ?
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Hey, moi j'ai bien aimé. J'aime bien les polars, mais c'est pas trop ce que je lis en général. J'dois dire que tu t'en sors très bien !
Bon je passe sur tout les trucs que j'ai relevé, puisque les autres l'ont déjà commenté en exprimant ma pensée. Je ne peux dire que :
A quand la suite ?
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Pourquoi ne pas mettre "Chaque cadavre avait été pris...", puis "photographies [de la scène du crime]"?
Pour le bellâtre... Non, je vois toujours pas son utilité... Je veux dire, que fait-il là, à part casser l'ambiance? Et ne me dis pas qu'il remplit son rôle de bellâtre stupide, tu connais ma haine des stéréotypes 8)
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Mouaiff. je réfléchirai à une autre phrase à la place du bellâtre mielleux, alors :noange:
Arf mais Tempérance te vexe pas ::) Je m'étonne juste que tu n'aies juste noté qu'un truc. Mais après tout pourquoi pas.
Ok Rain, merchi 8) Tu préfères d'abord la suite de ça ou de la Nécro ?
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Euh... dans la mesure où j'ai un peu lâché la nécro en ce moment :-[ ... Mais bon, tu fais comme tu veux...
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Ben moi contrairement à certains qui n'aiment pas moi j'adore. Comme j'ai du lire environ 300 polars c'est dur de m'épater du premier coup... En plus tu demandais de commenter le style. Quel style? :-°
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Tu me dis que j'ai pas de style ou quelque chose d'autre que j'ai pas compris ? :D :D :D J'suis content que tu adores en tout cas ! :)
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:-[ j'adore les polars, pas ton texte d'où la phrase qui suivait...
J'attends la suite ;)
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Ha ha, ok en tout cas merci d'la franchise :D :D :D
*je sens que je vais les mettre en service, ces geôles.*
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moi non plus, j'accroche pas au carambolage. :P
Clavelin reposa les pièces à conviction, il resta figé plusieurs minutes.
le il est très bien, mais s'il fallait vraiment le changer, j'aurais mis "puis".
Et puis voila, j'aime pas chipoter, et comme Rain, lorsqu'il ne s'agit pas de mes textes, je ne fait que survoler les suggestions...
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Mais euh... tu ne m'a pas dit ce que tu avais pensé du texte, en fait :noange:
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oops lol.
disons que j'aime pas répondre aux sujets :P (joke)
enfin maintenant que j'y suis...
Il n'y a pas assez d'élements pour juger l'histoire en elle même, mais le début semble très prometteur. Quant au style, le côté "contemporain" qui n'a pas l'ai de te plaire, je le trouve assez sympa.
j'adore le mot touillette :P :P
Et je me cure souvent les ongles avec un critérium ::)
voila
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Charmant, dis-moi :-° :D merci d'avoir pris la peine de le lire ! ça me fait plaisir que tu aimes, surtout que tu lis mes merdouilles depuis le tout premier atelier des rivages, non ? "vous suivez un groupe d'animaux, qui vous emmène vers...", lol... que de souvenirs.
Je compte faire une suite, parce que j'ai eu une idée fulgurante (et géniale, mais oui mais oui, faut s'en persuader c'est bon pour le moral) pendant ces vacances, et je vais essayer de répondre à toutes les questions qu'elle suscite... une fois que ce sera fait, une fois que le greffe de cette idée à ce texte sera effectuée et acceptée, je pourrai écrire la suite...
je peux même l'écrire avant, en fait. Du moment que je n'm'avance pas trop dans les infos...
voilà, j'attends les hurlements de joie d'une foule en liesse 8)
*et quelqu'un voulut répondre, et le forum lui précisa "pas de réponse sur ce fil depuis plus de 120 jours"... xD*
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Ca va peut-être faire remontage de topic... mais non, même pas !
Y a du nouveau. Déjà, j'ai eu quelques idées pour la suite, ce sera plutôt un roman ; et mon idée des vacances s'en est rajoutée une autre, hyper-méga-cool-comment-j'peux-pas-vous-expliquer-j'regrette, qui me rendrait presque euphorique, et qu'il faut que je creuse absolument !
P'is j'ai fait quelques modifs en reprenant chaque commentaire. C'est en gras. J'ai aussi enlevé des bouts de phrase, mais ça j'peux pas le mettre en gras :P
Il arriva avec plus de retard qu’à l’ordinaire, rasé de près, de grands cernes noirs sous les yeux. Il pleuvait, ce jour-là. C’était une matinée brumeuse.
« Le chat est revenu. » Il avait lancé ses mots comme à son habitude, hésitant, cherchant une contenance.
Dans la petite pièce saturée de fumée, les discussions se carambolèrent, les mots se perdirent, on reposa prudemment les cafés. Clavelin avait brandi son arme calmement, il avait pesé sa phrase, l’avait tournée et retournée entre ses dents depuis le petit matin. Comme à son habitude. On s’affaira, on chercha un nouvel ordre aux dossiers étalés sur les bureaux, les stylos cliquetèrent. Un bellâtre, vague sourire et mine changeante, osa une question, qui flotta un instant et s'évanouit dans l’air électrique : l'heure n'était plus au miel.
« Il est revenu », reprit Clavelin pour lui-même, en délivrant de sa sacoche quelques photographies noir-et-blanc. Peu s’approchèrent. Certains y jetèrent un rapide regard, puis, comme pris en faute, sombrèrent à nouveau dans leurs dossiers. La pluie pilonnait les vasistas ; on n’entendait qu’elle. Le torrent continu étouffait le grattement des stylos et le ronronnement éraillé de la machine à café. Quelqu’un pianota un numéro, sortit. Clavelin se curait les ongles avec son critérium. Aux fenêtres, les coups pleuvaient ; la gouttière menaçait de déborder. La matinée s’écoula lentement. Vint la pause-déjeuner ; les esprits concentrés, tout à leur affaire, persévéraient dans leur mutisme assidu. Vers quinze heures, quelques gouttes toquaient encore aux vitres embuées depuis longtemps. Clavelin arracha un liquide noirâtre de la machine ronflante, joua quelques minutes avec la touillette. De temps à autre, on l’entendait murmurer. « Il est revenu, ce salaud de chat est revenu. »
Le soir arriva vite ; tous furent aspirés par le siphon "exit" au fond de la pièce. Bientôt, Clavelin resta seul, avachi sur son bureau, le regard perdu. Une liasse de clichés était éparpillée devant lui. Des heures durant, il les avait ordonnés, dérangés, rassemblés, réagencés, sans que le jour ne se fasse. Chaque cadavre avait été immortalisé sous son angle le plus odieux. Le plus intéressant. Les contrastes faisaient ressortir chaque détail, chaque mutilation sautait aux yeux, s’imposant dans sa monstruosité. Clavelin reposa les photographies, il resta figé plusieurs minutes. Respirait à peine, de peur de chasser les déductions ténues qu’il entrevoyait, se gardant de briser les filaments diaphanes de son intuition. Une foutue mascarade. Pire que d’habitude, peut-être. Quand avait-elle commencé ? Quel fêlé avait prémédité ces horreurs ? La nuit risquait d’être courte, la téléphone le réveillerait encore ; un nouveau cadavre, une nouvelle mise en scène. Et toujours ce putain de fil rouge qui manquait. Les souris ne dansaient plus.
Voilà, c'est pas grand-chose mais j'me suis quand même pris la tête dessus.
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bon allez, remontage, parce que bon, on attend depuis juste un an, la fameuse idée géniale et la suite
faut pas être pressé :P
les modifications sont bien, j'aime beaucoup la dernière phrase, le "siphon exit" mais c'est juste un peu court, inachevé quoi...
donc la suite ? ... ou pas ?
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Ben non pas suite... :mrgreen:
l'idée était cool ouais, mais je suis plu si inspiré pour l'écrire lol. Je l'ai uuuun ([tout] petit) peu incorporée à une autre histoire, mais pas vraiment. Ca m'étonnerait qu'il y ait un jour une suite à ce texte hein :huhu: désolé...